Monthly Archives: octobre 2013

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Médias: la vérité si je mens…

C’est ainsi que dans les médias, on a transformé la notion de plan B, d’option par défaut, en « valeur choix », en concept « d’engouement », ou en véritable « phénomène de mode. ». Mais au fait, cette désinformation ne nuirait-elle pas au concept-même de Démocratie ? Déformer la réalité, n’est-ce pas tout simplement « créer une autre réalité »?

Rappelle-toi l’été dernier… Le service de communication de Pôle emploi s’était félicité sur Twitter que son site internet était « le préféré des français »… Forcément, le connard de râleur français a vite fait de voir le mal partout en scandant à tout va que cette déclaration était purement SCAN-DA-LEUSE ! En conséquence, Pôle emploi a fait preuve d’une classe extraordinaire, puisque parmi les cinq messages d’excuses publiés, on pouvait tout de même lire :

« le Community Manager (oui, Pôle Emploi est désormais jeune et dynamique, donc plus question d’employer des termes franchouillards) n’a fait que reprendre les termes de l’étude. Il est juste un peu maladroit. »

Just a little bit oui….

 

Ainsi, dans la même démarche intellectuelle, j’ai pu découvrir au journal télévisé que les bas produits alimentaires Discount sont « de plus en plus appréciés par les français ». J’imagine donc que les derniers chiffres croissants démontrent une véritable  RE-VO-LU-TION gastronomique, puisqu’il est vrai qu’à choisir (et tous OGM et huile de palme mis à part), mieux vaut engloutir des palets « bretons » faits de graisses animales que des galettes de Pont Aven pur beurre hein 😉

Aussi, les grands distributeurs cheap du genre Lidl, ED, Aldi se sont-ils mis au diapason en embellissant leur intérieur afin que le français moyen se sente un peu comme chez lui. Exit les palettes toxiques et les grossiers cartons estampillés Made in No man’s land entassés les uns sur les autres. Place au rayonnage rutilant, au Caddy qui roule sans accro, et même au coin du primeur Bio où les poivrons rouges espagnols sous plastique font de l’œil aux asperges du Pérou (forcément, puisqu’ils parlent la même langue…) Elle est pas belle la vie ?

 

C’est ainsi que dans les médias, on a transformé la notion de plan B, de survie ou de triste réalité en « valeur choix », en concept « d’engouement », ou en véritable « phénomène de mode. ». Mais au fait, cette désinformation ne nuirait-elle pas au concept-même de Démocratie ? Déformer la réalité, n’est-ce pas tout simplement « créer une autre réalité », et peut-être modifier l’Histoire?

 

Car si l’on suivait cette même logique de « préférence » pour tous les faits de société, on pourrait titrer par exemple que :

 

L’hôpital et la morgue de Saint-Jacques de Compostelle auront été les sites préférés –puisque les plus visités-  des pèlerins espagnols en cet été 2013.

Les célibataires d’aujourd’hui préfèrent rencontrer leurs partenaires sur internet plutôt qu’en boîte de nuit à 25 euros l’entrée ou au cours des cocktails de charité monégasques d’Hermine de Clermont-Tonnerre,

levons notre verre et gobergeons-nous en l'honneur de ceux qui n'ont plus rien!

Les français préfèrent regarder Joséphine Ange gardien sur Tf1 plutôt qu’aller voir un bon film au ciné à 12 euros la place, friandises non comprises

 …

Les philippins semblent être de plus en plus sensibles à la vitalité et la beauté de leur peau : en témoigne le récent engouement  pour les bains de boue dans la capitale, désormais surnommée Manille-Chocolat,

 …

Les éleveurs laitiers et porcins français semblent dernièrement « avoir une nette préférence pour les cordes de diamètre 1,2 centimètres, et les arbres massifs de type peuplier ou chêne (oliviers pour les provençaux) », plus susceptibles de résister à leurs 80 kilos, et à la poussée verticale des saccades de leurs derniers –et vains- instincts de survie, que le modèle 8 millimètres…

Une nouvelle enquête démontre que les jeunes des cités sans emploi « préfèrent dérober des véhicules de marque BMW, Mercedes ou Audi plutôt que les acheter directement chez le concessionnaire le plus proche ». Ce phénomène de mode bien curieux et non dénué d’originalité conforte à lui seul la notion d’exception culturelle française…

Moralité :

Se demander si nuancer des faits réels ou des intentions nuit à la démocratie me rappelle ce vieux débat auquel on à tous participé un jour : « Doit-on mentir pour protéger un secret, adoucir ou cacher une dure réalité, ou est-il préférable de cracher la vilaine et glaireuse vérité ? » Pas facile, et surtout cela dépend de quel côté on se place, et à qui, donc, profite le mensonge. Ce que je constate en tout cas, c’est que rares sont les médias ou annonceurs qui n’usent pas de ces doux euphémismes et sacrées nuances. Qui sont-ils d’ailleurs ? Mediapart ? Marianne ? Le Monde diplomatique ? Jean-Pierre Coffe…. ? Simplement, il me semble que détourner les yeux du peuple de la Vérité, même par pure charité chrétienne –l’enfer est pavé de bonnes intentions-, l’empêche d’avoir le ressenti et les réactions (ou non réactions) qu’il aurait eues s’il avait eu vent de la réalité. Cela revient à ne pas dire à un malade qu’il a un cancer. Car en sachant la vérité, soit il aurait décidé de se battre, soit pas, mais en tout cas on ne le saura jamais… Idem pour nous.

 

Sauf si bien sûr on prend le temps, chaque jour, ou chaque semaine, au beau milieu de nos vies de dingues endettés pour 30 ans, d’aller vérifier les informations qui nous sont données, il me semble que nous sombrerons dans une léthargie dont l’inertie ne permettra même pas à nos enfants de redresser la barre. A nous donc, de choisir le bon médecin, et de prendre d’autres avis, au risque qu’ils soient douloureux, mais non moins déterminants. Pour que nous décidions par nous même de nous soigner ou pas, et par quels moyens: Rika Zaraï, Marabout, corde 12 millimètres, Indignation…

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A chacun son truc 😉

Simplement, il me semble que détourner les yeux du peuple de la Vérité, même par pure charité chrétienne –l’enfer est pavé de bonnes intentions-, l’empêche d’avoir le ressenti et les réactions (ou non réactions) qu’il aurait eues s’il avait eu vent de la réalité. Cela revient à ne pas dire à un malade qu’il a un cancer.

Estelle Bee.

I need a hamster!!!

Mais lorsque nous arrivâmes sur le lieu des agapes, JE LES VIS : Les jeunes cadres dynamiques femelles. Tenues moulantes exclusivement noires, avec grilles d’aération –résilles ou voiles – là où le regard masculin est susceptible de s’arrêter le plus souvent, montées sur stilettos ou bottes vertigineuses. Effluves de santal, cuir et patchouli, bijou arrivant pile poil sur le décolleté (ça alors !?), et yeux diaboliquement noircis, ce qui me fit penser que Stanley Kubrick aurait pu leur proposer un rôle de figurante dans Eyes wild shut 2, et qu’il serait mort une deuxième fois d’une crise cardiaque. Dans ma ville il y a désormais un nouveau quartier, le quartier d’Affaires. Et quand on déambule entre les tours de verre, slalomant entre les jeunes cadres qui prennent leur pause cloppe, il n’est pas rare d’entendre prononcer sur un ton des plus naturels:

« Le week-end dernier j’étais en total burn out, rapport à mon boss qui m’a overbookée ».

Ce qui revient à dire – je le précise pour les fromages à pâte molle ou les gens très âgés – qu’en fin de semaine dernière j’étais épuisée et à deux doigts d’égorger mon patron façon Agneau pascal (ou Aïd El-Kébir) vu qu’il me prend pour Conchita.

Alors bien sûr, on comprend mieux la deuxième formule. Mais avez-vous remarqué qu’elle est tout de même moins sexy? Et surtout, c’est deux fois plus long à dire !

Il faut dire que les anglo-saxons n’ont pas l’habitude d’aller dans la nuance comme nous. Eux, ils sont proactifs. Les américains ont du rattraper le vieux continent, des siècles et des siècles d’existence, en trois battements de cils, et ils ont donc été obligés d’aller droit au but, créer avant de penser. Ou presque… C’est comme quand on se réveille en retard le matin; soit on part de chez soi en pyjama, on est à l’heure pour l’action mais on a l’air con. Soit on prend le temps de se faire tout beau, mais  l’on constate en arrivant au bureau qu’un type en pyjama rayé a pris notre place.

C’est pourquoi la mondialisation via le capitalisme – remplacé depuis quelque temps par le doux euphémisme « libéralisme »- a changé notre façon de travailler, mais aussi notre langage. On est au top, on va droit au but, et on emploie des phrases à ce point DOPÉES D’ANGLICISMES qu’elles feraient passer Lance Amstrong pour un petit buveur de Red Bull (ou un type qui a marché sur la lune, c’est selon.) Il est certain que ce dopage à l’anglais induit aujourd’hui une notion de dynamisme et de modernité.

Ainsi, lorsqu’on parle de débriefing à la première heure, on imagine on grand bureau ovale qui réfléchit façon miroir, encerclé de jeunes cadres beaux, fashion et en forme, à qui une secrétaire canon sert café, thé et viennoiseries.

Alors que son équivalent « réunion de compte rendu » renvoie à une autre époque. On imagine une salle toute décrépie dans laquelle on est obligé de tout déménager pour faire une table en U, avec des gens qui portent des pulls torsadés, des Clarks, et pour les dames, des chouchous en velours dans les cheveux.

 

Mais les jeunes cadres dynamiques qui ne communiquent qu’en anglicismes sont-ils aussi parfaits et stylés qu’ils en ont l’air ? Sont-ils aussi sûrs d’eux qu’on le croit ? Et enfin parlent-ils aussi bien anglais qu’on le pense ?

 

C’est la question que je me posais avant d’accompagner mon petit ami d’alors à un dîner business. Je compris immédiatement, lorsqu’il me décrivit les personnes qui composeraient le repas qu’il pressentait comme « très sympa », que ce n’était pas le genre d’animaux que l’on trouve à la SPA, mais plutôt dans la jungle ou dans les marécages d’Amérique du sud.

Je compris aussi qu’il fallait que je joue mon rôle de faire valoir au poil près – façon de parler hein, je n’ai pas compté mes poils – en étant absolument sublaïme, comme le diraient Cristina Cordula, et sa sihouette en H. J’optai pour un petit look Chic Bohème travaillé mais super frais avec coiffé décoiffé plutôt pas mal et yeux de biche. Mais lorsque nous arrivâmes sur le lieu des agapes, JE LES VIS : Les jeunes cadres dynamiques femelles. Tenues moulantes exclusivement NOIRES, avec grilles d’aération –résilles ou voiles – là où le regard masculin est susceptible de s’arrêter le plus souvent, montées sur stilettos ou bottes vertigineuses. Effluves de santal, cuir et patchouli, bijou arrivant pile poil sur le décolleté (ça alors !?), et yeux diaboliquement noircis, ce qui me fit penser que Stanley Kubrick aurait pu leur proposer un rôle de figurante dans Eyes wild shut 2, et qu’il serait mort une deuxième fois d’une crise cardiaque.

Et pendant que j’essayais d’imaginer les deux panthères avec un masque emplumé, l’idée absolument horrible qu’à côté d’elles je ressemblais à Belle des Champs me traversa l’esprit. En conséquence, la chanson de la pub – Ouiii donne-nous un peu de ton fromage Belle des Champs… ! – me hanta toute la soirée et j’eus beaucoup de mal à me concentrer à cause de cela. Elles n’étaient pas spécialement belles, mais elles dégageaient des phéromones bien explicites… Côté masculin, c’était assez classique et dynamique. Et côté ramage, ce fut le paradis des anglicismes !

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Le lobbying des messieurs se frottait à l’aquabike –régime sans selle- de Mesdames, le glamour se prenait la tête avec le brainstorming, et le self-control s’envoyait en l’air avec … du Côtes-Rotie bien de chez nous ! Je commençais à me dire que oui, ces gens-là possédaient une assurance en granit. Surtout quand je voyais l’aigle noir en Louboutin poser sa main sur l’avant bras de mon homme en disant, à quinze centimètres de son visage, des trucs comme : « Ah chui complètement d’accord ! Aujourd’hui n’importe quel outsider qui fait du dumping, même avec un packaging complètement cheap peut s’imposer dans le global leadership »  J’avais la sensation que les anglicismes renforçaient son pouvoir de séduction (j’allais écrire sex appeal ). Mon sang bouillait. Alors, j’eus besoin d’une transfusion d’urgence, et grâce au sang du Christ je survécus. J’aurais moi aussi voulu intervenir et montrer à quel point je peux être intéressante, mais je ne possédais pas les codes nécessaires à cela. Moi je n’ai en ma possession que le kit de survie qui se résume en deux phrases : « Hello. I’d like to try these shoes please », phrase que chaque femme respectable sait dire dans toutes les langues et surtout en italien, et « Daddy ! Where is my umbrella ? », ce qui est un peu short quand même.

 

Mais si les jeunes cadres dynamiques sont des ascètes pendant la journée, il faut savoir qu’ils ne boivent pas que de l’eau la nuit tombée. Et comme les vampires ils se transforment. Sauf qu’eux reprennent forme humaine, peuvent même être amusants et avoir de drôles d’idées. Comme celle de finir la soirée dans un bar karaoké… Et la musique fût.

Entre deux chansons massacrées, un DJ mettait des morceaux pour bouger. Ainsi ma copine en noir se mit à se déhancher sur Hot Stuff de Donna Summer alors que nous étions tous assis. Ainsi, c’était officiel, tout le monde la reluquait, y compris mon homme. J’enfonçai mes ongles dans mon fauteuil, quand tout à coup Alleluia, le miracle se produisit ! Je me rendis compte que la demoiselle chantait en… yaourt. Je dirais même en yaourt 0%, parce qu’au refrain j’entendis bien distinctement  I NEED A HAMSTER  (j’ai envie d’un hamster) au lieu de I NEED A HOT STUFF  ( j’ai envie d’un truc bouillant) cinq ou six fois d’affilée !

Lorsque Guesch Patti se rassit, un membre de l’assemblée lui avoua, entre gloussements sournois et rires diaboliques, combien nous étions fascinés par l’amour qu’elle vouait à nos amis les rongeurs, et il fallut qu’il explicite clairement le fond de sa pensée pour qu’elle comprenne enfin sa méprise pendant que nous nous tenions tous les côtes.Et là, le démon s’empara de mon âme. Je me mis à cafter la boulette à toute la table. Tout le monde riait à gorge déployée, en faisant semblant d’encourager la miss avec le pouce levé en l’air, pour qu’elle en fasse encore plus, et qu’on puisse se moquer encore davantage de sa pauvre carcasse… Et moi je jubilais dans ma vengeance, méchante fille que je suis.

Lorsque Guesch Patti se rassit enfin, un membre de l’assemblée lui avoua, entre gloussements sournois et rires diaboliques, combien nous étions fascinés par l’amour qu’elle vouait à nos amis les rongeurs, et il fallut qu’il explicite clairement le fond de sa pensée pour qu’elle comprenne enfin sa méprise pendant que nous nous tenions tous les côtes.

A ces mots, l’impensable se matérialisa. Elle fondit en larmes. Et entre deux sanglots, elle se mit à nous confier, ses petits yeux de panda pleins de larmes, combien elle se trouvait nulle et se sentait seule, parce qu’à cause de son boulot chronophage, elle n’avait pas de temps pour sa vie sentimentale. Ni pour se cultiver non plus, enfin c’est ce que j’ai imaginé. Deux autres personnes suivirent dans les confidences, et nous finîmes la soirée à écouter le récit de leur existence à peine supportable.

 

Ce soir-là j’ai compris que par la force des choses, cette fille, reflet de beaucoup d’autres avait été mondialisée, lobotomisée puis robotisée. Et qu’on l’avait programmée pour parler, séduire, convaincre, et écraser l’autre. Ne pas cheminer. Ne pas creuser. Juste faire du fric. Du fric elle en a. Mais elle n’est riche de rien. Juste être au top. Pour mieux se jeter dans le vide. Elle sait animer une réunion en anglais, Powerpoint à l’appui, mais elle ne sait pas demander son chemin dans la même langue. Ni comprendre des chansons. Elle ne fait même pas le rapprochement d’ailleurs. Alors, ses phrases ampoulées d’anglicismes ne constituent qu’un vernis, à l’instar de sa séduction agressive, très fast sex, pour masquer un vide intersidéral. Et moi, soudain, je me suis sentie coupable. D’être plus heureuse, et d’avoir jugé sans creuser, comme une dinde, ou comme un gros beauf qui arriverait au boulot en pyjama parce qu’on lui a mis des œillères.

Ce soir-là j’ai compris que par la force des choses, cette fille, reflet de beaucoup d’autres avait été mondialisée, lobotomisée puis robotisée. Et qu’on l’avait programmée pour parler, séduire, convaincre, et écraser l’autre. Ne pas cheminer. Ne pas creuser. Juste faire du fric. Du fric elle en a. Mais elle n’est riche de rien. Juste être au top. Pour mieux se jeter dans le vide. Elle sait animer une réunion en anglais, Powerpoint à l’appui, mais elle ne sait pas demander son chemin dans la même langue. Ni comprendre des chansons.

Et si l’on s’indignait ?

 

Estelle B.

Let’s Tweet again (à L’Elysée)

 des propos « décomplexés » de Manuel Valls sur le traitement de la cause Rom.  « Si j’ai bien compris Valls devra désormais obtenir l’autorisation de Matignon avant de tenir des propos racistes » Valérie Trierweiller, Philippe Torreton, Christine Boutin… Depuis un peu plus d’un an, il ne se passe pas un mois sans qu’un people, un politique ou un « Monsieur ou Madame de » ne se lâche sur Twitter et que les médias n’en fassent pas toute une pièce montée pur beurre dont les effluves écoeurantes finiront fatalement par nous titiller la bile.

En témoigne cette fois-ci encore le Tweet bien méprisant de Xavier Cantat, compagnon dans la vie de Cécile Duflot, à l’encontre des propos « décomplexés » de Manuel Valls sur le traitement de la cause Rom.

« Si j’ai bien compris Valls devra désormais obtenir l’autorisation de Matignon avant de tenir des propos racistes »

Il faut reconnaître que celui que j’ai surnommé Tonton Manu a désormais décidé de régler les problèmes Intérieurs en poussant très fort vers l’Extérieur sans jamais ôter de son visage ce petit air constipéobstruido en espagnol- qu’on lui connaît bien, ce qui n’est pas sans nous rappeler que manger cinq fruits et légumes par jour, c’est bon pour la santé. Voilà ce qui arrive quand on fait de la politique avec un petit « p », alors il ne faut pas s’étonner que d’autres se lâchent à côté.

 

Du Rom, des fans…

« Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie. » Telle fut la dernière trouvaille de Manu pour démontrer que les français ont bien raison, sondages à l’appui, d’apprécier son intransigeance à toute épreuve. Membre viril du gouvernement Ayrault, Monsieur Valls doit certainement penser en se rasant –souvent- que cette fermeté le conduira tout droit à l’érection présidentielle face à un Flanby tremblottant (blop blop) car affaibli par un bilan forcément affligeant.

Alors on pourra toujours refuser « d’accueillir toute la misère du monde », ou mieux encore, ne pas souhaiter la regarder en face. On pourra faire semblant de ne pas savoir que si les Roms s’installent chez nous, dans la promiscuité, la saleté et l’errance, sans jamais se retourner, c’est parce que nos poubelles sont bien pleines contrairement aux leurs

Manuel Valls et les Roms

Mais le problème de Manu est que, contre toute attente, il n’a décidément pas l’esprit mathématique. Il n’a pas bien saisi que le monde actuel ressemble étrangement à une de ces pyramides de coupes de Champagne que l’on peut voir dans les mariages : les coupes du haut étant pleines, il est absolument naturel que le flux se déverse vers le bas, et tout à fait contre-nature de vouloir contrôler ce phénomène. Sauf que notre flux à nous se fait du sud vers le nord. Alors on pourra toujours refuser « d’accueillir toute la misère du monde », ou mieux encore, ne pas souhaiter la regarder en face. On pourra faire semblant de ne pas savoir que si les Roms s’installent chez nous, dans la promiscuité, la saleté et l’errance, sans jamais se retourner, c’est parce que nos poubelles sont bien pleines contrairement aux leurs. On pourra feindre d’ignorer que sur 3 embarcations jetées à la mer depuis les côtes tunisiennes, une seule arrive entière à Lampedusa, et que parce qu’on a peur que L’italiano VERO (vrai) ne se fasse bouffer par l’Italiano NERO (noir), on rejette à la mer les centaines de corps sans vie retrouvés pris au piège dans les filets de pêche au thon. On pourra retarder l’échéance de l’irrépressible débordement en faisant croire aux citoyens craintifs qu’on les protègera comme un bon père de famille à l’ancienne qui cache des armoires pleines de secrets glauquissimes. Mais on ne pourra pas empêcher que d’autres soient humains, justes humains, grands ou petits, même quand parfois ils partagent la vie d’un homme ou d’une femme qui occupe une haute fonction politique.

Car, à la manière d’un conducteur lambda qui se met allègrement les doigts dans le nez dans « l’intimité de sa voiture » en plein embouteillage, le twittos, « bien à l’abri derrière son écran », exorcise ses frustrations en redevenant profondément lui-même. En étant juste normal.

Monsieur Hollande avait souhaité être un président normal, voilà qui est fait. Car les gens vivent, souffrent, tâtonnent, se plantent, recommencent, pleurent, galèrent, twittent et font même pipi voire pire… (N’est-ce pas Manu ?!)

On regrettera juste que tout ce battage médiatique participe encore une fois à promouvoir une politique-spectacle au détriment d’un intérêt citoyen pour la politique avec un grand P.

 

Mieux vaut en rire qu’en mourir, n’est-ce pas ?!

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Alors on pourra toujours refuser « d’accueillir toute la misère du monde », ou mieux encore, ne pas souhaiter la regarder en face. On pourra faire semblant de ne pas savoir que si les Roms s’installent chez nous, dans la promiscuité, la saleté et l’errance, sans jamais se retourner, c’est parce que nos poubelles sont bien pleines contrairement aux leurs

Estelle Bee.