Category Archives: Philosophie Des Piqûres

LE BREXIT, ÇA M’EXCITE…

le brexit, ça m'excite...

Voilà, c’est fini. Et apparemment, la nouvelle surprend tout le monde. Est-il donc si extraordinaire qu’un peuple décide pour lui-même, et non pas pour le marché mondial? Est-il si illusoire de penser qu’une des plus grandes puissances du Vieux Monde ne trouve pas ses intérêts et son bonheur individuel à jouer à la gueguerre capitaliste avec le Nouveau Monde et la Chine? Est-il si insensé que des gens comme nous, des étudiants, des bosseurs, des parents, des vies de chair et d’os quoi, puissent exprimer leur sentiment d’être maltraités, d’être asphyxiés par la pression de ce corset aux fils de fer que l’on serre toujours plus pour les astreindre à un régime qui va à l’encontre de leur nature?

Et bien moi, au milieu de ce marasme hypocrite, de ce catastrophisme surjoué façon Sarah Bernard qui vise à diviser en semant la terreur, pour mieux régner, comme toujours, je l’avoue, je l’affirme, me le susurre pour moi-même, et finalement, le régurgite, le clame, le crie, l’exulte:

LE BREXIT, OUIIIIIIIIII, ÇA M’EXCITE!!!!!!!!!

 

Mais ça m’excite à un point, vous ne pouvez imaginer…

Tout d’abord, ça m’excite de googleliser le mot BREXIT et que le premier lien qui me soit présenté soit celui du Figaro qui titre que les bourses s’effondrent désespérément. Que voulez-vous, on ne peut rien contre la loi de la pesanteur. Je me demande même quel bruit ça fait, des bourses qui s’effondrent. Le grincement sourd du Titanic qui sombre? Tiens, faudra que je fasse un crochet par une maison de retraite pour enquêter sur le sujet…

Car ce qui m’excite, voyez-vous, c’est d’imaginer les banquiers, les traders, les courtiers en costard Armani en train de vociférer, suintant comme des taureaux camarguais en pleine manade, les muscles saillants, le bulbe éreinté, afin de rattraper in extremis toutes les bourses dégringolantes qui ne réagissent plus au Viagra libre-échangiste dicté par l’Europe. Je peux percevoir l’excitation engendrée par la peur, stimuli ambigus mêlant Eros et Thanatos dans une ultime étreinte avant la mise à mort. C’est un peu le réflexe physiologique du pendu, le même que celui qui fait rage chez nos agriculteurs que Bruxelles assassine par ses normes absurdes. Pauvres soldats de la City, pions de dirigeants irresponsables, eux qui étaient déjà en burn out, les voilà à présent affublés d’un burnes down. Herk, pas beau à voir.

Burn out burn down

Ce qui m’excite aussi, c’est de m’assoir sur mon canap’, et de mater à la télévision tous ces pauvres clowns tristes de politicards avec leur bouche en cul de poule façon José Garcia imitant Cindy Crawford, qui expectorent de fausses excuses de fraternité visant à écorcher l’affect des téléspectateurs. Bla bla bla les anglais ne nous aiment plus, et bla bla bla, nous sommes tous frères dans cette Europe utopique qui nous unit, sur un air de Hill the world qui ferait bondir Mickaël Jackson hors de son cercueil en alu, alors qu’ils n’en ont rien à carrer de nous depuis le départ. Et ce qui m’excite, c’est de penser que je ne suis pas la seule à leur adresser un majeur tendu, tranquille sur mon sofa, en sirotant une limonade.

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Car ce qui m’excite, c’est de les voir s’enfoncer dans leurs bobards, dans un contexte social qui les confond l’un après l’autre. Mais aujourd’hui, ils persistent et signent à la pointe de leur dernier sursaut de pendu, que l’Europe, telle qu’elle est conçue, est une chance, alors que la Loi du Travail est une demande de Bruxelles qui affecte TOUS les pays européens. Mais depuis des mois, on se garde bien de nous diffuser les images des mouvements contestataires voisins qui pourtant font rage. Dis donc, il a des limites, le libre-échange!!! Au contraire, l’on se régale à manipuler les faits de rue pour faire du pays de Charlie l’état le plus policé, pendant que les polissons éructent que l’on fait la part belle au FN, alors qu’en réalité, ils font TOUT pour se retrouver face à l’extrême droite au deuxième tour, pour être sûrs de gagner façon Chirac.

 

Oui, le Brexit, ça m’excite! La seule idée de mettre des taules en chaîne en déposant mon érotique X de BREXIT sur Lettre compte triple lors de mes futures soirées Scrabble m’émoustillait déjà beaucoup. Mais le fait de m’imaginer tous ces vendus de politiciens perdre leurs cheveux par touffes (sauf Juppé qui en perdra peut-être ses poils d’oreilles) en se disant que merde, ces cons abreuvés de désinformation et de football prennent quand même le chemin des urnes, me donne envie d’aller embrasser l’Angleterre qui a compris qu’on a pourri notre Europe, et qu’elle est juste un prétexte pour jeter un voile terne sur nos libertés et acquis sociaux pour ne faire prospérer que quelques gros poissons.

Le Brexit, ça m’excite tellement que j’ai des envies bizarres et soudaines de me siffler des pintes de Guinness, moi qui ai horreur de la bière, de boulotter des maquereaux à la framboise, de déposer une gerbe sur le pont de l’Alma, bordel!!! De regarder des films mièvres avec Hugh Grant, de faire l’amour dans un cottage, d’adopter un putain de Yorkshire qui aboie tout le temps comme un con, de m’empiffrer de Jelly tremblotante comme les fesses de Kim Kardashian, de boire du Whisky dégueu et de déposer, après tous ces mélanges, un autre type de gerbe au pied du parlement européen en attendant notre référendum à nous, en mai 2017!!! Putain, mais qu’est-ce qui m’arrive???

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dis-moi combien tu m'aimes

Oui le Brexit, ça m’excite, et je t’emmerde!

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Parce qu’ils nous ont volé notre Europe, indignons-nous!!!

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Estelle Bee.

 

 

 

 

Loi El Komhri : la feuille de salade entre les dents du gouvernement.

Loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

C’est un de ces instants incommodants de la vie où vous êtes le seul à ignorer que vous êtes franchement ridicule. Pire encore, en sortant de chez vous, vous pensiez que vous aviez tout bon : la bonne cravate, le sourire ultra bright, la bonne énergie, l’haleine fraîche, la bonne couleur de rouge à lèvres, la bonne adresse… Mais voilà… Vous aviez négligé un infime détail qui a causé votre disgrâce, et vous a, pour le coup, donné envie de vous terrer dans un ashram à Pondichéry pour les trente prochaines années.

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Le problème par l’exemple

Imaginez ce jeune cadre dynamique qui, en sortant de l’entretien d’embauche de ses rêves, réalise devant le miroir des toilettes qu’une crotte de nez de la taille d’une feuille de bananier (séchée) vient de sceller le sort de ses ambitions les plus chères,

C’est aussi ce jeune homme timide qui vient enfin de se décider à envoyer ce sms qu’il a modifié 83 fois à cette brunette qu’il a croisée lors d’un stage. Mais au bout de trois interminables jours sans réponse, il réalise qu’il a triomphalement achevé son texto d’une grosse baise. Juste un « a » de trop…

C’est cette étudiante sûre d’elle –et entre autres, ce fut moi- qui arpente les couloirs de l’immense université d’un pas décidé, afin de prétendre à une bourse au mérite auprès du directeur adjoint, et qu’une parfaite inconnue prévient discrètement que l’intégralité de sa jupe est coincée dans ses collants, derrière, alors que trois bonnes heures se sont écoulées depuis le dernier repoudrage de nez

C’est aussi cette pétulante quadra pleine d’humour qui foirera ce rendez-vous avec cet homme à peine plus jeune qu’elle, rencontré sur horlogebiologique.com, puisque ce dernier n’aura pas été capable de se projeter au-delà de la feuille de scarole qui dissimulait son incisive droite, alors qu’elle se livrait généreusement à lui.

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Je repensai subitement à ces instants burlesques en écoutant Madame El Komhri affirmer qu’une loi du travail qui allongeait les journées de labeur des salariés était infiniment pourvoyeuse de nouveaux emplois. Je l’écoutais, patiemment, jusqu’à l’insupportable, essayer de nous démontrer que – si, si !- on pouvait transvider un litre dans une bouteille de 75 centilitres.

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Elle faisait d’ailleurs entendre que ceux qui pensaient le contraire possédaient une âme d’un autre temps, et qu’en somme, nous étions tous des Godefroid de Montmirail atterrés devant l’incontournable modernité qu’elle incarne, elle, avec tous ces bouffons au cœur laid que nous avons eu le malheur d’élire, parce que nous sommes profondément gentils, et que les gentils ne s’attendent pas toujours à se faire sodomiser à sec trahir par ceux à qui ils ont fait la courte échelle.

Car Madame la ministre croyait elle aussi avoir tout bon au départ. Après s’être pliée au sempiternel relooking, ponçage et vernissage de langue de bois de rigueur, elle accédait au ministère toute pimpante et certaine, elle aussi, d’avoir tous les bons réglages. 

Mais voilà, les mouvements sociaux de Nuit Debout et les grèves en série commencèrent à mettre en lumière cette petite feuille de roquette récalcitrante qui entachait sa personne, jusqu’à ce que l’on en vienne à ne voir plus que cela en elle. Et la petite feuille de roquette devint finalement sa synecdoque, c’est à dire, (pour toi, futur bachelier !), sa partie pour son tout.

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La solution

Lorsque nous avons une feuille de salade entre/ sur les dents, il est hélas rare de s’en apercevoir seul. C’est souvent une tierce personne qui nous en informe discrètement après que d’autres timides témoins n’aient pas osé nous en faire part.

Et lorsque l’information nous parvient, que faisons-nous en général ? Nous remercions notre sauveur et nous précipitons dans les toilettes pour retirer la souillure et nous laver de l’infamie.

Mais Madame El Komhri, elle, se doit de garder jalousement sa feuille de laitue afin de ne pas agacer Manu et Manu. Elle est, autrement dit, obligée de COMPOSER, avec plus ou moins de talent.

Alors, si vous aussi vous vous retrouvez un jour affublé(e) d’une verte feuille mi-cuite sur les chicots, ne prenez pas la peine de corriger le tir, jouez là plutôt comme Tante Myriam en trois temps :

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  1. Le déni :

Technique illusionniste inventée par Magritte, le « ceci n’est pas une pipe », sorte de « chéri, c’est pas ce que tu crois » du mari volage surpris en train de trousser sa proche collaboratrice sur la console de l’entrée du foyer est LE réflexe primaire de celui qui est censé courir se cacher dans un trou de souris, mais, pour une quelconque raison, décide de rester et de prendre –en plus- les autres pour des cons. Ainsi, tout comme Madame El Komhri le fit en soutenant mordicus que son projet de loi n’asservissait pas les salariés –bien au contraire !- vous prendrez le parti de conserver l’horrible souillure en affirmant que non, non, ceci n’est pas une salade, mais une simple illusion d’optique.

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loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

  1. C’est çui qui dit qui est :

Sorte de Cékikapété d’élève de CE2 ne pouvant déguerpir de sa salle de classe, le « C’est çui qui dit qui est » est une technique manipulatoire de duel visant à écraser l’autre pour réchapper à une situation : par exemple, faire diffuser en boucle des scènes de violence anti-flics afin de dissimuler une féroce politique de répression de mouvements sociaux pas très catholique… Ainsi, il vous suffira juste de décoincer votre feuille de laitue et de l’enfoncer violemment dans les gencives de votre adversaire.

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  1. La condescendance :

Mode d’expression consistant à faire passer les autres pour de gros has been, un peu à la manière d’une Cristina Cordula « Mais ma chériiiiie, ce n’est PAS POS-SIBLE !!! ». C’est ce dont Tante Myriam use et abuse ces derniers temps en se faisant passer pour une modeuse de la politique d’un pays qui se trimballe des blazers à épaulettes, des T-shirts Waïkiki et des big moustaches d’un autre temps. Car elle a la solution miracle pour nous relooker : vider nos placards de force, et faire brûler toutes nos frusques sur le bûcher du progrès. En d’autres termes, sourire à pleines dents, exhiber son infâme reste de midi, et se gausser des gens qui ont les dents brossées. Risqué, mais efficace sur ceux qui n’ont pas le moindre amour propre.

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  1. Parler pour les autres :

En désespoir de cause, vous pourrez toujours dire à votre interlocuteur qu’il est LE SEUL – ou très minoritaire- à penser qu’avoir une feuille de laitue coincée entre les dents soit moche, et que la part silencieuse de la société ne dit mot parce qu’elle consent…

Heureusement que les personnalités politiques sont là pour nous donner des leçons de sauvetage des situations les plus désespérées avec une grande dignité…

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N’oublions pas que le prochain brossage de dents est prévu pour 2017, et que chacun d’entre nous est un poil sur la brosse…

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Contre la destruction massive de nos derniers acquis sociaux, pour notre bonheur individuel et nos libertés, indignons-nous !

.loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

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Estelle Bee.

Les seniors, délinquants des hypermarchés

les seniors, délinquants des hypermarchés.

Parler de délinquance fait vendre. Parler de délinquance fait voter. Surtout les retraités, d’ailleurs. Car la notion de délinquance nous renvoie machinalement l’image de jeunes ères à capuche estampillés Nike la police qui dealent au pied d’un immeuble, en s’explosant les tympans à grands coups de Lacrim ou de Booba, qui aujourd’hui, est très loin d’être un ourson recueilli par un petit indien doté d’un fort accent belge. Le délinquant, c’est en définitive, ce jeune mal éduqué qui arrache le sac à main des petites mamies à la sortie des cimetières, et constitue donc, une menace pour la société.

Pourtant aujourd’hui, j’ai décidé de lancer une missive contre cette délinquance insidieuse dont on ne parle jamais, et qui pourtant fait rage au quotidien. Contrairement à celui de Hollande 2012, mon ennemi à moi a un visage, un nom, et malheureusement, il se présente même parfois à des élections. Son visage est fort ridé, ses cheveux sont souvent gris, absents, ou aubergine, il sent l’eau de Cologne Mont-Saint-Michel, et il achète du Polident (je suis, je suis ???????) Je parle bien sûr du délinquant senior.

Bien entendu, j’entendrai le terme de « délinquant » au sens large, étant donné que si le senior, perfide, commet des forfaits qui nuisent à autrui, ils sont par contre rarement répréhensibles par la loi.

À cette règle ne se rapporte qu’une seule exception : le délinquant de la route sénile. Celui qui prend l’autoroute en sens inverse, te grille la priorité en sifflotant du Trenet, ou t’arrache un rétro avant de te faire la leçon, puisqu’il conduit depuis 1949, et n’a pas de conseil à recevoir du jeune con que tu es, toi, puisque tu dois le respect le plus totalitaire à ton aïeul de presque 90 piges.

Un peu profiler, le délinquant – ou kaïra- senior choisit scrupuleusement sa victime, et parvient toujours à retourner la situation à son avantage, puisqu’en théorie, il est forcément le plus vulnérable. Pire encore, il sévit parfois en bande organisée.

Ainsi, il choisira toujours de faire ses petites commissions au moment où tu fais tes grosses courses –et non l’inverse, herk- et que tu n’as qu’une petite heure pour cela, entre midi et une heure par exemple. En substance, il exhibera son grand âge d’une façon des plus ostentatoires (très look at the rides) : il feindra de ne pouvoir lire une date de péremption, te demandera de te baisser pour te saisir de ses boudoirs premier prix, ou souhaitera que tu lui précises si son bon d’achat Herta fonctionne sur du jambon Fleury Michon. Enfin, le vieux casse-couilles gentil retraité ne s’arrêtera pas là. Car au moment où tu croiras l’avoir semé, derrière toi il réapparaîtra. Au passage en caisse. Et c’est pile poil à l’instant où il te demandera si tu aurais la gentillesse de bien vouloir le laisser passer, puisqu’il n’a que 11 articles, et que toi, tu as un caddy bourré façon Renaud (le chanteur, pas la bagnole) qu’il te portera l’estocade. En l’espace de quelques secondes, un bordel sans nom s’emparera de ta tête : être à l’heure pour la réunion/ putain, mais il n’est pas censé mater Jean-Luc Reichman à la téloche, le vioque/ non, mais, elle veut pas que je lui paye ses courses aussi, la vieille morue mamie ? Durant ce temps de réflexion, le senior délinquant simulera le chagrin, l’abattement, voire un début de malaise, pendant que l’ensemble de la file d’attente ainsi que la caissière te lanceront des regards réprobateurs qui auront raison de ton statut de travailleur/euse qui se dépêche de retourner turbiner pour lui payer sa foutue retraite, ainsi que de ton libre-arbitre. Évidemment, le délinquant senior paiera ses commissions par chèque, et mettra cinq ou six bonnes minutes à dégager le plancher, dans le meilleur des cas. Car dans le pire des cas, il se sera trompé de caisse, puisque celle-ci ne prend que les cartes de crédit. Cette méprise sera sans doute volontaire : il souhaitera, en réalité, se mettre à l’affût d’une autre victime innocente dont il ne fera qu’une bouchée.

Le plan du délinquant senior des hypermarchés est hyper bien ficelé : si tu acceptes le deal de le faire passer, il est gagnant. Si tu refuses, il n’est pas perdant, car, en réalité, il a tout son temps, lui. Et dans la bataille, il parvient à te faire passer, toi, jeune actif, pour une véritable raclure de bidet. Ainsi, le délinquant senior parviendra à te pourrir le reste de la journée car tu n’auras de cesse de te demander -à juste titre- s’il n’a pas fait exprès de garnir son filet de 11 articles, juste un de trop pour la caisse rapide.

Après avoir vécu plusieurs fois cette expérience, tu ne considèreras plus les seniors du même œil. Et lorsqu’une mémé en déambulateur mettra la demi-journée à venir à bout de ce passage pour piétons, ton pied droit tremblera un peu au-dessus de l’accélérateur. Et seule l’idée de finir dans une cellule qui sent le service de gériatrie t’empêchera d’abréger ses souffrances. En rentrant chez toi, tu regretteras un peu tes viles pensées, jusqu’à ce que tu regardes de plus près la composition de ta crème caramel Mamie Nova : E150b (cancérigène), E407 (ulcérant), et que tu imagines cette vieille S……. en compagnie de la Mère Poulard et de Cap’tain Igloo te faisant un magistral doigt d’honneur.

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Mieux vaut en rire qu’en mourir,les séniors

 

 

Estelle Bee.

Les kaïras du seizième

les haïras du seizième ne se nourrissent pas aussi mal que ceux des banlieues

 

L’Etat d’urgence est maintenu en France, et cela n’est finalement pas une si mauvaise nouvelle. Car une espèce de délinquants jusqu’à présent méconnue fait désormais trembler l’hexagone. D’après les divers portraits-robots, le voyou serait de type européen, et porterait des complets impeccablement taillés, des cravates moches, une vilaine raie sur le côté, des chaussettes Burlington et des souliers bien cirés. Son homologue féminine, quant à elle, serait reconnaissable grâce à son sempiternel serre-tête de velours, son étrange phrasé en cul de poule constipée, ses cardigans de cachemire, et ses sacs à main en cuir d’autruche de chez Hermès. Elle fréquenterait régulièrement les salons de thé où elle échangerait sur notre bonne vieille France où tout part à vaux l’eau avec ses super cop’s Ludovine de la Rochère et Frigide Barjot, avant d’aller éructer ses viles pensées dans l’intimité d’un confessionnal duquel elle ressortirait avec le sentiment que son âme est aussi blanche que son triste postérieur osseux. En tout cas, après les cinq je te salue Marie que lui délivrerait le Père Geoffroi, avant de lui demander des nouvelles de Pierre-Philibert, son mignon petit dernier.

Le kaïra du seizième ne se fond pas dans la foule, puisqu’il exècre son prochain, dont il ne sait d’ailleurs pas qu’il est le prochain, ou s’abstient tout du moins de le considérer comme tel. Le kaïra du seizième ne présente pas l’embonpoint de celui du 93, puisqu’il évite de se nourrir de tous ces vilains produits que l’on trouve à ras du sol dans les rayons des supermarchés. D’ailleurs, le kaïra du seizième abhorre les supermarchés. Il a ses p’tites habitudes chez les gentils commerçants bien français de ce quartier qui a vu naître cinq générations de sa famille de kaïras.

En cas d’élection, le kaïra du seizième diffère grandement des kaïras à casquette et capuche : lui, il se déplace systématiquement pour aller glisser son bulletin de droite conservatrice aux valeurs d’après-guerre dans l’urne.

Lorsqu’il est confronté à un discours un tant soit peu altruiste ou humaniste, le kaïra du seizième se plait à employer des mots très très grossiers comme Populo, ou Gaucho avec un mépris qui rend son visage aussi laid que son cœur est putride, c ‘est dire si c’est pas beau à voir…

Le kaïra a toujours existé, mais sa délinquance n’est manifeste que depuis quelques jours. Depuis que sa bouche s’est faite porte-parole de son âme, à l’occasion de l’annonce de la création de logements pour les sans-abris à l’orée du bois de Boulogne, en persiflant des  Salope, des Hidalgo au Bois, des  Connards,  Escrocs, Fils de pute, et mon préféré « brosse à caca », à s’en déchirer l’aluette. (gentille aluette)

lorsque les pauvres n'auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches

Car c’est un fait : c’est quand on s’aventure à égratigner ses privilèges que le kaïra du seizième dévoile son hideux visage, dont celui des banlieues n’est que le miroir. Parce que le vrai problème du kaïra du seizième est qu’il veut tout garder pour lui, à part peut-être ses chambres de bonne insalubres de 3 X 3 mètres qu’il loue pour la modique somme de 900 euros à des acteurs en herbe venus de province. Le kaïra du seizième est bien entouré. Bien conseillé. S’il le pouvait, il dormirait lui-même dans une grande niche fiscale, afin que personne ne vienne lui demander de participer à la collectivité. Bien souvent, il n’a même pas besoin de se déplacer pour ses affaires, puisque les courtiers suisses vont désormais tous seuls à Lagardère, pendant que Christian Eckert fait voter des lois en pleine nuit pour permettre cela. Pendant ce temps, les français moyens sont tenus de faire des efforts pour éponger la dette de la France.

Les kaïras des banlieues exultent parce qu’ils n’ont rien, les kaïras du seizième vocifèrent parce qu’ils ont TROP. C’est d’ailleurs ce que dira Claude Goasguen, député-maire – Les Républicains- du 16ème, sans même se rendre compte de l’énormité de sa logique :

Des gens (sans abris) qui n’auront pas la place d’être accueillis en centre d’hébergement, voudrons naturellement s’installer tout autour, puisqu’il y a la place (!), et cela est inadmissible.

Évidemment. Mieux vaut installer ces pauvres gens là où il n’y a pas de place, hein, tant que les bons pères de famille en quête de sensations pas très républicaines peuvent discrètement promener leur berline rutilante à l’orée du bois, en attendant que la Grosse Lulu ou que Graziela do Brazil soit dispo.

Non, le kaïra du seizième ne réfléchit pas comme vous et moi. Il n’a aucun sens des priorités, puisqu’il ne connait ni l’urgence, ni la survie. Cette décision de la ville de faire preuve de solidarité envers son semblable est vécue comme (sic) du mépris vis à vis des habitants du quartier, qui (sic) ne veulent pas de cette jungle, comme le précisera un délicieux riverain, ex PDG de la française des jeux.

Chaque décision, chaque idéal, chaque théorème a sa réciproque. Lorsque je dis NON à quelque chose, c’est au nom d’une autre valeur à laquelle je dis oui. Lorsque certains ont trop, c’est que d’autres n’ont pas assez.

Le kaïra des banlieues n’est que la réciproque du kaïra du seizième, qui était là avant. C’est lui qui a enfanté de l’autre. Mais lorsque pour échapper à la solidarité la plus élémentaire, il hurle des insultes envers des élus ou hauts fonctionnaires de police, on ne peut nullement lui accorder l’excuse de la pauvreté de son dictionnaire. En fait, sa monstruosité n’a aucune circonstance atténuante.

Pourtant, je ne m’inquiète pas pour la suite. Étant donnée la conjoncture, les kaïras du seizième sont voués à l’extinction de leur espèce. Car lorsque les pauvres n’auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches. 😉

En attendant, allons voter pour des gentils…les kairas du seizième

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir,

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Estelle Bee.

Football et Prime d’Éthique: merci mon chien!

Football et prime d'éthique, merci mon chien

C’est une vraie ré-vo-lu-tion dans le monde du travail ! Et, une fois n’est pas coutume, c’est l’entreprise du football professionnel qui montre l’exemple à tout le patronat (Pierre Gattaz, prend des notes stp) en valorisant ses honnêtes travailleurs de la manière la plus juste qui soit par la création d’une Prime d’Éthique mensuelle visant à récompenser la citoyenneté de ses poulains.

 

Prime d’Ethique, Késako ?

L’affaire est ressortie récemment dans les médias alors que le délicieux Serge Aurier, joueur ivoirien et accessoirement arrière droit au PSG, donnait libre cours à sa liberté d’expression homophobe, en traitant de fiotte Laurent Blanc, son entraîneur, pendant un tchat vidéo dans la nuit de samedi à dimanche. Depuis, ses patrons se demandent si oui ou non, ce petit glissement mérite que celui qui se surnomme lui-même « l’ambiançeur » se voie retirer sur le champ –pelouse- sa prime d’éthique, c’est à dire de bonne conduite basique, qui s’élève à 20 000 euros mensuels. Car c’est un fait, depuis l’arrivée des Qataris, tout joueur qui se comporte comme un être humain et non comme un animal, en s’abstenant d’insulter, molester, gifler, violer, ou cracher au visage de son prochain est dignement récompensé d’une prime allant de 20 000 à 40 000 euros mensuels.

 

Par cet incroyable exemple, le Monde du Football fait sans le savoir une vraie proposition à nos politiques pour lutter contre l’insécurité et en même temps, injecter une bonne dose de Viagra dans la courbe de croissance de notre pays ! Ainsi, cette prime pourrait être étendue à tous les salariés qui feraient preuve d’une citoyenneté de base dans leur entreprise. Mais voyez plutôt par l’exemple :

 

 

La prime d’éthique ? Pour qui?

Donc, toi, l’infirmière qui es à un doigt et demi de dire à cette rombière qui te sonne pour la quatorzième fois d’appeler SOS Détresse Amitié et de te lâcher la grappe (bordel),

 

Toi le cuistot Sodexo payé au lance-pierre qui recraches tes glaires dans le hachis Parmentier quand tu as les boules contre ta direction,

 

Toi qui ne parviens plus à rester professionnel,

 

Toi qui bâcles ton boulot vu que plus personne ne t’augmente depuis dix ans,

 

Toi qui te retiens très fort de coller un coup de tête à ton harceleur de chef plus jeune que toi,

 

Toi qui peux à peine te retenir de donner des surnoms humiliants à tes employés,

 

Et même toi, la mère de famille qui as besoin d’une vraie bonne raison pour ne pas claquer tes enfants en pleine allée centrale de Carrouf à la moindre bouffée de stress,

 

Et aussi toi, le mari à la sauce talibane qui ne comprends pas en quoi coller un arbre à cinq branches à ton Ispicedicounasse est répréhensible,

 

Oui, toi ! Quel serait le prix de ta citoyenneté ?

 

Et toi, c’est combien ta prime d’éthique? 

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d'animalité) du salarié, selon l'image

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d’animalité) du salarié, selon l’image

D’après mes calculs, la prime d’éthique s’élève en moyenne à 1/16ème du salaire mensuel du travailleur. Évidemment, le footballeur professionnel, du fait de son métier ingrat, touche en un an ce que quiconque ne touchera qu’en 40 années de bons et loyaux services à l’usine. Mais ce barème peut toutefois nous éclairer sur ce qu’il en sera de notre prime à nous, lorsque le gouvernement appliquera la prime d’éthique à tous les salariés.

Ainsi, toute caissière qui s’empêcherait de rétorquer « Tu l’as vu, çui-là ?! », majeur tendu vers le ciel, à un client qui lui demanderait de bien vouloir le faire passer alors qu’elle est sur le point de fermer sa caisse, toucherait environ 80 euros de prime mensuelle.

 

Tout enseignant se verrait verser 115 euros en évitant de gifler façon Bayrou un chérubin de quatorze ans qui prétend que les journalistes de Charlie, à la chair béante des massacres de la veille, ont bien largement mérité leur sort au nom de la vengeance d’un prophète. Et une prime supplémentaire de 20 euros afin de ne pas envoyer des parents se faire empapaouter sur une île grecque lorsqu’ils s’inquiètent de savoir pourquoi toi, le larbin, tu t’acharnes avec malveillance sur leur innocente progéniture en n’attribuant que des notes pourries sur ses copies quasi-blanches (quadrillées, en fait…) alors qu’il est « surdoué ».

 

Une esthéticienne pourrait se voir attribuer une prime d’éthique de 75 euros si elle daigne nettoyer ses gros doigts gourds et brosser ses ongles sales avant de poser ses mains sur l’innocent visage à traiter. Il lui sera demandé, pour un léger supplément de 20 euros mensuels, d’éviter de se curer le fond des narines pendant les soins.

 

Le montant de la prime sera le même pour un coiffeur si, en général, il se retient de menacer un jeune client trop remuant de lui planter sa paire de ciseaux entre les deux yeux s’il continue de gigoter ainsi. Et peut-être aussi pour lui donner la force d’écouter les détails navrants de la vie des clientes qui le prennent pour Macha Béranger sans leur éructer un Putain, tu m’a saoulé, la vieille ! Maintenant, tu veux pas la boucler, juste pour voir ? 

 

 

Un médecin urgentiste, quant à lui, toucherait 160 euros mensuels pour trouver le courage de réceptionner des clodos bourrés et pestilentiels qui lui crachent des insultes au visage, sans pour autant leur coller violemment une seringue de Propofol en travers du dos, façon péridurale (Mickael, si tu me lis…)

 

Et je ne parle même pas du montant de la prime à laquelle pourraient prétendre les politicards s’ils avaient la courtoisie de ne pas tremper dans la première affaire de détournement qui leur fait de l’œil…

 

Pourtant, en plein fantasme de ce Monde Meilleur, quelque chose vient me gâcher le paysage. C’est juste l’image furtive d’une cour d’école, mais elle me glace soudain l’échine:

Car je me demande juste si nos enfants continueront de nous respecter s’ils ne sont pas rémunérés en conséquence,

Je me demande juste si nos élèves s’abstiendront de traiter leurs enseignant(e)s de connards, de pédés, de sales juifs ou de grosses putes si nous ne les payons pas pour cela,

Je me demande si ces enfants daigneront même apprendre à lire et à écrire si, en retour, ils ne reçoivent pas des cartes d’abonnement pour assister à des matches de foot…

Car la vérité dans toute cette affaire, c’est que la recherche d’éthique ne peut se faire que sur des chiens…

L'Éthique du PSG au microscope

L’Éthique du football français au microscope

Par le choix de nos programmes, indignons-nous!

 

Mieux en rire qu’en mourir…

 

Estelle Bee.

Lettre ouverte à Pierre Gattaz, conseiller en Plan d’Urgence s’il en est…


Lettre ouverte à Pierre Gattaz après les attentats de Daesh à Paris.

 

Très cher Pierre,

 

Souffrez que je vous appelle par votre prénom, bien que vous n’ayez pas eu la chance de m’être présenté, à cause du fait très probable que nous ne fréquentons pas le même milieu. Pas de pot, Pierre…

Oui, le jeu de mots est facile, et je l’emploie sans rougir puisque je le tiens de mon père, indécrottable CGTiste qui s’est battu jusqu’au bout de ce qu’il pouvait légalement expectorer, allant même jusqu’à occuper des mois durant, les locaux d’une grande entreprise bénéficiaire qui du jour au lendemain, décida qu’elle allait se délester de tous les culs terreux qui y travaillaient de père en fils. D’ailleurs, ladite entreprise, facétieuse, n’a même pas pris la peine d’investir dans la recherche pour tenter de faire désamianter les poumons de ses sbires qui allaient bientôt perdre leur identité, divorcer ou même crever la gueule ouverte. Je ponctuerai donc cette lettre de tous ces jeux de mots pourris inhérents à votre prénom, en hommage à cet humour populaire que vous devez tant conchier.

Alors qu’est-ce que j’apprends? J’apprends, cher Pierre, que vous vous souciez avec force altruisme des dépenses publiques de notre pays, au point d’avoir declaré que les attentats perpetrés contre des centaines d’innocents à Paris « n’étaient pas une raison pour que les dépenses publiques s’en aillent à vaux l’eau. »

Nous savions bien, depuis quelque temps, que votre opinion était largement entendue par les dirigeants que nous avons élus “démocratiquement” après qu’ils aient pointé du doigt l’ennemi sans visage –autrement dit, sans figure- que vous représentez à vous seul. Mais ce que nous ignorions, c’est que vous prétendiez distiller également vos fétides conseils en matière de politique sécuritaire. Vous faites donc partie de cette minorité d’individus que Dieu a dotés d’une polyvalence absolue, de ces “touche à tout” que l’on peut solliciter pour n’importe quoi. Voilà pourquoi aujourd’hui, j’en appelle à votre science afin de savoir comment je pourrais faire partir cette vilaine tache de graisse d’une robe en soie Tara Jarmon qui m’a coûté un oeil et demi. Elle résiste en effet à la Terre de Sommière et aux détachants classiques. Une suggestion Pierre, vous qui détenez la plus grande estime de soie que je connaisse?

Mais revenons aux dépenses publiques, cher Pierre. D’ailleurs, j’ignorais que vous interveniez également dans un domaine diamétralement opposé à celui que vous représentez avec cette loupe grossissante qui colle une étiquette gerbante sur les dirigeants de PME, lesquels ne doivent pas se reconnaître en vos propos. Car il semble que contrairement à vous, la plupart de ces hommes et femmes qui montent leur boîte seraient bienheureux de payer décemment leurs salariés plutôt qu’envisager de leur proposer une alternative –chantage- inférieure au SMIC, comme vous le fîtes de façon si décomplexée l’an dernier, ce qui choqua Laurence Parisot elle-même. Normal, comparé à l’Antéchrist, même la pire des râclures ressemblerait au grand-père d’Heidi. Ou à Soeur Emmanuelle. Mais je ne vous jette pas la pierre, Pierre, je balance plutôt un pavé dans la marre, et je me prends à imaginer avec un petit sourire aux lèvres, ce qui serait advenu de votre tête si vous aviez tenu de tels propos en 1789.

Seulement, dans la réalité, je ne peux que constater que le travail de sape des rapports entre le public et le privé auquel vous vous adonniez avec la frénésie d’un You porn addict fonctionnait très bien jusqu’alors.

Effectivement, le petit patron endetté qui n’a même pas les moyens de se verser son propre salaire, voyait d’un mauvais oeil celui qui est payé à ne rien glander aux frais de l’Etat qu’il sert, Pierre. Et inversement, le fonctionnaire qui assiste, impuissant, à l’érosion de ses acquis sociaux pour un salaire inférieur à son niveau d’études ne pouvait qu’envier les revenus de son équivalent du privé. Et enfin, le salarié à qui l’on proposait un « dialogue » (ultimatum) social lors d’un plan de “restructuration” (licenciement) ne pouvait que haïr de toute sa bile l’essence-même du patronat. C’était en effet bien joué.

Mais ça, c’était avant.

C’était avant, parce qu’en suggérant de faire des économies sur la sécurité des français, vous avez, cher Pierre, commis la même erreur que Daesh en cet innommable vendredi 13:

VOUS AVEZ TIRÉ SUR TOUS LES FRANÇAIS.

Pas seulement sur les fonctionnaires, les chômeurs, les salariés, les gagne-petit, les gagne-encore-moins, les gagne-wallou, et tous ceux que vous avez l’ambition d’asservir, et de diviser pour mieux régner. Non. Là, vous avez tiré à l’aveugle, et vous avez tiré sur l’HOMME. Et qui plus est, sur l’Homme qui craint pour sa vie et celle des siens. Sur l’Homme blessé. L’Homme écorché vif. Vous avez donc aussi tiré sur cette catégorie d’hommes et de femmes dont vous prétendez défendre les intérêts, au même titre que les fous de Daesh qui prétendent tirer au nom de la religion, et qui butent de sang froid les plus fervents croyants de leur dieu.
Et c’est peut-être à cause de cela, cher Pierre, que s’achevera votre oeuvre contre notre fraternité chérie. Vous avez voulu courir, mais comme le dit l’adage, Pierre, pierre qui roule n’amasse pas mousse, hein.

Alors pour finir, je souhaitais évoquer les dépenses publiques que tu ne souhaites pas accroître (et pardonne-moi si je te tutoie désormais, mais là, tu m’y obliges un peu)

Tu suggères donc de ne pas accroître le budget Santé au moment où les hôpitaux s’acharnent à sauver des vies que tu méprises

Tu suggères donc de ne pas accroître le budget de la Défense, celui qui protège l’intégrité physique des citoyens que tu dédaignes

Tu suggères donc de ne pas mettre le paquet sur l’Éducation de ces jeunes en recherche désespérée de repères et par conséquent si désarmés face au prosélytisme armé

Alors, si je peux te donner un conseil, Pierrot, occupe-toi de tes petites affaires de nano-monarque désuet, et ne viens plus faire ton serpent à sornettes pour te venger, peut-être, d’un fils d’électricien qui s’est naguère foutu de ta tronche de Gargamel dans la cour de récréation.

Pour finir, j’ai trois petites questions pour toi, Pierrot:

Qu’est-ce que cela fait de prospérer grâce à de petites mains à qui tu ne redistribues pas le vrai fruit de leur labeur parce que tu préfères tout garder pour toi?

Qu’est-ce que cela fait d’être soumis aux mêmes taxes patronales que le cordonnier ou le primeur du coin, et de faire croire que TOI, tu es leur porte-parole?

Et qu’est-ce que cela fait de sous-entendre publiquement que le pognon à plus d’importance que la vie de centaines d’êtres humains?

Parce que, figure-toi, je te jure que pour la majorité des vrais gens, empêcher ou dissuader de préserver des vies revient à appuyer soi-même sur la gachette.

Pas futé pour un sou, Pierre 😉

 

Gros bisous

 

Estelle Bee.

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles.

 

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car EMMANUEL II arrive enfin sur vos écrans. Sans son fauteuil de rotin, mais plus voluptueux, plus lascif, plus coquinou, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais…

Rappel du premier volet

Un jeune homme  de bonne famille qui rêve de devenir financier choisit la banque Rotschild pour perdre son virginal altruisme et se faire déniaiser par de vieilles peaux d’hermine, de jaguar et de bébé phoque. Un beau jour, il est appelé au secours par François de la Courbe Molle afin d’administrer un peu de viagra dans la doctrine du parti des déguenillés. Poussé par le fantasme non assouvi de trousser les classes inférieures, et ce,  depuis que sa blonde tête avait frôlé par inadvertance le sein lourd de Mercedes, la femme de ménage du sixième étage de l’hôtel particulier où il coula une enfance heureuse, Emmanuel accepta, fébrile, l’indécente proposition. Pourtant, le job s’avéra moins sexy que dans ses rêves. Un soir où il avait veillé tard au palais afin d’échafauder des plans pour que ses graveleuses et surdimensionnées propositions glissent comme une lettre à la poste, il surprit les gémissements étouffés de Manu El Macho qui s’adonnait à une lecture active des magazines L’entreprise, Investir et The capitalist dans l’intimité de son bureau, en susurrant Mhumm j’aime l’entreprise, avec une régularité frénétique. C’est ainsi que dans le plus grand secret, le jeune Emmanuel retourna à ses premiers émois en compagnie de son presque homonyme, boursicotant à l’envi et écumant les visites virtuelles d’entreprises dès le soir venu, sur un fond musical de Franky goes to Hollywood

 

Emmanuel 2, le pitch

Dans ce deuxième volet, Emmanuel, las de devoir cacher ses vices, décide d’exhiber son désir capitaliste et libre-échangiste à travers son admirable verve. Ainsi, après avoir dévoilé au Medef ses ardentes aspirations une première fois – « Vous avez l’amour, et vous avez les preuves d’amour » – Emmanuel, certainement troublé cet été par la lecture de Cinquante nuances de Grey, craque et décide de retirer sa ceinture Armani, et de flageller publiquement l’organe du parti socialiste:

« La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées »

Cette exhibition fait valser les rapports qu’il entretient avec Manu el Macho, qui, plus finaud, a compris tout l’intérêt de poursuivre son oeuvre par des chemins plus étroits et tortueux, sans se faire gauler en flagrant délit de gaullisme décomplexé. Manu s’en retourne seul à ses magazines et autres tutoriels pour entrepreneurs de plus de 18 ans. Emmanuel est désavoué mais enfin lui-même. Il peut à présent toucher le Saint Graal en pénétrant dans les soirées très privées du CAC40 où il se fait appeler « The little Pompidou », et dont les membres le plébiscitent désormais les yeux fermés à chaque fois qu’il dégaine sa cravache en vagissant: « Tu l’aimes, hein, mon 49.3!!! ».

 

Comme quoi, on peut biaiser à tout va, tant qu’on a la bonne étiquette 😉

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car Emmanuel 2 arrive enfin sur vos écrans. Plus voluptueux, plus coquinou, plus lascif, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais.

 

A nous d’écrire la suite….

 

 

Estelle Bee.

 

 

 

MOUROIR STORY: parrainez un producteur de téléréalité (À vot’ bon coeur!)

mouroir ac2Décidément, l’affaire Dropped n’arrête pas de rebondir, contrairement aux hélicoptères et aux victimes qui eux, n’ont pas eu cette chance.

 

Franck Firmin-Guion, PDG de ALP -la société de production de l’émission- va très mal : Le pauvre homme serait la victime d’un acharnement diffamatoire gratuit, et aurait déclaré, la voix chevrotante :

 

Je suis extrêmement choqué (…) par ces accusations graves, indignes et injustes qui ( …) sont une atteinte indécente bla bla bla …

 

L’indigne accusateur n’est autre qu’Hubert Artaud, frère de la défunte navigatrice, et accessoirement ancien pilote. Le vil Hubert, qui n’a certainement pas toute sa tête en ce moment, aurait machiavéliquement subodoré que les hélicos volaient trop près l’un de l’autre afin que les cameramen –assis à la place des copilotes- puissent filmer simultanément leur envol de la façon la plus spectaculaire, sur recommandations de la production.

Mais quelle médisance ! C’est bien méconnaître la déontologie des producteurs de téléréalité et de Tf1 ! Ce n’est d’ailleurs pas feu Gérard Babin ni le médecin de Koh Lanta 2013 qui me contrediront, et pour cause… Puisqu’à l’instar de nos regrettés sportifs éparpillés façon puzzle, ils n’ont pas su non plus remporter la première étape d’une émission dont le but est justement de… survivre… Try again ! (Ben non couillon, j’suis mort !)

 

Que de propos calomnieux sur les intentions d’une société et d’une chaîne déjà psychologiquement brisées par le manque à gagner de l’annulation du programme Dropped (si tenté qu’il soit vraiment annulé, hein, ils nous avaient déjà fait le coup avec Koh Lanta 😉 ). Il se murmure même que le président de ALP, au plus mal, serait à deux doigts de craquer et fuir ce monde cruel pour aller se reposer trois semaines sur son yacht à Saint Barth’.

 

Altruiste jusqu’au bout, je me demandais donc ce qui pourrait redonner le sourire et rendre sa joie de vivre à ce grand homme de télévision brisé.

 

VOICI DONC 7 CLÉS POUR REBONDIR SAINEMENT APRÈS LE DRAME DROPPED:

 

 A. REAGIR : En se montrant plus blanc que blanc, quitte à faire une B.A de temps en temps :

 

 

  1. ATTAQUER LE FRÈRE DE LA VICTIME EN DIFFAMATION ET LUI SOUTIRER DES DOMMAGES ET INTÉRÊTS (Tf1 style)

Le frérot de Flo fait le beau ? Qu’à cela ne tienne. La législation arrange souvent les plus finauds. Etant donné que la négligence est quasi impossible à prouver puisque personne à bord des hélicos n’a eu la politesse de survivre, le tribunal ne pourra que statuer en faveur d’Adventure Line Production, salement calomniée, qui pourra exiger d’être aussi salement réparée. Quelques milliers d’euros, c’est toujours bon à prendre… Et aux yeux du public –sans grand discernement- l’honneur sera sauf.

 

 

  1. MONTER SA PROPRE SOCIETE DE POMPES FUNÈBRES

Les dommages collatéraux allant bon train ces derniers temps, ALP pourrait très prochainement songer à monter sa propre société de pompes funèbres ALP Funerary Adventure pour palier au manque à gagner des investisseurs en cas d’annulation d’une émission. Dans leur contrat avec la production, les candidats s’engageraient à souscrire leurs obsèques chez l’employeur en cas de décès -volontaire ou fortuit- lors des enregistrements, primes times, et durant les neuf mois suivant l’émission, en cas de syndrome F-X. À ce jour, l’élégant Moundir serait pressenti comme fossoyeur puisqu’il avait déclaré « Moi, je suis une tombe de prison », dans l’émission recyclage Moundir, l’aventurier de l’Amour en 2010.

 MOUROIR2

 

 

  1. ORGANISER UN TÉLÉTHON POUR LANCER UNE GRANDE CAMPAGNE D’ALPHABÉTISATION DES CANDIDATS DE TELEREALITÉ. Le but: distribuer des dictionnaires, des BescherellesBled étant devenu péjoratif- et livres d’Histoire niveau CE2 par milliers dans les salles d’attente de castings de Secret Story, ou autres Anges déchus de la téléréalité. Les fonds iront aussi à la location d’orthophonistes pour Les Marseillais ou les Chtis à Cancun/ Koh Samui, ainsi qu’à l’achat d’un gros Dictionnaire des Proverbes et Dictons au bénéfice de notre ami Moundir, pour les raisons susdites.

 

MOUROIR STORY

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B : CRÉER : Voici également quelques idées d’émissions pour exploiter le filon du crash et faire ensuite diversion par une grande créativité :

 

  1. MONTER UN « BUENOS AIRES EXPRESS », avec comme étape finale la reconstitution des restes d’une victime du crash, par équipe évidemment. Allier donc le sport à la gymnastique intellectuelle, à la manière de Pékin Express qui jusqu’à présent, n’a encore aucune victime à indemniser déplorer.

  1. SENIOR ACADEMY : Il s’agira de réunir des Sénior très avancés en âge – et que plus personne ne réclame, puisque forcément malodorants et très chiants- dans une maison médicalisée tout confort afin de les éloigner de la solitude et l’ennui qui les ronge, et leur coupe peu à peu l’appétit. Il leur sera proposé de vivre une ultime aventure dans laquelle ils devront s’adonner à des épreuves diverses et variées afin de gagner leur couche Confiance, soupelette et quignon de pain quotidiens, sans quoi ils iront se coucher le ventre vide (ce qui, du coup, résout le problème de la couche). Servir le thé façon marocaine sans trembler, écouter du Off Spring en volume maximal, faire un grand écart facial, tirer le plus longtemps possible sur un pétard bourré d’hawaïenne, ou encore l’ultime épreuve des poteaux sur un terrain vague de La Plaine Saint-Denis seront autant d’épreuves grisantes qui donneront à nos aïeux une envie de mordre dans la vie à pleines gencives, et chasseront l’aigreur de leurs vieux jours.

MOUROIR STORY

 

  1. ORGANISER UN TOUR DU MONDE TELEVISÉ EXCLUSIVEMENT AVEC DES COMPAGNIES AERIENNES BLACKLISTÉES : German Wings, Air Bénin, Malaysia Airlines, Air Baraka (Yallah !), Buraq Air (Anagramme de Burqa, pas étonnant que les avions s’écrasent, les pilotes n’ayant aucune visibilité sur l’angle mort) , Cyclone Airways (Et ce n’est pas une invention), FENIX Air (qui promet aux passagers que Wallah ils renaitrons de leurs cendres), Lion Air (sans ses ailes de griffon), Sky Way Air (Le chemin le plus court vers les cieux), Yeti Airlines (Mr Freeze à volonté en cas de chute) ou autres Ycare Fly (Le seul inventé de la liste 😉 ). Le but du jeu sera d’arriver entier et sans parachute à l’étape finale : l’île de Diego Garcia, au sud des Maldives.

SENIOR ACADEMY

 

  1. DANS L’ŒIL DES SURVIVANTS :

Autre idée d’émission : héliporter des candidats sur des cimes de l’Himalaya sans eau ni nourriture (ni mascara waterproof). Les plus forts n’auront d’autre choix que manger les plus faibles pour se sustenter en des conditions extrêmes. Le dernier des survivants gagnera le droit de rentrer au pays grâce à billet Open qu’il retirera au comptoir tibétain Yeti Airlines.

 

Si vous trouvez cet article trop tordu, je vous invite à lire celui-ci, et si vous avez d’autres idées d’émissions, n’hésitez pas à les faire partager 😉Mouroir Story

 

Souriez, Big Brother vous regarde…