Author Archives: Estelle Bee

Eh Manu, tu descends??!!! (Conseils à Manuel Valls pour rebondir) (loin)


Eh Manu??!! Tu descends

 

« Eh déconne pas Manu, vas pas t’tailler les veines,

Une élection perdue, c’est 10 copains qui r’viennent… »

 

C’est ce qu’on appelle un accident de la vie. Une sortie de route. Un obstacle. Une épreuve. Cela nous est arrivé à tous. Tirer bien trop fort sur la corde. Ne pas prendre le temps de se poser. Vouloir sans cesse se dépasser. Ignorer ses limites physiques et psychiques, et faire de sa propre personne son plus grand déni.

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Et puis un jour…

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L’ACCIDENT.

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La gifle, la tôle, le tsunami, le choc, la mouise, la déculottée… Appelle ça comme tu voudras, mais c’est, de fait,  comme si l’on te collait un panneau STOP géant devant la face, de façon à ce qu’enfin, TOUT s’arrête sans que tu n’aies le choix de reprendre le moindre contrôle.

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Car la VIE, facétieuse, se charge toujours de te faire APPRENDRE, et même de force, s’il le faut. You lose, you learn 😉

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Et finalement, Niesztche avait peut-être raison:

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »

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Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire, moi qui désormais, ai programmé un ruban noir pour tous les 29 janvier sur mon agenda électronique. Moi qui suis déjà en manque de ton petit air de Cruchot mal léché (…), et de tes discours aussi spontanés que les indications routières de mon GPS. Mon Manu, mon champion… La seule chose qui me console est qu’aujourd’hui, tu puisses enfin TE retrouver pour faire le point -final- et rebondir aussi haut que le ballon d’Olive et Tom, qui je le rappelle, n’atterrissait jamais. Aussi, j’ai modestement imaginé ce que tu pourrais faire « après », et comment tu pourrais transcender ce que j’ai désormais appelé « L’ACCIDENT »:

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  • T’empiffrer de glace Ben & Jerry’s en t’égosillant sur All by myself à la manière d’une Bridget qui vient ENCORE de se faire larguer par Mark Darcy (ce petit ENC…), un mec à peu près aussi souriant que toi au demeurant. Que tu te remplisses et te goberges tel un goret jusqu’à t’en faire péter la sous-ventrière, et que tu deviennes aussi sexy qu’un Barbapapa en string.

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manuel vals défaite aux primaires de gauche

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  • Prendre ton pied en assistant à une Corrida, cet art que tu défends si jalousement, et te palucher à la vue de l’animal transpercé qui se vide de son sang par la bouche, et agonise pendant des lustres sous l’orgueil du Macho en collants roses que tout le monde encense, comme si le combat avait été égal. Tu apprendras peut-être plus tard – à chaque jour suffit sa peine- qu’un politique qui aime regarder mourir des animaux et, parallèlement, « aime l’entreprise », peut en effet moyennement inspirer confiance dans sa démarche.

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  • Te rendre chez l’esthéticienne pour te faire papouiller le visage. Cette face que tu as mise à dure épreuve en souriant niaisement près de deux semaines, alors que personne ne t’avait jamais vu esquisser un rictus en 5 ans. Putain, 5 ans! 5 ans sans sourire, et 2 semaines d’orgie zygomatique! Faut vraiment faire attention avec ça. Ton visage est en Burn out, Manu, il faut absolument que tu ailles le montrer à un proctologue.
défaite de Valls aux primaires de gauche. Humour.

c’te gueule…

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  • Traîner avec tes potes d’Evry que tu as pas mal délaissés ces derniers temps en t’acoquinant avec Gattaz:

« Hé Manu, tu descends???!!!

– Ben pour quoi faire???!!!!!

– Ben, parce que t’as plus de boulot, Dugland!!!

– Ah merde, c’est vrai, j’avais oublié! Et dire que j’avais préparé un discours anti-migrants, snif… »

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  • Transcender l’Accident en t’exprimant artistiquement: peut-être est-ce ce message que te délivre la vie en te ridiculisant devant un gars qui a à peu près 49,3 ans. Qui sait, peut-être as-tu un talent caché….? Jongleur, ménestrel, écrivain… Je parle bien d’une reconversion artistique, hein, pas d’un taff de conférencier payé à millions que tu seras tenté d’exercer façon Sarkommence, lustrant de ton mieux les baballes des patrons de multinationales à qui tu donneras raison d’exploiter les salariés et de garder tous les bénéfices pour leur pomme. Et pourquoi pas ALCHIMISTE: toi qui détiens le pouvoir de transformer en caca tout ce que tu touches. Tu ne le fais sûrement pas exprès, hein, tu es au fond comme la Reine des Neiges qui glace tout d’un geste mal contrôlé.

 

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Bon voilà, mon bon Manu. Tu as déjà quelques pistes, hein. Mais surtout, il faut que TU LÂCHES TOUT ÇA. LÂCHE, MANU! Mais surtout, fais pas de connerie, Manu! Tu nous as déjà fait si peur en proclamant la suppression du 49.3 dans ton programme, que nous avons cru que tu voulais te supprimer toi-même!

Reviens à l’essentiel, et comme le dit un jour Scar à son neveu Simba:

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Image de prévisualisation YouTube

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SI, SE PUEDE!!!!

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TODOS JUNTOS (tous ensemble 🙂 )

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Estelle Bee.

Macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France.

macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France

Depuis quelque temps, les médias n’ont d’yeux que pour lui.

Il a échoué au gouvernement en se bouchant le nez devant le désespoir des salariés,

Expliquant tantôt à un malheureux que l’apogée d’un homme se traduisait par le port d’un costard Armani,

Exprimant ensuite son amour inconditionnel aux multinationales qui payent dix fois moins d’impôts que les PME,

Et surtout, il n’a pas encore de vrai programme…

Alors, étant donné que Manu fait salle comble lors de son premier meeting, une question simple me brûle les lèvres:

WHAT THE FUCK?

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L’effet Nespresso

L’explication s’est dernièrement imposée à moi le jour où j’ai dû me racheter une cafetière, puisque mon ex avait tenu à garder sa classieuse machine Nespresso.

Je déambulais donc dans les rayons d’Alinéa, lorsque mon coeur s’accéléra à la vue d’une mignonne cafetière design et vintage à la fois, capable de moudre des vrais grains de vrai bon café, récolté par des vrais gens payés pour de vrai.

Émue devant cette simplicité pourtant éclatante de modernité, je me suis soudain demandé comment naguère, j’avais pu en arriver à pousser la porte d’une pareille esbroufe… D’ailleurs, pousser la porte est un bien grand mot… Car le client Nespresso ne pousse pas la porte de chez Nespresso. C’est le beau portier Nespresso en costard sur mesure qui s’en charge, dès lors que votre regard caresse la devanture de la boutique. À la suite de quoi, l’on vous salue sur un ton de quasi prosternation comme si vous vous apprêtiez à acheter une bague 800 carats de chez Tiffany’s, pendant que vous pénétrez dans le temple sacré. Là, un nombre incommensurable d’hôtesses aux cheveux aussi lisses qu’une cérémonie d’élection de Miss France se succèdent en salutations distinguées, et l’on vous propose de vous assoir dans le petit salon afin de déguster THE nouvelle capsule made in Quart Monde, accompagnée de son mignon petit chocolat au double emballage. Ambiance feutrée. Voix douces et rassurantes. Sentiment – injustifié- de traitement de faveur. Beauté. Volupté. Chaleur. Et l’on ressort avec ses 30 ou 40 balles de capsules polluantes que l’on partagera avec d’autres adeptes de la même secte en se masturbant intellectuellement sur les notes grillées et boisées du Roma et les saveurs de musc et de bois du Keepala d’Ethiopie alors que personne ne s’y connait vraiment en café.

Et en installant ma toute mignonne cafetière dans ma cuisine, en humant les effluves des grains fraîchement broyés et crépitant sous le joug du moulin électrique, j’ai compris que jusqu’alors, on m’avait vendu des coquilles vides. J’ai alors imaginé une table gigantesque au beau milieu d’une salle de réunion autour de laquelle une tripotée d’industriels, financiers et publicitaires malicieux auraient tenu à peu près ce langage:

« Bon, alors, on est bien tous d’accord! On va vendre du vent en misant TOUT sur le packaging de luxe et l’image de marque qui flattera l’ego du consommateur, qui par définition, a besoin de se sentir reconnu, mais ne sait pas distinguer son cul de son coude. On part donc là-dessus! »

Emmanuel Macron n’est ni plus ni moins qu’une capsule Nespresso. Il se réclame de la Modernité alors qu’il est l’héritier d’une politique de vieille droite qui a fait son temps. Pire, il se dit même Révolutionnaire! Pourtant, la clôture de son meeting a légèrement fissuré cette coquille vide de sens, mais néanmoins ardente – et bruyante!- d’un désir personnel bien patent dans cette vidéo.

Trop plein d’hormones:

Car à en croire ce triste spectacle de vociférations glaireuses, le vrai Macron, n’est autre que le petit Manu boutonneux et en pleine mue qui se vante de « l’avoir déjà fait » avec des filles que personne ne connait, toujours pendant les vacances. Mais il fantasme frénétiquement sur France, la grande soeur de son pote Kevin, en s’imaginant toutes les dégueulasseries qu’il pourrait lui faire si jamais elle… Arf mince, trop tard… C’est ce qu’on appelle la jubilation précoce… Et la France n’a pas vocation à déniaiser des ados malhabiles, même si, à en croire les sondages d’intentions de votes, ses habitants semblent plutôt prompts à se faire baiser honorer à la régulière.

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

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Estelle Bee.

 

 

 

 

 

TOO CONNECTED PEOPLE

Tu es trop connectée. Et val! Le diagnostic est tombéTU-ES-TROP-CONNECTÉE!

 

ET VLAN!

LE diagnostic est tombé.

Et malgré son immense relativité, je souhaiterais parler aujourd’hui de cette maladie orpheline dont je souffre à priori d’après des sources très proches:

La tu-es-trop-connectérite aiguë .

 

Definition: 

La « tu-es-trop-connectérite aiguë », c’est, en d’autres termes moins savants « l’hyper-connexion au Monde ». Rien à voir avec la geek attitude, car moi, je suis tout juste fichue d’envoyer un mail et de consulter ma page Facebook. Donc, comme dirait BFM, pas d’amalgames, hein!

Mon problème à moi serait donc d’être trop sensible aux grandes questions qui touchent notre planète et par conséquent notre Humanité, et de vibrer continuellement en fonction de ce qui s’y passe, tel un téléphone -ou un sextoy- complètement déréglé. 

Et ça, apparemment, c’est (lire avant l’accent allemand) EIN GROSSE MALADIE! 

Les symptômes: 

Je ne sais pas vous, mais avec le recul, il me semble que j’ai toujours eu ça quelque part en moi, comme un bon vieil herpès (labial) qui ne s’est pas encore manifesté, mais qui t’attend au tournant pour te cueillir par surprise pile poil au moment opportun: entretien d’embauche, week-end en amoureux, rdv chez le dentiste… D’ailleurs, je reconnais même m’être un peu négligée en faisant fi des signes avant-coureurs: une vilaine tendance à donner la pièce aux sans-abris, à caresser des chatons errants, à me la jouer Che Guevara lorsque j’étais déléguée de classe, et même à écrire des grossièretés au dos de ma calculatrice Casio FX 82C telles que Peace and Love, Simone Veil Forever, Kévin je t’♥,  DTC Sadam et Gomore (oui, je sais, c’est « Gomorrhe », mais je l’ignorais à l’époque) …

Puis, inéluctablement, les symptômes se sont accrus dès mon entrée dans l’âge adulte, pour se fondre en moi et ne plus jamais me quitter, sauf durant les deux -ou trois- années qui ont suivi la naissance de mon enfant, années de zombitude et de néant culturel où je pensais que les mots « périmètre » et « périnée » faisaient partie de la même famille.

Mais à part cela, je suis au regret de reconnaître que je présente désormais, et en théorie, TOUS les symptômes de la maladie:

  • Dégoût d’un système has been qui prend aux plus modestes pour donner aux banquiers
  • Espoir d’un monde meilleur issu d’une prise de conscience collective
  • Émotion extrême face à la souffrance des peuples opprimés/en guerre/dénutris
  • Recherche d’informations autres que la télévision (journaux/sites indépendants…)
  • Boycott des produits alimentaires visuellement funky donc bourrés de trucs dangereux  (–> lecture attentive des étiquettes)

En pratique, lorsque je suis invitée à des soirées, je me retrouve toujours en bonne place dans des débats soit vertueux, soit houleux, en fonction de la distance qui me sépare du bar. Aussi, lorsque je suis censée me détendre dans un bain chaud, la vue de mon savon d’Alep me renvoie l’image d’une ville en ruines. Quand je me rends à une expo, je ne puis m’empêcher de m’émouvoir devant l’engagement d’un artiste. Quand je me mets au vert et que le silence orquestral sublime le chant d’un seul zozio, je repense aux cacophonies célestes que j’ai eu la chance d’entendre lorsque j’étais enfant, et aux nuages de papillons qui ont frôlé ma blonde tête. Je me dis alors que l’écologie est l’avenir de l’Homme, et hop, ça repart en boucle dans mon esprit torturé…

« Mais tu ne déconnectes jamais, c’est pas possible! »

Non! Jamais! Et c’est bien là, le problème! J’ai bien conscience que je ne suis pas normale, qu’est-ce que tu crois?! Tu imagines que je ne rêve pas, moi aussi, de clamer haut et fort « ah nan, moi c’est fini! Je n’écoute plus les informations, c’est trop déprimant! » dans les dîners et autres sauteries?

Pourtant, il me reste encore de l’Espoir. Car à l’heure où j’écris, je m’apprête à tester un traitement de choc qui aurait fait ses preuves, et qui serait capable de terrasser ma tu-es-trop-connectérite en moins de 6 mois de traitement.

 

Le protocole: 

 

Cyril Hanouna,

2 heures par jour voir 3 en cas d’empathie profonde non maîtrisée

Les Anges de la téléréalité

1h30 par jour

Du sexe pour le sexe

comme unique vecteur et tranquilisant social

Publicité

Tous les jours, jusqu’à ce que les slogans soient parfaitement mémorisés

Candy Crush

à chaque mixion ou défécation

Fast food

2 à 3 fois par semaine, réintroduction d’huile de palme dans l’alimentation quotidienne

Régime

sans ajout de culture indigeste (musées, livres, essais, concerts non sponsorisés par une marque de la filiale Monsanto, voyages non all inclusive, cinémas indépendants etc …)

Auto-affirmations

« Quand on veut, on peut »: 3 fois/jour,

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », matin, midi, soir

« Travailler plus pour gagner plus », 10 fois chaque matin

« Faut bien rembourser la dette », 3 fois/jour

« C’est que du bonheur », à chaque fin de phrase

Répondre systématiquement par: « Comme je dis toujours… » en guise de préambule

connected people

 

Pourtant, en plein fantasme de rémission, en plein rêve où je m’observe d’en-haut en train de signer un crédit Sofinco pour me payer une belle voiture rutilante que je vais rembourser à grands coups d’heures sup’ tardives sur le créneau normalement dédié à mes enfants que je ferai garder par une nounou que je paierai avec ce qui ne me restera pas d’heures sup’, une image saugrenue s’interpose: c’est ma calculatrice FX 82C. Je me rappelle un contrôle de maths de 5ème. Je l’avais oubliée chez moi, et cela m’avait décontenancée durant les vingt premières minutes. Pourtant, je me souvins que j’étais bonne en calcul mental, et soudain galvanisée, je vins à bout de ce devoir sur la proportionnalité en un temps moindre que si j’avais été équipée ce jour-là. J’avais tout simplement compensé un déficit.

Aujourd’hui, je suis toujours bonne en calcul mental. Et je sais que si certains n’ont pas assez, c’est parce que d’autres ont trop. Et inversement. Si l’on SURÉAGIT, c’est peut-être -je dis bien peut-être- parce que d’autres ne réagissent plus. Si l’on se retrouve en hyper-sensibilité au Monde, c’est peut-être -et je dis bien peut-être…- parce qu’une grande majorité s’est laissée anesthésier au fil du temps. Pourtant, il suffirait que chaque personne porte un verre d’eau pour éviter que quelques inconscients ne se retrouvent à se trimballer toute une citerne, et cela serait bien plus efficace au demeurant. Personnellement, mon hyper connexion, je la partagerais bien avec la terre entière. Même qu’on seraient tous potes au lieu de se renifler le derrière -sauf affinités- et de se toiser avec méfiance…

Je dédie cette chronique aux quelques relous qui, comme moi, ont le mauvais goût d’avoir trop d’empathie pour les autres (même envers des gens qui vivent très trèèèès loin de nous, t’imagines le truc…), et de SURÉAGIR sur l’actualité presque comme s’il était question de leur propre personne, et comme si leur opinion allait changer la face du Monde 😉 Et je dédie aussi cette chronique à ceux qui les apprécient 😉

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

 

 

Estelle Bee.

 

Une ambition intime: l’émission-vaseline de l’année

une-ambition-intime-nounours et cadavres dans les placards

Vous les avez aimés dans le rôle de politiciens magouilleurs, d’élus inconscients et nennontquefoutre des réalités des vrais gens, de planqués et retraités à vie d’un mandat qu’ils ont allègrement foiré, de hauts fonctionnaires anti-chômeurs, anti-vieux, anti-musulmans, anti-profs, en T-shirt et anti-T-shirts….? Alors, vous les adorerez dans le rôle de mignons bébés phoques immaculés dans Une ambition intime sur M6.

Le concept: la peopolisation des politiques qui ont pour dessein de diriger le pays demain.

D’emblée, la mise en scène donne le vertige. Appart’ cosy ou hôtel particulier avec jardin, on ne peut que reconnaître que Karine Lemarchand SAIT recevoir. D’ailleurs, M6 s’est donné la peine de nous faire découvrir avec un réalisme sans pareil l’envers du décor avant l’arrivée du candidat, nous dévoilant ainsi tous les atours de la présentatrice-vedette, sorte de Brie Van De Kamp, madone et putain à la française. Selon le politique à choyer,  le préambule diffère quelque peu. Car Karine est une nana like us: elle est la maîtresse de maison qui s’affaire à couper du sauciflard avant de s’acheminer vers le douillet salon munie d’un plateau qu’elle a elle-même garni de ses petites mimines, et elle est la coquine qui allume délicatement une bougie parfumée et verse un breuvage tannique dans de jolis verres à pied, avant de s’alanguir sur le sofa, complètement raccord avec la musique d’ambiance, une reprise humide et haletante de Believe de Cher.

le décor: potasseriez à la française

S’attend-t-on, à ce stade, à ne serait-ce qu’un minimum d’échange de fluide politique? Clairement NON. Et l’on a raison. Car la politique, sur M6, on s’en carre. Ce qui compte, c’est l’homme. Et le petit coeur tout mou qui bat sous la chemise hors de prix.

Car, pourquoi encourager des électeurs à lire des programmes politiques, lorsqu’on peut les pousser à baser leur choix sur une coiffure, une couleur d’yeux, ou un humour grivois? Pourquoi ennuyer les gens avec des discours soporifiques visant à dissimuler l’intérêt personnel et la misère idéologique, quand, au contraire, on peut émouvoir la ménagère qui, de fait, donnera sa voix au petit enfââââ fragile qui a mal vécu la séparation de ses parents, à l’ancien ado obèse complexé ou à un type souffrant du syndrome du côlon irritable?

 

« Rhôôôô, t’as vu Sarko comment il aime ses gosses??!!!!! « 

« La vache! Qu’est-ce qu’il est sensible, Bruno Lemaire! »

« Ben tu vois, je la trouve courageuse, Marine Le Pen, avec l’enfance tourmentée qu’elle a eue… »

« T’as vu Montebourg quand il a pleuré? Ah j’te jure, j’ai l’ai vraiment découvert, là! »

« En vrai, il est cool Bayrou! T’as vu son Give me five avec Lemarchand? »

« Juppé, c’est vraiment LE type qui rassure, le père de famille idéal, quoi… »

« Rha lala, comment il était chou, Fillon, sur sa photo de classe! »

En conclusion:

À l’instar du collégien effaré de surprendre son prof de maths en train de choisir du papier toilette au supermarché, il semblerait que les téléspectateurs soient totalement fascinés de découvrir que les politiques sont aussi des hommes et des femmes qui font pipi et caca, qui aiment leur famille, qui pleurent parfois, qui disent merde ou bordel (faut bien coller au cadre), et que, pire encore, ils ont même été de mignons petits nenfants, naguère. Mais ATTENTION: cela n’empêchera pas la plupart d’entre eux (Sarko, Macron, Hollande, Fillon, JUPPÉ et ses casseroles en fonte etc) d’avoir pour ambition de vous faire bosser jusqu’à 70 ans, de dérembourser plus encore vos médoc’, de vous faire travailler 45 heures par semaine (= burn out, cancers, divorces…), de faire crever la dalle à tous les retraités, de réduire tous vos acquis sociaux à peau de chagrin au nom d’une dette qu’eux seuls ont choisi de contracter, et de vous persuader que c’est normal, qu’il n’existe aucune autre alternative, mentant encore et encore à tous les gens qui ont permis leur ascension. N’oublions pas qu’un jour, le Gremlin aussi a été un Mogwaï, et que cela ne l’empêchera pas de vous éviscérer pour autant. N’oublions pas non plus que les chaînes de télé sont pour leur majorité détenues par les plus grandes fortunes de France, et que ces fortunes-là sont servies par ces gens-ci 😉

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Contre le « vote utile », les tentatives d’abêtissement des masses, et les lubrifiants médiatiques,

 

Et pour la liberté de conscience,

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INDIGNONS-NOUS!

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Estelle Bee.

 

 

Chasse au burkini: LA technique infaillible pour mater sur la plage

Burkini

Voilà. Cela fait presque deux mois. Et aujourd’hui, je commence à avoir mal aux oreilles, aux lobes temporaux, mais aussi à ma feuille d’impôts. Car si j’ai bien compris, une partie non négligeable de mes revenus durement gagnés consiste à payer de hauts fonctionnaires en mal de notoriété pour qu’ils nous donnent,  le jour comme la nuit, et en continu, leur misérable point de vue sur le port du burkini sur nos bonnes vieilles côtes françaises. Et ce, pendant que les plus petits fonctionnaires, ceux qui portent l’uniforme bleu, vivent d’insoutenables journées de labeur qui consistent à ratisser nos plages dans le seul but de mater des culs et des nichons toute la sainte journée aux frais de l’Etat s’enquérir de la bonne tenue des citoyennes venues se rafraîchir en ces temps caniculaires. On se croirait pour le coup dans un épisode des gendarmes de Saint Tropez…

 

Bourse(s) au mérite

Force est d’admettre en ces temps troublés que les policiers n’avaient pas démérité. Depuis les boucheries successives perpétrées au nom d’un dieu que personne n’a jamais vu, une pression grandissante pesait sur leurs carcasses, et leur temps de loisirs s’était vu peu à peu élimé par les réunions à la chaîne, conférences et autres formations sur les nouvelles directives du Ministère de l’Intérieur en matière de sécurité nationale. Beaucoup de cas de burn out furent d’ailleurs dénombrés depuis. C’est pourquoi, je ne suis pas mécontente de les savoir à ce jour récompensés pour leur bravoure. En temps de guerre, il faut savoir remonter le moral des troupes afin que chaque combattant ait à coeur de puiser au plus profond de lui-même le courage de tenir bon… pour la France, of course.

 

Le travail c’est la santé

À en croire des sources parfaitement aléatoires, nombre d’agents de police auraient écourté leurs traditionnelles vacances en famille afin de prêter main forte aux malheureux collègues qui n’avaient pas eu la chance de bénéficier de quelque pause estivale pour souffler, et s’étaient vus confier cette lourde mission de surveillance de haut vol. Une preuve d’altruisme inouïe qui, une fois de plus, nous démontre que la Police est une grande famille. Il se murmure même que les propositions d’heures supplémentaires abondent à un niveau record depuis la mi-juillet, et que les volontaires, si déterminés qu’ils sont dans cette lutte acharnée pour la sécurité et la défense des libertés de notre pays,  ne réclament même plus de majoration horaire.

Il demeure néanmoins une ombre au tableau puisqu’à ce jour, une bonne centaine d’épouses d’agents se seraient plaintes des répercussions de cette mission sur la santé de leurs compagnons. Nombres d’entre eux seraient à ce point investis dans leur tâche qu’ils seraient dans l’incapacité totale de décrocher durant leurs journées de repos. Ainsi, Viviane F, compagne d’un agent basé sur une grande plage varoise aurait révélé que son fiancé ne serait plus le même depuis la polémique: « Je ne le reconnais plus. Dès qu’il foule un sol sableux, il se met instinctivement à l’affût et ne peut s’empêcher de s’infliger de constants allers et venues sur la plage. Il est désormais incapable de se détendre. » Marie-Christine B enfonce le clou, scindée entre fierté et inquiétude lorsqu’elle témoigne à son tour:  » Quand j’ai demandé à Gérard de décrocher le temps d’un week-end, il m’a répondu qu’il fallait que je comprenne qu’il faisait tout cela pour la France. Et pourtant, nous nous trouvions sur une plage du Cap d’Agde, c’est dire s’il prend sa mission à coeur. »

 

Une journée type

L’agent chargé de veiller à la bonne tenue des citoyennes sur la plage n’est pas choisi au hasard. Il est recruté pour son grand discernement, puisqu’il doit être en capacité visuelle de faire la différence entre un bikini, un trikini, un burkini ou un tanga dès le premier coup d’oeil, c’est dire s’il doit être affuté. Mais, dureté du climat méditerranéen oblige, son oeil de faucon serait mis à dure épreuve ces derniers temps en raison des vagues de brume de chaleur qui font rage sur nos plages. Ainsi, afin d’éviter toute confusion ou omission, chaque policier passerait en moyenne une vingtaine de secondes par paire de fesses/ nibards citoyenne afin d’être certain de se trouver face à un sujet en string ficelle, et non à une facétieuse porteuse de burkini couleur chair. Pour faire passer le temps qui s’égraine au compte-gouttes, les agents de police des plages échangeraient sur le temps qu’il fait, la mondialisation, les différentes marques de glacières, et la faune sous-marine… C’est un des avantages de l’être humain sur les animaux: lorsqu’une situation devient insoutenable, il est capable de détourner sciemment l’attention de son prochain afin de le protéger d’une dure réalité. Et c’est ce que fait le gouvernement français via ses putassiers médias: détourner notre attention de l’échec et la corruption politique en nous faisant tourner les mêmes images de burkini en boucle depuis deux mois. Et le pire, c’est que ça fonctionne toujours aussi bien!

 

Contre le détournement de l’actualité à des fins de dissimulation politicienne

 

Inidignons-nous!!!

 

 

Estelle Bee.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BREXIT, ÇA M’EXCITE…

le brexit, ça m'excite...

Voilà, c’est fini. Et apparemment, la nouvelle surprend tout le monde. Est-il donc si extraordinaire qu’un peuple décide pour lui-même, et non pas pour le marché mondial? Est-il si illusoire de penser qu’une des plus grandes puissances du Vieux Monde ne trouve pas ses intérêts et son bonheur individuel à jouer à la gueguerre capitaliste avec le Nouveau Monde et la Chine? Est-il si insensé que des gens comme nous, des étudiants, des bosseurs, des parents, des vies de chair et d’os quoi, puissent exprimer leur sentiment d’être maltraités, d’être asphyxiés par la pression de ce corset aux fils de fer que l’on serre toujours plus pour les astreindre à un régime qui va à l’encontre de leur nature?

Et bien moi, au milieu de ce marasme hypocrite, de ce catastrophisme surjoué façon Sarah Bernard qui vise à diviser en semant la terreur, pour mieux régner, comme toujours, je l’avoue, je l’affirme, me le susurre pour moi-même, et finalement, le régurgite, le clame, le crie, l’exulte:

LE BREXIT, OUIIIIIIIIII, ÇA M’EXCITE!!!!!!!!!

 

Mais ça m’excite à un point, vous ne pouvez imaginer…

Tout d’abord, ça m’excite de googleliser le mot BREXIT et que le premier lien qui me soit présenté soit celui du Figaro qui titre que les bourses s’effondrent désespérément. Que voulez-vous, on ne peut rien contre la loi de la pesanteur. Je me demande même quel bruit ça fait, des bourses qui s’effondrent. Le grincement sourd du Titanic qui sombre? Tiens, faudra que je fasse un crochet par une maison de retraite pour enquêter sur le sujet…

Car ce qui m’excite, voyez-vous, c’est d’imaginer les banquiers, les traders, les courtiers en costard Armani en train de vociférer, suintant comme des taureaux camarguais en pleine manade, les muscles saillants, le bulbe éreinté, afin de rattraper in extremis toutes les bourses dégringolantes qui ne réagissent plus au Viagra libre-échangiste dicté par l’Europe. Je peux percevoir l’excitation engendrée par la peur, stimuli ambigus mêlant Eros et Thanatos dans une ultime étreinte avant la mise à mort. C’est un peu le réflexe physiologique du pendu, le même que celui qui fait rage chez nos agriculteurs que Bruxelles assassine par ses normes absurdes. Pauvres soldats de la City, pions de dirigeants irresponsables, eux qui étaient déjà en burn out, les voilà à présent affublés d’un burnes down. Herk, pas beau à voir.

Burn out burn down

Ce qui m’excite aussi, c’est de m’assoir sur mon canap’, et de mater à la télévision tous ces pauvres clowns tristes de politicards avec leur bouche en cul de poule façon José Garcia imitant Cindy Crawford, qui expectorent de fausses excuses de fraternité visant à écorcher l’affect des téléspectateurs. Bla bla bla les anglais ne nous aiment plus, et bla bla bla, nous sommes tous frères dans cette Europe utopique qui nous unit, sur un air de Hill the world qui ferait bondir Mickaël Jackson hors de son cercueil en alu, alors qu’ils n’en ont rien à carrer de nous depuis le départ. Et ce qui m’excite, c’est de penser que je ne suis pas la seule à leur adresser un majeur tendu, tranquille sur mon sofa, en sirotant une limonade.

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Car ce qui m’excite, c’est de les voir s’enfoncer dans leurs bobards, dans un contexte social qui les confond l’un après l’autre. Mais aujourd’hui, ils persistent et signent à la pointe de leur dernier sursaut de pendu, que l’Europe, telle qu’elle est conçue, est une chance, alors que la Loi du Travail est une demande de Bruxelles qui affecte TOUS les pays européens. Mais depuis des mois, on se garde bien de nous diffuser les images des mouvements contestataires voisins qui pourtant font rage. Dis donc, il a des limites, le libre-échange!!! Au contraire, l’on se régale à manipuler les faits de rue pour faire du pays de Charlie l’état le plus policé, pendant que les polissons éructent que l’on fait la part belle au FN, alors qu’en réalité, ils font TOUT pour se retrouver face à l’extrême droite au deuxième tour, pour être sûrs de gagner façon Chirac.

 

Oui, le Brexit, ça m’excite! La seule idée de mettre des taules en chaîne en déposant mon érotique X de BREXIT sur Lettre compte triple lors de mes futures soirées Scrabble m’émoustillait déjà beaucoup. Mais le fait de m’imaginer tous ces vendus de politiciens perdre leurs cheveux par touffes (sauf Juppé qui en perdra peut-être ses poils d’oreilles) en se disant que merde, ces cons abreuvés de désinformation et de football prennent quand même le chemin des urnes, me donne envie d’aller embrasser l’Angleterre qui a compris qu’on a pourri notre Europe, et qu’elle est juste un prétexte pour jeter un voile terne sur nos libertés et acquis sociaux pour ne faire prospérer que quelques gros poissons.

Le Brexit, ça m’excite tellement que j’ai des envies bizarres et soudaines de me siffler des pintes de Guinness, moi qui ai horreur de la bière, de boulotter des maquereaux à la framboise, de déposer une gerbe sur le pont de l’Alma, bordel!!! De regarder des films mièvres avec Hugh Grant, de faire l’amour dans un cottage, d’adopter un putain de Yorkshire qui aboie tout le temps comme un con, de m’empiffrer de Jelly tremblotante comme les fesses de Kim Kardashian, de boire du Whisky dégueu et de déposer, après tous ces mélanges, un autre type de gerbe au pied du parlement européen en attendant notre référendum à nous, en mai 2017!!! Putain, mais qu’est-ce qui m’arrive???

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dis-moi combien tu m'aimes

Oui le Brexit, ça m’excite, et je t’emmerde!

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Parce qu’ils nous ont volé notre Europe, indignons-nous!!!

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Estelle Bee.

 

 

 

 

Loi El Komhri : la feuille de salade entre les dents du gouvernement.

Loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

C’est un de ces instants incommodants de la vie où vous êtes le seul à ignorer que vous êtes franchement ridicule. Pire encore, en sortant de chez vous, vous pensiez que vous aviez tout bon : la bonne cravate, le sourire ultra bright, la bonne énergie, l’haleine fraîche, la bonne couleur de rouge à lèvres, la bonne adresse… Mais voilà… Vous aviez négligé un infime détail qui a causé votre disgrâce, et vous a, pour le coup, donné envie de vous terrer dans un ashram à Pondichéry pour les trente prochaines années.

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Le problème par l’exemple

Imaginez ce jeune cadre dynamique qui, en sortant de l’entretien d’embauche de ses rêves, réalise devant le miroir des toilettes qu’une crotte de nez de la taille d’une feuille de bananier (séchée) vient de sceller le sort de ses ambitions les plus chères,

C’est aussi ce jeune homme timide qui vient enfin de se décider à envoyer ce sms qu’il a modifié 83 fois à cette brunette qu’il a croisée lors d’un stage. Mais au bout de trois interminables jours sans réponse, il réalise qu’il a triomphalement achevé son texto d’une grosse baise. Juste un « a » de trop…

C’est cette étudiante sûre d’elle –et entre autres, ce fut moi- qui arpente les couloirs de l’immense université d’un pas décidé, afin de prétendre à une bourse au mérite auprès du directeur adjoint, et qu’une parfaite inconnue prévient discrètement que l’intégralité de sa jupe est coincée dans ses collants, derrière, alors que trois bonnes heures se sont écoulées depuis le dernier repoudrage de nez

C’est aussi cette pétulante quadra pleine d’humour qui foirera ce rendez-vous avec cet homme à peine plus jeune qu’elle, rencontré sur horlogebiologique.com, puisque ce dernier n’aura pas été capable de se projeter au-delà de la feuille de scarole qui dissimulait son incisive droite, alors qu’elle se livrait généreusement à lui.

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Je repensai subitement à ces instants burlesques en écoutant Madame El Komhri affirmer qu’une loi du travail qui allongeait les journées de labeur des salariés était infiniment pourvoyeuse de nouveaux emplois. Je l’écoutais, patiemment, jusqu’à l’insupportable, essayer de nous démontrer que – si, si !- on pouvait transvider un litre dans une bouteille de 75 centilitres.

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Elle faisait d’ailleurs entendre que ceux qui pensaient le contraire possédaient une âme d’un autre temps, et qu’en somme, nous étions tous des Godefroid de Montmirail atterrés devant l’incontournable modernité qu’elle incarne, elle, avec tous ces bouffons au cœur laid que nous avons eu le malheur d’élire, parce que nous sommes profondément gentils, et que les gentils ne s’attendent pas toujours à se faire sodomiser à sec trahir par ceux à qui ils ont fait la courte échelle.

Car Madame la ministre croyait elle aussi avoir tout bon au départ. Après s’être pliée au sempiternel relooking, ponçage et vernissage de langue de bois de rigueur, elle accédait au ministère toute pimpante et certaine, elle aussi, d’avoir tous les bons réglages. 

Mais voilà, les mouvements sociaux de Nuit Debout et les grèves en série commencèrent à mettre en lumière cette petite feuille de roquette récalcitrante qui entachait sa personne, jusqu’à ce que l’on en vienne à ne voir plus que cela en elle. Et la petite feuille de roquette devint finalement sa synecdoque, c’est à dire, (pour toi, futur bachelier !), sa partie pour son tout.

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La solution

Lorsque nous avons une feuille de salade entre/ sur les dents, il est hélas rare de s’en apercevoir seul. C’est souvent une tierce personne qui nous en informe discrètement après que d’autres timides témoins n’aient pas osé nous en faire part.

Et lorsque l’information nous parvient, que faisons-nous en général ? Nous remercions notre sauveur et nous précipitons dans les toilettes pour retirer la souillure et nous laver de l’infamie.

Mais Madame El Komhri, elle, se doit de garder jalousement sa feuille de laitue afin de ne pas agacer Manu et Manu. Elle est, autrement dit, obligée de COMPOSER, avec plus ou moins de talent.

Alors, si vous aussi vous vous retrouvez un jour affublé(e) d’une verte feuille mi-cuite sur les chicots, ne prenez pas la peine de corriger le tir, jouez là plutôt comme Tante Myriam en trois temps :

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  1. Le déni :

Technique illusionniste inventée par Magritte, le « ceci n’est pas une pipe », sorte de « chéri, c’est pas ce que tu crois » du mari volage surpris en train de trousser sa proche collaboratrice sur la console de l’entrée du foyer est LE réflexe primaire de celui qui est censé courir se cacher dans un trou de souris, mais, pour une quelconque raison, décide de rester et de prendre –en plus- les autres pour des cons. Ainsi, tout comme Madame El Komhri le fit en soutenant mordicus que son projet de loi n’asservissait pas les salariés –bien au contraire !- vous prendrez le parti de conserver l’horrible souillure en affirmant que non, non, ceci n’est pas une salade, mais une simple illusion d’optique.

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loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

  1. C’est çui qui dit qui est :

Sorte de Cékikapété d’élève de CE2 ne pouvant déguerpir de sa salle de classe, le « C’est çui qui dit qui est » est une technique manipulatoire de duel visant à écraser l’autre pour réchapper à une situation : par exemple, faire diffuser en boucle des scènes de violence anti-flics afin de dissimuler une féroce politique de répression de mouvements sociaux pas très catholique… Ainsi, il vous suffira juste de décoincer votre feuille de laitue et de l’enfoncer violemment dans les gencives de votre adversaire.

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  1. La condescendance :

Mode d’expression consistant à faire passer les autres pour de gros has been, un peu à la manière d’une Cristina Cordula « Mais ma chériiiiie, ce n’est PAS POS-SIBLE !!! ». C’est ce dont Tante Myriam use et abuse ces derniers temps en se faisant passer pour une modeuse de la politique d’un pays qui se trimballe des blazers à épaulettes, des T-shirts Waïkiki et des big moustaches d’un autre temps. Car elle a la solution miracle pour nous relooker : vider nos placards de force, et faire brûler toutes nos frusques sur le bûcher du progrès. En d’autres termes, sourire à pleines dents, exhiber son infâme reste de midi, et se gausser des gens qui ont les dents brossées. Risqué, mais efficace sur ceux qui n’ont pas le moindre amour propre.

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  1. Parler pour les autres :

En désespoir de cause, vous pourrez toujours dire à votre interlocuteur qu’il est LE SEUL – ou très minoritaire- à penser qu’avoir une feuille de laitue coincée entre les dents soit moche, et que la part silencieuse de la société ne dit mot parce qu’elle consent…

Heureusement que les personnalités politiques sont là pour nous donner des leçons de sauvetage des situations les plus désespérées avec une grande dignité…

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N’oublions pas que le prochain brossage de dents est prévu pour 2017, et que chacun d’entre nous est un poil sur la brosse…

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Contre la destruction massive de nos derniers acquis sociaux, pour notre bonheur individuel et nos libertés, indignons-nous !

.loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

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Estelle Bee.

Les seniors, délinquants des hypermarchés

les seniors, délinquants des hypermarchés.

Parler de délinquance fait vendre. Parler de délinquance fait voter. Surtout les retraités, d’ailleurs. Car la notion de délinquance nous renvoie machinalement l’image de jeunes ères à capuche estampillés Nike la police qui dealent au pied d’un immeuble, en s’explosant les tympans à grands coups de Lacrim ou de Booba, qui aujourd’hui, est très loin d’être un ourson recueilli par un petit indien doté d’un fort accent belge. Le délinquant, c’est en définitive, ce jeune mal éduqué qui arrache le sac à main des petites mamies à la sortie des cimetières, et constitue donc, une menace pour la société.

Pourtant aujourd’hui, j’ai décidé de lancer une missive contre cette délinquance insidieuse dont on ne parle jamais, et qui pourtant fait rage au quotidien. Contrairement à celui de Hollande 2012, mon ennemi à moi a un visage, un nom, et malheureusement, il se présente même parfois à des élections. Son visage est fort ridé, ses cheveux sont souvent gris, absents, ou aubergine, il sent l’eau de Cologne Mont-Saint-Michel, et il achète du Polident (je suis, je suis ???????) Je parle bien sûr du délinquant senior.

Bien entendu, j’entendrai le terme de « délinquant » au sens large, étant donné que si le senior, perfide, commet des forfaits qui nuisent à autrui, ils sont par contre rarement répréhensibles par la loi.

À cette règle ne se rapporte qu’une seule exception : le délinquant de la route sénile. Celui qui prend l’autoroute en sens inverse, te grille la priorité en sifflotant du Trenet, ou t’arrache un rétro avant de te faire la leçon, puisqu’il conduit depuis 1949, et n’a pas de conseil à recevoir du jeune con que tu es, toi, puisque tu dois le respect le plus totalitaire à ton aïeul de presque 90 piges.

Un peu profiler, le délinquant – ou kaïra- senior choisit scrupuleusement sa victime, et parvient toujours à retourner la situation à son avantage, puisqu’en théorie, il est forcément le plus vulnérable. Pire encore, il sévit parfois en bande organisée.

Ainsi, il choisira toujours de faire ses petites commissions au moment où tu fais tes grosses courses –et non l’inverse, herk- et que tu n’as qu’une petite heure pour cela, entre midi et une heure par exemple. En substance, il exhibera son grand âge d’une façon des plus ostentatoires (très look at the rides) : il feindra de ne pouvoir lire une date de péremption, te demandera de te baisser pour te saisir de ses boudoirs premier prix, ou souhaitera que tu lui précises si son bon d’achat Herta fonctionne sur du jambon Fleury Michon. Enfin, le vieux casse-couilles gentil retraité ne s’arrêtera pas là. Car au moment où tu croiras l’avoir semé, derrière toi il réapparaîtra. Au passage en caisse. Et c’est pile poil à l’instant où il te demandera si tu aurais la gentillesse de bien vouloir le laisser passer, puisqu’il n’a que 11 articles, et que toi, tu as un caddy bourré façon Renaud (le chanteur, pas la bagnole) qu’il te portera l’estocade. En l’espace de quelques secondes, un bordel sans nom s’emparera de ta tête : être à l’heure pour la réunion/ putain, mais il n’est pas censé mater Jean-Luc Reichman à la téloche, le vioque/ non, mais, elle veut pas que je lui paye ses courses aussi, la vieille morue mamie ? Durant ce temps de réflexion, le senior délinquant simulera le chagrin, l’abattement, voire un début de malaise, pendant que l’ensemble de la file d’attente ainsi que la caissière te lanceront des regards réprobateurs qui auront raison de ton statut de travailleur/euse qui se dépêche de retourner turbiner pour lui payer sa foutue retraite, ainsi que de ton libre-arbitre. Évidemment, le délinquant senior paiera ses commissions par chèque, et mettra cinq ou six bonnes minutes à dégager le plancher, dans le meilleur des cas. Car dans le pire des cas, il se sera trompé de caisse, puisque celle-ci ne prend que les cartes de crédit. Cette méprise sera sans doute volontaire : il souhaitera, en réalité, se mettre à l’affût d’une autre victime innocente dont il ne fera qu’une bouchée.

Le plan du délinquant senior des hypermarchés est hyper bien ficelé : si tu acceptes le deal de le faire passer, il est gagnant. Si tu refuses, il n’est pas perdant, car, en réalité, il a tout son temps, lui. Et dans la bataille, il parvient à te faire passer, toi, jeune actif, pour une véritable raclure de bidet. Ainsi, le délinquant senior parviendra à te pourrir le reste de la journée car tu n’auras de cesse de te demander -à juste titre- s’il n’a pas fait exprès de garnir son filet de 11 articles, juste un de trop pour la caisse rapide.

Après avoir vécu plusieurs fois cette expérience, tu ne considèreras plus les seniors du même œil. Et lorsqu’une mémé en déambulateur mettra la demi-journée à venir à bout de ce passage pour piétons, ton pied droit tremblera un peu au-dessus de l’accélérateur. Et seule l’idée de finir dans une cellule qui sent le service de gériatrie t’empêchera d’abréger ses souffrances. En rentrant chez toi, tu regretteras un peu tes viles pensées, jusqu’à ce que tu regardes de plus près la composition de ta crème caramel Mamie Nova : E150b (cancérigène), E407 (ulcérant), et que tu imagines cette vieille S……. en compagnie de la Mère Poulard et de Cap’tain Igloo te faisant un magistral doigt d’honneur.

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Mieux vaut en rire qu’en mourir,les séniors

 

 

Estelle Bee.