Monthly Archives: mars 2013

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No, Please don’t let me play DIFOOL, but DOC

J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc ! Ce qu’il y a de bien avec internet, c’est qu’au hasard d’une recherche, on peut passer du coq à l’âne et digresser aussi sévèrement que dans des conversations de filles, au point de ne plus savoir quel était le sujet initial. (Heeeuuu…. Qu’est-ce que je disais déjà ? est une phrase que je n’ai jamais entendu sortir de la bouche d’un homme). C’est ainsi que l’on se retrouve dans un forum sur les fosses septiques en pleine quête des dernières astuces pour bien manger de Jean-Pierre Coffe, ou sur un site de livraison de charcuterie corse alors qu’on effectuait des recherches sur DSK. C’est ce qui m’est malheureusement arrivé en ce dimanche pluvieux et grippal. J’étais en train de coucher des idées sur mon clavier lorsque soudain j’eus ce doute affreux: Est-ce que l’expression argotique « ça daube » s’écrit de la même façon que « la Daube », le plat en sauce quoi !??

En un clic je lançai la recherche en l’état – ça daube – sur Google, je choisis le deuxième lien proposé, et là JE LE VIS : Sur un forum, le message d’un homme à terre, une sorte de SOS d’un terrien en détresse version « Wesh Wesh sur les griffes de ma soeur, guette le boule d’la meuf, elle a pété le joint de culasse ou quoi ? »

Un homme parmi tant d’autres, dans l’urgence, mais beau et digne dans sa souffrance. Un homme d’autant plus valeureux que le lecteur ne peut ignorer, après une lecture attentive de ce qui va suivre (attention âmes sensibles s’abstenir) qu’il est clairement sorti de son périmètre de sécurité, de sa zone de confort, pour aller demander de l’aide en Terra Incognita. Frédéric Lopez –Rendez-vous en Terre Inconnue- appréciera le dépaysement.

 

 Le titre:  Help, quand je pête ça daube le cadavre, c’est a vomir,

 Posté par S….. à 22h11.

Help, quand je pête ça daube le cadavre, c'est a vomir,  envoyé par S….. à 22h11. « salut, voila ca fais une semaine que j’ai un gros blème, j’ai mal au bide et puis j’arrêtte pas de péter, et ca daube un truc de fou. Je lache une caisse presque toute les 2 minutes, quand sa passe j’ai l’inpression que j’ai le bide qui va éclaté et aussi, ca me brule le fiond horrible. Aprés ca sors tout chaud et la putain sa daube trop grave, genre la dreum mais en fait s’est pas seullement la dreum, ca pue aussi comme le souffre, style le cadavre. Tiens la je viens d’en lachez une, et voila sa daube énorme, tellemand que j’ai envie de bégere. (…)hier j en est lachée une dans le bus et je me suis taper une réflection d une vielle a coté, je peut pas me retenire. Normallement quand s’est toi qui pêtes, tu suportes el la je peut meme pas suporter. Ca pue longtems, aprés tout put ma caisse, c’est trop la honte. Si sa daube le cadavre comme ca, S que sa peut étre un bouts de mes tripes qui commence à pourrire? faut que j’aïe a l’osto ou un truc comme ca? et puis le truc s’est que j’ai vraiment gavé trop honte car j’ai une copine et j’oze+ lui demandé de me faire une pipe, car si je lui lache une caisse à la geulle pendent qu’elle me suces elle va carément crever! Aider moi svp merci. »

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Forte de mon expérience, je me suis dit que l’occasion pour moi de vivre mon rêve d’être LE DOC était arrivée, et qu’enfin j’allais pouvoir venir en aide à mon prochain, et l’aiguiller dans sa quête de lui même dans un monde où l’hostilité fait rage :

« Cher S….. ,

J’entends, je devine, je sens – surtout – ta détresse. Ton corps change, et ce n’est pas sale.

Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. Sache qu’il n’y a pas de fumée sans feu, et que tu ne peux pas garder au plus profond de toi des idées si nauséabondes qu’elles finissent par polluer ton univers au point de t’éloigner de ton entourage qui ne peut que ressentir ta confusion. Si tu ne tiens pas compte de tes propres besoins, tu finiras par faire le vide autour de toi. Contenir ses envies ou les refreiner est le meilleur moyen pour qu’elles s’accumulent dans une longue frustration, et finissent par exploser avec la même violence que celle d’un volcan en éruption. Je te propose donc de faire le point sur ton sentiment de honte en essayant d’en connaître la source, si tu ne veux pas te retrouver à 10 sur l’échelle de Richter. Je suis sûre que tu mettras bien assez vite le doigt Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. dessus. En outre, il me semble judicieux que tu tiennes ta douce amie éloignée de l’épicentre pour un temps, il serait dommage qu’elle soit une victime collatérale de ta quête intime et existentielle. Courage S…., et n’hésites pas à nous tenir informés de ton ouverture spirituelle et intellectuelle. Bisous. »

 

LE DOC

 

Voilà, à mon sens, tout l’intérêt de faire exploser enfin toutes les horribles barres HLM, ghettos bien pensés d’une époque révolue, pour que des gens condescendants comme moi n’aient plus l’occasion de se gausser des gens comme lui, que l’exclusion ne permet pas de sortir de l’illétrisme mais conforte chaque jour dans sa misère intellectuelle.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi éloignés l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi loin l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

A méditer,

 

Estelle Bee.

Génération Lovin’Fun, 1992-1998.

La mort est dans le pré…

Modeste proposition pour empêcher les paysans français d’être une charge pour l’état et pour les rendre utiles au public

Adieu veaux, vaches, cochons…Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Bizarrement, la première réflexion que je me suis faite après ce constat presque irréel est que je ne savais pas qu’il y avait encore autant d’éleveurs ou d’agriculteurs dans notre pays. La deuxième, c’est que si le poids de l’âme est bien de 21 grammes, nos 500 (j’ai coupé la poire en deux) qui déclarent forfait chaque année ne pèsent que 10,5 kg par an sur la conscience de nos dirigeants et de l’industrie agro-alimentaire, et que c’est peut-être la raison pour laquelle personne ne s’affole.

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La problématique :

L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. Cet assistanat pèse son poids financier sur notre pays en temps de crise, ainsi que sur l’orgueil et le moral de nos bouseux, puisque beaucoup préfèrent finir dans une magnifique urne en marbre qui viendra orner le dessus de la cheminée de leurs familles, plutôt que continuer à vivre sous respirateur artificiel. L’Honneur demeure, mine de rien, une valeur primordiale chez nos nettoyeurs de purin.

Etant donné que cette fois-ci encore, nous avons hérité d’un dirigeant qui, comme tous ses prédécesseurs, cherche à colmater lamentablement plutôt qu’à reconstruire en L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. profondeur, on devine bien que la situation des paysans ne s’améliorera pas du tout et que leur taux de suicide ira crescendo. A moins que… A moins que les industriels de l’agro-alimentaires – qui les égorgent et les mettent en concurrence déloyale – ne s’émeuvent finalement de leur sort… Non, je déconne.

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Du côté des consommateurs :

D’un autre côté, les consommateurs réclament des produits de qualité depuis les divers et récents scandales alimentaires. Mais plus nos éleveurs français disparaissent, moins il y a de chances que l’on ait une bonne traçabilité de nos viandes. Un cercle bien vicelard…

Aussi, mon passé de joueuse de Tetris effrénée m’a appris que deux problèmes peuvent faire deux réussites en s’imbriquant parfaitement. C’est pourquoi je propose, pour répondre aux attentes des deux parties, que nous consommions directement nos agriculteurs, soit avant qu’ils ne s’auto suppriment – puisque de toute façon ils le feront –  soit  juste après, en les plaçant en chambre frigorifique directement après leur geste sans appel.

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Avantages nutritifs et économiques :

Si cette idée vous rebute au prime abord, c’est à cause des schémas préétablis par notre société. Mais sachez que ce sont justement ces schémas qui nous ont amenés à un excès de confiance envers l’industrie agroalimentaire qui nous a dupés, nous dupe et nous dupera encore.

Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur.Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur. Il se dégage de ces visages rougeauds une santé physique qui découle du fait que le fermier ne mange que des produits sains qu’il cultive dans son potager, n’ayant pas les moyens de se payer des lasagnes ou des raviolis en boîte. Le fermier se développe en des lieux reculés où pas même le dioxyde de carbone n’ose s’aventurer, et respire donc un bon air pur, si l’on exclue les flatulences des ruminants qui y broutent.

De plus, il évolue à l’air libre, loin des cages à poules, et travaille chaque jour que Dieu fait. Il se dépense donc suffisamment –à défaut de pouvoir dépenser – pour que sa chair soit saine et que son muscle n’excède pas les 10% de matière grasse.

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Suggestions de préparation et de présentation :

Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry à cuisson réduite voire un mafé, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande.Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande. Progressivement, vous pourrez introduire une épaule garnie de sa julienne de légumes au centre de votre table lors de votre repas dominical ou Shabbat. Vous serez surpris de constater que les membres de votre tablée se disputeront la souris de votre gigot paysan. Plus tard, vous pourrez proposer un éleveur à la broche lors d’un événement festif : lors d’un banquet sous forme de méchoui, d’un mariage ou baptême champêtre, pour un enterrement de vie de garçon, d’une bar-mitsva ou circoncision ( à condition qu’il soit casher).

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Tout est bon dans le paysan :

Si vous aviez le moindre doute sur la question, sachez que les abats d’agriculteurs ne seront pas en reste. Les derniers reportages exhibant des gaillards bourrus pleurant à chaudes larmes devant le misérable rachat aux enchères de toute leur vie, ont  démontré que derrière sa carapace et sa moustache fournie, le paysan a le cœur très tendre. C’est donc avec une délectation sans pareille que vous vous régalerez d’un cœur de laitier ou d’éleveur de porc en faillite. Nul besoin de le congeler pour l’attendrir comme il est d’usage chez d’autres bestiaux. Economique à souhait, ce mets comblera l’appétit et les papilles des plus fins gourmets tout en préservant votre porte-monnaie. Comptez ainsi un cœur pour quatre convives puisque, vous l’aurez compris, c’est le cœur gros que l’agriculteur aura quitté ce monde.

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Tout est bon sauf…

 

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et leurs qualités nutritives en séchant à l’air libre.Quelques rares parties de l’agriculteur ne pourront être consommées sous certaines formes. C’est le cas du boudin, puisque ce spécimen qui s’est fait du mauvais sang au cours de ces dernières années de vie.

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et  qualités nutritives en séchant à l’air libre.

De la même façon, il convient, en cas de suicide,  d’emmener sur le champs le malheureux élu à l’abattoir avant la nécrose de ses entrailles, l’éviscération devant avoir lieu 45 minutes maximum après le passage à l’acte sous peine que sa chair ne soit plus comestible. C’est pourquoi il apparaît urgent d’investir dans la construction d’abattoirs dans les zones rurales et équiper les espèces les plus à risque de détecteurs de décès avec retransmission à distance. A défaut il est toujours possible de transformer la viande cornée en mets épicés, comme des bavettes macérées dans un jus d’échalote ou des basses côtes à la mexicaine. A défaut d’épices, le très classique kebab reconstitué façon puzzle fera l’affaire.

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La meilleure solution sera toutefois de raisonner les candidats à la traversée du fleuve en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute s’ils acceptaient de se rendre utiles à la société - à titre posthume, bien entendu -  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient mourir dans la honte de leur échec.

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En définitive :

La meilleure solution sera toutefois de raisonner nos candidats en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute en se rendant utiles à la société – à titre posthume –  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient quitter ce monde dans la honte de leur échec. Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en servant la communauté. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en se rendant utiles au public. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Y’a comme un malaise…

                …

Et si l’on s’indignait ?

Estelle Bee.

Nabilla ou la synecdoque (la partie pour le tout)

ALLÔ??! ALLÔÔÔÔ??!

NON MAIS ALLÔ QUOI?!!

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Quiconque ayant vu passer un zapping télé ces derniers jours est forcément tombé -de haut- sur ce grand moment de télévision qui fait le buzz et les choux gras d’NRJ12 où fait rage l’émission Les Anges de la téléréalité, qui s’est donné pour mission de recycler des people issus d’autres reality shows, un bon geste pour l’environnement, dans une époque où tout se jette et rien ne se transforme.

Un espoir pour toute une génération

Contre toute attente, cette tirade, que j’ai désormais nommée Le monologue du shampoing ne s’avère finalement pas plus hygiénique que son ancêtre Les monologues du vagin. Nous pourrions ainsi aisément nous moquer de celle qui, à l’instar d’une Loana, d’un FX, ou d’une Afida Turner, ne finira pas forcément en bon état physique ou psychique. Toutefois, à travers cet extrait, il m’est soudain clairement apparu que Nabilla – ou Nabiloute, comme disent les gens du Nord qui apparemment ont aussi dans le verbe le soleil qu’ils n’ont pas dehors- est avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni travail ni fatigue ni patrie. Elle n'est donc RIEN D'AUTRE QU'UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l'intègrent dans le programme s'ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l'accoutumée, de gonfler artificiellement les notes.travail ni fatigue ni patrie. Elle n’est donc RIEN D’AUTRE QU’UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l’intègrent dans le programme s’ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l’accoutumée,  de gonfler artificiellement les notes.

Au programme: réussir sa dissertation de français

Ainsi, dans son monologue du shampoing, notre belle plante nous livre un bel exemple de cette figure de style que l’on appelle la synecdoque ou métonymie,  qui consiste à nommer la partie pour le tout, ou le tout pour la partie. Cet exemple, pour le coup, ringardise pour une bonne quinzaine d’années la tirade du Cid – « Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... »- que nous avions apprise par coeur en guise d’illustration à l’époque où les jeunes, c’était nous. Nos futurs bacheliers comprendront donc bien ici, que le shampoing est une synecdoque des cheveux qui eux même sont la synecdoque de la femme.

Pour consolider ce récent acquis, l’enseignant aura tout intérêt à faire apprendre par coeur aux élèves une série d’exemples courts qu’ils devront restituer pour le cours suivant, dans une thématique et un style étroitement liés au Monologue du shampoing, afin que les jeunes se sentent en confort avec leurs devoirs.

A savoir par coeur pour lundi prochain:

 

  • T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô quoi?!!

C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

Allô ??? Nan mais allô quoi ! T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô ?!! C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

  • T’es djeun’s et t’as pas d’I Phone. Non mais allô quoi?

C’est comme si j’te dis «  t’es jeune et t’as pas d’oreilles »

  • T’es riche et t’as pas d’Porsche. Allôôôôô ???

C’est comme si j’te dis « t’es riche et tu payes tes impôts en France »

  • T’es handicapé et t’as pas d’fauteuil. Non mais Allô quoi???

C’est comme si j’te dis « t’es handicapé et t’as pas de jambes »

  • T’es moche et tu t’la pètes. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es moche et t’as pas d’miroir »

  • T’es un mec et t’offres pas de fleurs à ta meuf. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es un mec et t’as pas une thune » (et bientôt plus de meuf)

  • T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô ??? C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

  • T’es sexy mais tu portes pas d’strings. Non mais allô quoi???!!

C’est comme si j’te dis « T’es sexy mais t’as pas d’fesses »

  • T’es un fan de Tunning et t’as pas de béquet arrière. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’es fan de Tunning et t’as pas ton permis »

  • T’es au resto et t’as pas d’fourchette. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « T’es au resto et t’as pas de dents. »

  • T’es une femme et t’as pas d’enfants. Non mais allô quoi!!???

C’est comme si j’te dis « T’es une femme et t’as pas d’ovaires. »

  • Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

(NB: fonctionne aussi avec la Haute-Savoie et les moutons…)

 

  • T’as 8000 amis sur Facebook et y’a personne à ton enterrement. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’avais 8000 amis imaginaires »

 

  • T’es cadre chez France Télécom et on vient de te faire un lavage d’estomac à l’hosto. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu bosses chez France Télécom et tu prends pas d’coke » !

  • T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

  • Tu sais pas chanter, ni écrire, mais t’as fait un tube. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis :  Plus personne ne veut te signer depuis les années 80 

  • T’es une nana et t’as pas de besace en agneau traité couleur camel. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis : « T’es une nana et t’as pas d’épaules » !

Devoir sur table:

Sujet: En quelques lignes, et en vous appuyant – mais pas trop fort – sur le document photographique ci-dessous, vous tenterez de trouver ce qui, physiquement, peut être considéré comme la synecdoque de Nabilla, et à quel point ce personnage est à elle seule une partie pour un tout.En quelques lignes, vous tenterez de démontrer pourquoi le personnage de Nabila est à lui seul une partie pour un tout.

Ouvrez l’oeil,

Et faites partager à vos jeunes!

 

Estelle Bee.

Belzébuth s’invite au Camping Paradis (et demande à être renvoyé en enfer)

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi.Lundi, 20h57, un SMS d’une amie me somme de zapper, car sur Tf1, y’a CAMPING PARADIS qui se déroule sur une plage où l’on a souvent étendu nos serviettes !  Je m’exécute, néanmoins craintive. Le générique met d’emblée dans l’ambiance, avec ses notes de trompette type féria de Nîmes, savant mélange de  Macarena et de Cé-Cé-Cé-Célimène illustré de têtes d’acteurs ayant l’air ma fois bien sympathiques. Message subliminal n°1 : le campeur est un gros beauf.

 

Présentation

-P’tain, qu’est-ce qu’elle fout là Princess Erika ????!!!!

-P’tain c’est quoi ce titre, CAMPING PARADIS ??????

La réponse est simple. Camping Paradis est l’Oxymore des années 2010 qui d’un coup d’un seul, ringardise à tout jamais Le soleil noir de la mélancolie de Gérard de Nerval, exemple (de cette figure de style associant deux termes contraires) qu’on nous a tant rabâché lorsqu’on était au lycée. Car ceux qui ont récemment fait du camping, du vrai, souvent sur un malentendu d’ailleurs (« Tu vas voir, on va bien se marrer ! On est encore jeunes ou merde ??? ») savent que le terme Paradis est au moins autant diamétralement opposé au Camping que l’univers d’Amélie Nothomb l’est à l’Impressionnisme.

Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourra pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourras pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Fière d’avoir des principes d’adulte et forte de ton expérience, tu pars donc en quête de l’ombre et de la tranquillité, déterminée comme Larry Kubiac à la recherche d’un cheeseburger. Et c’est là que le bât blesse. Car plus tranquille et ombragé sera ton emplacement, plus éloigné tu seras des sanitaires, et surtout du Saint Trône. Pardonnez-moi si je suis triviale, mais telle devrait être la devise du campeur. Et quand on s’éloigne du Saint Trône, forcément, on se vide de son Sang Royal, et ça se voit.

A partir de là, une succession d’évènements improbables se produit : tu te retrouves à traverser toute l’allée centrale en serviette de bain trop courte (tu t’es trompée, tu as pris celle de Loulou, too bad), tu arrives pressée au lieu dit après 500 m de dénivelé en te rendant compte que tu as oublié de glisser discrètement dans ta poche les quelques feuilles ouatées salvatrices dont tu as besoin (Question en ton for intérieur: les participants de Koh Lanta en sont-ils pourvus ???), suite à ce questionnement tu scrutes les arbres alentours à la Robinson Crusoé mais il n’y a que des pins parasols (feuillage inadapté donc), tu te trimballes des jerricans tu te trimballes des jerricans d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, et tu te retrouves à pleurer comme un bébé le soir venu, épuisée par les tâches quotidiennes, l’hypocondrie dans les douches, et les réflexions de Loulou 1er du Nom qui sature d’entendre tes plaintes de jeune trentenaire embourgeoisée. Et là, tu te fais du mal en repensant à tes vacances de l’an dernier en Club All Inclusive bien loin d’ici. Bref, Camping VS Paradis: 1-0.

Semaine à thème

L’épisode de la semaine s’intitule Western Camping. Eh oui, chaque semaine au camping est placée sous le suite d’un thème précis.

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! REGAAAARDE !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets avec zèle : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! Eh regaaaarde !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

Les personnages

Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enflures et que chaque être en ce monde a quelque chose de surprenant. Le mari trompeur est au fond un gentil garçon qui vieillit et se sent flatté par le regard d’autrui(e), le salaud de patron licencieur de séniors est en fait un gentil papi qui prône l’authenticité et les vraies valeurs, et l’homosexuel tourmenté… est une grande folle couinante qui ferait passer la Grande Zoa pour Sébastien Chabal.

La palme revient sans conteste à M. Parisot (rien à voir avec Laurence hein), dans le rôle du râleur patriote. Message subliminal n°2 : le français de base est un gros con insatisfait. Un rôle tout en finesse où un type dégarni et maigrelet type Michel Blanc prend des intonations d’ancien légionnaire, et que l’on imagine aisément dire les Macaronis,  les Rosbeefs, les Boches pour parler de nos voisins européens. Et au cas où le téléspectateur n’aurait pas bien saisi le rôle de faire-valoir de ce Monsieur (dans l’hypothèse, donc, que la plus grosse part de l’audimat soit composée de votants FN), on a accessoirisé celui qui clame « On n’est plus chez nous décidemment », de Birkenstock vintage sur chaussettes de tennis remontées jusqu’aux genoux. Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enfluresMessage subliminal n°3 : Etre raciste c’est pas bien, mais tu es pardonné (et tu peux rester sur notre chaine) si tu n’as pas un look à la Bernard Menez.

Le seul que j’épargnerai ici est Laurent Ournac, le protagoniste et directeur du camping, qui parvient, au milieu de toutes ces caricatures, à s’en sortir bon an mal an.

Les répliques culte

« Ma vie ressemble à un rouleau d’essuie-tout déroulé dans le vide » est la première grande réplique lancée par notre homo trop typé (comme la Vache qui rit), avec des trémolos dans la voix empreints d’un lyrisme dramaturgique, qui pourrait nous laisser imaginer ce que serait une tirade de Phèdre interprétée par Laetitia Milot de Plus belle la vie.

« Les femmes, elles sont pas comme nous, quand elles se plaignent de quelque chose c’est qu’il y a une vraie raison» (Les hommes apprécieront…) Car c’est justement le Serial Fucker du Camping, le Popeye bronzé qui dégaine la perceuse plus vite que son ombre, qui balance cette vérité au nez du mari trompeur que sa femme ne souhaite pas reprendre. Message subliminal n°4 : Etre un gros macho c’est nul.

Soyons quand même honnête, une réplique m’a arraché un ricanement diabolique, parce que justement, elle rompait avec les bons sentiments bien mièvres de l’épisode. Alors qu’un pauvre type accoudé au bar, manifestement à deux doigts de se défenestrer (s’il y avait des fenêtres sur les tentes Maréchal), lance dans un soupir usé un «J’vais m’foutre en l’air» pathétique, on peut compter sur l’ancien légionnaire, outré, qui lui répond :

« Oh Eh, on est en vacances ! Un peu de pudeur quand même ! Pensez à ceux qui sont heureux ! », phrase  jubilatoire que je n’omettrai pas d’employer la prochaine fois qu’un de mes proches souffre abominablement.

Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi. Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Ouvrons l’œil…

Estelle Bee.

Au royaume des toutous les monstres sont rois

stephanehessel jeuneCette semaine J’avais prévu initialement de vous parler de ce grand chef d’oeuvre télévisuel qu’est Camping Paradis, téléfilm d’une rare finesse qui fait sa part d’audience sur Tf1. Mais il y a quelques jours, Monsieur Stéphane Hessel a quitté ce monde d’exilés mentaux pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté en terme de justice et de démocratie. L’auteur du manifeste Indignez-vous a fait de sa vie un exemple d’espoir, de combativité et de sagesse et avait trouvé également dans la poésie un exutoire et un outil pour faire passer des messages universels. La rubrique Indignons-nous de ce blog est à ce propos le fruit de mon admiration pour ce grand Monsieur. L’idée première de ce blog, de la vengeance de l’abeille  -le peuple- a émergé de cette notion de colère saine. C’est donc en guise de modeste hommage que je vous ferai partager cette semaine une fable satirique que j’ai écrite après avoir lu ledit manifeste, il y a de cela 9 mois. Il était temps que je mette bas… Le camping, lui, pourra attendre…!

Donc Par ce temps glacial je vous propose aujourd’hui de raviver la magie de Noël par ce petit conte qui, je l’espère, vous ravira de joie:

Au royaume chien chinoisIl était une fois, dans notre bon vieux continent, un royaume peuplé de millions de chiens. Des canidés de toutes races, ainsi que ceux qui en étaient dénués s’essayaient à la cohabitation. Car en effet ils avaient besoin les uns des autres pour que leur société soit pérenne. Ainsi, les simples bâtards, occupants de la niche du bas, déterraient les os à moelle, lesquels, après avoir transité par la race moyenne qui assurait leur répartition –et autres services annexes – allaient nourrir la niche du haut. Les débris d’os qui volaient en éclat depuis la niche du haut faisaient office de récompense et de festin à la niche du bas, qui s’en accommodait parfaitement, n’allant jamais envier le contenu de la gamelle des chiens de race, puisque les seuls débris leur donnaient la force nécessaire pour creuser 5 jours par semaine.

Mais une ère nouvelle arriva…

 

royaume chineOn aurait pu penser que si la chaine venait à se briser, elle devrait sa cassure au désœuvrement de la niche du bas. Question de logique. En fait, c’est l’inverse qui se produisit. Un jour, un Chihuahua décida que donner des débris d’os en guise de salaire représentait un gâchis terrible… pour lui. Ce n’est pas que son ventre en réclamait davantage, il était déjà bien assez plein. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi concéder des débris aux bâtards de son propre royaume, alors qu’au Royaume des Fourmis la seule poudre d’os était la monnaie de rigueur. Et cela ne choqua apparemment personne, ni le Roi des Toutous, ni ses apôtres. La race du bas se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue, d’autant que ce ne fut pas qu’une simple bise mais plutôt une grosse claque. Et elle tendit l’autre joue.

Elle alla déterrer d’autres os pour d’autres niches du haut. Mais le Chihuahua avait ouvert une brèche. Le Dalmatien suivit. Puis ce fut le Bull Terrier, puis le Bichon Maltais. A la fin presque tous allèrent confier leurs tâches aux fourmis ouvrières, et la pérennité vola en éclats.

Et ce ne fut pas tout…

 

mittal 2Les races aisées trouvaient encore après cela que le système du Royaume ne leur était pas pleinement favorable. En effet les très nombreux os à moelle non consommés étaient enterrés au coin de leur niche. Mais ces chers canidés du haut devaient contribuer au fonctionnement du Royaume des Toutous en en cédant une partie, plus ou moins importante. Et même s’ils avaient déjà mangé, plus que de raison, investi dans d’autres niches qu’ils louaient pour quelques juteuses baballes, et comblé tous leurs désirs de promenades et ceux de leurs chiots, cet impôt leur apparut comme une injustice. Pourquoi donner alors qu’ils pourraient juste… ne pas le faire ??! Ils décidèrent alors d’aller enterrer leurs os, carcasses et croquettes ailleurs. Non pas au Royaume des Fourmis, non non, pourquoi renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous font prospérer ?!! Mais au Royaume des Dauphins. Et le Roi des Chiens laissa faire.

Pendant ce temps, le Royaume du Bas n’ayant plus rien à déterrer pour personne commença à crier famine. Leurs cris ne trouvèrent pas d’écho à la tête du Royaume. Ou presque pas. On leur accordait par exemple 2 ou 3 croquettes de plus pour envoyer leur chiots à l’Agility, et cela suffisait à faire stopper leurs aboiements, comme un collier électrique. Ils étaient si fatigués à lutter pour leur survie que l’idée de la juste révolte ne leur effleurait même pas l’esprit. Il faut dire que le prix des niches, même celles infestées de puces, les dépouillait de tous leurs débris d’os. Alors qu’au Royaume des Dauphins, les énormes carcasses ne profitaient à personne.

mittal manifRendons toutefois à César ce qui lui appartient. Les rois successifs tendaient la patte à la niche du bas, après leur accès au pouvoir, pour tenir la promesse qui leur avait été faite juste avant. Disons-le, pour leur faire fermer la gueule. On leur avait accordé des débris minimum mensuels qui augmentaient donc tous les 7 ou 5 ans. Ainsi, les races moyennes, que nous appellerons les caniches, se confondaient de plus en plus avec les meutes du bas. Leurs difficultés devinrent quasiment similaires. Toutefois ils ne s’unirent pas pour autant… Car en effet, les rois canins et leurs apôtres malinois veillaient en permanence à leur faire croire tour à tour que les uns chassaient sur le territoire des autres, et que les autres creusaient sur des terres bien plus pourvues.

Chienchien à sa mémère

 

La chasse aux privilèges commença à alimenter les gazettes. Ainsi, sur toutes les roues des voitures, à chaque coin de rue, au pied de chaque pylône, sur chaque touffe d’herbe anarchiquement surgie des pavés, et partout où chaque chien pouvait lire et laisser des informations lors de sa promenade matinale, on pouvait découvrir combien le bâtard était roublard, et à quel point le caniche était fainéant. Pourtant tous avaient ce point commun : on coupait les débris en quatre et l’on réfléchissait à deux fois avant de consulter le vétérinaire… Mais où diable étaient donc passés tous les os à moelle du Royaume ???

au royaume bahamasPendant ce temps, au Royaume des Dauphins, de nouveaux reliefs modifiaient la géographie locale sans qu’aucune plaque tectonique n’ait eu besoin de chevaucher l’autre. Les amas osseux agglomérés formaient de véritables massifs, pareils à de colossales tours d’ivoire. Tours qui au demeurant restaient vides. Logique, puisque les races du haut vivaient toujours paisiblement au Royaume des Toutous dont ils profitaient à l’envi. Ils en avaient les avantages sans les inconvénients. Normal, puisqu’on les avait laissé faire… Dire que le Basset, Roi des Clebs cinq années durant, avait pointé du museau les bâtards en leur rappelant qu’ils n’avaient pas que des droits mais aussi des devoirs. Force est de se demander pourquoi cette règle du renvoi de baballe n’avait pas été rappelée d’abord aux détenteurs de toutes les croquettes du Royaume. Surtout en période de disette !

Moralité

 

Qui sont donc les vrais voyous qui gangrènent le système ?

Les dealers qui te font « psssst !!! » au détour d’une rue ?

Cette femme qui vole une boîte de raviolis dégueulasses chez Carrouf pour nourrir ses 4 enfants ?

Ces jeunes capuchonnés qui n’ont plus d’espoir de gravir les échelons et préfèrent donc creuser de plus en plus profond ?

Ce fonctionnaire qui se fait défoncer la tête à la CAF ?

Cette prof qui fait une dépression ou qui se fait poignarder ?

Le travelo du bois d’en face qui fait honte à la société ?

Le flic que l’on oblige à faire son quota de PV mensuel ?

au royaume monstreLes nouveaux voyous qui nous ont dépouillés, divisés, méprisés et rendus méprisables ne font pas leurs commissions chez Intermarché, mais chez Fauchon, Bulgari, Cartier, Vuitton, Chanel et portent des Rolex, des vraies. Leur frigo est toujours vide, contrairement à vous, parce qu’ils ne mangent jamais chez eux. Et surtout, surtout, ils ne savent pas qu’ils sont des voyous. Ils ignorent que, pareils à Dieu qui a créé l’homme à son image, ils ont enfanté de la misère, la haine, la promiscuité, l’improbable devenir, l’impossible révolte. Ils sont tous ces gens à la fois :

ils sont ce jeune noir à capuche qui caillasse,

ils sont cette mère qui vole pour manger mais continue de faire des gosses,

ils sont cette prostituée vulgairement fardée,

ils sont ce flic qui se pend pour en finir avec toute cette cour des miracles,

ils sont ce journaleux qui fouille dans des poubelles pleines de rats pour faire un scoop qui brisera des vies de famille.

Et si l’on s’indignait pour de bon ?La jeunesse aussi s'indignera

Estelle Bee.