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Peut-on être jeune ET de droite aujourd’hui (sans déconner)???

Peut-on être jeune ET de droite aujourd'hui (sans déconner)???

Cartier-Bresson, 1969

Elle avait l’oeil humide et la voix chevrotante tellement elle en était émue. Et c’est avec une indicible fierté que l’une de mes amies, que nous appellerons Marianne ;), m’annonça que Loulou, son gentil mari, s’était enfin décidé à s’engager dans la vie politique en prétendant au poste de maire de sa petite bourgade de province. Et telle une Jacky Kennedy en herbe, elle passait en revue le contenu bien trop baba cool de son dressing avec un mélange d’inquiétude et d’excitation.

–       Tu vois, là, je vais devoir investir, parce que toutes ces couleurs, c’est plus possible ! Tous les conseils sont donc les bienvenus hein !

Elle me dit cela avec un petit clin d’œil complice qui me donna l’agréable sensation d’être une espèce de Carry Bradshaw à la mode de Caen (et surtout de quand ?). Cependant, cette résolution soudaine me dérangea quelque peu.

–       Mais ça ne te frustre pas d’abandonner un style qui te correspond complètement, qui est tout à fait toi, juste parce que Loulou va se saper pour distribuer des tracts au marché entre les saucissons d’âne et les grigris africains?

–       Non tu sais, c’est très sérieux ! Cela fait longtemps qu’il y pense. On en a parlé des nuits entières, tu sais. Et moi, je veux faire honneur à son engagement. Qu’est-ce que tu penses de ça ? Je les avais achetées pour les obsèques de ma tante, je ne les ai portées qu’une seule fois.

Elle fait glisser son pied dans une chaussure vernie absolument immonde à bout carré ornée d’une boucle sur le devant, un modèle que même Roselyne Bachelot trouverait mémère. J’essaye de garder mon sérieux.

–       Heu… Je ne suis pas sûre que ça te corresponde. Après tout, tu connais tout le monde ici, et tous les gens te connaissent telle que tu es. Pourquoi te travestir ?

–       Tu comprends, je ne pourrai plus porter ÇA !

Elle me tend un sarouel couleur moutarde délavé au niveau des genoux.

–       Heu, oui, effectivement, celui-ci, tu peux éviter ! Mais pas pour les raisons que tu crois !

Nous éclatons de rire. Et soudain, une question vient à mes lèvres, et je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi je n’ai pas commencé par cela. Suis-je devenue si superficielle ? Pensais-je détenir déjà la réponse ?

 

–       Mais Marianne, au fait, il se présente sous quelle étiquette ton homme ?

–       UMP.

–       UMP ? Pfffft, t’es conne !!!!

Je prononçai ces mots en me marrant comme une baleine défoncée au crack, jusqu’à ce que je comprenne, à l’impassibilité du visage de Marianne,  qu’en réalité, il ne s’agissait pas du tout d’une boutade. Merde ! L’image des affreuses chaussures vernies Méphisto vint soudain éclairer mon esprit – ou l’embrouiller, je ne sais plus trop- ainsi que l’improbable raie sur le côté et les chemises Vichy du jeune Loulou. Et c’est à cet instant que cette réflexion sortit de ma bouche :

–       UMP ? Mais pourquoi ???!! Il a tout juste 35 ans !

–       Heu… Je ne vois pas le rapport…

 

Évidemment, je ne me lançai pas dans une explication détaillée de ma pensée ce jour-là, d’autant que j’eus besoin de quelques semaines pour la faire décanter. Car tous les jours qui suivirent, cette grande question vint m’habiter :

 

« PEUT-ON, DE NOS JOURS, ÊTRE JEUNE ET DE DROITE ? »

 

Tout d’abord, il faut considérer que cette question n’a pas sa réciproque. Il n’existe pas, à ma connaissance (et heureusement), une frontière d’âge où l’être humain subit une transformation génétique qui le pousse inéluctablement à voter UMP, et ce, même s’il se nourrit vraiment très très mal. Mais pourquoi le fait de défendre des idées de droite quand on fait partie de la génération X ou Y confère tout de suite au jeune des airs de heu… vieux con ?

 

1.

Parce que le jeune a tout l’avenir devant lui.Le fait d’avoir du temps devant soi est source d’espoir d’un mieux-être dans un monde idéal et égalitaire. La désillusion, quant à elle, entraîne un repli sur soi, et une nostalgie de « sa période de gloire ». De là, nait le « c’était mieux avant », puis la hantise de la modernité, et la « peur du jeune » que l’UMP sait si bien exploiter via sa politique sécuritaire ultra-alarmiste.

2.

Parce qu’il a vu ses vieux trimer et si bienheureux de partir ENFIN à la retraite à 60 piges. De fait, il n’a pas forcément une envie transcendantale de se taper 5 ans de plus pour rembourser la dette de son pays.

3.

Parce que le jeune n’est pas censé se réjouir qu’un patron ait le droit de le jeter tel une petite crotte malodorante pour des motifs complètement fallacieux voire carrément inexistants, comme le demande si vivement le délicieux patron du Medef, Pierre Gattaz

4.

Parce que le jeune se souvient encore de ses camarades d’école, y compris de Kader et d’Elies avec qui il s’est bien marré en 4ème et 3ème, et que par conséquent, il ne ressent aucun froid dans le dos lorsqu’il croise un vilain sarrasin (dit « basané » par les vieux votants UMP)

5.

Parce que le jeune a quasiment toujours connu les « 35 heures », et que cette réforme -qui fut un progrès social pour ses parents- fait partie de sa « normalité ».

6.

Parce que le jeune a quotidiennement autre chose à foutre, normalement, que médire sur les homos, les étrangers et tous ceux que l’UMP montre du doigt dans sa croisade contre la perte des valeurs familiales et de l’assistanat. Le jeune a déjà bien assez à faire avec ses soucis de bouclage de fin de mois, de quête de baby-sitters en urgence, et d’ulcère de l’estomac.

Merci Ludo pour cette création;)

Merci Ludo pour cette création;)

En conclusion

Je me suis donc aperçue que les jeunes votants UMP étaient, pour beaucoup, des fils ou filles de chefs d’entreprises à la retraite qui ne font que répéter mécaniquement les discours qu’ils ont distraitement entendus devant le gigot-flageolets du dimanche. Et c’est d’ailleurs le cas pour Loulou. Que les salariés ont trop de droits blabla blabla… Ils ne saisissent pas qu’intrinsèquement, un salarié bien protégé par les lois est une personne qui garde l’assurance d’un pouvoir d’achat, et c’est donc un client potentiel pour leur entreprise. Il ne comprennent pas que fragiliser ces acquis reviendrait à envoyer un boomerang bien tranchant droit devant eux? A part LVMH ou Carrefour, qui peut se permettre de faire fi de cette conséquence?

D’autre part, j’ai trouvé également des votants UMP chez les jeunes smicards ou petits salaires, ceux qui ne bossent que pour payer leurs factures, et qui sont sensibles aux discours séparatistes de la droite décomplexée qui leur fait croire que leur situation va sensiblement s’améliorer quand on aura coupé les alloc de tous les « assistés » qui gagnent plus qu’eux sans bosser. Ils sont en colère, mais certes contre les mauvaises personnes.

En 2007, Sarkozy a été élu sur une politique d’austérité. On nous a dit qu’il fallait « se retrousser les manches » et, tels de gentils moussaillons, écoper sévère pour sauver le vieux rafiot du naufrage. On nous a dit qu’il fallait « se lever tôt » pour foncer à la proue, et que moisir au chômage englué sur son clic-clac, c’était mauvais pour ledit rafiot. On nous a dit qu’il fallait faire preuve de patriotisme, et qu’accueillir toute la misère du monde, c’était se condamner à finir 20 000 lieues sous les mers. On nous a expliqué que l’érosion de nos acquis sociaux était la seule façon d’éviter les récifs délimités par la Communauté Européenne. On nous a dit de nous méfier des pirates en survêt’ et casquette qui menacent la ménagère et créent une économie parallèle néfaste au redressement du drapeau. Oh oui, ça, on nous a bien divisés… On a ramé, on a pagayé, on a écopé, et on a eu Copé…

Pourtant, (et c’est là, jeune votant de droite, que tu dois te concentrer!) on a omis de nous mentionner que tout en-haut, à la vigie du rafiot, certaines personnes étaient exemptées de tous efforts. On a omis de nous expliquer que cette injustice était due au fait que ces personnes étaient garantes de la nomination du capitaine du navire, qui en retour, leur permettait de rester à la vigie bien à l’abris, et de maintenir les gens dans la galère.

Enfin, et surtout, on a bêtement oublié de nous dire qu’en réalité, en vrai, on nous demandait de rembourser une dette dont nous n’étions pas responsables. Que depuis 1973, la loi dite « de Rothschild » interdisait à l’état de se prêter de l’argent à lui-même -via la banque de France- à taux zéro, et l’obligeait à emprunter à des banques privées aux taux exorbitants. Tout cela parce que Monsieur Pompidou avait eu à l’époque des relations privilégiées avec les Rothschild. Sans cette loi, nous ne serions pas plus endettés qu’en 1978 (voir graphique) On a également oublié de nous mentionner que l’évasion fiscale des barons du CAC 40 représentait 60 à 80 milliards d’euros par an de manque à gagner, et qu’apparemment, personne ne voulait affronter l’ennemi sans visage, pas même ceux qui se réclament de gauche pour la simple raison qu’ils ont deux mains gauches, et peut-être même deux couilles gauches.

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Alors, on nous dit que le problème vient de nous. Que nous abusons des Doliprane, que nous consommons trop de Xanax, que nous allons trop souvent chez le kiné, que nous abusons des congés maladie, que nous sommes des putain de chapardeurs. C’est pas bien d’être malade, et encore moins d’être chômeur. Toutefois, il me semble qu’un parti politique qui base l’essentiel de son programme sur la DIVISION DES GENS QUI COMPOSENT UNE MÊME SOCIÉTÉ veut forcément régner pour les mauvaises raisons. En tout cas pas celles qu’ils donnent à leurs jeunes -et moins jeunes- électeurs. 

ENSEMBLE, INDIGNONS-NOUS!!!

A l’attention de celles qui ne font pas pipi debout

Cette petite injustice anatomique qui nous met, nous les femmes, dans une galère hautement stressante en cas d’urgence pipi, alors que nos partenaires mâles vivent cette même situation le cœur léger et en sifflotant tels des pinçons sur des cerisiers en fleur. Je suis une fille. Une de celles qui a tout le temps envie de faire pipi, surtout dans des situations/ lieux/ moments/ tenues inappropriés. Je précise que je suis jeune pour ceux qui d’emblée, auraient le réflexe de me joindre une pub pour les couches Confiance en guise de commentaire 😉

L’évènement du week-end étant la JOURNÉE DE LA FEMME, je me suis dit qu’il était grand temps d’aborder un sujet dont PERSONNE n’ose parler (surtout pas une femme du monde hein!) et qui me fait penser que Dieu est forcément un mâle :

 

Cette petite injustice anatomique qui nous met, nous les femmes, dans une galère hautement stressante en cas d’urgence pipi, alors que nos partenaires mâles vivent cette même situation le cœur léger et en sifflotant tels des pinçons sur des cerisiers en fleur.

 

Revivons donc pour l’occasion quelques situations –issues de conversations de filles- que l’on préfèrerait oublier. Voici donc 7 solutions de repli pour celles qui ne font pas pipi debout.

 

1)   Le bistrot :

 

Ne pouvant pas tutoyer les pylônes comme Monsieur, le café du coin est la base de repli n°1 d’une femme en situation d’impériosité. Et forcément, en femme civilisée, on prend quand même la peine de commander un café au passage qu’on boira froid ou qu’on ne boira pas, c’est selon. Résultat : 2 euros le pipi. Et c’est monnaie courante. J’en profiterais pour rendre hommage à ce gentil patron moustachu d’un bar-tabac à Aix-en-Provence qui me fit me sentir bien honteuse dans ma condition de femme. Alors que je m’engouffrais, tous voyants allumés, dans l’établissement bondé, je constatai qu’il n’y avait pas une seule table de libre pour y commander mon café. J’achetai alors un paquet de chewing-gum au comptoir du tabac, avant de me diriger vers l’escalier en colimaçon que je savais être la voie de mon salut. Pendant que je descendais les marches, une voix qui appelait « Madame ! Madame ! Madaaame ! » s’élevait dans le brouhaha. Mais ce n’est que lorsque la voix prononça « MademoisELLEUH ! » que j’eus le réflexe de me retourner, jeune trentenaire oblige. Car il se trouve que c’est bien moi que le gros patron appelait pour la quatrième fois, donc tous les regards des clients étaient braqués sur moi. Pliée en deux dans mon urgence, je questionnai du regard l’interlocuteur qui me lança :

–       Vous allez où là ?

–       Pardon ?

–       Oui Madame vous allez OÙ ??? Rajouta sa femme, une sorte de sosie de Yolande Moreau, le cœur en moins.

–       Heu, aux toilettes…

–       Non non remontez hein ! Les toilettes sont réservées à la clientèle ! S’indigna le bonhomme.

–       Heu… (l’ensemble de la salle attendait ma réponse) Je viens de vous acheter des chewing-gum… !

–       Non non c’est pas pareil ! Les toilettes sont pour les clients du  café, pas du tabac, d’accord Madame ??!!!

–       Non mais vous êtes hyper classe ici ! Répondis-je, clairement humiliée, avant de sortir en claquant la porte.

En sortant du café, je me parcourus du regard. J’étais correctement vêtue, j’avais les cheveux propres et des manières plutôt bonnes, et je venais de me faire jeter comme une clocharde pochtronnée et malpropre par un gros macho inélégant devant tout le monde, seulement parce que mon statut de femme m’imposait de faire une pause dans les plus brefs délais.

En sortant du café, je me parcourus du regard. J’étais élégamment vêtue, j’avais les cheveux propres et des manières plutôt bonnes, et je venais de me faire jeter comme une clocharde pochtronnée et malpropre par un gros macho inélégant devant tout le monde, seulement parce que mon statut de femme m’imposait de faire une pause dans les plus brefs délais.

2)   L’embouteillage :

Uriner au bord de la route n’est pas un souci pour ces messieurs lorsque, coincé dans un chassé-croisé pas vraiment prévu par Bison Futé, on se retrouve pris au piège et à deux doigts d’imploser. Mais compte tenu que toi la fille, tu ne peux pas faire pipi sans découvrir l’ensemble de ton intimité, tu te dois d’abandonner ta voiture pour aller te planquer derrière un fourré devant les regards amusés des autres usagers. En l’absence de végétation ou reliefs, comme en Camargue par exemple, tu devras courir très vite jusqu’à ce que tu disparaisses de leur champs de vision. Autant être entraînée….

 

3)   La piste de ski :

Trente minutes d’attente aux toilettes du restaurant d’altitude, c’est trop pour qui s’est contenue trop longtemps pour kiffer la poudreuse. Et alors que Chouchou n’a qu’à dezipper pour libérer son petit Shar Pei, tu es obligée de te surgeler les miches derrière un Mélèze après avoir crapahuté dans la montagne avec une démarche de spationaute bourré.

 

4)   L’entre-deux voitures :

LA solution que nous privilégions en ville à la nuit tombée lorsqu’aucun bistrot n’a eu la bonne idée d’ouvrir dans les 500 mètres à la ronde. Encore faut-il faire attention de ne pas faire pipi sur ses jolis escarpins en cuir de veau bois de rose non encore imperméabilisées. Encore faut-il vérifier AVANT qu’il n’y ait personne DANS la voiture derrière laquelle on se planque à la hâte… Comme par exemple ce couple d’amoureux éberlué par la scène loufoque qui se déroule sous ses yeux…

4)	L’entre-deux voitures : LA solution que nous privilégions en ville à la nuit tombée lorsqu’aucun bistrot n’a eu la bonne idée d’ouvrir dans les 500 mètres à la ronde. Encore faut-il faire attention de ne pas faire pipi sur ses jolis escarpins en cuir de veau bois de rose non encore imperméabilisées. Encore faut-il vérifier avant qu’il n’y ait personne DANS la voiture derrière laquelle on se planque à la hâte…

5)   In a dark desert Highway…

Lorsque l’on fait tomber une tartine par terre, chacun sait qu’elle tombera fatalement du côté de la confiture. Idem pour le pipi urgent d’une fille au bord de la route. Ainsi, le bord de route archi désert où pas même le diable y planterait sa fourche ( « c’est bon je peux y aller, y’a pas un chat… ») deviendra comme par magie la Nationale 7 sitôt que tu te retrouveras toutes fesses dehors. C’est à croire qu’on paye des automobilistes pour ça! Bon à savoir en cas de panne….

 

6)   Le rhabillage en urgence :

L’entre-deux voitures ou le bord de route exigent une grande rapidité, mais aussi de l’ORGANISATION selon les vêtements que l’on porte. C’est du moins ce que tu apprends à tes dépends lorsqu’une autre femme s’approche discrètement de toi pour te dire un peu gênée que ta jupe est entièrement coincée dans tes collants (!!!), trente minutes après les faits, sachant que tu as traversé toute une rue piétonne et que tu es allée chercher tes enfants à l’école dans cette tenue…

 

7)   La plage :

Ne vous demandez plus messieurs pourquoi les femmes ont plus d’aptitudes à aller se baigner dans une eau à 16°. Elle ne sont pas plus courageuses non non. C’est juste qu’elles n’ont parfois pas le choix, contrairement à vous 😉 Mais bon, ça raffermit les chairs, parait-il…

 

En conclusion…

Souvent, lorsque j’ai affaire à une pimbèche, une femme autoritaire, sèche ou revêche, je ne peux m’empêcher de me raviser en pensant qu’elle aussi, un jour, s’est retrouvée dans une situation humiliante, alors que si elle avait été un homme, sa mémoire n’aurait pas gardé la moindre trace de ce moment.

 

« To pee or not to pee, that is NOT the question,

 

The question is: To pee NOW but WHERE THE FUCK???souvent, lorsque j’ai à faire à une pimbèche, une femme autoritaire, sèche ou revêche, je ne peux m’empêcher de me raviser en pensant qu’elle aussi, un jour, s’est retrouvée dans une situation humiliante, alors que si elle avait été un homme, sa mémoire n’aurait pas gardé la moindre trace de ce moment.

 

Isn’t it sista 😉

 

Alors PARLONS-EN!!!!!!!!

Afida Turner, « une hôte presque pas refaite »…

afida turner

Elle est chevaline, elle a la voix et les intonations d’une Amanda Lear à qui l’on aurait greffé un noyau d’avocat sous le palais, mais inutile de vérifier à sa croupe si elle provient du même haras. Afida Turner est encore plus inqualifiable que son aînée blonde. En témoigne sa récente participation à Un dîner presque parfait, émission familiale désormais phare de « la petite chaîne qui monte », qui monte comme la bêbête dans l’entre-jambe d’une vieille prostituée portoricaine en manque d’hygiène, apparemment. Vous voyez de qui je veux parler ?! J’ai regardé l’émission avec force attention, et je vous en livre aujourd’hui le miellat. Attention, expérience…

 

Fake me I’m famous

Tantôt filmée avec 4 ados boutonneux qui la kiffent à mort, tantôt buvant du Champagne chez son coiffeur (qui le pauvre, croit vraiment se faire de la pub en reconnaissant publiquement que la Scarole hystéro qui pose à ses côtés est une de ses clientes…) l’émission débute sous le signe du raffinement.

La caméra nous emmène ensuite à l’entrée d’un immeuble Haussmannien cossu. L’ex Leslie Mess et actuelle Afida Turner nous reçoit en micro-robe en skaï  -à moins que ce ne fût un débardeur- et talons de Drag Queen pailletés, dans un appartement rempli de vieux livres et d’antiquités, en annonçant : « Voilà mon petit logis parisien ! » On y croirait presque dis !

Elle nous fait ensuite visiter les lieux, tantôt avec surprise, surtout quand elle croise un miroir, tantôt sur un ton de châtelaine, mi Lady Chatterley, mi Lady Chattounette, présentant un lustre chandelier « ayant appartenu je crois à Sissi l’Impératrice, ou une reine en tout cas ».

Bref, « M’dame Turner » -comme l’appellera élégamment son épicière avec un accent Titi parigot semblant sortir d’un film de Jeunet- place l’Art du FAKE, de  la Contrefaçon, de l’Imposture, à un niveau supérieur. Exactement comme Dieudonné avec l’humour. Et l’on ressent quasiment le même malaise. Surenchère 10ème degré ? Vraie mythomanie pathologique ? Où est le vrai du faux ? Est-elle vraiment le dindon farci à la sauce fécale dont seul M6 a le secret ? Ou est-elle consciente de cette parodie d’elle-même ?

Car Dame Turner, qui ne contrôle pas grand chose de ses mots et gestes, démontre une volonté acharnée de nous faire croire qu’elle maîtrise tout. C’est ainsi que l’on apprendra qu’il faut qu’un burger soit complètement cramé d’un côté (et la cuisine à moitié brûlée) pour que le vrai American Hamburger soit réussi. Idem lorsqu’elle cache les tâches de sa nappe du dîner de la veille en y superposant un drapeau américain pour le brunch du lendemain, qu’elle sert des œufs de lompe en annonçant que c’est du caviar à des convives pas dupes du tout, ou quand elle met un couvert de trop, puis compte jusqu’à six sur ses doigts griffus, et lance que c’est « fait exprès pour l’esprit qui va peut-être venir.. », le sien perhaps, Ouuuuuhhhhhh….

 

L’entrecuisse de Jupiter

Si la voix off feint, en se gaussant, de nous présenter Afida comme une Star (Je cite : « Elle marche sur les traces de son illustre belle-mère, Tina Turner »), ce n’est que pour mieux habiller de ridicule les images de la tigresse, qui classieuse, cite Jeanne Mas – en rouge et noir j’oublierai ma peur…, et nous donne divers aperçus de sa culotte, en levant la jambe continuellement, devant l’innocente Pleïade joliment reliée qui lui fait face et n’a rien demandé. Elle exhibera donc son « petit chez elle » une bonne huitaine de fois, car il faut savoir qu’à chaque fois qu’Afida, vêtue à ras la vulve, croise une surface plane, elle a le réflexe de s’y allonger – lit, sofa, table basse, banc, table de salon- et de lever la jambe SYSTÉMATIQUEMENT : réflexe de préservation ? Geste de superstition ? Souci de nerf sciatique ? Le mystère plane encore…

Si la voix off feint, en se gaussant, de nous présenter Afida comme une Star (Je cite : « Elle marche sur les traces de son illustre belle-mère, Tina Turner »), ce n’est que pour mieux habiller de ridicule les images de la tigresse

M6, facétieuse, sait choisir ses proies…

Un dîner Vieilles Pies :

J’aime la cuisine généreuse, nous dit M’dame Turner pendant qu’elle prépare, hystérique et cambrée en diable sur ses talons de 15 centimètres, un dîner justement intitulé « Diaboliquement Moi ». Culinairement parlant, on apprendra que les faux ongles taillés en pointes s’avèrent finalement pratiques pour piquer et vérifier la cuisson de « l’Innocent sacrifié », le gigot, même si une de ses griffes noir et or restera plantée dans la bête. Mais qu’importe, Afida en possède neuf autres qui lui serviront à malaxer avec sadisme de la viande hachée bien grasse, et les gros plans caméra sur les ongles farcis de notre hôte, ou sur ses pieds endoloris qu’elle soulagera dans le bac à légumes du frigo, finiront de nous mettre en appétit.

Mais le clou le mieux planté de la soirée fut sans nul doute LA MISE À LA PORTE D’UNE INVITÉE PAR NOTRE HÔTE DE CHARME, une première dans l’émission ! On avait bien saisi d’entrée de jeu que Djamila, 35 ans, ne pouvait pas piffrer notre VIP, et c’est avec la condescendance en sautoir qu’elle tentait de l’égratigner verbalement. Qu’importe, Afida, masquée à la Eyes Wild Shut, prétextera « l’Animation de  la soirée », au milieu du dîner, pour lui demander de la suivre, lui remettra un carton vide en guise de présent et lui claquera la porte au nez, sans avoir oublié de lui lancer un très cordial et distingué : Je vous remercie d’être passée Darling ! 

 

Les phrases culte :

Afida Chez la manucure :

Chui fatiguée en ce moment parce que je me suis cassé encore un ongle, alors tu sais c’que j’ai besoin… Non, c’est quoi tu veux ???

 

Les convives débrieffant l’atelier manucure :

Henri, gentleman, improvisé manucure pour Kitty, 45 ans… Hey, chui en tran d’te rénover hein !

Henri, il a pas trop débordé, il a bien limé, il m’a pas fait mal. Dira Kitty qui finalement en redemande.

 

Afida et la déco :

Le noir, c’est pour le diabolique, et puis c’est BON le noir : c’est aussi l’espoir, la finesse, l’énergie, dans le positif bien évidemment. Cela va sans dire…

 

Voilà l’endroit où j’écris, et où je lis ce que j’écris …. No comment…

Mon dessert aux fruits rouges IRA en adéquation avec la couleur de la nappe. Mais pas avec celle du Bescherelles…

 

Je change d’avis 2 fois par jour, comme je change de culotte. Et dire que je connais des gens qui changent encore plus souvent d’avis…

 

Oooooommmm … C’est vraiment un endroit où je médite, sur le trône. On est quand même soulagés de la découvrir sur un banc d’église du XVIIIème siècle, même la jambe en l’air.

 

 

Postface

Afida Turner est, je le rappelle, est une adulte tuée dans l’oeuf par la vision de sa mère assassinant son bourreau de père, et que l’on a jetée en pâture aux  journaleux des marécages. Depuis, via la presse people, on se régale de savoir qu’elle s’est faite virée du tapis rouge à Cannes (alors que DSK y est accepté…) ou qu’elle galère, outre-Atlantique, avec des hommes rappelant un tantinet son paternel (Mike Tyson ou Rony Turner, fils d’Ike l’uppercut…) tout en feignant de vivre « l’American dream » lorsqu’elle est conviée sur les plateaux parisiens. Bon, depuis Loana, on avait compris que cela se fait, apparemment, d’exhiber des gens malheureux, délirants ou inconsistants afin de rassurer le téléspectateur sur sa médiocre condition. Ce qui m’a frappée en réalité, ce sont surtout les commentaires des internautes les jours qui ont suivi la diffusion. Car la mise à la porte de ladite Djamila a véritablement déchaîné les passions. Sous les nombreux articles relayant les images de l’émission s’étalaient des leçons de bonne tenue, des opinions divergentes et passionnées, des insultes, des disputes virtuelles entre supporters d’Afida ou de Djamila par centaines…

Cette folie furieuse m’a ramenée à un texte datant de 1932, d’un auteur britannique excessivement visionnaire, qui traite de la manipulation des peuples par les élites à travers la diffusion quasi exclusive de programmes ne faisant appel à aucun approfondissement, et à remplir, toujours REMPLIR leur temps de fakes, et d’images d’images de tristes clowns ou de monstres de foire mis pour exemple ou contre-exemple.

« L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. (…) Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. On diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. (…)

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.(…) »

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. » Aldous Huxler, Le meilleur des mondes.

La stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des pb importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. Stratégie également indispensables pr empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans le domaine de la science, de l’économie, de la psychologie. Loin des pb sociaux, captivés par des sujets sans importance réelle.

Tout l’équipe du G8 vous souhaite une bonne année 2014!

La télé-réalité a cela en commun avec la pornographie qu’elle émousse la réflexion, l’imagination et le libre-arbitre de ceux qui n’ont pas d’autre modèle, et encourage le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire et inculte, bref, à se complaire dans la médiocrité. d’autant que le rêve de faire un jour « le buzz » a enfoncé le clou chez les nouvelles générations. On nous diffuse massivement des « clashes » qui trop souvent sont préfabriqués, et encore plus chez les politiques, qui au bout du compte, finissent par manger à la même table. Car la conscience politique a été elle-aussi remplacée par la Politique-Réalité. On regarde, tel un arbitre assoiffé, des gens s’étriper en direct pour notre bien, et l’on ne retient rien de l’ignominie du fond, et encore moins du dénivellement qui ronge les sociétés. Car ce que l’on retient, c’est QUI a mouché l’autre, QUI a porté l’estocade. IL ou ELLE? Et NOUS dans tout ça? On « vote utile », comme on nous a bien dit de le faire. Voter utile? Utile pour QUI?

Et si l’on pensait un peu à NOUS, à nos enfants, et ce que l’on va bien pouvoir leur léguer? Si l’on résistait à la putasserie dans laquelle on veut que nous nous roulions pour nous occuper un peu de NOS intérêts, ça donnerait quoi?

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Et si l’on s’indignait???La stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des pb importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

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Estelle Bee.

 

 

Miss France 2014: Foucault la Fripouille au Pays des Rêves

La plus grande surprise de la soirée fut pour moi l’attitude un poil familière de notre très politiquement correct Jean-Pierre Foucault, parfois même à la limite de la grivoiserie.Cette année encore j’ai salement sacrifié un samedi soir pour vous relater à ma façon les tribulations de Jean-Pierre Foucault, de Sylvie Tellier et des 33 brebis laquées Saint Algue lors de la « prestigieuse cérémonie » de l’élection de Miss France 2014. D’autant que cette année j’avais l’âme en peine du fait de la démission d’Alain le Tripoteur de la présidence du jury, surnom implicitement confirmé par l’anecdote de Marine Lorphelin qui nous confia lors d’un petit reportage, que Tonton Alain lui aurait susurré dans l’oreille, à la seconde-même de son sacre : « Ne pleure pas, t’es trop belle, tu mérites, ouuuiiii tu mérites… ». fin de citation. Mais voilà, comme vous le savez, la balance d’Alain finit par pencher extrêmement à droite, du côté de Marine la Blonde, laissant la Brune orpheline, et certainement un peu traumatisée.

Toutefois cette année, trois grands axes se dégageaient de cette soirée dont le thème était « la magie du conte de fée » Mais la magie retomba légèrement lorsque le rideau s’ouvrit, et que Jean-Pierre Foucault s’exclama :

« BOOON-SOOOOIR DIJOOOON !!!!!!! » Et pourtant j’adore la moutarde à l’ancienne.

 

1)   La sensualité

Cette année la pouliche de compétition semblait faire corps avec les éléments, comme pour remercier Dame Nature de sa générosité à son égard. En tout cas, c’est ce qui ressortit des portraits en image des candidates :

Miss Roussillon par exemple, qui déambulait dans des jardins en caressant les buissons et les fleurs, crut judicieux de confier à la caméra qu’elle était « pour ainsi dire, née à cheval », image effrayante qui du faire resserrer les jambes de bon nombre de femmes ayant connu une césarienne en urgence.

Miss Guyane, plus coquine, semblait préférer le contact rugueux de l’écorce des arbres qu’elle frôlait avec érotisme, tandis que Miss Tahiti reniflait avec un naturel sans pareille une fleur de Tiarée, à moitié allongée sur un cocotier penché.

Miss Midi Pyrénées, en mini robe rouge, fit monter la température d’un cran en frôlant avec sensualité des feuilles de vignes, tandis que Miss Provence, rude compétitrice, se mît carrément à tâter de sa blanche main de lourdes grappes bien mûres gorgées de soleil. Mention spéciale pour Miss Poitou-Charente, pas rancunière, louant le ciel de sa terre natale en se promenant sur une berge, une délicate ombrelle à la main, par un temps archi dégueulasse.

Même les prénoms des jeunes filles étaient en symbiose avec leurs éléments naturels comme c’était le cas pour Flora, ou Vanille alias Miss Guyane. Je supposai même un instant que Miss Rhône Alpes se prénommait Rosette et Miss Pas de Calais Maroilles.

 

2)   Le naturel

Pour parfaire ces tableaux, la production crut bon de rajouter quelques petites touches de naturel et de spontanéité, en réaction sans doute au fiasco des récitations mal apprises de l’an dernier. Et en terme d’image, on sentait clairement la volonté de montrer les jeunes filles naturellement belles et sans artifices, des nanas like us donc. Quelle française ne s’est donc pas reconnue en la personne de Miss Aquitaine déambulant, gracile, dans les caillasses perchée sur des talons aiguilles ? Quelle fille lambda ne s’est pas retrouvée, à l’instar de Miss Tahiti ou de Miss Corse, à s’enfoncer lamentablement dans le sable avec bonne humeur sur des plates-formes en osier de 14 centimètres, en parlant avec émerveillement de ses projets de vie ? Hein qui ? En tout cas pas moi. Et quelle virtuose n’a jamais joué de la clarinette au fin fond d’un bois en plein cœur du Limousin bordel???!

Quelle fille lambda ne s’est pas retrouvée, à l’instar de Miss Tahiti ou de Miss Corse, à s’enfoncer lamentablement dans le sable avec bonne humeur sur des plates-formes en osier de 14 centimètres, en parlant avec émerveillement de ses projets de vie ? Hein qui ?

D’ailleurs, cette année, la prod s’est donné pour mission de trouver une passion à chaque candidate, ce qui n’a pas du être de tout repos si l’on en croit les images d’une spontanéité inouïe. A commencer par une « fervente danseuse de salsa » qui semblait bien embêtée avec son corps, et qui maladroitement s’essayait à cette diablerie de musique -sûrement jamais entendue avant- avec la grâce d’un coton-tige. Idem pour la Zumba sur une autre pauvre victime. Egalement beaucoup de sportives cette année : une basketteuse toute voûtée, malhabile et mollassone, avec gros plan sur un panier réussi, mais curieusement la joueuse avait disparu du champ de la caméra, mince alors ! Idem pour une « joueuse de badminton » mal à l’aise qui regardait le volant avec l’air de se dire : « Mais elle est OÙ la balle ? », ou d’une nageuse confirmée dans le bassin d’une piscine municipale, bonnet de rigueur sur la tête mais Smocky Eye de soirée IM-PEC-CA-BLE s’il vous plait !

Concernant les esthètes, on découvrira une Miss Pays de Loire « passionnée de Déco » en train de caresser des nappes et dérouler des toiles cirées avec une concentration impressionnante. Mais ma préférée reste encore Miss Provence –la tâteuse de grappes- improvisée peintre, un art qui la « déstresse ». Un magnifique travelling sur elle, debout en mini jupe, bouche gourmande et talons compensés, devant un chevalet sur la place pavée d’un village provençal, et un pinceau à la main, nous en dira long sur le quotidien de cette jolie blonde. Mais le cameraman, apparemment tête en l’air, ne filmera que le dos du chevalet et RIEN de l’œuvre de notre Frida Kahlo en herbe, même pas une toile déjà achevée ne nous sera révélée, par pudeur peut-être…

 

3)   Les Private Jokes loupées de Jean-Pierre Foucault :

La plus grande surprise de la soirée fut pour moi l’attitude un poil familière de notre très politiquement correct Jean-Pierre Foucault, parfois même à la limite de la grivoiserie.

En témoigne le clin d’œil qu’il fit à « l’humoriste » Titoff, qui avait revêtu pour l’occasion l’impartialité et le sérieux d’un membre du jury et soulignait donc la poésie du tableau auquel il venait d’assister (les 1001 nuits) :

 

« Eh, z’êtes sûr qu’il y a que la poésie que vous regardiez hein???!!! », phrase à la fin de laquelle il ne manquait plus qu’un « Mon salaud » pour que la forme colle parfaitement avec le fond. Le pire dans l’histoire étant l’habile façon dont Titoff se tira de cette question piège en précisant qu’il « prenait son rôle très au sérieux », laissant ainsi le pauvre Foucault tout seul dans sa tentative de boutade complice, et finalement dans son caca.

 

Même tentative loupée de Private Joke avec d’autres membres du jury, Jean-Pierre Pernaud et son épouse Nathalie Marquay, qui fut d’ailleurs Miss France il y a 27 ans et c’est justement l’âge qu’on lui donne… 27 ans.

« Eh, chère Nathalie, c’est la 2ème fois que vous vous retrouvez dans ce rôle, mais jcrois bien que vous n’aviez pas vu grand chose du spectacle assise à côté de Jean-Pierre Pernaud la dernière fois nan ?!! »

Un ange passa et Nathalie esquiva la boutade avec pudeur –elle qui avait pourtant dépeint avec détail ses premiers ébats sur le sol avec son époux dans son autobiographie- ce qui finit de faire passer l’outrecuidant J.P.F pour un type qui revient de la fête de la bière de Munich.

Même tentative loupée de Private Joke avec d’autres membres du jury, Jean-Pierre Pernaud et son épouse Nathalie Marquay, qui fut d’ailleurs Miss France il y a 27 ans et c’est justement l’âge qu’on lui donne… 27 ans.

Il ne manquait plus qu’il lance à la pudibonde Sylvie Tellier, très enceinte pour l’occasion un :

« Ben alors ma coquine ? On s’est faite encore engrossée ??!!! » pour que son rôle de gueux soit tenu à la perfection, mais il s’abstint malheureusement.

 

Il poussa toutefois à la faute le Président du jury, Garou, lorsqu’il lui demanda pourquoi il avait accepté de tenir cette haute fonction. Ce à quoi le chanteur répondit :

« On m’avait fait confiance pour juger à l’aveugle dans The Voice, mais ce soir on a bien été obligé de me débander pour l’occasion ».

Et même si le québécois fit un geste en direction de ses yeux, on ne put que remarquer que le verbe débander avait déjà percuté l’esprit tordu de sa jury de voisine, Elodie Frégé, qui explosa de rire et obligea le caméraman à se détourner de la table d’honneur avec empressement.

 

Mais cela aurait pu être pire : Foucault aurait pu lui demander des nouvelles de ses gosses… (comprenne qui pourra)

 

Bon, vous connaissez la suite hein : des candidates qui appellent à voter pour le téléthon, à donner pour les Philippines (« pour faire de leur vie un rêve » sic), qui parlent justement d’accomplir ses rêves  ou de  terre d’inspiration  en costume traditionnel régional, comme Christian Clavier récita naguère Prévert en string léopard dans Les Bronzés. Des accoutrements qui donnent à la chanson de Maxime le Forestier « Né quelque part » tout son sens : a-t-on les mêmes chances d’être élue quand on est Miss Alsace avec un énorme Bretzel sur la tête, Miss Languedoc avec une ignoble coiffe fermée qui rendrait la burka presque érotique, ou quand on danse le Tamouré le nombril à l’air ?

La seule probabilité parfaite, l’absolue certitude de tous ces faux-semblants, lisses et ouatés étant qu’à la fin, la nature reprendra ses droits, et que la  gagnante se retrouvera comme toujours avec la couronne de travers 😀

 

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir, et parce que mourir, c’est dangereux pour la santé,

.miss france vache

Estelle Bee.

Ce bref Instant où j’ai aimé le foot

Ce moment si fragile, si éphémère, où le sportif, le guerrier extenué oublie, pendant cinq petites minutes qu’il va toucher le Jack Pot.Pareille à une geisha qui se prépare à l’amour, méticuleusement, je vérifie mes placards en vue de la soirée tant attendue : Chips à l’ancienne ok, tarama ok, toasts ok, mini saucisses ok, olives ok, pop corn ok, soda ok. Je suis donc PRÊTE, tout mon être se languit, et tous mes sens se bousculent dans une incroyable fission atomique, j’en salive d’avance. Car ce soir c’est LE Grand Soir, le soir où le voyeur sadique devant 11 chaises électriques assiste enfin à l’exécution en règle des kékés de l’Equipe de France et de tous les grands pontes, sponsors et hauts administrés qui leur ont donné ce sentiment d’impunité 4 années durant. Et là, devant le gibet, je prendrai mon pied en me disant : « Et dire qu’ils comptaient faire grève ces cons!!!! »

 

Ce soir, c’est le soir où la Nature reprend ses droits, où le Sport démontre qu’il est plus fort que l’Argent à millions, ce fric outrancier aussi efficace que Léon le Nettoyeur, qui permet de passer au détergeant ou à l’acide les bavures morales et les dégueulis verbaux les plus résistants. Ce fric à lui seul soigne les maladies les plus graves comme le syndrome de la Tourette qui frappa naguère les délicieux Anelka, Ribéry et Nasri entre autres victimes sans défense.

 

20h52 : le plan général du cameraman sur le stade de France m’abasourdit littéralement. Car l’IMMENSE FERVEUR des supporters m’amène à penser qu’ils n’ont pas du voir le match aller… Et surtout qu’ils n’ont pas eu vent des comportements détestables des joueurs depuis quatre années. Qu’ils ne savent rien des incivilités, de l’irrespect – d’autant moins pardonnable qu’il frappa les supporters-, des rixes indignes de ce qu’ils représentent, de leurs « grèves » outrageantes et inacceptables, de leur exil fiscal systématique…

Mais voilà ce que je vois : du bleu, blanc, rouge absolument partout, répartis selon de scrupuleux axes de symétrie, des chants puissants étrangement justes et à l’unisson. Et surtout une Energie Supérieure qui traverse l’écran. Je reçois ces vibrations d’espoir en plein poitrail, et l’énergie de tous ces gens qui y croient encore, dans la débâcle et la laideur du système, me fait le même effet, je vous jure, que celle qui me transperça la première fois que je visitai Notre Dame de Paris, lieu quand même foutrement chargé de siècles d’ardeurs et de fanatisme. A ce moment-là, je pense à Karl Marx, je me dis que le Foot est le nouvel Opium du peuple.

 

Car l’opium (et je le sais depuis que je me suis pété le coccyx l’an dernier 😉 ) est un puissant-antidouleur. Je me dis alors qu’il n’est pas impossible que les gens se ruent dans les stades pour, eux aussi, oublier un capitalisme sans élasthanne et bien trop tendu qui leur fait terriblement mal au cul crâne.

 

Et à cette idée, je retrouve tant bien que mal mon cynisme originel et je fais fi de l’émotion qui m’a traversée juste avant. La domination des bleus sur le terrain m’agace, et les deux premiers buts me donnent des acidités gastriques.

 

Pourtant, la deuxième mi-temps s’ouvre à nouveau sur un plan panoramique du stade plein à craquer. Et à nouveau, je ressens l’Espoir incommensurable de toutes ces personnes, qui pour la plupart, se sont littéralement saignées aux quatre veines pour venir assister à ce match. J’imagine la galère du covoiturage, de la nuit entière serrés comme des sardines dans un car aux accoudoirs défectueux, de la promiscuité dans l’Etap Hotel, du RER B… Ce que je perçois dépasse même la simple espérance. Car depuis le but de Benzema (le 2ème donc), on a, si je puis dire,  dépassé un stade : les supporters n’ESPERENT plus le miracle, ILS S’Y ATTENDENT tout simplement,  et c’est ce qui fait toute la différence. Et à ce moment-là, personnellement, je m’y attends aussi, et avec un début de sourire.

les supporters n’espèrent plus le miracle, ils s’y attendent tout simplement. Et à ce moment-là, personnellement, je m’y attends aussi, et avec un début de sourire.

Vous connaissez bien évidemment la suite… ! Et pour ma part, le « Et un, et deux, et trois zéro !!! » qui résonne après le troisième but me renvoie avec exactitude à mes 20 piges, ce qui finit donc par me rendre totalement perméable à la liesse générale. Et au coup de sifflet final, je suis transportée par l’incroyable triomphe de la Ferveur sur la Morosité.

Je regarde même avec sympathie les joueurs, ivres de joie, qui se montent les uns sur les autres comme des lapinous. Je me surprends même à trouver Evra pas si moche, alors que depuis qu’il avait souhaité « retrouver la taupe » (qui avait déterré le magistral « sale fils de pute » d’Anelka à Domenech) au lieu de faire un mea culpa public, je lui avais souhaité bien souvent de périr salement étouffé dans son vomi.

 

Je réalise qu’à ce moment TRES précis, on est pile poil dans l’’INSTANT T. Ce moment si fragile, si éphémère, où le sportif, le guerrier extenué oublie, pendant cinq petites minutes qu’il va toucher le Jack Pot. Il oublie qu’il va tout rafler pour ne rien laisser ou presque à ses concurrents, qui pourtant n’ont pas démérité. Il oublie qu’il ne saura plus quoi faire de son argent par la suite tellement il sera pété de thunes, et qu’il sera du coup fortement sensible aux propositions de juteux placements que lui auront proposé quelques démarcheurs suisses très discrets. SIMPLEMENT IL VIT. Il vit juste sa victoire dans la plus grande Sincérité de son âme de sportif. Il vit ce moment orgasmique où le bonheur est si fort qu’il est presque douloureux. Il est son enfant intérieur, il est ce mec qui peut-être a cottoyé la misère, ou simplement la galère. Il est un homme qui a vaincu, il EST ce qu’il exprime, sans voile et sans filet. Il est BEAU dans sa victoire, même Ribéry… Et je savoure ce moment comme on scrute une éclipse solaire.

 

Pourtant, je ne sais pas pourquoi, mais l’un de ces joueurs restera plus longtemps que les autres dans un état second, puisque l’on entendra Ribéry en personne -qui rappelons-le n’est pas forcément le mieux câblé de tous- répondre aux journalistes que l’équipe de France devait « sa victoire aux supporters » (ce qui ma rappelé qu’il fallait toujours profiter de l’orgasme de son partenaire pour lui demander s’il nous aime).

Francky a vu très juste à ce moment-là, parce que tous ceux qui ont daigné voir ce match pourront affirmer que les Bleus ont été littéralement portés par des supporters à l’ardeur colossale.

J’espèrent que ces petits mecs toniques en bleu, qui ont hier soir touché du doigt le ciel de Rio et son Christ Corcovado, se rappelleront, au moment de transférer la majorité de leurs capitaux sur quelques îles paradisiaques ou au pays de Ricola, que cet argent, ils l’arrachent aussi à ceux qui leur ont permis d’être là où ils sont. Que cet argent, il doit circuler là où il a été rendu palpable. Que cet argent, il servira aussi à la collectivité, une notion qu’ils connaissent bien sur le terrain, mais qu’ils oublient dans la vraie vie. Que cet argent, ils le dérobent à ceux qui toutes les semaines s’accroupissent chez Carrouf pour choisir leurs boîtes de conserves, mais les suivent dans les stades comme un chien derrière son maître, avec l’Amour de ce sport en bandoulière, et par extension, l’Amour de ses protagonistes. Oui j’espère qu’ils n’oublieront pas cela, et que cette idée viendra les percuter à d ‘autres moments qu’à l’Instant T.

J’ESPERE tout ça bien sûr, même si au lieu d’espérer, je préfèrerais M’Y ATTENDRE.

 

Ouvrons l’oeil…J’espèrent que ces petits mecs toniques en bleu, qui ont hier soir touché du doigt le ciel de Rio et son Christ Corcovado, se rappelleront, au moment de transférer la majorité de leurs capitaux sur quelques îles paradisiaques ou au pays de Ricola, que cet argent, ils l’arrachent aussi à ceux qui leur ont permis d’être là où ils sont.

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Estelle Bee.

 

Les 10 trucs que vous ne pensiez JAMAIS faire en devenant parents… Et pourtant…

Allez à un concert de Tchoupi

Vous avez lu tout Dolto, tout Laurence Pernoud, tout Bridget Jones, et avez écouté les anecdotes de Marcel Rufo tel un enfant à qui l’on chante Petit Papa Noël. Vous avez suivi une psychanalyse afin d’apprendre à vous connaître et mieux appréhender vos démons. Vous êtes quasiment Docteur ès Communication Non Violente. Du coup vous ne pouvez souffrir, au resto, qu’une mère digne de ce nom puisse coller un Blédichef assassin au fruit de ses entrailles, ou qu’un papa gâteau puisse bruyamment réprimer son rejeton sans même s’accroupir pour se mettre à sa hauteur ! Vous vous sentez parfaitement hermétique à la médiocrité parentale et à l’éducation bricolage. Et quand votre tour arrive de passer le flambeau, vous devinez déjà au plus profond de vous la symbiose parfaite avec votre petit être en formation, vous vous sentez infiniment prêt(e), et SAVEZ que JAMAIS il ne vous arrivera À VOUS de :

 

1)   LUI COLLER UNE TETINE DANS LA BOUCHE pour accorder un tant soit peu de répit à vos tympans/ mamelons au bord du suicide. Ça vous disiez « Moi jamais » en toisant vos amis fraîchement esclaves parents céder à cette diablerie de tototte. Pourtant, vous ne rêvez pas : vous êtes encore à la clinique que vous vous surprenez à laisser des messages tantôt implorants, tantôt castrateurs –le sommant de se rendre à la pharmacie la plus proche pour acquérir cette putain de sucette – sur le répondeur de Chouchou qui « manifestement n’est pas disponible pour le moment, mais ne tardera pas de vous recontacter après que vous ayez laissé vos coordonnées, BIIIIIIIIP !!!! » (FUCK YOUR BLOODY MOTHER !)

 

2)   RENIFLER SA COUCHE au resto comme un phacochère en mal d’amour, et bien sûr devant tout le monde, pour savoir si elle est garnie ou non, et si vous allez devoir momentanément abandonner votre fondant 3 chocolats pour vous occuper du sien…

 

3)   Regarder Les Maternelles sur France 5 l’œil humide, en acquiesçant d’un air compatissant, l’air de « celui/celle qui SAIT » devant les témoignages de jeunes mamans asthéniques qui frisent (dans l’ordre) la schizophrénie, l’abstinence, le divorce/ dépacsage, l’anorexie/boulimie, ou qui frisent tout court d’ailleurs, n’ayant plus du tout le temps de se faire un brush digne de ce nom.

 

4)   Le coller devant les dessins-animés AVANT ses trois ans : LA solution miracle pour prendre sa petite douche sans trop de stress, hurlements ou affres de l’agonie rappelant la brillantissime prestation de Marion Cotillard dans BATMAN  (voir ci-dessous),  et essayer de se faire une tête présentable pour ne pas effrayer ses collègues de boulot.

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5)   DISCUTER EN TOUTE DÉCONTRACTION DE VOTRE ACCOUCHEMENT, épisiotomie, césarienne , de votre périnée, et/ou de la couleur du caca de votre progéniture avec d’autres mamans que vous connaissez depuis à peine 10 minutes, à la sortie de la crèche ou au jardin d’enfants.

 

6)   DÎNER À 18h50 car vous savez bien qu’après avoir donné le bain, nourri, raconté l’histoire des trois petits cochons et chanté trois berceuses à votre petit être, que vous n’aurez plus le courage de vous préparer un dîner décent à vous, parents. Après tout, les pâtes alphabet-jambon haché c’est toujours mieux  qu’une baguette de pain et des Pepitos dévorés à la sauvage comme pour se venger de l’épuisement du lot de tâches quotidiennes. Et en plus, cela vous permet de partager un moment « convivial » avec Chucky.

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7)   FAIRE L’ACQUISITION D’IGNOOOOOBLES PARE-SOLEIL Dora l’exploratrice, Cars, ou pire encore cette mocheté d’Hello Kitty que vous avez toujours considérée comme LA faute de goût du millénaire, juste après les blazers à épaulettes. Mais malheureusement, Agatha Ruiz de la Prada n’ayant pas encore lancé de collection d’accessoires auto, vous vous retrouvez comme tout le monde chez Feu Vert, hésitant entre Dora/ Cars ou des pare-soleil tous noirs qui ferons de vous d’abominables personnes immatures qui renient leur parentalité, et par extension leur petit enfant innocent. Eh oui, le sentiment de culpabilité auto-infligé est le meilleur ami du jeune parent !

 

8)   LUI FAIRE DU CHANTAGE. Exemple : lui promettre un Kinder Surprise s’il daigne embrasser la vieille tante malodorante sosie de Skelettor sans dire BEURK. Et s’il hésite au dernier moment en s’approchant de la vieille femme à barbe au halo fétide, lui brandir discrètement l’œuf sacré en lui faisant un clin d’œil du coin de la pièce pour l’encourager dans sa vaillante démarche. (On précisera qu’évidemment, vous devrez souffrir qu’il s’essuie frénétiquement le visage après cette épreuve, l’en empêcher ferait de vous une mauvaise personne et l’obligerait à suivre une thérapie de 12 ans.)

 

9)    Aller voir Tchoupi en concert. Se souvenir de cette même salle de concert où vous pogotiez naguère dans la fosse sur les grincements des guitares et des mélodieux « Fuck oooooff » du chanteur de Rage against the Machine, ou que vous vous brûliez les doigts sur votre incandescent briquet Cricket en vagissant des « Lenny I want your body !!!!!! » au concert de Monsieur Kravitz. Sauf que dans ce même lieu de débauche passée, mais à une heure moins tardive -14h30- vous vous retrouvez pris(e) au piège, les conduits auditifs épilés par les braillements stridents et assassins de centaines de Gremlins apparemment sous acides, au milieu d’autres parents qui comme vous, ont cédé à la tentation du Malin, et s’épuisent à porter Choupinou/nette sur les épaules – à cause de l’éternel grand type assis juste devant- au son des chants de TCHOUPIIIIII et DOUDOOOOU, qui comme vous le savez sont RIIIIIIGOLO-OH COMME TOUT !!!!

 

10)  Déposer  l’ange béni des dieux chez Mamie pour un week-end décompression. Evidemment, en culpabilisant bieeeeen comme il faut. Puis, une fois dans la voiture, sentir … Sentir que le nœud que vous aviez dans la poitrine se délie doucement… Augmenter le volume de l’auto-radio… Et sentir… Sentir ce petit vent de liberté qui vous prend au corps et s’empare même de votre âme… Ne plus vous contenir… Et vous mettre à chanter, hurler, toutes vitres ouvertes « JE JE SUIS LIBERTINEEEUH, JE SUIS UNE CATIN !!!! » Eh oui, vous étiez sur Radio Noooooos – taaaaaal – giiiiiiie !!!!!!!

 

Parce qu’il ne faut jamais perdre de vue, que l’on soit psychologue ou pas, pédagogue ou pas, que dans la vie, il y a la Théorie ET la Pratique,

 

Et parce qu’encore une fois, mieux vaut en rire qu’en mourir 😉

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Parce qu’il ne faut jamais perdre de vue, que l’on soit psychologue ou pas, pédagogue ou pas, que dans la vie, il y a la Théorie ET la Pratique,

Réponse: peut-être parce qu’ils n’existent pas, Patate…!

Estelle Bee.

I need a hamster!!!

Mais lorsque nous arrivâmes sur le lieu des agapes, JE LES VIS : Les jeunes cadres dynamiques femelles. Tenues moulantes exclusivement noires, avec grilles d’aération –résilles ou voiles – là où le regard masculin est susceptible de s’arrêter le plus souvent, montées sur stilettos ou bottes vertigineuses. Effluves de santal, cuir et patchouli, bijou arrivant pile poil sur le décolleté (ça alors !?), et yeux diaboliquement noircis, ce qui me fit penser que Stanley Kubrick aurait pu leur proposer un rôle de figurante dans Eyes wild shut 2, et qu’il serait mort une deuxième fois d’une crise cardiaque. Dans ma ville il y a désormais un nouveau quartier, le quartier d’Affaires. Et quand on déambule entre les tours de verre, slalomant entre les jeunes cadres qui prennent leur pause cloppe, il n’est pas rare d’entendre prononcer sur un ton des plus naturels:

« Le week-end dernier j’étais en total burn out, rapport à mon boss qui m’a overbookée ».

Ce qui revient à dire – je le précise pour les fromages à pâte molle ou les gens très âgés – qu’en fin de semaine dernière j’étais épuisée et à deux doigts d’égorger mon patron façon Agneau pascal (ou Aïd El-Kébir) vu qu’il me prend pour Conchita.

Alors bien sûr, on comprend mieux la deuxième formule. Mais avez-vous remarqué qu’elle est tout de même moins sexy? Et surtout, c’est deux fois plus long à dire !

Il faut dire que les anglo-saxons n’ont pas l’habitude d’aller dans la nuance comme nous. Eux, ils sont proactifs. Les américains ont du rattraper le vieux continent, des siècles et des siècles d’existence, en trois battements de cils, et ils ont donc été obligés d’aller droit au but, créer avant de penser. Ou presque… C’est comme quand on se réveille en retard le matin; soit on part de chez soi en pyjama, on est à l’heure pour l’action mais on a l’air con. Soit on prend le temps de se faire tout beau, mais  l’on constate en arrivant au bureau qu’un type en pyjama rayé a pris notre place.

C’est pourquoi la mondialisation via le capitalisme – remplacé depuis quelque temps par le doux euphémisme « libéralisme »- a changé notre façon de travailler, mais aussi notre langage. On est au top, on va droit au but, et on emploie des phrases à ce point DOPÉES D’ANGLICISMES qu’elles feraient passer Lance Amstrong pour un petit buveur de Red Bull (ou un type qui a marché sur la lune, c’est selon.) Il est certain que ce dopage à l’anglais induit aujourd’hui une notion de dynamisme et de modernité.

Ainsi, lorsqu’on parle de débriefing à la première heure, on imagine on grand bureau ovale qui réfléchit façon miroir, encerclé de jeunes cadres beaux, fashion et en forme, à qui une secrétaire canon sert café, thé et viennoiseries.

Alors que son équivalent « réunion de compte rendu » renvoie à une autre époque. On imagine une salle toute décrépie dans laquelle on est obligé de tout déménager pour faire une table en U, avec des gens qui portent des pulls torsadés, des Clarks, et pour les dames, des chouchous en velours dans les cheveux.

 

Mais les jeunes cadres dynamiques qui ne communiquent qu’en anglicismes sont-ils aussi parfaits et stylés qu’ils en ont l’air ? Sont-ils aussi sûrs d’eux qu’on le croit ? Et enfin parlent-ils aussi bien anglais qu’on le pense ?

 

C’est la question que je me posais avant d’accompagner mon petit ami d’alors à un dîner business. Je compris immédiatement, lorsqu’il me décrivit les personnes qui composeraient le repas qu’il pressentait comme « très sympa », que ce n’était pas le genre d’animaux que l’on trouve à la SPA, mais plutôt dans la jungle ou dans les marécages d’Amérique du sud.

Je compris aussi qu’il fallait que je joue mon rôle de faire valoir au poil près – façon de parler hein, je n’ai pas compté mes poils – en étant absolument sublaïme, comme le diraient Cristina Cordula, et sa sihouette en H. J’optai pour un petit look Chic Bohème travaillé mais super frais avec coiffé décoiffé plutôt pas mal et yeux de biche. Mais lorsque nous arrivâmes sur le lieu des agapes, JE LES VIS : Les jeunes cadres dynamiques femelles. Tenues moulantes exclusivement NOIRES, avec grilles d’aération –résilles ou voiles – là où le regard masculin est susceptible de s’arrêter le plus souvent, montées sur stilettos ou bottes vertigineuses. Effluves de santal, cuir et patchouli, bijou arrivant pile poil sur le décolleté (ça alors !?), et yeux diaboliquement noircis, ce qui me fit penser que Stanley Kubrick aurait pu leur proposer un rôle de figurante dans Eyes wild shut 2, et qu’il serait mort une deuxième fois d’une crise cardiaque.

Et pendant que j’essayais d’imaginer les deux panthères avec un masque emplumé, l’idée absolument horrible qu’à côté d’elles je ressemblais à Belle des Champs me traversa l’esprit. En conséquence, la chanson de la pub – Ouiii donne-nous un peu de ton fromage Belle des Champs… ! – me hanta toute la soirée et j’eus beaucoup de mal à me concentrer à cause de cela. Elles n’étaient pas spécialement belles, mais elles dégageaient des phéromones bien explicites… Côté masculin, c’était assez classique et dynamique. Et côté ramage, ce fut le paradis des anglicismes !

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Le lobbying des messieurs se frottait à l’aquabike –régime sans selle- de Mesdames, le glamour se prenait la tête avec le brainstorming, et le self-control s’envoyait en l’air avec … du Côtes-Rotie bien de chez nous ! Je commençais à me dire que oui, ces gens-là possédaient une assurance en granit. Surtout quand je voyais l’aigle noir en Louboutin poser sa main sur l’avant bras de mon homme en disant, à quinze centimètres de son visage, des trucs comme : « Ah chui complètement d’accord ! Aujourd’hui n’importe quel outsider qui fait du dumping, même avec un packaging complètement cheap peut s’imposer dans le global leadership »  J’avais la sensation que les anglicismes renforçaient son pouvoir de séduction (j’allais écrire sex appeal ). Mon sang bouillait. Alors, j’eus besoin d’une transfusion d’urgence, et grâce au sang du Christ je survécus. J’aurais moi aussi voulu intervenir et montrer à quel point je peux être intéressante, mais je ne possédais pas les codes nécessaires à cela. Moi je n’ai en ma possession que le kit de survie qui se résume en deux phrases : « Hello. I’d like to try these shoes please », phrase que chaque femme respectable sait dire dans toutes les langues et surtout en italien, et « Daddy ! Where is my umbrella ? », ce qui est un peu short quand même.

 

Mais si les jeunes cadres dynamiques sont des ascètes pendant la journée, il faut savoir qu’ils ne boivent pas que de l’eau la nuit tombée. Et comme les vampires ils se transforment. Sauf qu’eux reprennent forme humaine, peuvent même être amusants et avoir de drôles d’idées. Comme celle de finir la soirée dans un bar karaoké… Et la musique fût.

Entre deux chansons massacrées, un DJ mettait des morceaux pour bouger. Ainsi ma copine en noir se mit à se déhancher sur Hot Stuff de Donna Summer alors que nous étions tous assis. Ainsi, c’était officiel, tout le monde la reluquait, y compris mon homme. J’enfonçai mes ongles dans mon fauteuil, quand tout à coup Alleluia, le miracle se produisit ! Je me rendis compte que la demoiselle chantait en… yaourt. Je dirais même en yaourt 0%, parce qu’au refrain j’entendis bien distinctement  I NEED A HAMSTER  (j’ai envie d’un hamster) au lieu de I NEED A HOT STUFF  ( j’ai envie d’un truc bouillant) cinq ou six fois d’affilée !

Lorsque Guesch Patti se rassit, un membre de l’assemblée lui avoua, entre gloussements sournois et rires diaboliques, combien nous étions fascinés par l’amour qu’elle vouait à nos amis les rongeurs, et il fallut qu’il explicite clairement le fond de sa pensée pour qu’elle comprenne enfin sa méprise pendant que nous nous tenions tous les côtes.Et là, le démon s’empara de mon âme. Je me mis à cafter la boulette à toute la table. Tout le monde riait à gorge déployée, en faisant semblant d’encourager la miss avec le pouce levé en l’air, pour qu’elle en fasse encore plus, et qu’on puisse se moquer encore davantage de sa pauvre carcasse… Et moi je jubilais dans ma vengeance, méchante fille que je suis.

Lorsque Guesch Patti se rassit enfin, un membre de l’assemblée lui avoua, entre gloussements sournois et rires diaboliques, combien nous étions fascinés par l’amour qu’elle vouait à nos amis les rongeurs, et il fallut qu’il explicite clairement le fond de sa pensée pour qu’elle comprenne enfin sa méprise pendant que nous nous tenions tous les côtes.

A ces mots, l’impensable se matérialisa. Elle fondit en larmes. Et entre deux sanglots, elle se mit à nous confier, ses petits yeux de panda pleins de larmes, combien elle se trouvait nulle et se sentait seule, parce qu’à cause de son boulot chronophage, elle n’avait pas de temps pour sa vie sentimentale. Ni pour se cultiver non plus, enfin c’est ce que j’ai imaginé. Deux autres personnes suivirent dans les confidences, et nous finîmes la soirée à écouter le récit de leur existence à peine supportable.

 

Ce soir-là j’ai compris que par la force des choses, cette fille, reflet de beaucoup d’autres avait été mondialisée, lobotomisée puis robotisée. Et qu’on l’avait programmée pour parler, séduire, convaincre, et écraser l’autre. Ne pas cheminer. Ne pas creuser. Juste faire du fric. Du fric elle en a. Mais elle n’est riche de rien. Juste être au top. Pour mieux se jeter dans le vide. Elle sait animer une réunion en anglais, Powerpoint à l’appui, mais elle ne sait pas demander son chemin dans la même langue. Ni comprendre des chansons. Elle ne fait même pas le rapprochement d’ailleurs. Alors, ses phrases ampoulées d’anglicismes ne constituent qu’un vernis, à l’instar de sa séduction agressive, très fast sex, pour masquer un vide intersidéral. Et moi, soudain, je me suis sentie coupable. D’être plus heureuse, et d’avoir jugé sans creuser, comme une dinde, ou comme un gros beauf qui arriverait au boulot en pyjama parce qu’on lui a mis des œillères.

Ce soir-là j’ai compris que par la force des choses, cette fille, reflet de beaucoup d’autres avait été mondialisée, lobotomisée puis robotisée. Et qu’on l’avait programmée pour parler, séduire, convaincre, et écraser l’autre. Ne pas cheminer. Ne pas creuser. Juste faire du fric. Du fric elle en a. Mais elle n’est riche de rien. Juste être au top. Pour mieux se jeter dans le vide. Elle sait animer une réunion en anglais, Powerpoint à l’appui, mais elle ne sait pas demander son chemin dans la même langue. Ni comprendre des chansons.

Et si l’on s’indignait ?

 

Estelle B.

Le « vote sanction », ou le jour où je me suis sentie Ghandi…

Je tourne ma tête vers ce que je suppose être l’objet de son mépris, et là, derrière la vitre du Starbucks rutilant aux notes agréablement jazzy, se tient une femme que j’imagine roumaine –mais après tout qu’en sais-je- assise par terre. Une fillette de 3 ou 4 ans l’accompagne. Comme tous les enfants de son âge, elle ne parvient pas à rester sans bouger. Alors, sa mère la rappelle à l’ordre énergiquement.

 

Starbucks, vendredi 27 septembre 14h,

 

Je croyais que le port d’armes était interdit au Starbucks depuis une dizaine de jours. Néanmoins elle parle si fort que je suis obligée de me boucher l’oreille droite pour tenter de finir de rédiger mon article sur (il n’y a pas de hasard) les voix stridentes des femmes politiques. Très vite, je remarque, mi intriguée, mi dégoûtée, qu’elle s’arrache les cheveux un à un toutes les minutes environ, et les jette à terre violemment, avec une régularité de geste métronomique. Et elle doit en être à son 30ème, puisqu’à côté de mes jolies chaussures beiges à cinq lanières -mes préférées- git déjà une petite touffe châtain, grrrrrr…  Elle ne laisse quasiment pas de silences, comme si elle sortait d’une longue frustration argumentaire, ou d’une séance de bondage, why not…  Elle est mince, la quarantaine trépassée, veste en tweed, et l’on pourrait croire, à la voir parler de trois quarts, qu’elle s’apprête à avaler la tête de son interlocutrice. Et surtout, elle a LA HAINE, LA VRAIE.

 

L’objet de son abjection : Hollande, les étrangers, et les casseurs de riches.

 

           « C’est pas pour dire que Sarkozy était mieux (C’est toujours très instructif  ces débuts de phrases), mais par exemple, lui, il a officialisé son union avec Carla Bruni. Et elle au moins, elle était toujours bien mise, coiffée, respectable quoi ! Mais alors vous avez vu Valérie Trierweiller ! Elle a les seins qui ballotent, et elle suinte tellement elle est grasse !

 

–       Et elle est toujours mariée à son ex en plus… (ce qui, après vérification s’avère amplement faux) Et après, ils critiquaient tous Carla à cause de tous ses ex amants…

 

Les deux femmes se vouvoient. Elles viennent en fait de sympathiser autour du thème En France, on n’aime pas les riches.

 

–       On nous culpabilise de gagner de l’argent ! Oui, je gagne assez bien ma vie parce que je m’en suis donné les moyens, pas comme eux là, enfin, tu vois de qui je veux parler… 

 

En prononçant ces mots, elle avance son menton vers sa gauche, qui se trouve être ma droite, ce qui, politiquement parlant, prend d’ailleurs tout son sens. Je tourne ma tête vers ce que je suppose être l’objet de son mépris, et là, derrière la vitre du Starbucks rutilant aux notes agréablement jazzy, se tient une femme que j’imagine roumaine –mais après tout qu’en sais-je- assise par terre. Une fillette de 3 ou 4 ans l’accompagne. Comme tous les enfants de son âge, elle ne parvient pas à rester sans bouger. Alors, sa mère la rappelle à l’ordre énergiquement.

 

–       Le problème en France, c’est qu’on paye pour tous ceux-là !!! Les aides sociales, les logements, la santé… Ils sont prioritaires sur tout !!! Après, les médecins, ils peuvent plus prendre de nouveaux patients tellement ils sont nombreux…

 

–       Ben oui, Hollande, il a visé l’électorat étranger, (puis se rendant compte de l’erreur sémantique), enfin, je veux dire tous ces gens qui sont français sans l’être. Alors moi c’est décidé, pour 2017, ça sera un Vote Sanction ! Oh hein, ça va, on peut plus se permettre d’être un pays d’accueil. Nous, on bosse, et on se fait écraser par les charges et les impôts alors qu’eux

 

Elle me regarde en disant ces mots, comme pour me prendre à témoin… Je sens qu’elle recherche un auditoire, dans ma direction… Puis poursuit élégamment :

 

–       MOI, JE TE LES METTRAIS TOUS DANS DES CHARTERS : roumains, polonais, arabes, musulmans quoi

 

A cet instant, j’ai envie de lui jeter de l’eau bénite en ordonnant fermement au malin: Véronique Genest, sors de ce corps trop frêle pour toi !!! Mais l’idée de ressembler à Christine Boutin au beau milieu de fans de Mylène Farmer m’en dissuade aussitôt.

 

De l’autre côté, la fillette colle ses petites mains toutes sales sur la vitre. Elle me regarde avec ses grands yeux noirs espiègles et profonds. A ce moment-là, c’est con à dire, mais mon cœur, il pourrait exploser. Je lui souris, puis je cache ma tête derrière le faux sac de café en toile de jute estampillé « Coffee beans ». Ensuite, je ressurgis pour la surprendre, et elle rit, moi aussi. Pendant 5 minutes, on se cache à tour de rôle. Mais ce qui trouble la perfection de cet instant, ce sont les phrases de ma voisine qui m’arrivent en vrac : Moi, les femmes voilées, j’en vois dans mon boulot, ben vous savez quoi, je ne les regarde même pas ! Moi, j’ai pas honte de le dire, même si économiquement elle tient soit disant pas la route, je voterai Marine en 2017. Parce que c’est logique : une fois que tu as viré tous ceux qui profitent des aides, la fiscalité, elle sera allégée !

 

En disant cela, elle se tourne vers moi, je sens dans ses yeux qu’elle cherche l’approbation d’une 3ème grue qu’elle croit être moi, vu que ma tenue vestimentaire, ma blancheur, et la présence de mon ordinateur sur la table doit indiquer que je fais partie de ces français respectables et bosseurs qui payent pour les autres.

Elle est sensible aux discours logiques, chiffrés : prendre –ou plutôt cesser de donner- aux uns, pour octroyer aux autres. Rayer de la carte absolument TOUS les immigrés et leurs rejetons, pour que les français pure souche retrouvent un pouvoir d’achat. Elle a beau tenir un discours haineux, elle m’inspire néanmoins de l’empathie. Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés que je me désarme… Je me dis que sa déception, sa frustration et sa souffrance sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés… Sa déception, sa frustration et sa colère sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

Parce que les candidats politiques, pareils à des médecins charlatans, ont pour habitude de diagnostiquer les maladies qui les arrangent, pour mieux nous endormir à coup de Lexomils théoriques. Elle ignore que dans l’hexagone, 10% des richesses se trouvent entre les mains de 0,001% de la population, que l’arabe du coin n’est pour rien dans le fait que toutes les multinationales rachètent tout ce qui fleurit joliment en France, pour mieux délocaliser ou fermer au moindre coup de fatigue. Et ce n’est pas tout ce qu’elle ignore :

 

             –Ils ne respectent rien, c’est comme si moi j’allais au Maroc (ce qui est peu probable, pas besoin de toute façon, tu vas sur la Canebière, et tu y es… ), et que je portais une croix pour provoquer les gens là-bas. Non mais franchement ! Ils aiment provoquer c’est tout !

 

            – Non, mais faudrait revenir à une monarchie et pis ça s’rait réglé. Se hasarde son interlocutrice qui apparemment, n’est pas informée de l’existence du roi du Maroc. L’autre non plus vraisemblablement.

 

A ces mots, je sors mon trousseau de clés de voiture, celui où j’ai accroché le porte-clé rouge en forme de main de Fatma qu’une amie m’a ramené de son voyage en Algérie, et je le pose sur la table, en guise d’exutoire. Car en fait, je me retiens d’intervenir… Soudain, je décide de mettre de côté mon cassage de Duflot et Taubira pour écrire, à la place, absolument tout ce que j’entends là.

 

Au moment où la plus virulente des deux se lève pour partir, elle me regarde à nouveau, en disant à son interlocutrice, suffisamment fort pour que j’entende, comme pour se justifier :

 

–       C’est peut-être franc du collier ce que je dis là, mais en tout cas, c’est la vérité, et si jamais y’a une révolution, je serai la première à descendre dans la rue ! 

 

Et se tournant vers moi :

 

–     Au fait pardon, vous étiez en train de travailler… On a du vous déranger…

 

–       Au contraire, c’était très instructif. Moi aussi, Madame, si jamais une révolution éclatait, je serais une des premières à descendre, et je vous donnerais la main. (son visage s’illumine). Je vous donnerais la main, à vous, et à Abdelkrim pour qu’ensemble, nous réclamions une refonte totale de ce système politique qui divise pour mieux régner. Car pendant que nous cherchons avec avidité ce que les autres ont de plus que nous, nous oublions de voir les choses d’en-haut. Alors voyez, Madame, j’ai de la tristesse à entendre ce que vous dites, parce qu’au final, je parie fort que ce ne sont pas vos mots à vous, mais j’entends votre souffrance qui est bien réelle. Alors, je vous donnerais la main quand même, et si je vous voyais pleurer, je pense que je vous consolerais sincèrement (En fait c’est moi qui suis à deux doigts de craquer, alors je me tourne vers la vitre) : regardez Madame, vous aussi, naguère, avez eu un visage et une âme d’enfant. Réfléchissez-y…

 

–       Je ne suis pas un monstre vous savez. Je bosse dans le social. Je gagne ma vie, et j’ai des fins de mois difficiles. (ses traits changent sensiblement)

 

–       Mais je n’en doute pas. C’est pour cette raison que je me suis permise de vous dire cela. Ne vous faites pas avoir, la vie est bien trop courte… Bonne fin de journée… !

 

–       A vous aussi, merci. Elle recouvre visage humain et sort.

 

Comme dans un hasard parfait, la petite fille toute brune colle ses petites mains sur la vitre. Je fais semblant de les lui attraper, pour la voir sourire. Sa mère se tourne, et sans me regarder, par pudeur, l’oblige à se rassoir sur le trottoir.

 

A ce moment-là, je me suis souvenue d’une phrase de Nicolas Sarkozy (si si !) au cours de son dernier débat face à François Hollande. Il appelait tous les électeurs du FN à voter pour lui, tentative de séduction qu’il justifiait en ces mots :

 

« Parce que, voyez-vous, je ne me bouche pas le nez, moi, je m’adresse aussi à ces gens !!! »

 

Je n’étais pas sensible à ses idées politiques (lartdeleuphemisme.com), mais pourtant, j’étais d’accord avec cette idée. Parce qu’il me semble que mis à part quelques vieux tyrannosaures, les votants FN ne sont pas foncièrement racistes. Ils sont juste souffrants et influençables, parce que souffrants… Ils sont souvent assez peu cultivés et donc sensibles aux morceaux de bravoures qui sonnent juste, mathématiquement parlant, admiratifs devant l’intelligence cartésienne. La diabolisation du FN aura un jour raison des autres idéologies.

Je me prends à rêver qu’un jour, l’intelligence émotionnelle d’un leader nouveau doté d’une vraie aura vienne élever notre conscience citoyenne à un niveau supérieur. Que l’on descende tous malmener le pavé d’un pas décidé, pour réclamer des destitutions, des dissolutions, et des solutions.

 

Je pense que sans ce petit visage innocent derrière la vitre, je n’aurais jamais été capable de me retenir d’agresser verbalement la dame à la veste en Tweed, dont l’ADN git à mes pieds.

 

Je pense aussi que sans la dame à la veste en Tweed, et c’est bien malheureux, je n’aurais jamais osé dire au primeur du coin, un vieil homme maghrébin à qui j’ai acheté des fruits entreposés dans de beaux paniers d’osier, que son magasin était fort joli. Et pourtant, ce n’était pas la première fois que j’y entrais.

 

Ce jour-là, je me suis sentie une espèce de Ghandi.

 

Et à ceux qui penseraient que je ne suis qu’une petite conne de plus qui délivre des messages du genre « Le racisme, c’est pas bien », je répondrais que oui, sûrement… Mais pas que.

 

 

Puisque cela arrange les politiques que l’on s’entretue tous, je me pose donc cette simple question :

 

Pourquoi ne pas s’indigner… tous ?

 

Elle a beau tenir un discours haineux, elle m’inspire néanmoins de l’empathie. Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés… Sa déception, sa frustration et sa colère sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

 

Estelle Bee.