Monthly Archives: avril 2017

You are browsing the site archives by month.

Cessez de m’allumer! Parole d’Insoumise.

Cessez de m'allumer, parole d'insoumise.

Une semaine que ça dure.

Une semaine qu’il ne se passe pas deux heures sans qu’on me racole.

Vulgairement.

Que l’on me touche,

Salement.

Une semaine que les passablement-pensants sont officiellement devenu les bien-pensants.

« Nan mais tu comprends, si tu t’abstiens tu ouvres une autoroute au FN!!! »

« Nan mais tu vois, si tu votes blanc, tu fais le jeu du FN!!! »

 » Nan, mais attends, tu comptes en fait sur nous pour faire le sale boulot, c’est ça?! »

Insoutenable…

.

Parce que le job, j’estime l’avoir déjà fait, moi.

J’ai milité.

Des mois.

J’ai porté l’Avenir en commun de mes petites mains avec parfois en bandoulière le sentiment d’abreuver des bouches asséchées par la résignation,

Je l’ai porté avec le peu de temps libre que la vie veut bien m’octroyer,

Je l’ai porté en rêvant de cette lumineuse transition écologique qui aurait créé des millions d’emplois,

Je l’ai porté en songeant à ces mères en galère qui tranquillement, auraient pu laisser leurs enfants gratos à la cantine afin de pouvoir retrouver une vie sociale et professionnelle,

Je l’ai porté en toute fraternité envers mes semblables d’autres couleurs,

Je l’ai porté pour que mon facteur sache où j’habite,

Je l’ai porté au nom de la Paix,

Je l’ai porté en cessant enfin de me reluquer le nombril,

Je l’ai porté pour nos enfants,

Je l’ai porté pour qu’on cesse enfin de taper sur les plus fragiles,

Je l’ai porté par respect envers tous nos aïeux qui se sont battus pour nos droits sociaux,

Je l’ai porté parce que seul CE projet-là nous permettait de les conserver,

Je l’ai porté au nom d’une future démocratie réelle,

Je l’ai porté contre vents et marées médiatiques orientés,

Je l’ai porté contre l’esbroufe politicienne,

La manipulation des consciences,

Je l’ai porté contre les J.T,

Contre les journaleux des marécages,

Contre les assoiffés du buzz,

Les boulimiques des fakes,

Les ivrognes du clash,

Les carnassiers de l’image,

Les charognards des ondes,

Contre la mauvaise foi dévorante,

Contre les je-m’en-foutistes des lendemains,

Contre les inconscients de l’Avenir.

Je l’ai porté de tout mon coeur.

Et justement…

C’est là que le poignard blesse…

 

Voilà qu’à peine le poignard planté en ce soir du 23 avril,

Voilà qu’à peine je saigne,

Qu’à peine je respire,

Qu’à peine je comprends, même,

 

Qu’à peine que je prends conscience dans un profond chagrin et dans un bain de sang intérieur de ce à quoi nous allons renoncer, que déjà, ILS M’ASSAILLENT:

« Il faut appeler à voter Macron pour faire barrage au FN!

– Heeeuuuu ….

– Ben ouiii! Non mais Le Pen! Le fascisme, Hitler, Mussolini, Franco, tu connais???!!!

– …. »

À DIRE VRAI, CES GENS-LÀ M’ONT MANQUÉ DE RESPECT.

 

Ils m’ont manqué de respect car ils ne m’ont pas laissée faire mon deuil.

Et ils m’ont attouchée de leurs phrases racoleuses,

De leurs mains sales,

J’étais cette veuve que l’on essayait de remarier de force avec le ravi du village,

J’étais cette fille prude à qui l’on léchouillait l’oreille d’une langue râpeuse et chargée,

J’étais cette meuf du quartier que l’on coince dans la cage d’escalier,

Cette passante à qui l’on colle une main aux fesses,

Cette stagiaire à qui l’on malaxe les épaules dans l’intimité d’un bureau,

Cette fillette que l’on pousse à faire des dégueulasseries en la menaçant de s’en prendre à sa famille…

 

À moi qui sais justement que le libéralisme engendre le fascisme,

À force d’appauvrir les masses pour faire se goberger quelques immondes millionnaires,

À moi qui ai milité contre l’un pour éviter l’enfantement de l’autre,

On me demande de plébisciter le père!

À moi qui ai soutenu la démocratie participative, on me scande que le dirigeant du mouvement que je soutiens commet une faute grave en laissant se prononcer sa base!

Seraient-ils devenus TOUS FOUS???!!!

 

À présent, je vous serais gréée de balayer devant votre porte tous les reliquats de vos votes dénués de conscience citoyenne,

d’ôter vos gros doigts boudinés de mon désarroi,

de cesser de vous frotter à ma peine tels des chihuahuas en rut,

d’arrêter de me souffler vos recommandations fétides en plein pif alors que je peine à réouvrir mes poumons à cette promiscuité électorale.

 

En bref, cessez de m’allumer, et laissez-moi seule souffler sur mes propres braises. Merci.

 

Une insoumise.

Et demain…

Image de prévisualisation YouTube

 

Voilà trois jours que je cherche quoi dire sur demain. Non, pardon, sur Demain. Avec Majuscule.

 

Trois jours que je rate sciemment des occasions d’écorner des Macron, des Fillon, de Le Pen, déjà bien racornis par leurs propres conflits d’intérêts. Eeeeet oui, Macron aussi… Mais de ses affaires à lui, aucun media n’en parle, même pas du fait que les laboratoires Servier ont rédigé son programme santé. Même pas ça. Rien.

 

Mais comme il y a Demain, j’occulte tout ce qui est laid, et je me prends à rêver. De Fraternité. De projet commun. De bouffe saine. De vins bio. D’apéros sous la tonnelle. De musique. D’espoir. D’Amour profond. D’Amour physique. De confiance les uns dans les autres. De bienveillance. De rues dénuées de mendicité. De champs sans OGM. De découvertes scientifiques. De mon petit garçon qui foulera Demain un sol où l’on ne nous culpabilise plus parce que soit disant, on coûte trop cher. Parce qu’ici-bas, les pauvres coûtent plus cher que les riches…

 

Et soudain, ce clip… Ce clip me cueille… Et guide en cet instant ces mots malhabiles. Mais sincères.

 

Putain, Demain, c’est  presque aujourd’hui… Et je crois que jusqu’à présent, je ne m’en étais rendue compte que lors du compte à rebours de la nouvelle année…

 

Hier. Jean a collé sa dernière affiche. Hier,  j’ai distribué mon dernier tract. C’était à la conductrice métissée d’une voiture arrêtée à un feu rouge de mon quartier. Elle s’est exclamée en souriant: « Ah, c’est pour Mélenchon?! Ça va, alors…! », avant de redémarrer toute pimpante.

 

J’espère tant de ce dernier tract…

 

Hier, j’ai longuement échangé avec un couple d’espagnols engagés dans le mouvement Izquierdas Unidas, proche de Podemos. Ils ne parvenaient plus à se décider de partir, tant ils vivaient par procuration ce fol espoir de changement à côté duquel eux sont passés, par découragement, désintéressement, et désillusion. Il m’ont donné une énergie incroyable. Nous avons échangé nos coordonnées en guise de sceau, avant de nous embrasser fraternellement.

 

Ce fol espoir qui nous anime est partagé par tous les pays qui se sont laissés récemment aveuglés dans leur choix profond. Les états-Unis y compris.

 

Après l’Apéro Insoumis que chacun a préparé de ses petites mimines, afin d’offrir un moment de convivialité et de dialogue aux autochtones de ce quartier résolument marseillais, un militant sexagénaire et ami m’a accompagnée dans ma pause-cigarette (c’est pas bien, je sais…) pour me livrer jusqu’à la lie de son espoir:

 

« Tu sais… Cette énergie, je la respire, je la ressens… C’est la même qu’en 68. Et qu’en 81, à la veille de l’élection de Mitterand ! On sentait qu’il se passait quelque chose… Et bien là, je sens que quelque chose bouge. Et tu vois, je milite depuis des mois, et j’ai mal partout, mais… Mais j’ai l’impression d’avoir vingt ans. »

 

Dans son regard, des milliards d’étoiles, et entre ses lèvres encore entrouvertes de son dernier mot, le souffle d’une nouvelle ère que j’imagine -pressens- être … Celle du Peuple.

 

Les gens, donnez-vous cette chance…

Ne les laissez plus vous faire croire qu’il n’y a aucune autre alternative,

Que vous êtes trop bêtes pour penser,

Que cette fois encore,

Tout est joué d’avance.

Nous Sommes Les Importants,

Offrons-nous une vision douce de la société,

Un futur qui nous unit

Pour de vrai cette fois,

Car comme dit la chanson que je partage avec vous pour ce Demain:

 

Le temps passe

On l’évite

Ne passons pas trop vite… 

 

 

 HOPE …