Monthly Archives: mars 2017

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Emmanuel Macron, le plan cul de la France

Emmanuel Macron, le plan cul des français

C’est toujours la même histoire… On s’est investi corps et âme dans une relation sentimentale qui se voulait aussi insubmersible que le Titanic, et l’on est resté sur le carreau quelque temps après qu’elle se soit enfoncée dans les profondeurs abyssales de l’abandon, de la mutilation, de l’abstinence et de l’amertume (et de l’abstinence). Des semaines et mois durant, on a décliné de sérieuses et flatteuses propositions, parce qu’on n’était pas prompt à accepter que la bienveillante nouveauté s’immisce dans notre cynisme sur l’Amour, ce concept merdique inventé pour justifier la fornication, et de fait, la procréation. Et n’y croyant plus du tout, à cet idéal de vie que de toute façon on emmerde cordialement, on a découvert… le plan cul.

 

Rhâ, il est loin le temps où l’on retenait nos larmichettes lorsque le témoin d’un mariage auquel on était invité se mettait à lire cette diablerie de Lettre de Saint Paul aux Corinthiens: l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil(…). Parce qu’après tout, on avait bien compris que soit a) Tout cela n’était que foutaise, b) On n’avait JAMAIS connu le vrai amour. Et pour le coup, aucune des deux réponses ne se voulait réconfortante. Par contre, il ne m’a pas échappé que si l’on remplaçait dans le texte le mot « Amour » par « Plan cul », on se rapprochait bien plus de la vérité! Car en effet: « Le plan cul rend service; le plan cul ne se jalouse pas; le plan cul ne se vante pas et ne se gonfle pas d’orgueil » (sauf peut-être sur son anatomie, mais ça, comme chantait Gérard Blanc, c’est une autre histoire).

En tout cas, le plan cul allège le coeur (eeeeeeeet oui!), te donne envie de te faire sentir diaboliquement désirable quand tu en as envie, et seulement SI tu en as envie, te donne l’illusion de l’amour-propre retrouvé, sans aucune contrainte en contrepartie. Parce que justement, le plan cul est CREUX, et que paradoxalement, cette vacuité te remplit, sur un mode revanchard peut-être.

 

Macron, le plan cul de la France

 

D’après les sondages, il semblerait aujourd’hui (et j’emploie bien le conditionnel, hein) que les français aient besoin d’un bon vieux plan cul. Forcément, après la déclaration d’Amour du Bourget, et les trahisons qui suivirent, les français semblent logiquement préférer le Vide au Concret, le Superficiel au Bouleversement.  Parce qu’après une relation foireuse de 5 ans, ils en ont forcément conclu, comme dans les histoires d’A, que le Concret pue, en général…

Les hommes sont tous des égoïstes, les femmes des hystéros, et les politiques ne sont motivés que par le pouvoir. Alors, l’un dans l’autre, autant choisir un candidat pour sa jeunesse, son absence de programme, ou la vacuité de son discours et de son regard bovin. Rien à étudier, rien à réfléchir, rien à rêver, rien à perdre, et rien à foutre, au final.

 

Mais voilà. Il faut toutefois savoir que le plan cul finit souvent par vouloir PLUS. Parce qu’il a considéré que ce que vous lui offriez était une partie pour un tout. Et il vous parle de vie commune, lit les annonces immobilières tout empreint de lyrisme, et se verrait bien -comble de disgrâce- avoir un rejeton de vous, mais juste parce que c’est VOUS. D’ailleurs, quelquefois, le plan cul occulte longtemps ses intentions profondes pour ne pas vous effrayer au départ, et c’est quand il ne peut plus se contenir que le choix s’impose à vous. Dire qu’on s’était rabattu(e) sur lui, par dépit, et qu’à présent, il se voit Aladin vous trimballant sur son tapis volant, ou Blanche-Neige sur votre cheval blanc. Et oui, le plan cul, aussi creux, aussi superficiel, aussi teubé soit-il, « se gonfle aussi d’orgueil » finalement, tout comme l’Amour! Et franchement, feriez-vous un enfant avec un plan cul?

 

Je crois qu’il est grand temps de guérir. Ou de penser à le faire. Il est clair que les turbulences et les déceptions nous ont insufflé un besoin de jachère politique. Commencer à guérir, c’est au moins regarder autour de soi. Être attentif. Je ne vous parle pas d’amour éternel, et d’autant moins que certains candidats proposent que tout homme politique soit révocable à tout moment s’il ne satisfait pas les citoyens, ou s’il triche, trahit, déshonore…

Mais comme par hasard, notre plan cul, lui, ne le propose pas…

Emmanuel Macron, le plan cul de la France

Marche pour la 6ème République, 18 mars 2017

Alors, je me pose juste cette question : 5 ans d’obligations avec un plan cul, n’est-ce pas un tantinet trop long ? Ne risque-t-on pas de passer à côté d’autres projets à cause d’un foutu pour foutu  qui s’est bien trop incrusté dans nos consciences ? Parce qu’une chose est sûre, c’est qu’un jour, on renaît. Et comme le cerisier, on se remet à bourgeonner sous un ciel plus clément qui nous insuffle l’envie, ou comme dans ladite chanson de Gérard Blanc, le besoin « d’une Autre Histoire ». Ne la laissons pas passer…

 

Indignons-nous! Aimons!

 

 

Estelle Bee.

Impostures et abstentions: le Grand Cirque de la vie

Faire des enfants, aller voter

TOUS POURRIS. Cela fait dix ans que ces deux mots s’échappent de toutes les bouches comme une écume amère qui altérerait le goût des choses, et qu’il faudrait recracher bien vite pour se sentir mieux. Pour s’extraire d’un contexte inconfortable, anxiogène. Dire TOUS POURRIS, de la même façon que l’on ne verrait plus que les défauts de ce sale con ou cette chieuse que l’on a chéri naguère plus que notre propre personne, et que l’on a renoncé à écouter vraiment, à force de conclusions tirées sur le socle de la colère. Quand on dit TOUS POURRIS, on abandonne. Et a priori, ce n’est pas grave, d’abandonner. Ça peut même sauver, parfois.

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MAIS…

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Mais dans ce contexte électoral qui m’apparait comme un possible tournant historique, j’avoue que j’en tremble. Et ce qui me fait si peur, ce n’est pas que les gens pensent – plus à raison qu’à tort, d’ailleurs- que nos politiques sont tous des guignols motivés par une ambition personnelle quasi freudienne. Ce qui m’angoisse, c’est que d’autres, pourtant minoritaires en nombre réel, se réjouissent, eux, d’aller glisser leur bulletin pestilentiel dans l’urne comme des sadiques syphilitiques qui prendraient plaisir à refiler leur saloperie au reste du pays. Ce qui me terrifie, c’est qu’en faisant cela, ils donneront raison à toute cette majorité silencieuse, celle qui scande TOUS POURRIS.

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Parce qu’en réalité, je les comprends, ces gens. Je comprends l’usure de leur pensée. Je comprends leurs préoccupations quotidiennes. Je comprends leur déprime. Et j’en arrive même à comprendre leur déni. Et c’est justement parce qu’ils sont silencieux, parce que pour rien au monde, ils ne rateraient une journée à la plage ou le gigot-flageolets de mamie pour aller voter pour des gugusses à cravate que les pourris nous envahissent. Il me semble aujourd’hui urgent que les silencieux comprennent qu’ils sont importants. Vraiment importants. Qu’en ciblant vraiment leur amertume sur ce qui les a rendus amers, désabusés, ils pourraient vraiment changer la donne. Car au fond, savoir ce que l’on ne veut plus, c’est avoir conscience de ce que l’on veut. Suffit juste de lire quelques programmes, et de ne pas oublier qui l’on est.

 

Cette constatation m’a amenée à penser que bien souvent, et dans d’innombrables domaines, les gens qui s’abstiennent, n’osent pas, s’interdisent ou se taisent sont justement ceux qui devraient s’exprimer. Les inaudibles, les timides, les modestes, les complexés constituent bien souvent la partie la plus pure de l’Humanité. Mais alors, réciproquement, ceux qui font du bruit seraient-ils des imposteurs? Ceux qui exultent ne devraient donc pas juste… s’abstenir?

 

Paul Watson, le fondateur de Sea Shepherd, a dit récemment que les êtres humains devraient à ce jour s’abstenir de faire des enfants, à cause du manque de ressources alimentaires à l’échelle planétaire. Puis il a ajouté que l’ironie de cela était que ce sont justement ceux qui ont conscience de la nécessité de ne plus enfanter qui devraient faire le plus d’enfants, compte tenu de cette sensibilité au Monde qu’ils étaient les plus à même de transmettre. Le constat, bien que plombant, est imparable. En témoignent les images de milliers d’enfants errants de New Delhi, et de petits corps squelettiques des plaines arides du Soudan.

 

À la radio, j’entends souvent des chanteurs à la médiocrité aussi râpeuse qu’un rosé de pays languedocien, qui en font des tonnes et récoltent des lauriers qui leurs siéent aussi bien qu’un dentier à une poule. Alors que je connais de vrais musiciens touchés par la grâce et qui n’en demandent pas tant, ou n’osent pas, juste parce qu’ils ne s’y voient pas vraiment déjà. Et même si ce sont eux que j’aimerais entendre en boucle, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont justement meilleurs parce que leur art ne se voit pas pollué par une avidité qui sonnerait le glas de leur créativité originelle. Devenir quelqu’un, est-ce se perdre soi?

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Je me suis toujours demandé ce que devenait l’amour après l’amour, mais qu’en est-il des rêves, des ambitions, des idéaux ? Ont-ils une vie après la retenue, la lâcheté, après l’abandon ? Se réincarnent-ils ? Vont-ils se nicher au creux de quelqu’un de neuf, plusieurs fois, jusqu’à ce qu’ils trouvent preneur, une personne qui saura les matérialiser sans crainte ? Les gens publiquement reconnus de nos jours, sont-ils donc, pour leur plus grande majorité, des imposteurs qui auraient pris la place des silencieux? Quand on y pense, l’ordre entier du Monde pourrait être remis en question…

 

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On peut donc légitimement se demander s’il est vraiment sain de donner le pouvoir à quelqu’un qui le demande, parce qu’il y a neuf chances sur dix pour que le candidat désire gouverner pour de mauvaises raisons. Parce qu’il a une revanche à prendre sur la vie. Parce qu’il souhaite connaître le vertige de celui qui ne peut pas grimper plus haut… Parce qu’il ambitionne d’être quelqu’un. Neuf chances sur dix est une forte probabilité. Ne pas faire entendre sa voix, c’est la certitude de ne pas être écouté. Et respecté. Votez!

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Yes we can, yes YOU can!

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Estelle Bee.