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Quand Facebook te suggère des cochonneries…

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Voilà déjà quelques années que les suggestions sur le net nous racolent sévère. Impensable de te connecter sur ta boîte mail, sur les news, ou sur Facebook sans que cette paire de bottines pas encore assez soldée à ton goût te fasse de l’oeil à la manière d’une entraîneuse de bar à forte poitrine. Idem pour cette housse de couette sur laquelle tu n’as jeté qu’un vague regard, ou bien cette simulation de vol Paris-New York en pleines vacances scolaires que tu as faite juste pour fantasmer. Mais jusque-là, rien de paranormal. Les réseaux sociaux se contentaient de ramasser la monnaie des annonceurs à la dent qui raye le parquet, le carrelage, et même le faux plafond, prêts à tout pour te délester de l’argent que tu n’as pas encore touché ce mois-ci. Pourtant, aujourd’hui, Facebook me fit une suggestion à laquelle j’étais loin de m’attendre, et qui changea mon regard sur l’absence d’Humanité des réseaux sociaux.

Et depuis quelques heures, une grande question me brûle les lèvres -enfin, surtout la lèvre inférieure puisqu’il se trouve que j’ai un bouton de fièvre- :

À FORCE DE FRÉQUENTER LES HUMAINS, FACEBOOK SERAIT-IL DEVENU UNE SORTE D’ÊTRE INTUITIF DOTÉ D’EMPATHIE POUR SON PROCHAIN???

J’en viens donc à ma découverte.

J’avoue que ce jour-là, je n’étais pas du tout préparée. Remarque, c’est souvent bien plus sympa lorsque c’est impromptu, me direz-vous…Depuis près de dix jours, je me traînais une fatigue qui dévorait mon cerveau à la manière d’une veuve noire après l’accouplement, et me murmurait de compenser sur des dégueulasseries sucrées pleines de lécithine de soja, alors que je ne suis pas du tout dessert. Je me sentais donc autant en forme que lorsque j’avais dû enterrer mon chat à la lampe frontale, dans la forêt et en pleine nuit, sur un terrain qui allait – bad luck- faire l’objet d’un terrassement dans les jours qui suivirent. À cause de mon mignon Vésuve sur la lèvre -avec lequel j’avais dû composer durant mes heures de boulot- j’étais d’une humeur massacrante, prête à faire fondre à l’acide quiconque se mettrait en travers de ma route. Pourtant, l’Univers avait ponctué ma journée de quelques signes que j’ignorai tout bonnement faute de temps, et qui ne me revinrent en mémoire qu’après l’Incident, notamment ce moment où j’interrogeai un de mes élèves par la question « QUI? », et qu’il me répondit « QUETTE »…

Le soir venu, j’ouvris mon profil Facebook sans conviction lorsque je m’aperçus que j’avais quelques demandes d’amitié et moults suggestions, parmi lesquelles je pus lire:

« Connaissez-vous… Ma bite » (voyez par vous-même)

Quand Facebook te suggère des cochonneries

Heu… Non. Nous n’avons pas encore été présentés…

S’il est vrai que j’avais déjà vécu ce genre de suggestion dans ma vie , je dois avouer que ce qui me surprit, c’est qu’elle ne s’encombrait pas ici de la subtilité ni de la finauderie qui cache habituellement la forêt (et le reste). Comme si Facebook et moi avions tissé une intimité illimitée.

C’est ainsi que je compris que oui, à force de servir de lien entre les Hommes, Facebook avait fini par développer des sentiments et des intuitions, à la manière d’un vil humanoïde qui du jour au lendemain, se rend compte qu’il se sent incapable de détruire l’espèce humaine puisque sous son poitrail en Titane bat désormais un petit coeur tout mou. Car en me faisant cette suggestion que je n’ai pas mal prise -et je parle bien de la suggestion- Facebook m’a démontré qu’un jour, les réseaux sociaux nous serviront de coach de vie en nous proposant tout de go ce qu’ils pensent être bon pour nous: faire un régime, rouler moins vite, quitter ce looser (cette looseuse?), un déodorant efficacité 24h, un chignon banane, se taper (barrer la mention inutile): « un fou rire- le poseur d’éléments de chez Ikéa- un pot de rillettes », ma bite etc…

Je confesse que pour autant, je n’ai pas osé apposer la Mention « J’aime » sur le contact susnommé. Je me suis dit que c’était davantage une phrase de mec, sauf si bien-sûr tu t’appelles Amanda, et sauf si bien sûr, tu es une respectable mère de famille marseillaise qui a coutume de rétorquer « Eh, je m’en bats les couilleuhhh ». Quant à intégrer Ma bite à ma liste d’amis, j’avoue ne pas avoir osé, de peur de surprendre ces derniers… Et puis, je n’ai jamais été douée pour faire le premier pas…

Moralité : Si toi aussi tu souhaites savoir quel mal t’habite, déroule les suggestions de chez Fessebouc, on ne sait jamais…

Je dédie cette chronique à mon plus fervent lecteur Jean-Pierre Douton, qui en aurait je pense apprécié l’élégance, qui a tiré sa révérence il y a de cela quelques jours, et qui restera à jamais la meilleure suggestion d’amitié que Facebook m’ait faite.

Estelle Bee.