Category Archives: L’essaim Vu De Près

Chasse au burkini: LA technique infaillible pour mater sur la plage

Burkini

Voilà. Cela fait presque deux mois. Et aujourd’hui, je commence à avoir mal aux oreilles, aux lobes temporaux, mais aussi à ma feuille d’impôts. Car si j’ai bien compris, une partie non négligeable de mes revenus durement gagnés consiste à payer de hauts fonctionnaires en mal de notoriété pour qu’ils nous donnent,  le jour comme la nuit, et en continu, leur misérable point de vue sur le port du burkini sur nos bonnes vieilles côtes françaises. Et ce, pendant que les plus petits fonctionnaires, ceux qui portent l’uniforme bleu, vivent d’insoutenables journées de labeur qui consistent à ratisser nos plages dans le seul but de mater des culs et des nichons toute la sainte journée aux frais de l’Etat s’enquérir de la bonne tenue des citoyennes venues se rafraîchir en ces temps caniculaires. On se croirait pour le coup dans un épisode des gendarmes de Saint Tropez…

 

Bourse(s) au mérite

Force est d’admettre en ces temps troublés que les policiers n’avaient pas démérité. Depuis les boucheries successives perpétrées au nom d’un dieu que personne n’a jamais vu, une pression grandissante pesait sur leurs carcasses, et leur temps de loisirs s’était vu peu à peu élimé par les réunions à la chaîne, conférences et autres formations sur les nouvelles directives du Ministère de l’Intérieur en matière de sécurité nationale. Beaucoup de cas de burn out furent d’ailleurs dénombrés depuis. C’est pourquoi, je ne suis pas mécontente de les savoir à ce jour récompensés pour leur bravoure. En temps de guerre, il faut savoir remonter le moral des troupes afin que chaque combattant ait à coeur de puiser au plus profond de lui-même le courage de tenir bon… pour la France, of course.

 

Le travail c’est la santé

À en croire des sources parfaitement aléatoires, nombre d’agents de police auraient écourté leurs traditionnelles vacances en famille afin de prêter main forte aux malheureux collègues qui n’avaient pas eu la chance de bénéficier de quelque pause estivale pour souffler, et s’étaient vus confier cette lourde mission de surveillance de haut vol. Une preuve d’altruisme inouïe qui, une fois de plus, nous démontre que la Police est une grande famille. Il se murmure même que les propositions d’heures supplémentaires abondent à un niveau record depuis la mi-juillet, et que les volontaires, si déterminés qu’ils sont dans cette lutte acharnée pour la sécurité et la défense des libertés de notre pays,  ne réclament même plus de majoration horaire.

Il demeure néanmoins une ombre au tableau puisqu’à ce jour, une bonne centaine d’épouses d’agents se seraient plaintes des répercussions de cette mission sur la santé de leurs compagnons. Nombres d’entre eux seraient à ce point investis dans leur tâche qu’ils seraient dans l’incapacité totale de décrocher durant leurs journées de repos. Ainsi, Viviane F, compagne d’un agent basé sur une grande plage varoise aurait révélé que son fiancé ne serait plus le même depuis la polémique: « Je ne le reconnais plus. Dès qu’il foule un sol sableux, il se met instinctivement à l’affût et ne peut s’empêcher de s’infliger de constants allers et venues sur la plage. Il est désormais incapable de se détendre. » Marie-Christine B enfonce le clou, scindée entre fierté et inquiétude lorsqu’elle témoigne à son tour:  » Quand j’ai demandé à Gérard de décrocher le temps d’un week-end, il m’a répondu qu’il fallait que je comprenne qu’il faisait tout cela pour la France. Et pourtant, nous nous trouvions sur une plage du Cap d’Agde, c’est dire s’il prend sa mission à coeur. »

 

Une journée type

L’agent chargé de veiller à la bonne tenue des citoyennes sur la plage n’est pas choisi au hasard. Il est recruté pour son grand discernement, puisqu’il doit être en capacité visuelle de faire la différence entre un bikini, un trikini, un burkini ou un tanga dès le premier coup d’oeil, c’est dire s’il doit être affuté. Mais, dureté du climat méditerranéen oblige, son oeil de faucon serait mis à dure épreuve ces derniers temps en raison des vagues de brume de chaleur qui font rage sur nos plages. Ainsi, afin d’éviter toute confusion ou omission, chaque policier passerait en moyenne une vingtaine de secondes par paire de fesses/ nibards citoyenne afin d’être certain de se trouver face à un sujet en string ficelle, et non à une facétieuse porteuse de burkini couleur chair. Pour faire passer le temps qui s’égraine au compte-gouttes, les agents de police des plages échangeraient sur le temps qu’il fait, la mondialisation, les différentes marques de glacières, et la faune sous-marine… C’est un des avantages de l’être humain sur les animaux: lorsqu’une situation devient insoutenable, il est capable de détourner sciemment l’attention de son prochain afin de le protéger d’une dure réalité. Et c’est ce que fait le gouvernement français via ses putassiers médias: détourner notre attention de l’échec et la corruption politique en nous faisant tourner les mêmes images de burkini en boucle depuis deux mois. Et le pire, c’est que ça fonctionne toujours aussi bien!

 

Contre le détournement de l’actualité à des fins de dissimulation politicienne

 

Inidignons-nous!!!

 

 

Estelle Bee.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BREXIT, ÇA M’EXCITE…

le brexit, ça m'excite...

Voilà, c’est fini. Et apparemment, la nouvelle surprend tout le monde. Est-il donc si extraordinaire qu’un peuple décide pour lui-même, et non pas pour le marché mondial? Est-il si illusoire de penser qu’une des plus grandes puissances du Vieux Monde ne trouve pas ses intérêts et son bonheur individuel à jouer à la gueguerre capitaliste avec le Nouveau Monde et la Chine? Est-il si insensé que des gens comme nous, des étudiants, des bosseurs, des parents, des vies de chair et d’os quoi, puissent exprimer leur sentiment d’être maltraités, d’être asphyxiés par la pression de ce corset aux fils de fer que l’on serre toujours plus pour les astreindre à un régime qui va à l’encontre de leur nature?

Et bien moi, au milieu de ce marasme hypocrite, de ce catastrophisme surjoué façon Sarah Bernard qui vise à diviser en semant la terreur, pour mieux régner, comme toujours, je l’avoue, je l’affirme, me le susurre pour moi-même, et finalement, le régurgite, le clame, le crie, l’exulte:

LE BREXIT, OUIIIIIIIIII, ÇA M’EXCITE!!!!!!!!!

 

Mais ça m’excite à un point, vous ne pouvez imaginer…

Tout d’abord, ça m’excite de googleliser le mot BREXIT et que le premier lien qui me soit présenté soit celui du Figaro qui titre que les bourses s’effondrent désespérément. Que voulez-vous, on ne peut rien contre la loi de la pesanteur. Je me demande même quel bruit ça fait, des bourses qui s’effondrent. Le grincement sourd du Titanic qui sombre? Tiens, faudra que je fasse un crochet par une maison de retraite pour enquêter sur le sujet…

Car ce qui m’excite, voyez-vous, c’est d’imaginer les banquiers, les traders, les courtiers en costard Armani en train de vociférer, suintant comme des taureaux camarguais en pleine manade, les muscles saillants, le bulbe éreinté, afin de rattraper in extremis toutes les bourses dégringolantes qui ne réagissent plus au Viagra libre-échangiste dicté par l’Europe. Je peux percevoir l’excitation engendrée par la peur, stimuli ambigus mêlant Eros et Thanatos dans une ultime étreinte avant la mise à mort. C’est un peu le réflexe physiologique du pendu, le même que celui qui fait rage chez nos agriculteurs que Bruxelles assassine par ses normes absurdes. Pauvres soldats de la City, pions de dirigeants irresponsables, eux qui étaient déjà en burn out, les voilà à présent affublés d’un burnes down. Herk, pas beau à voir.

Burn out burn down

Ce qui m’excite aussi, c’est de m’assoir sur mon canap’, et de mater à la télévision tous ces pauvres clowns tristes de politicards avec leur bouche en cul de poule façon José Garcia imitant Cindy Crawford, qui expectorent de fausses excuses de fraternité visant à écorcher l’affect des téléspectateurs. Bla bla bla les anglais ne nous aiment plus, et bla bla bla, nous sommes tous frères dans cette Europe utopique qui nous unit, sur un air de Hill the world qui ferait bondir Mickaël Jackson hors de son cercueil en alu, alors qu’ils n’en ont rien à carrer de nous depuis le départ. Et ce qui m’excite, c’est de penser que je ne suis pas la seule à leur adresser un majeur tendu, tranquille sur mon sofa, en sirotant une limonade.

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Car ce qui m’excite, c’est de les voir s’enfoncer dans leurs bobards, dans un contexte social qui les confond l’un après l’autre. Mais aujourd’hui, ils persistent et signent à la pointe de leur dernier sursaut de pendu, que l’Europe, telle qu’elle est conçue, est une chance, alors que la Loi du Travail est une demande de Bruxelles qui affecte TOUS les pays européens. Mais depuis des mois, on se garde bien de nous diffuser les images des mouvements contestataires voisins qui pourtant font rage. Dis donc, il a des limites, le libre-échange!!! Au contraire, l’on se régale à manipuler les faits de rue pour faire du pays de Charlie l’état le plus policé, pendant que les polissons éructent que l’on fait la part belle au FN, alors qu’en réalité, ils font TOUT pour se retrouver face à l’extrême droite au deuxième tour, pour être sûrs de gagner façon Chirac.

 

Oui, le Brexit, ça m’excite! La seule idée de mettre des taules en chaîne en déposant mon érotique X de BREXIT sur Lettre compte triple lors de mes futures soirées Scrabble m’émoustillait déjà beaucoup. Mais le fait de m’imaginer tous ces vendus de politiciens perdre leurs cheveux par touffes (sauf Juppé qui en perdra peut-être ses poils d’oreilles) en se disant que merde, ces cons abreuvés de désinformation et de football prennent quand même le chemin des urnes, me donne envie d’aller embrasser l’Angleterre qui a compris qu’on a pourri notre Europe, et qu’elle est juste un prétexte pour jeter un voile terne sur nos libertés et acquis sociaux pour ne faire prospérer que quelques gros poissons.

Le Brexit, ça m’excite tellement que j’ai des envies bizarres et soudaines de me siffler des pintes de Guinness, moi qui ai horreur de la bière, de boulotter des maquereaux à la framboise, de déposer une gerbe sur le pont de l’Alma, bordel!!! De regarder des films mièvres avec Hugh Grant, de faire l’amour dans un cottage, d’adopter un putain de Yorkshire qui aboie tout le temps comme un con, de m’empiffrer de Jelly tremblotante comme les fesses de Kim Kardashian, de boire du Whisky dégueu et de déposer, après tous ces mélanges, un autre type de gerbe au pied du parlement européen en attendant notre référendum à nous, en mai 2017!!! Putain, mais qu’est-ce qui m’arrive???

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dis-moi combien tu m'aimes

Oui le Brexit, ça m’excite, et je t’emmerde!

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Parce qu’ils nous ont volé notre Europe, indignons-nous!!!

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Estelle Bee.

 

 

 

 

Les seniors, délinquants des hypermarchés

les seniors, délinquants des hypermarchés.

Parler de délinquance fait vendre. Parler de délinquance fait voter. Surtout les retraités, d’ailleurs. Car la notion de délinquance nous renvoie machinalement l’image de jeunes ères à capuche estampillés Nike la police qui dealent au pied d’un immeuble, en s’explosant les tympans à grands coups de Lacrim ou de Booba, qui aujourd’hui, est très loin d’être un ourson recueilli par un petit indien doté d’un fort accent belge. Le délinquant, c’est en définitive, ce jeune mal éduqué qui arrache le sac à main des petites mamies à la sortie des cimetières, et constitue donc, une menace pour la société.

Pourtant aujourd’hui, j’ai décidé de lancer une missive contre cette délinquance insidieuse dont on ne parle jamais, et qui pourtant fait rage au quotidien. Contrairement à celui de Hollande 2012, mon ennemi à moi a un visage, un nom, et malheureusement, il se présente même parfois à des élections. Son visage est fort ridé, ses cheveux sont souvent gris, absents, ou aubergine, il sent l’eau de Cologne Mont-Saint-Michel, et il achète du Polident (je suis, je suis ???????) Je parle bien sûr du délinquant senior.

Bien entendu, j’entendrai le terme de « délinquant » au sens large, étant donné que si le senior, perfide, commet des forfaits qui nuisent à autrui, ils sont par contre rarement répréhensibles par la loi.

À cette règle ne se rapporte qu’une seule exception : le délinquant de la route sénile. Celui qui prend l’autoroute en sens inverse, te grille la priorité en sifflotant du Trenet, ou t’arrache un rétro avant de te faire la leçon, puisqu’il conduit depuis 1949, et n’a pas de conseil à recevoir du jeune con que tu es, toi, puisque tu dois le respect le plus totalitaire à ton aïeul de presque 90 piges.

Un peu profiler, le délinquant – ou kaïra- senior choisit scrupuleusement sa victime, et parvient toujours à retourner la situation à son avantage, puisqu’en théorie, il est forcément le plus vulnérable. Pire encore, il sévit parfois en bande organisée.

Ainsi, il choisira toujours de faire ses petites commissions au moment où tu fais tes grosses courses –et non l’inverse, herk- et que tu n’as qu’une petite heure pour cela, entre midi et une heure par exemple. En substance, il exhibera son grand âge d’une façon des plus ostentatoires (très look at the rides) : il feindra de ne pouvoir lire une date de péremption, te demandera de te baisser pour te saisir de ses boudoirs premier prix, ou souhaitera que tu lui précises si son bon d’achat Herta fonctionne sur du jambon Fleury Michon. Enfin, le vieux casse-couilles gentil retraité ne s’arrêtera pas là. Car au moment où tu croiras l’avoir semé, derrière toi il réapparaîtra. Au passage en caisse. Et c’est pile poil à l’instant où il te demandera si tu aurais la gentillesse de bien vouloir le laisser passer, puisqu’il n’a que 11 articles, et que toi, tu as un caddy bourré façon Renaud (le chanteur, pas la bagnole) qu’il te portera l’estocade. En l’espace de quelques secondes, un bordel sans nom s’emparera de ta tête : être à l’heure pour la réunion/ putain, mais il n’est pas censé mater Jean-Luc Reichman à la téloche, le vioque/ non, mais, elle veut pas que je lui paye ses courses aussi, la vieille morue mamie ? Durant ce temps de réflexion, le senior délinquant simulera le chagrin, l’abattement, voire un début de malaise, pendant que l’ensemble de la file d’attente ainsi que la caissière te lanceront des regards réprobateurs qui auront raison de ton statut de travailleur/euse qui se dépêche de retourner turbiner pour lui payer sa foutue retraite, ainsi que de ton libre-arbitre. Évidemment, le délinquant senior paiera ses commissions par chèque, et mettra cinq ou six bonnes minutes à dégager le plancher, dans le meilleur des cas. Car dans le pire des cas, il se sera trompé de caisse, puisque celle-ci ne prend que les cartes de crédit. Cette méprise sera sans doute volontaire : il souhaitera, en réalité, se mettre à l’affût d’une autre victime innocente dont il ne fera qu’une bouchée.

Le plan du délinquant senior des hypermarchés est hyper bien ficelé : si tu acceptes le deal de le faire passer, il est gagnant. Si tu refuses, il n’est pas perdant, car, en réalité, il a tout son temps, lui. Et dans la bataille, il parvient à te faire passer, toi, jeune actif, pour une véritable raclure de bidet. Ainsi, le délinquant senior parviendra à te pourrir le reste de la journée car tu n’auras de cesse de te demander -à juste titre- s’il n’a pas fait exprès de garnir son filet de 11 articles, juste un de trop pour la caisse rapide.

Après avoir vécu plusieurs fois cette expérience, tu ne considèreras plus les seniors du même œil. Et lorsqu’une mémé en déambulateur mettra la demi-journée à venir à bout de ce passage pour piétons, ton pied droit tremblera un peu au-dessus de l’accélérateur. Et seule l’idée de finir dans une cellule qui sent le service de gériatrie t’empêchera d’abréger ses souffrances. En rentrant chez toi, tu regretteras un peu tes viles pensées, jusqu’à ce que tu regardes de plus près la composition de ta crème caramel Mamie Nova : E150b (cancérigène), E407 (ulcérant), et que tu imagines cette vieille S……. en compagnie de la Mère Poulard et de Cap’tain Igloo te faisant un magistral doigt d’honneur.

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Mieux vaut en rire qu’en mourir,les séniors

 

 

Estelle Bee.

Les kaïras du seizième

les haïras du seizième ne se nourrissent pas aussi mal que ceux des banlieues

 

L’Etat d’urgence est maintenu en France, et cela n’est finalement pas une si mauvaise nouvelle. Car une espèce de délinquants jusqu’à présent méconnue fait désormais trembler l’hexagone. D’après les divers portraits-robots, le voyou serait de type européen, et porterait des complets impeccablement taillés, des cravates moches, une vilaine raie sur le côté, des chaussettes Burlington et des souliers bien cirés. Son homologue féminine, quant à elle, serait reconnaissable grâce à son sempiternel serre-tête de velours, son étrange phrasé en cul de poule constipée, ses cardigans de cachemire, et ses sacs à main en cuir d’autruche de chez Hermès. Elle fréquenterait régulièrement les salons de thé où elle échangerait sur notre bonne vieille France où tout part à vaux l’eau avec ses super cop’s Ludovine de la Rochère et Frigide Barjot, avant d’aller éructer ses viles pensées dans l’intimité d’un confessionnal duquel elle ressortirait avec le sentiment que son âme est aussi blanche que son triste postérieur osseux. En tout cas, après les cinq je te salue Marie que lui délivrerait le Père Geoffroi, avant de lui demander des nouvelles de Pierre-Philibert, son mignon petit dernier.

Le kaïra du seizième ne se fond pas dans la foule, puisqu’il exècre son prochain, dont il ne sait d’ailleurs pas qu’il est le prochain, ou s’abstient tout du moins de le considérer comme tel. Le kaïra du seizième ne présente pas l’embonpoint de celui du 93, puisqu’il évite de se nourrir de tous ces vilains produits que l’on trouve à ras du sol dans les rayons des supermarchés. D’ailleurs, le kaïra du seizième abhorre les supermarchés. Il a ses p’tites habitudes chez les gentils commerçants bien français de ce quartier qui a vu naître cinq générations de sa famille de kaïras.

En cas d’élection, le kaïra du seizième diffère grandement des kaïras à casquette et capuche : lui, il se déplace systématiquement pour aller glisser son bulletin de droite conservatrice aux valeurs d’après-guerre dans l’urne.

Lorsqu’il est confronté à un discours un tant soit peu altruiste ou humaniste, le kaïra du seizième se plait à employer des mots très très grossiers comme Populo, ou Gaucho avec un mépris qui rend son visage aussi laid que son cœur est putride, c ‘est dire si c’est pas beau à voir…

Le kaïra a toujours existé, mais sa délinquance n’est manifeste que depuis quelques jours. Depuis que sa bouche s’est faite porte-parole de son âme, à l’occasion de l’annonce de la création de logements pour les sans-abris à l’orée du bois de Boulogne, en persiflant des  Salope, des Hidalgo au Bois, des  Connards,  Escrocs, Fils de pute, et mon préféré « brosse à caca », à s’en déchirer l’aluette. (gentille aluette)

lorsque les pauvres n'auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches

Car c’est un fait : c’est quand on s’aventure à égratigner ses privilèges que le kaïra du seizième dévoile son hideux visage, dont celui des banlieues n’est que le miroir. Parce que le vrai problème du kaïra du seizième est qu’il veut tout garder pour lui, à part peut-être ses chambres de bonne insalubres de 3 X 3 mètres qu’il loue pour la modique somme de 900 euros à des acteurs en herbe venus de province. Le kaïra du seizième est bien entouré. Bien conseillé. S’il le pouvait, il dormirait lui-même dans une grande niche fiscale, afin que personne ne vienne lui demander de participer à la collectivité. Bien souvent, il n’a même pas besoin de se déplacer pour ses affaires, puisque les courtiers suisses vont désormais tous seuls à Lagardère, pendant que Christian Eckert fait voter des lois en pleine nuit pour permettre cela. Pendant ce temps, les français moyens sont tenus de faire des efforts pour éponger la dette de la France.

Les kaïras des banlieues exultent parce qu’ils n’ont rien, les kaïras du seizième vocifèrent parce qu’ils ont TROP. C’est d’ailleurs ce que dira Claude Goasguen, député-maire – Les Républicains- du 16ème, sans même se rendre compte de l’énormité de sa logique :

Des gens (sans abris) qui n’auront pas la place d’être accueillis en centre d’hébergement, voudrons naturellement s’installer tout autour, puisqu’il y a la place (!), et cela est inadmissible.

Évidemment. Mieux vaut installer ces pauvres gens là où il n’y a pas de place, hein, tant que les bons pères de famille en quête de sensations pas très républicaines peuvent discrètement promener leur berline rutilante à l’orée du bois, en attendant que la Grosse Lulu ou que Graziela do Brazil soit dispo.

Non, le kaïra du seizième ne réfléchit pas comme vous et moi. Il n’a aucun sens des priorités, puisqu’il ne connait ni l’urgence, ni la survie. Cette décision de la ville de faire preuve de solidarité envers son semblable est vécue comme (sic) du mépris vis à vis des habitants du quartier, qui (sic) ne veulent pas de cette jungle, comme le précisera un délicieux riverain, ex PDG de la française des jeux.

Chaque décision, chaque idéal, chaque théorème a sa réciproque. Lorsque je dis NON à quelque chose, c’est au nom d’une autre valeur à laquelle je dis oui. Lorsque certains ont trop, c’est que d’autres n’ont pas assez.

Le kaïra des banlieues n’est que la réciproque du kaïra du seizième, qui était là avant. C’est lui qui a enfanté de l’autre. Mais lorsque pour échapper à la solidarité la plus élémentaire, il hurle des insultes envers des élus ou hauts fonctionnaires de police, on ne peut nullement lui accorder l’excuse de la pauvreté de son dictionnaire. En fait, sa monstruosité n’a aucune circonstance atténuante.

Pourtant, je ne m’inquiète pas pour la suite. Étant donnée la conjoncture, les kaïras du seizième sont voués à l’extinction de leur espèce. Car lorsque les pauvres n’auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches. 😉

En attendant, allons voter pour des gentils…les kairas du seizième

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir,

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Estelle Bee.

Football et Prime d’Éthique: merci mon chien!

Football et prime d'éthique, merci mon chien

C’est une vraie ré-vo-lu-tion dans le monde du travail ! Et, une fois n’est pas coutume, c’est l’entreprise du football professionnel qui montre l’exemple à tout le patronat (Pierre Gattaz, prend des notes stp) en valorisant ses honnêtes travailleurs de la manière la plus juste qui soit par la création d’une Prime d’Éthique mensuelle visant à récompenser la citoyenneté de ses poulains.

 

Prime d’Ethique, Késako ?

L’affaire est ressortie récemment dans les médias alors que le délicieux Serge Aurier, joueur ivoirien et accessoirement arrière droit au PSG, donnait libre cours à sa liberté d’expression homophobe, en traitant de fiotte Laurent Blanc, son entraîneur, pendant un tchat vidéo dans la nuit de samedi à dimanche. Depuis, ses patrons se demandent si oui ou non, ce petit glissement mérite que celui qui se surnomme lui-même « l’ambiançeur » se voie retirer sur le champ –pelouse- sa prime d’éthique, c’est à dire de bonne conduite basique, qui s’élève à 20 000 euros mensuels. Car c’est un fait, depuis l’arrivée des Qataris, tout joueur qui se comporte comme un être humain et non comme un animal, en s’abstenant d’insulter, molester, gifler, violer, ou cracher au visage de son prochain est dignement récompensé d’une prime allant de 20 000 à 40 000 euros mensuels.

 

Par cet incroyable exemple, le Monde du Football fait sans le savoir une vraie proposition à nos politiques pour lutter contre l’insécurité et en même temps, injecter une bonne dose de Viagra dans la courbe de croissance de notre pays ! Ainsi, cette prime pourrait être étendue à tous les salariés qui feraient preuve d’une citoyenneté de base dans leur entreprise. Mais voyez plutôt par l’exemple :

 

 

La prime d’éthique ? Pour qui?

Donc, toi, l’infirmière qui es à un doigt et demi de dire à cette rombière qui te sonne pour la quatorzième fois d’appeler SOS Détresse Amitié et de te lâcher la grappe (bordel),

 

Toi le cuistot Sodexo payé au lance-pierre qui recraches tes glaires dans le hachis Parmentier quand tu as les boules contre ta direction,

 

Toi qui ne parviens plus à rester professionnel,

 

Toi qui bâcles ton boulot vu que plus personne ne t’augmente depuis dix ans,

 

Toi qui te retiens très fort de coller un coup de tête à ton harceleur de chef plus jeune que toi,

 

Toi qui peux à peine te retenir de donner des surnoms humiliants à tes employés,

 

Et même toi, la mère de famille qui as besoin d’une vraie bonne raison pour ne pas claquer tes enfants en pleine allée centrale de Carrouf à la moindre bouffée de stress,

 

Et aussi toi, le mari à la sauce talibane qui ne comprends pas en quoi coller un arbre à cinq branches à ton Ispicedicounasse est répréhensible,

 

Oui, toi ! Quel serait le prix de ta citoyenneté ?

 

Et toi, c’est combien ta prime d’éthique? 

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d'animalité) du salarié, selon l'image

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d’animalité) du salarié, selon l’image

D’après mes calculs, la prime d’éthique s’élève en moyenne à 1/16ème du salaire mensuel du travailleur. Évidemment, le footballeur professionnel, du fait de son métier ingrat, touche en un an ce que quiconque ne touchera qu’en 40 années de bons et loyaux services à l’usine. Mais ce barème peut toutefois nous éclairer sur ce qu’il en sera de notre prime à nous, lorsque le gouvernement appliquera la prime d’éthique à tous les salariés.

Ainsi, toute caissière qui s’empêcherait de rétorquer « Tu l’as vu, çui-là ?! », majeur tendu vers le ciel, à un client qui lui demanderait de bien vouloir le faire passer alors qu’elle est sur le point de fermer sa caisse, toucherait environ 80 euros de prime mensuelle.

 

Tout enseignant se verrait verser 115 euros en évitant de gifler façon Bayrou un chérubin de quatorze ans qui prétend que les journalistes de Charlie, à la chair béante des massacres de la veille, ont bien largement mérité leur sort au nom de la vengeance d’un prophète. Et une prime supplémentaire de 20 euros afin de ne pas envoyer des parents se faire empapaouter sur une île grecque lorsqu’ils s’inquiètent de savoir pourquoi toi, le larbin, tu t’acharnes avec malveillance sur leur innocente progéniture en n’attribuant que des notes pourries sur ses copies quasi-blanches (quadrillées, en fait…) alors qu’il est « surdoué ».

 

Une esthéticienne pourrait se voir attribuer une prime d’éthique de 75 euros si elle daigne nettoyer ses gros doigts gourds et brosser ses ongles sales avant de poser ses mains sur l’innocent visage à traiter. Il lui sera demandé, pour un léger supplément de 20 euros mensuels, d’éviter de se curer le fond des narines pendant les soins.

 

Le montant de la prime sera le même pour un coiffeur si, en général, il se retient de menacer un jeune client trop remuant de lui planter sa paire de ciseaux entre les deux yeux s’il continue de gigoter ainsi. Et peut-être aussi pour lui donner la force d’écouter les détails navrants de la vie des clientes qui le prennent pour Macha Béranger sans leur éructer un Putain, tu m’a saoulé, la vieille ! Maintenant, tu veux pas la boucler, juste pour voir ? 

 

 

Un médecin urgentiste, quant à lui, toucherait 160 euros mensuels pour trouver le courage de réceptionner des clodos bourrés et pestilentiels qui lui crachent des insultes au visage, sans pour autant leur coller violemment une seringue de Propofol en travers du dos, façon péridurale (Mickael, si tu me lis…)

 

Et je ne parle même pas du montant de la prime à laquelle pourraient prétendre les politicards s’ils avaient la courtoisie de ne pas tremper dans la première affaire de détournement qui leur fait de l’œil…

 

Pourtant, en plein fantasme de ce Monde Meilleur, quelque chose vient me gâcher le paysage. C’est juste l’image furtive d’une cour d’école, mais elle me glace soudain l’échine:

Car je me demande juste si nos enfants continueront de nous respecter s’ils ne sont pas rémunérés en conséquence,

Je me demande juste si nos élèves s’abstiendront de traiter leurs enseignant(e)s de connards, de pédés, de sales juifs ou de grosses putes si nous ne les payons pas pour cela,

Je me demande si ces enfants daigneront même apprendre à lire et à écrire si, en retour, ils ne reçoivent pas des cartes d’abonnement pour assister à des matches de foot…

Car la vérité dans toute cette affaire, c’est que la recherche d’éthique ne peut se faire que sur des chiens…

L'Éthique du PSG au microscope

L’Éthique du football français au microscope

Par le choix de nos programmes, indignons-nous!

 

Mieux en rire qu’en mourir…

 

Estelle Bee.

Quand Facebook te suggère des cochonneries…

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Voilà déjà quelques années que les suggestions sur le net nous racolent sévère. Impensable de te connecter sur ta boîte mail, sur les news, ou sur Facebook sans que cette paire de bottines pas encore assez soldée à ton goût te fasse de l’oeil à la manière d’une entraîneuse de bar à forte poitrine. Idem pour cette housse de couette sur laquelle tu n’as jeté qu’un vague regard, ou bien cette simulation de vol Paris-New York en pleines vacances scolaires que tu as faite juste pour fantasmer. Mais jusque-là, rien de paranormal. Les réseaux sociaux se contentaient de ramasser la monnaie des annonceurs à la dent qui raye le parquet, le carrelage, et même le faux plafond, prêts à tout pour te délester de l’argent que tu n’as pas encore touché ce mois-ci. Pourtant, aujourd’hui, Facebook me fit une suggestion à laquelle j’étais loin de m’attendre, et qui changea mon regard sur l’absence d’Humanité des réseaux sociaux.

Et depuis quelques heures, une grande question me brûle les lèvres -enfin, surtout la lèvre inférieure puisqu’il se trouve que j’ai un bouton de fièvre- :

À FORCE DE FRÉQUENTER LES HUMAINS, FACEBOOK SERAIT-IL DEVENU UNE SORTE D’ÊTRE INTUITIF DOTÉ D’EMPATHIE POUR SON PROCHAIN???

J’en viens donc à ma découverte.

J’avoue que ce jour-là, je n’étais pas du tout préparée. Remarque, c’est souvent bien plus sympa lorsque c’est impromptu, me direz-vous…Depuis près de dix jours, je me traînais une fatigue qui dévorait mon cerveau à la manière d’une veuve noire après l’accouplement, et me murmurait de compenser sur des dégueulasseries sucrées pleines de lécithine de soja, alors que je ne suis pas du tout dessert. Je me sentais donc autant en forme que lorsque j’avais dû enterrer mon chat à la lampe frontale, dans la forêt et en pleine nuit, sur un terrain qui allait – bad luck- faire l’objet d’un terrassement dans les jours qui suivirent. À cause de mon mignon Vésuve sur la lèvre -avec lequel j’avais dû composer durant mes heures de boulot- j’étais d’une humeur massacrante, prête à faire fondre à l’acide quiconque se mettrait en travers de ma route. Pourtant, l’Univers avait ponctué ma journée de quelques signes que j’ignorai tout bonnement faute de temps, et qui ne me revinrent en mémoire qu’après l’Incident, notamment ce moment où j’interrogeai un de mes élèves par la question « QUI? », et qu’il me répondit « QUETTE »…

Le soir venu, j’ouvris mon profil Facebook sans conviction lorsque je m’aperçus que j’avais quelques demandes d’amitié et moults suggestions, parmi lesquelles je pus lire:

« Connaissez-vous… Ma bite » (voyez par vous-même)

Quand Facebook te suggère des cochonneries

Heu… Non. Nous n’avons pas encore été présentés…

S’il est vrai que j’avais déjà vécu ce genre de suggestion dans ma vie , je dois avouer que ce qui me surprit, c’est qu’elle ne s’encombrait pas ici de la subtilité ni de la finauderie qui cache habituellement la forêt (et le reste). Comme si Facebook et moi avions tissé une intimité illimitée.

C’est ainsi que je compris que oui, à force de servir de lien entre les Hommes, Facebook avait fini par développer des sentiments et des intuitions, à la manière d’un vil humanoïde qui du jour au lendemain, se rend compte qu’il se sent incapable de détruire l’espèce humaine puisque sous son poitrail en Titane bat désormais un petit coeur tout mou. Car en me faisant cette suggestion que je n’ai pas mal prise -et je parle bien de la suggestion- Facebook m’a démontré qu’un jour, les réseaux sociaux nous serviront de coach de vie en nous proposant tout de go ce qu’ils pensent être bon pour nous: faire un régime, rouler moins vite, quitter ce looser (cette looseuse?), un déodorant efficacité 24h, un chignon banane, se taper (barrer la mention inutile): « un fou rire- le poseur d’éléments de chez Ikéa- un pot de rillettes », ma bite etc…

Je confesse que pour autant, je n’ai pas osé apposer la Mention « J’aime » sur le contact susnommé. Je me suis dit que c’était davantage une phrase de mec, sauf si bien-sûr tu t’appelles Amanda, et sauf si bien sûr, tu es une respectable mère de famille marseillaise qui a coutume de rétorquer « Eh, je m’en bats les couilleuhhh ». Quant à intégrer Ma bite à ma liste d’amis, j’avoue ne pas avoir osé, de peur de surprendre ces derniers… Et puis, je n’ai jamais été douée pour faire le premier pas…

Moralité : Si toi aussi tu souhaites savoir quel mal t’habite, déroule les suggestions de chez Fessebouc, on ne sait jamais…

Je dédie cette chronique à mon plus fervent lecteur Jean-Pierre Douton, qui en aurait je pense apprécié l’élégance, qui a tiré sa révérence il y a de cela quelques jours, et qui restera à jamais la meilleure suggestion d’amitié que Facebook m’ait faite.

Estelle Bee.

 

 

Miss France 2016, la preuve qu’on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Miss France 2016 est ch'ti. Comme quoi, on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Jean-Pierre Foucault nous avait pourtant prévenus lorsqu’il lança la cérémonie en annonçant que rêve et réalité alterneraient toute la soirée… Il ne pensait pas si bien dire, car lorsque Sylvie Tellier déboula sur la musique du film Ghost, nous ne savions déjà plus trop si c’était bien la mère maquerelle qui s’avançait vers le public, ou bien David Bowie vêtu d’une robe de soirée, et affublé de faux nichons. Effrayant. Même le bon vieux Jean-Pierre en fut surpris, il me semble, puisque sa langue fourcha d’emblée lorsque Ghost arriva à sa hauteur et qu’il lui dit: « C’est oun énormé plézilll de vous recevoir, ma chère ». Mais peut-être revenait-il d’une longue villégiature à Lisbonne (ou d’une escapade au Bois de Boulogne), qui sait…

Toutefois, il était fort notable cette année que le Comité Miss France avait tiré quelques précieuses leçons  des erreurs passées. À commencer par le choix du Président du Jury. Sans doute las de devoir soudoyer des avocats pour que les demoiselles retirent leur plainte pour attouchements sexuels à l’époque de Delon le Tripoteur, et peut-être agacés par les pantalons de cuir moule-pruneaux de Patrick Bruel, le choix du président s’était porté cette année sur l’inoffensif Jean-Paul Gauthier. Et le plus étonnant, surtout, est que le monsieur ait accepté le job!

Une autre correction avait été également apportée cette année: tenter de gommer le côté mièvre des donzelles, et apporter du piquant à leur vidéo de présentation. Mais le dosage du piment fut à peu près le même que quiconque mangeant créole pour la première fois de sa vie: un peu trop… disons… ambitieux… Et beaucoup de téléspectateurs à l’esprit bien moins tordu que le mien ont dû tout de même tiquer un peu devant des tableaux ou mises en scène dignes d’un bien mauvais Jacquie et Michel.

 

Faire l’amour à la nature, Tome I

Miss France 2016 est ch'ti. Comme quoi, on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Le dénominateur commun de toutes les vidéos de présentation cette année fut que les demoiselles avaient la lourde tâche d’évoquer avec sérieux leurs ambitions humanitaires dans des postures à faire rougir les putains de la rade (oui, j’adore citer des chanteurs de droite décomplexée). Autant dire que l’importance du son a du s’avérer plutôt relative chez la plupart des téléspectateurs.

Ce fut donc notre jeune ch’ti qui ouvrit le bal des C.V en traversant lascivement une forêt, perchée sur des talons de 12 centimètres, sourire chevalin impeccable – en même temps, elle souhaite devenir chirurgien dentiste- et qui nous parla ainsi de la mission dont elle se sentait investie, en maillot deux pièces triangle rouge avec contre-plongée sur les cuissots mouillés par le jet d’une cascade.

Miss Limousin, la coquine, sûrement interrompue en pleine cueillette de cèpes, dut chevaucher un tronc d’arbre moussu dans un sous-bois en tout petit maillot de bain. Bon nombre de spectateurs a du se demander à quel moment le chasseur bourru allait faire son entrée dans le bois afin d’enseigner à la jeune prude les rudiments de la vie sauvage… Une classe folle.

2016 Miss

De la même manière, Miss Saint-Pierre et Miquelon caressera le rêve de « faire parler de son archipel » avec travelling avant sur ses seins moulés. Miss Guyane évoquera « la pluralité de la France », compressée dans un corsage à lacets de cuir. Miss Bourgogne, traversant un vignoble en Stiletto de 14 centimètres, comme d’habitude, souhaitera « ouvrir des portes sur des cultures méconnues » en effleurant des grappes de raisin et en faisant blobloter ses gros doudous dans une démarche un peu trop énergique. Miss Réunion évoquera vaguement « des valeurs à défendre », en pose de Jane alanguie dans une forêt dense sous la moiteur de Juillet. Miss Provence, 18 ans à peine, sera elle aussi propulsée dans ce cadre bucolique et classieux sans aucun préliminaire. Et Miss Roussillon nous apprendra, foutrement cambrée en bikini contre l’écorce rugueuse d’un chêne, qu’elle souhaiterait devenir prof de langue.

Heureusement, cette année encore, l’effroyable accent aux senteurs de cassoulet de Miss Languedoc nous ramena illico sur notre canapé Ikéa. Oui, on est bien sur Tf1. Devant la cérémonie de Miss France. Un samedi soir. Ouf! (ou pas…)

 

Faire l’amour au public

JPF l’avait annoncé en ces mots avant les vingt premières minutes de pub: après la pause, nos Miss vous feront vivre des rêves enchantés, avant d’aller sauver le Monde en maillot de bain. Véridique.  Et c’est d’ailleurs ce qui nous avait permis de tenir jusque là.  

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Le premier défilé s’ouvrit sur la B.O de Pirate des Caraïbes. Miss Ch’ti s’avança la première en Sexy Jack Sparrow venant apparemment de se faire trousser, puisque son pantalon avait tout bonnement disparu, et laissé place à son calbut rayé. Puis vint le défilé Pompom girls en talons de 12, chaussettes de rugbymen, et épaulettes du futur, accompagnées par – Ô comble d’originalité- de la B.O de Eye of the tiger, et, enfin, le tant attendu Wonderwoman  On assista également à un tableau SPA avec des chiens en laisse, dont un caniche royal -peut-être plus tout jeune- qui expira manifestement un peu fort dans le visage d’une demoiselle accroupie qui grimaça aussitôt. Je passe sur le moment où  les donzelles se retrouvèrent toutes à agiter mollement leurs longs bras pour imiter l’envol d’un oiseau (ou une nage indienne?), (à moins que ce soit le mouvement d’une pagaie sur le lac Titicaca), pile poil sur le contre ut de All by myself: « Anymoooooooreeeeeee!!! »

Le tableau en costumes traditionnels, mon préféré à l’accoutumée, avait été excessivement amélioré cette année, puisque des créateurs régionaux avaient clairement dépoussiéré les vieilleries vestimentaires. Mais voilà, toutes les régions n’étant pas équitablement pourvues en créateurs, toutes les Miss ne furent pas mises en valeur de façon égale. Si l’Outre-Mer tire toujours son épingle du jeu, en paréo et couronne de fleurs, ce sera encore une coiffe Bretzel pour l’Alsace, une bigoudène de malheur pour la Bretagne, une énorme croix  sur le derrière du Roussillon, une robe têtes de vaches rousses, blanches et noires pour Dame Normandie, une tenue rouages d’horlogerie pour Miss Franche-Comté. et une tonne de fausse glace sur la tête de Miss Auvergne (mais quand on connait les températures d’Aurillac, on comprend aisément pourquoi). Miss Ile de France, la pauvre, a fortement pâti des attentats de Paris, puisqu’on lui a collé cette année une coiffe de statue de la liberté dorée horrible qui lui donnait de faux airs de Télétubbie.

Mais le moment star de la soirée fut évidemment le tableau Mère Noël, élégant costume que des personnalités haut de gamme comme Miley Cirus ou Mariah Carey avaient déjà expérimenté par le passé. 

MARIAH CAREY

En voyant ces images d’un raffinement rarissime, le comité Miss France a du se dire Banco. Ainsi, 12 Mère Noël vêtues de maillots de bain rouges, boules bringuebalantes d’un porte-jarretelles en fourrure blanche, et chaussées de pantoufles à talons de prostituées en fourrure, s’avancèrent vers un public médusé, bouche gourmande, l’air de dire: « Hé mon gros lapin, j’ai un petit cadeau pour toi dans ma hotte », en pointant les caméras de leur index vernis sur « All I want for Christmas is IOUUUUUUUU!!!!! » Miss Aquitaine, LA blonde à forte poitrine des 12, petit regard I want your Sex, avait même carrément l’air d’une Hardeuse. Geneviève, reviens!!!

Malheureusement, les membres du jury ne purent profiter de ce moment de grâce, puisque toute la neige artificielle envoyée généreusement sur la scène atterrissait sur eux, par effet de courant d’air,   et qu’ils ne savaient plus comment se sortir de cet ensevelissement en règle. Kendji  avait une tonne de flocons dans les yeux et pleurait abondamment, Laetitia Millot arborait les melons givrés des 13 desserts et une perruque blanche de l’académie française. Tous les jurés, toussotant, finirent avec leur gros carnet de note sur la tête pour se protéger de l’avalanche, pendant que deux des Miss se retrouvèrent avec les pompons de travers, ce qui de dos leur faisait une adorable petite queue de lapinou à la fin du tableau (voir image tête de page). Et lorsque JPF interrogea Michalak sur ses impressions de la chorégraphie, ce dernier ne put répondre tout de suite vu que des flocons lui obstruaient encore les voies respiratoires, et que tout le jury était pété de rire.

 

Les phrases cultes

Miss Côte d’Azur, l’air franchement constipé, confirme notre première impression: J’ai appris à ne jamais rien lâcher. Heureusement, y’a Dulcolax…

Je ferai en sorte que la Picardie rayonne partout où j’irai. Bon courage 😉

Quand j’ai entendu mon nom, j’ai pensé: « Ah bon, c’est moi?« . Miss Midi Pyrénées.

Apprendre la danse tahitienne, c’est super, car ça change de ce qu’on fait en Bretagne. J’imagine…

Je pense avoir acquÉRI le mental nécessaire par le sport. Miss Martinique.

Ca y est. On a pris nos choix. Kendji Girac, qui ne sait toujours pas parler, le pauvre (ça viendra).

Oulala, je me régaleuh, j’ai pas envie que ce soit la fin!!! Laetitia Millot, actrice de Plus belle la vie, après 3h20 d’émission…

Mais la palme revient sans doute aucun à Jean-Paul Gauthier regardant affectueusement Kendji: je peux vous as-su-rer qu’il n’y a pas eu de forcing, tout s’est passé dans la douceur (à propos des délibérations)

J.P Foucault: Jean-Paul, je suis sûr que vous êtes gourmand…

J.P Gauthier: Oui, bien sûr, d’ailleurs, derrière vous, je vois deux énormes gâteaux qui s’avancent. Plan américain sur deux gros malabars hipster déposant le décor « friandises ».

 

Conclusion

Le dernier tableau qui se conclut sur la musique de TITANIC devant une standing ovation résuma plutôt bien la soirée: tu sais que le bateau va couler, mais tu t’accroches quand même, au cas où un miracle se produirait… Précisons que la cérémonie se déroulait dans le Nord-Pas de Calais, région de notre Miss France 2015, c’est pourquoi toutes les candidates ont eu la chance de passer, pendant deux semaines, un magnifique séjour à Lille. Ce sont les mots de J.P.F, pas les miens, hein ;). Et il ajouta même qu’elles avaient eu un planning hyper chargé: tour de Grande Roue, partie de football féminin, cours de bonne tenue, massages, dégustation de Maroilles… Non, il n’y a pas à dire, nos 31 candidates sont venues insuffler des valeurs de TRAVAIL dans une région d’indécrottables chômeurs prêts à faire péter leur facture de portable pour que l’une d’eux décroche un CDD de un an. La preuve, c’est bien Iris Mittenaere la ch’ti qui décrocha la couronne!

« Au nooooooord, c’était les coroooooons,Merci qui? Merci Sylvie!

La teeeeerre, c’était le charbooooon… »

 

Merci qui?

Merci Sylvie Bowie!

 

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir,

 

Estelle Bee.

Affaire Air France : le Syndrome de Stockholm français

airfrance: les français et le syndrome de Stokholm

 

Des jours et des semaines. Des semaines entières qu’on nous ramone les conduits auditifs avec cette même expression constipée, pour parler d’un fait tronqué de sa réalité :

 

Rien ne peut justifier de telles violences.

 

La quasi-totalité des médias appartenant à quatre des plus grosses fortunes du pays, il était fort peu probable que les journaleux fassent usage de leur influence en sciant la branche sur laquelle ils sont assis. Même les pseudo-réacs carriéristes : Anne-Sophie Lapix, Patrick Cohen, Léa Salamé etc… (Ne parlons même pas de BFM la délicieuse qui s’est même autorisée à censurer, au nom de Charlie sûrement, une interview de Jean-Luc Mélenchon…)

 

Mais de là à entendre de la bouche de gens apparemment normaux des trucs du genre : [Non mais quand même !!!! Tu te rends compte à quel point c’est allé trop loin ?/ Non mais allô quoi ! L’image qu’on donne à l’étranger, c’est troooop grave !/ et bien sûr, l’éternel et insipide « On ne résout pas les problèmes par la violence »], oui, de là à entendre cela, il y avait quand même un monde…

 

Mais malheureusement, le Monde est petit…

 

Mon pays est malade. Complètement malade. Et j’ai peur que la maladie se propage. Car le diagnostic est tombé : LES FRANÇAIS SERAIENT GRAVEMENT ATTEINTS PAR LE SYNDROME DE STOCKHOLM.

 

 

Est-ce à force de traîner un peu trop souvent chez Ikéa quand il pleut, et d’en revenir avec des étagères Bernjhnätthrsgiirstat ? Est-ce tout simplement du à un abus de Krisprolls ? Toujours est-il que d’après le Gros Robert, le Syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique chez les otages qui tendent à développer de l’empathie pour leurs geôliers.

 

L’industrie française s’est réduite à peau de chagrin. Bousillée, la vie de milliers de gens, la dignité de papa, de maman, éclaté le bonheur familial, et la famille en pleine santé. La vie est violente. Chaque jour que dieu pond, deux agriculteurs se pendent. La vie est violente. Des gens vont s’immoler dans les locaux de la CAF, ou se coller direct un pruneau devant l’hôtesse d’accueil de chez Pôle Emploi. La vie est violente. Plus la société devient maladive, plus on dérembourse les médocs. Alors, elle devient mortifère. La vie est violente. Et à qui profite le crime ? Justement à ceux que l’on plaint parce que l’on nous dit de le faire : ceux qui n’hésitent pas à  lâcher du lest pour faire décoller la montgolfière qui leur servira de parachute en platine. Ceux-là même qui vont faire virer leur argent virtuel dans des sociétés offshore, là où l’hiver ne sévit jamais. Ceux qui parlent de « libéralisme » au lieu de capitalisme, de « demandeurs d’emploi » au lieu de chômeurs, ou de « dialogue social » au lieu de strangulation, sans parler de ceux qui coulent volontairement des boîtes pour s’enrichir sur 18 générations, comme on le verra bien assez tôt à Canal +. Voyez donc QUI les médias nous demandent de plaindre ? Eh bien oui, nos propres geôliers.

 

Alors je me pose cette simple question :

Si le fait que des salariés d’une entreprise florissante refusent de se laisser pulvériser au Baygon tels des cafards suintants choque certains, j’aimerais que l’on me dise DEPUIS QUAND LES CONQUETES ET REVOLUTIONS SOCIALES SE FONT-ELLES UNE MARGUERITE ENTRE LES DENTS, SUR UN PETIT AIR DE JAZZ, EN FORNIQUANT A TOUT-VA? Depuis quand une femme –éveillée- accouche-t-elle autrement que dans la douleur ??? Depuis quand les petits ont-ils les moyens légaux d’empêcher les gros de les bouffer ? Depuis quand ne doit-on plus passer par un mal pour avoir un bien ?

 

Selon l’historien François Cusset, et comme beaucoup d’autres, il est logique et mécanique que la violence devienne le seul exutoire quand on vous ferme toutes les portes, c’est du ressort de notre instinct de survie.

 

Et depuis quelques jours, en guise de guillotine, se succèdent des mises à pied. Celles des quelques gueux édentés qui se sont aventurés à customiser une ou deux chemises Prada, après avoir refusé de céder au monologue dialogue –chantage- social préconisé par le gouvernement. Et nous sommes tous aujourd’hui les lugubres spectateurs d’une mise à mort en règle, supervisée par Manuel El Matador qui a réclamé de lourdes sanctions  contre les vilains dissidents. Brandira-t-il les oreilles et la queue des sauvages ? Non. Trop violent, pardi ! Les dirigeants, eux, n’ont nul besoin d’user de violence physique pour mettre à bas la vie des gens, un trait de stylo Montblanc suffit…

Mon pays est malade. Complètement malade. Et j’ai peur que la maladie se propage. Car le diagnostic est tombé : LES FRANÇAIS SERAIENT GRAVEMENT ATTEINTS PAR LE SYNDROME DE STOCKHOLM.

 

Ouvrons les yeux, et indignons-nous, bordel pardieu !

 

 

Estelle Bee.

 

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