Monthly Archives: janvier 2015

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Pierre – Feuille – Ciseaux: LA FEUILLE ENVELOPPE LA PIERRE.

la feuille enveloppe la pierre.

Mieux vaut en rire qu’en mourir…

 

Alors qu’hier, des hommes sont morts atrocement pour nous avoir procuré ce plaisir de rire de tout, et surtout de l’absurdité qui absorbe notre monde, je me reprends mon propre slogan en pleine face.

 

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours trouvé les règles du Shifumi, le jeu PIERRE- CISEAUX- PAPIER complètement illogiques. Surtout parce que la feuille enrobe la pierre. Comment une pauvre feuille isolée du reste du feuillage, et donc cliniquement morte, peut-elle se refermer sur elle-même pour envelopper une pierre mille fois plus lourde qu’elle? Il me semblait en fait que la pierre était INVINCIBLE. Parce que lourde. Parce que froide. Parce que contondante, mutilante. Parce que la pierre n’a pas d’artères, pas de poumons, pas de coeur. (Mais au fait, une pierre se moque-t-elle de sa semblable anormalement émotive en lui lançant qu’elle a un coeur d’humain?)

 

Toujours est-il que bien souvent, dans la cour de récréation, je choisissais la pierre en arborant fièrement mon petit poing fermé de combattante, Et bien que mauvaise perdante à l’accoutumée, j’acceptais mieux la défaite lorsque j’avais opté pour la pierre, que pour les ciseaux ou la feuille. Pourquoi? Simplement parce la pierre était la seule arme qui ne finissait pas complètement brisée dans le combat. Elle pouvait briser les ciseaux, qui eux-même pouvaient mutiler la feuille, mais la feuille, qui pourtant « gagnait la pierre » n’endommagerait jamais son intégrité physique. Elle se contentait de « l’envelopper ». Et dans mon esprit de fillette, « entourer », « enrober », « envelopper » étaient des termes dédiés à la douceur, à l’accompagnement, au réchauffement. Finalement, ce n’était pas une vraie défaite, car la pierre, au fond, s’en sortait toujours à bon compte.

 

A la rigueur, je pouvais concevoir que la feuille – pas n’importe quelle feuille hein, il fallait que ce fût une feuille bien plus maligne que les autres, une feuille au destin hors norme, une Élue- puisse recouvrir intégralement la pierre, de façon à ce que plus personne ne sache qu’elle était une pierre, et qu’elle ne puisse plus jamais vivre sa vie de pierre, puisque dépossedée de son apparence originelle (un peu comme Ophélie Winter, mais en moins moche). Mais elle ne pouvait pas être mortellement étouffée par la frêle feuille, puisque ne possédant pas d’artères, de poumons, de coeur, elle était donc impossible à asphyxier.

 

De courageux combattants ont employé si fort leur vie à brandir des feuilles qu’une pluie de pierres tranchantes s’est abattue dans leur dos, à la déloyale. Toute forme d’écriture engagée n’a pas vocation à tuer, mais prétend accompagner dans la réflexion. On ne combat pas avec les mêmes armes que son adversaire, d’autant que bien informé, cet adversaire peut devenir un allié: une pierre enveloppée de feuilles qui dévalera le Mont Jihad, emportant dans sa course toutes les autres pierres qui se trouveront sur son passage en leur disant modestement: « Tout comme toi, moi aussi, je buvais leurs prédications. Mais ça, c’était avant. Viens avec moi mon frère, que je t’explique! »

Je suis Charlie, et je t'emmerde

Enfin, lorsque l’on a ajouté le fameux PUITS au jeu Pierre- Ciseaux- Papier, on s’est enfin rendu compte, vu que seule la feuille gagnait le puits en le recouvrant, qu’elle seule pouvait lutter contre le néant et l’obscurité. Autrement dit, contre l’obscurantisme, l’inculture, le fanatisme, la désinformation, la manipulation des données, la barbarie et l’appropriation de l’intégrité morale d’autrui.

 

Au final, c’est la feuille qui est invincible. Et c’est parce que la feuille est plus forte que la pierre qu’on tente de la lapider, parce que la pierre n’a pas le dixième du talent de la feuille pour transporter les esprits.

 

Écoliers, apprenez vos leçons.

 

Parents, accompagnez-les.

 

Gens civilisés, lisez, remplissez des feuilles, semez vos boutures, et plantez-les dans tous les jardins.

 

Fanatiques, par cet acte, vous n’avez fait que décupler l’élan satirique du Pays des Lumières. Vous avez fait trembler la feuille, mais jamais vous n’abattrez la forêt

 

Détracteurs ou moqueurs du slogan « Je suis Charlie », juste pour vous la jouer Réac’, je vous emmerde.

 

Musulmans, cathos, juifs, athées, bouddhistes, hindouistes, et Justinbieberistes de France, indignons-nous ensemble!!!!!

 

Estelle Bee.