Category Archives: Ruche Du Haut, Ruche Du Bas

Eh Manu, tu descends??!!! (Conseils à Manuel Valls pour rebondir) (loin)


Eh Manu??!! Tu descends

 

« Eh déconne pas Manu, vas pas t’tailler les veines,

Une élection perdue, c’est 10 copains qui r’viennent… »

 

C’est ce qu’on appelle un accident de la vie. Une sortie de route. Un obstacle. Une épreuve. Cela nous est arrivé à tous. Tirer bien trop fort sur la corde. Ne pas prendre le temps de se poser. Vouloir sans cesse se dépasser. Ignorer ses limites physiques et psychiques, et faire de sa propre personne son plus grand déni.

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Et puis un jour…

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L’ACCIDENT.

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La gifle, la tôle, le tsunami, le choc, la mouise, la déculottée… Appelle ça comme tu voudras, mais c’est, de fait,  comme si l’on te collait un panneau STOP géant devant la face, de façon à ce qu’enfin, TOUT s’arrête sans que tu n’aies le choix de reprendre le moindre contrôle.

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Car la VIE, facétieuse, se charge toujours de te faire APPRENDRE, et même de force, s’il le faut. You lose, you learn 😉

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Et finalement, Niesztche avait peut-être raison:

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »

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Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire, moi qui désormais, ai programmé un ruban noir pour tous les 29 janvier sur mon agenda électronique. Moi qui suis déjà en manque de ton petit air de Cruchot mal léché (…), et de tes discours aussi spontanés que les indications routières de mon GPS. Mon Manu, mon champion… La seule chose qui me console est qu’aujourd’hui, tu puisses enfin TE retrouver pour faire le point -final- et rebondir aussi haut que le ballon d’Olive et Tom, qui je le rappelle, n’atterrissait jamais. Aussi, j’ai modestement imaginé ce que tu pourrais faire « après », et comment tu pourrais transcender ce que j’ai désormais appelé « L’ACCIDENT »:

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  • T’empiffrer de glace Ben & Jerry’s en t’égosillant sur All by myself à la manière d’une Bridget qui vient ENCORE de se faire larguer par Mark Darcy (ce petit ENC…), un mec à peu près aussi souriant que toi au demeurant. Que tu te remplisses et te goberges tel un goret jusqu’à t’en faire péter la sous-ventrière, et que tu deviennes aussi sexy qu’un Barbapapa en string.

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manuel vals défaite aux primaires de gauche

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  • Prendre ton pied en assistant à une Corrida, cet art que tu défends si jalousement, et te palucher à la vue de l’animal transpercé qui se vide de son sang par la bouche, et agonise pendant des lustres sous l’orgueil du Macho en collants roses que tout le monde encense, comme si le combat avait été égal. Tu apprendras peut-être plus tard – à chaque jour suffit sa peine- qu’un politique qui aime regarder mourir des animaux et, parallèlement, « aime l’entreprise », peut en effet moyennement inspirer confiance dans sa démarche.

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  • Te rendre chez l’esthéticienne pour te faire papouiller le visage. Cette face que tu as mise à dure épreuve en souriant niaisement près de deux semaines, alors que personne ne t’avait jamais vu esquisser un rictus en 5 ans. Putain, 5 ans! 5 ans sans sourire, et 2 semaines d’orgie zygomatique! Faut vraiment faire attention avec ça. Ton visage est en Burn out, Manu, il faut absolument que tu ailles le montrer à un proctologue.
défaite de Valls aux primaires de gauche. Humour.

c’te gueule…

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  • Traîner avec tes potes d’Evry que tu as pas mal délaissés ces derniers temps en t’acoquinant avec Gattaz:

« Hé Manu, tu descends???!!!

– Ben pour quoi faire???!!!!!

– Ben, parce que t’as plus de boulot, Dugland!!!

– Ah merde, c’est vrai, j’avais oublié! Et dire que j’avais préparé un discours anti-migrants, snif… »

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  • Transcender l’Accident en t’exprimant artistiquement: peut-être est-ce ce message que te délivre la vie en te ridiculisant devant un gars qui a à peu près 49,3 ans. Qui sait, peut-être as-tu un talent caché….? Jongleur, ménestrel, écrivain… Je parle bien d’une reconversion artistique, hein, pas d’un taff de conférencier payé à millions que tu seras tenté d’exercer façon Sarkommence, lustrant de ton mieux les baballes des patrons de multinationales à qui tu donneras raison d’exploiter les salariés et de garder tous les bénéfices pour leur pomme. Et pourquoi pas ALCHIMISTE: toi qui détiens le pouvoir de transformer en caca tout ce que tu touches. Tu ne le fais sûrement pas exprès, hein, tu es au fond comme la Reine des Neiges qui glace tout d’un geste mal contrôlé.

 

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Bon voilà, mon bon Manu. Tu as déjà quelques pistes, hein. Mais surtout, il faut que TU LÂCHES TOUT ÇA. LÂCHE, MANU! Mais surtout, fais pas de connerie, Manu! Tu nous as déjà fait si peur en proclamant la suppression du 49.3 dans ton programme, que nous avons cru que tu voulais te supprimer toi-même!

Reviens à l’essentiel, et comme le dit un jour Scar à son neveu Simba:

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Image de prévisualisation YouTube

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SI, SE PUEDE!!!!

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TODOS JUNTOS (tous ensemble 🙂 )

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Estelle Bee.

Macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France.

macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France

Depuis quelque temps, les médias n’ont d’yeux que pour lui.

Il a échoué au gouvernement en se bouchant le nez devant le désespoir des salariés,

Expliquant tantôt à un malheureux que l’apogée d’un homme se traduisait par le port d’un costard Armani,

Exprimant ensuite son amour inconditionnel aux multinationales qui payent dix fois moins d’impôts que les PME,

Et surtout, il n’a pas encore de vrai programme…

Alors, étant donné que Manu fait salle comble lors de son premier meeting, une question simple me brûle les lèvres:

WHAT THE FUCK?

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L’effet Nespresso

L’explication s’est dernièrement imposée à moi le jour où j’ai dû me racheter une cafetière, puisque mon ex avait tenu à garder sa classieuse machine Nespresso.

Je déambulais donc dans les rayons d’Alinéa, lorsque mon coeur s’accéléra à la vue d’une mignonne cafetière design et vintage à la fois, capable de moudre des vrais grains de vrai bon café, récolté par des vrais gens payés pour de vrai.

Émue devant cette simplicité pourtant éclatante de modernité, je me suis soudain demandé comment naguère, j’avais pu en arriver à pousser la porte d’une pareille esbroufe… D’ailleurs, pousser la porte est un bien grand mot… Car le client Nespresso ne pousse pas la porte de chez Nespresso. C’est le beau portier Nespresso en costard sur mesure qui s’en charge, dès lors que votre regard caresse la devanture de la boutique. À la suite de quoi, l’on vous salue sur un ton de quasi prosternation comme si vous vous apprêtiez à acheter une bague 800 carats de chez Tiffany’s, pendant que vous pénétrez dans le temple sacré. Là, un nombre incommensurable d’hôtesses aux cheveux aussi lisses qu’une cérémonie d’élection de Miss France se succèdent en salutations distinguées, et l’on vous propose de vous assoir dans le petit salon afin de déguster THE nouvelle capsule made in Quart Monde, accompagnée de son mignon petit chocolat au double emballage. Ambiance feutrée. Voix douces et rassurantes. Sentiment – injustifié- de traitement de faveur. Beauté. Volupté. Chaleur. Et l’on ressort avec ses 30 ou 40 balles de capsules polluantes que l’on partagera avec d’autres adeptes de la même secte en se masturbant intellectuellement sur les notes grillées et boisées du Roma et les saveurs de musc et de bois du Keepala d’Ethiopie alors que personne ne s’y connait vraiment en café.

Et en installant ma toute mignonne cafetière dans ma cuisine, en humant les effluves des grains fraîchement broyés et crépitant sous le joug du moulin électrique, j’ai compris que jusqu’alors, on m’avait vendu des coquilles vides. J’ai alors imaginé une table gigantesque au beau milieu d’une salle de réunion autour de laquelle une tripotée d’industriels, financiers et publicitaires malicieux auraient tenu à peu près ce langage:

« Bon, alors, on est bien tous d’accord! On va vendre du vent en misant TOUT sur le packaging de luxe et l’image de marque qui flattera l’ego du consommateur, qui par définition, a besoin de se sentir reconnu, mais ne sait pas distinguer son cul de son coude. On part donc là-dessus! »

Emmanuel Macron n’est ni plus ni moins qu’une capsule Nespresso. Il se réclame de la Modernité alors qu’il est l’héritier d’une politique de vieille droite qui a fait son temps. Pire, il se dit même Révolutionnaire! Pourtant, la clôture de son meeting a légèrement fissuré cette coquille vide de sens, mais néanmoins ardente – et bruyante!- d’un désir personnel bien patent dans cette vidéo.

Trop plein d’hormones:

Car à en croire ce triste spectacle de vociférations glaireuses, le vrai Macron, n’est autre que le petit Manu boutonneux et en pleine mue qui se vante de « l’avoir déjà fait » avec des filles que personne ne connait, toujours pendant les vacances. Mais il fantasme frénétiquement sur France, la grande soeur de son pote Kevin, en s’imaginant toutes les dégueulasseries qu’il pourrait lui faire si jamais elle… Arf mince, trop tard… C’est ce qu’on appelle la jubilation précoce… Et la France n’a pas vocation à déniaiser des ados malhabiles, même si, à en croire les sondages d’intentions de votes, ses habitants semblent plutôt prompts à se faire baiser honorer à la régulière.

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

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Estelle Bee.

 

 

 

 

 

TOO CONNECTED PEOPLE

Tu es trop connectée. Et val! Le diagnostic est tombéTU-ES-TROP-CONNECTÉE!

 

ET VLAN!

LE diagnostic est tombé.

Et malgré son immense relativité, je souhaiterais parler aujourd’hui de cette maladie orpheline dont je souffre à priori d’après des sources très proches:

La tu-es-trop-connectérite aiguë .

 

Definition: 

La « tu-es-trop-connectérite aiguë », c’est, en d’autres termes moins savants « l’hyper-connexion au Monde ». Rien à voir avec la geek attitude, car moi, je suis tout juste fichue d’envoyer un mail et de consulter ma page Facebook. Donc, comme dirait BFM, pas d’amalgames, hein!

Mon problème à moi serait donc d’être trop sensible aux grandes questions qui touchent notre planète et par conséquent notre Humanité, et de vibrer continuellement en fonction de ce qui s’y passe, tel un téléphone -ou un sextoy- complètement déréglé. 

Et ça, apparemment, c’est (lire avant l’accent allemand) EIN GROSSE MALADIE! 

Les symptômes: 

Je ne sais pas vous, mais avec le recul, il me semble que j’ai toujours eu ça quelque part en moi, comme un bon vieil herpès (labial) qui ne s’est pas encore manifesté, mais qui t’attend au tournant pour te cueillir par surprise pile poil au moment opportun: entretien d’embauche, week-end en amoureux, rdv chez le dentiste… D’ailleurs, je reconnais même m’être un peu négligée en faisant fi des signes avant-coureurs: une vilaine tendance à donner la pièce aux sans-abris, à caresser des chatons errants, à me la jouer Che Guevara lorsque j’étais déléguée de classe, et même à écrire des grossièretés au dos de ma calculatrice Casio FX 82C telles que Peace and Love, Simone Veil Forever, Kévin je t’♥,  DTC Sadam et Gomore (oui, je sais, c’est « Gomorrhe », mais je l’ignorais à l’époque) …

Puis, inéluctablement, les symptômes se sont accrus dès mon entrée dans l’âge adulte, pour se fondre en moi et ne plus jamais me quitter, sauf durant les deux -ou trois- années qui ont suivi la naissance de mon enfant, années de zombitude et de néant culturel où je pensais que les mots « périmètre » et « périnée » faisaient partie de la même famille.

Mais à part cela, je suis au regret de reconnaître que je présente désormais, et en théorie, TOUS les symptômes de la maladie:

  • Dégoût d’un système has been qui prend aux plus modestes pour donner aux banquiers
  • Espoir d’un monde meilleur issu d’une prise de conscience collective
  • Émotion extrême face à la souffrance des peuples opprimés/en guerre/dénutris
  • Recherche d’informations autres que la télévision (journaux/sites indépendants…)
  • Boycott des produits alimentaires visuellement funky donc bourrés de trucs dangereux  (–> lecture attentive des étiquettes)

En pratique, lorsque je suis invitée à des soirées, je me retrouve toujours en bonne place dans des débats soit vertueux, soit houleux, en fonction de la distance qui me sépare du bar. Aussi, lorsque je suis censée me détendre dans un bain chaud, la vue de mon savon d’Alep me renvoie l’image d’une ville en ruines. Quand je me rends à une expo, je ne puis m’empêcher de m’émouvoir devant l’engagement d’un artiste. Quand je me mets au vert et que le silence orquestral sublime le chant d’un seul zozio, je repense aux cacophonies célestes que j’ai eu la chance d’entendre lorsque j’étais enfant, et aux nuages de papillons qui ont frôlé ma blonde tête. Je me dis alors que l’écologie est l’avenir de l’Homme, et hop, ça repart en boucle dans mon esprit torturé…

« Mais tu ne déconnectes jamais, c’est pas possible! »

Non! Jamais! Et c’est bien là, le problème! J’ai bien conscience que je ne suis pas normale, qu’est-ce que tu crois?! Tu imagines que je ne rêve pas, moi aussi, de clamer haut et fort « ah nan, moi c’est fini! Je n’écoute plus les informations, c’est trop déprimant! » dans les dîners et autres sauteries?

Pourtant, il me reste encore de l’Espoir. Car à l’heure où j’écris, je m’apprête à tester un traitement de choc qui aurait fait ses preuves, et qui serait capable de terrasser ma tu-es-trop-connectérite en moins de 6 mois de traitement.

 

Le protocole: 

 

Cyril Hanouna,

2 heures par jour voir 3 en cas d’empathie profonde non maîtrisée

Les Anges de la téléréalité

1h30 par jour

Du sexe pour le sexe

comme unique vecteur et tranquilisant social

Publicité

Tous les jours, jusqu’à ce que les slogans soient parfaitement mémorisés

Candy Crush

à chaque mixion ou défécation

Fast food

2 à 3 fois par semaine, réintroduction d’huile de palme dans l’alimentation quotidienne

Régime

sans ajout de culture indigeste (musées, livres, essais, concerts non sponsorisés par une marque de la filiale Monsanto, voyages non all inclusive, cinémas indépendants etc …)

Auto-affirmations

« Quand on veut, on peut »: 3 fois/jour,

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », matin, midi, soir

« Travailler plus pour gagner plus », 10 fois chaque matin

« Faut bien rembourser la dette », 3 fois/jour

« C’est que du bonheur », à chaque fin de phrase

Répondre systématiquement par: « Comme je dis toujours… » en guise de préambule

connected people

 

Pourtant, en plein fantasme de rémission, en plein rêve où je m’observe d’en-haut en train de signer un crédit Sofinco pour me payer une belle voiture rutilante que je vais rembourser à grands coups d’heures sup’ tardives sur le créneau normalement dédié à mes enfants que je ferai garder par une nounou que je paierai avec ce qui ne me restera pas d’heures sup’, une image saugrenue s’interpose: c’est ma calculatrice FX 82C. Je me rappelle un contrôle de maths de 5ème. Je l’avais oubliée chez moi, et cela m’avait décontenancée durant les vingt premières minutes. Pourtant, je me souvins que j’étais bonne en calcul mental, et soudain galvanisée, je vins à bout de ce devoir sur la proportionnalité en un temps moindre que si j’avais été équipée ce jour-là. J’avais tout simplement compensé un déficit.

Aujourd’hui, je suis toujours bonne en calcul mental. Et je sais que si certains n’ont pas assez, c’est parce que d’autres ont trop. Et inversement. Si l’on SURÉAGIT, c’est peut-être -je dis bien peut-être- parce que d’autres ne réagissent plus. Si l’on se retrouve en hyper-sensibilité au Monde, c’est peut-être -et je dis bien peut-être…- parce qu’une grande majorité s’est laissée anesthésier au fil du temps. Pourtant, il suffirait que chaque personne porte un verre d’eau pour éviter que quelques inconscients ne se retrouvent à se trimballer toute une citerne, et cela serait bien plus efficace au demeurant. Personnellement, mon hyper connexion, je la partagerais bien avec la terre entière. Même qu’on seraient tous potes au lieu de se renifler le derrière -sauf affinités- et de se toiser avec méfiance…

Je dédie cette chronique aux quelques relous qui, comme moi, ont le mauvais goût d’avoir trop d’empathie pour les autres (même envers des gens qui vivent très trèèèès loin de nous, t’imagines le truc…), et de SURÉAGIR sur l’actualité presque comme s’il était question de leur propre personne, et comme si leur opinion allait changer la face du Monde 😉 Et je dédie aussi cette chronique à ceux qui les apprécient 😉

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

 

 

Estelle Bee.

 

Une ambition intime: l’émission-vaseline de l’année

une-ambition-intime-nounours et cadavres dans les placards

Vous les avez aimés dans le rôle de politiciens magouilleurs, d’élus inconscients et nennontquefoutre des réalités des vrais gens, de planqués et retraités à vie d’un mandat qu’ils ont allègrement foiré, de hauts fonctionnaires anti-chômeurs, anti-vieux, anti-musulmans, anti-profs, en T-shirt et anti-T-shirts….? Alors, vous les adorerez dans le rôle de mignons bébés phoques immaculés dans Une ambition intime sur M6.

Le concept: la peopolisation des politiques qui ont pour dessein de diriger le pays demain.

D’emblée, la mise en scène donne le vertige. Appart’ cosy ou hôtel particulier avec jardin, on ne peut que reconnaître que Karine Lemarchand SAIT recevoir. D’ailleurs, M6 s’est donné la peine de nous faire découvrir avec un réalisme sans pareil l’envers du décor avant l’arrivée du candidat, nous dévoilant ainsi tous les atours de la présentatrice-vedette, sorte de Brie Van De Kamp, madone et putain à la française. Selon le politique à choyer,  le préambule diffère quelque peu. Car Karine est une nana like us: elle est la maîtresse de maison qui s’affaire à couper du sauciflard avant de s’acheminer vers le douillet salon munie d’un plateau qu’elle a elle-même garni de ses petites mimines, et elle est la coquine qui allume délicatement une bougie parfumée et verse un breuvage tannique dans de jolis verres à pied, avant de s’alanguir sur le sofa, complètement raccord avec la musique d’ambiance, une reprise humide et haletante de Believe de Cher.

le décor: potasseriez à la française

S’attend-t-on, à ce stade, à ne serait-ce qu’un minimum d’échange de fluide politique? Clairement NON. Et l’on a raison. Car la politique, sur M6, on s’en carre. Ce qui compte, c’est l’homme. Et le petit coeur tout mou qui bat sous la chemise hors de prix.

Car, pourquoi encourager des électeurs à lire des programmes politiques, lorsqu’on peut les pousser à baser leur choix sur une coiffure, une couleur d’yeux, ou un humour grivois? Pourquoi ennuyer les gens avec des discours soporifiques visant à dissimuler l’intérêt personnel et la misère idéologique, quand, au contraire, on peut émouvoir la ménagère qui, de fait, donnera sa voix au petit enfââââ fragile qui a mal vécu la séparation de ses parents, à l’ancien ado obèse complexé ou à un type souffrant du syndrome du côlon irritable?

 

« Rhôôôô, t’as vu Sarko comment il aime ses gosses??!!!!! « 

« La vache! Qu’est-ce qu’il est sensible, Bruno Lemaire! »

« Ben tu vois, je la trouve courageuse, Marine Le Pen, avec l’enfance tourmentée qu’elle a eue… »

« T’as vu Montebourg quand il a pleuré? Ah j’te jure, j’ai l’ai vraiment découvert, là! »

« En vrai, il est cool Bayrou! T’as vu son Give me five avec Lemarchand? »

« Juppé, c’est vraiment LE type qui rassure, le père de famille idéal, quoi… »

« Rha lala, comment il était chou, Fillon, sur sa photo de classe! »

En conclusion:

À l’instar du collégien effaré de surprendre son prof de maths en train de choisir du papier toilette au supermarché, il semblerait que les téléspectateurs soient totalement fascinés de découvrir que les politiques sont aussi des hommes et des femmes qui font pipi et caca, qui aiment leur famille, qui pleurent parfois, qui disent merde ou bordel (faut bien coller au cadre), et que, pire encore, ils ont même été de mignons petits nenfants, naguère. Mais ATTENTION: cela n’empêchera pas la plupart d’entre eux (Sarko, Macron, Hollande, Fillon, JUPPÉ et ses casseroles en fonte etc) d’avoir pour ambition de vous faire bosser jusqu’à 70 ans, de dérembourser plus encore vos médoc’, de vous faire travailler 45 heures par semaine (= burn out, cancers, divorces…), de faire crever la dalle à tous les retraités, de réduire tous vos acquis sociaux à peau de chagrin au nom d’une dette qu’eux seuls ont choisi de contracter, et de vous persuader que c’est normal, qu’il n’existe aucune autre alternative, mentant encore et encore à tous les gens qui ont permis leur ascension. N’oublions pas qu’un jour, le Gremlin aussi a été un Mogwaï, et que cela ne l’empêchera pas de vous éviscérer pour autant. N’oublions pas non plus que les chaînes de télé sont pour leur majorité détenues par les plus grandes fortunes de France, et que ces fortunes-là sont servies par ces gens-ci 😉

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Contre le « vote utile », les tentatives d’abêtissement des masses, et les lubrifiants médiatiques,

 

Et pour la liberté de conscience,

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INDIGNONS-NOUS!

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Estelle Bee.

 

 

LE BREXIT, ÇA M’EXCITE…

le brexit, ça m'excite...

Voilà, c’est fini. Et apparemment, la nouvelle surprend tout le monde. Est-il donc si extraordinaire qu’un peuple décide pour lui-même, et non pas pour le marché mondial? Est-il si illusoire de penser qu’une des plus grandes puissances du Vieux Monde ne trouve pas ses intérêts et son bonheur individuel à jouer à la gueguerre capitaliste avec le Nouveau Monde et la Chine? Est-il si insensé que des gens comme nous, des étudiants, des bosseurs, des parents, des vies de chair et d’os quoi, puissent exprimer leur sentiment d’être maltraités, d’être asphyxiés par la pression de ce corset aux fils de fer que l’on serre toujours plus pour les astreindre à un régime qui va à l’encontre de leur nature?

Et bien moi, au milieu de ce marasme hypocrite, de ce catastrophisme surjoué façon Sarah Bernard qui vise à diviser en semant la terreur, pour mieux régner, comme toujours, je l’avoue, je l’affirme, me le susurre pour moi-même, et finalement, le régurgite, le clame, le crie, l’exulte:

LE BREXIT, OUIIIIIIIIII, ÇA M’EXCITE!!!!!!!!!

 

Mais ça m’excite à un point, vous ne pouvez imaginer…

Tout d’abord, ça m’excite de googleliser le mot BREXIT et que le premier lien qui me soit présenté soit celui du Figaro qui titre que les bourses s’effondrent désespérément. Que voulez-vous, on ne peut rien contre la loi de la pesanteur. Je me demande même quel bruit ça fait, des bourses qui s’effondrent. Le grincement sourd du Titanic qui sombre? Tiens, faudra que je fasse un crochet par une maison de retraite pour enquêter sur le sujet…

Car ce qui m’excite, voyez-vous, c’est d’imaginer les banquiers, les traders, les courtiers en costard Armani en train de vociférer, suintant comme des taureaux camarguais en pleine manade, les muscles saillants, le bulbe éreinté, afin de rattraper in extremis toutes les bourses dégringolantes qui ne réagissent plus au Viagra libre-échangiste dicté par l’Europe. Je peux percevoir l’excitation engendrée par la peur, stimuli ambigus mêlant Eros et Thanatos dans une ultime étreinte avant la mise à mort. C’est un peu le réflexe physiologique du pendu, le même que celui qui fait rage chez nos agriculteurs que Bruxelles assassine par ses normes absurdes. Pauvres soldats de la City, pions de dirigeants irresponsables, eux qui étaient déjà en burn out, les voilà à présent affublés d’un burnes down. Herk, pas beau à voir.

Burn out burn down

Ce qui m’excite aussi, c’est de m’assoir sur mon canap’, et de mater à la télévision tous ces pauvres clowns tristes de politicards avec leur bouche en cul de poule façon José Garcia imitant Cindy Crawford, qui expectorent de fausses excuses de fraternité visant à écorcher l’affect des téléspectateurs. Bla bla bla les anglais ne nous aiment plus, et bla bla bla, nous sommes tous frères dans cette Europe utopique qui nous unit, sur un air de Hill the world qui ferait bondir Mickaël Jackson hors de son cercueil en alu, alors qu’ils n’en ont rien à carrer de nous depuis le départ. Et ce qui m’excite, c’est de penser que je ne suis pas la seule à leur adresser un majeur tendu, tranquille sur mon sofa, en sirotant une limonade.

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Car ce qui m’excite, c’est de les voir s’enfoncer dans leurs bobards, dans un contexte social qui les confond l’un après l’autre. Mais aujourd’hui, ils persistent et signent à la pointe de leur dernier sursaut de pendu, que l’Europe, telle qu’elle est conçue, est une chance, alors que la Loi du Travail est une demande de Bruxelles qui affecte TOUS les pays européens. Mais depuis des mois, on se garde bien de nous diffuser les images des mouvements contestataires voisins qui pourtant font rage. Dis donc, il a des limites, le libre-échange!!! Au contraire, l’on se régale à manipuler les faits de rue pour faire du pays de Charlie l’état le plus policé, pendant que les polissons éructent que l’on fait la part belle au FN, alors qu’en réalité, ils font TOUT pour se retrouver face à l’extrême droite au deuxième tour, pour être sûrs de gagner façon Chirac.

 

Oui, le Brexit, ça m’excite! La seule idée de mettre des taules en chaîne en déposant mon érotique X de BREXIT sur Lettre compte triple lors de mes futures soirées Scrabble m’émoustillait déjà beaucoup. Mais le fait de m’imaginer tous ces vendus de politiciens perdre leurs cheveux par touffes (sauf Juppé qui en perdra peut-être ses poils d’oreilles) en se disant que merde, ces cons abreuvés de désinformation et de football prennent quand même le chemin des urnes, me donne envie d’aller embrasser l’Angleterre qui a compris qu’on a pourri notre Europe, et qu’elle est juste un prétexte pour jeter un voile terne sur nos libertés et acquis sociaux pour ne faire prospérer que quelques gros poissons.

Le Brexit, ça m’excite tellement que j’ai des envies bizarres et soudaines de me siffler des pintes de Guinness, moi qui ai horreur de la bière, de boulotter des maquereaux à la framboise, de déposer une gerbe sur le pont de l’Alma, bordel!!! De regarder des films mièvres avec Hugh Grant, de faire l’amour dans un cottage, d’adopter un putain de Yorkshire qui aboie tout le temps comme un con, de m’empiffrer de Jelly tremblotante comme les fesses de Kim Kardashian, de boire du Whisky dégueu et de déposer, après tous ces mélanges, un autre type de gerbe au pied du parlement européen en attendant notre référendum à nous, en mai 2017!!! Putain, mais qu’est-ce qui m’arrive???

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dis-moi combien tu m'aimes

Oui le Brexit, ça m’excite, et je t’emmerde!

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Parce qu’ils nous ont volé notre Europe, indignons-nous!!!

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Estelle Bee.

 

 

 

 

Loi El Komhri : la feuille de salade entre les dents du gouvernement.

Loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

C’est un de ces instants incommodants de la vie où vous êtes le seul à ignorer que vous êtes franchement ridicule. Pire encore, en sortant de chez vous, vous pensiez que vous aviez tout bon : la bonne cravate, le sourire ultra bright, la bonne énergie, l’haleine fraîche, la bonne couleur de rouge à lèvres, la bonne adresse… Mais voilà… Vous aviez négligé un infime détail qui a causé votre disgrâce, et vous a, pour le coup, donné envie de vous terrer dans un ashram à Pondichéry pour les trente prochaines années.

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Le problème par l’exemple

Imaginez ce jeune cadre dynamique qui, en sortant de l’entretien d’embauche de ses rêves, réalise devant le miroir des toilettes qu’une crotte de nez de la taille d’une feuille de bananier (séchée) vient de sceller le sort de ses ambitions les plus chères,

C’est aussi ce jeune homme timide qui vient enfin de se décider à envoyer ce sms qu’il a modifié 83 fois à cette brunette qu’il a croisée lors d’un stage. Mais au bout de trois interminables jours sans réponse, il réalise qu’il a triomphalement achevé son texto d’une grosse baise. Juste un « a » de trop…

C’est cette étudiante sûre d’elle –et entre autres, ce fut moi- qui arpente les couloirs de l’immense université d’un pas décidé, afin de prétendre à une bourse au mérite auprès du directeur adjoint, et qu’une parfaite inconnue prévient discrètement que l’intégralité de sa jupe est coincée dans ses collants, derrière, alors que trois bonnes heures se sont écoulées depuis le dernier repoudrage de nez

C’est aussi cette pétulante quadra pleine d’humour qui foirera ce rendez-vous avec cet homme à peine plus jeune qu’elle, rencontré sur horlogebiologique.com, puisque ce dernier n’aura pas été capable de se projeter au-delà de la feuille de scarole qui dissimulait son incisive droite, alors qu’elle se livrait généreusement à lui.

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Je repensai subitement à ces instants burlesques en écoutant Madame El Komhri affirmer qu’une loi du travail qui allongeait les journées de labeur des salariés était infiniment pourvoyeuse de nouveaux emplois. Je l’écoutais, patiemment, jusqu’à l’insupportable, essayer de nous démontrer que – si, si !- on pouvait transvider un litre dans une bouteille de 75 centilitres.

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Elle faisait d’ailleurs entendre que ceux qui pensaient le contraire possédaient une âme d’un autre temps, et qu’en somme, nous étions tous des Godefroid de Montmirail atterrés devant l’incontournable modernité qu’elle incarne, elle, avec tous ces bouffons au cœur laid que nous avons eu le malheur d’élire, parce que nous sommes profondément gentils, et que les gentils ne s’attendent pas toujours à se faire sodomiser à sec trahir par ceux à qui ils ont fait la courte échelle.

Car Madame la ministre croyait elle aussi avoir tout bon au départ. Après s’être pliée au sempiternel relooking, ponçage et vernissage de langue de bois de rigueur, elle accédait au ministère toute pimpante et certaine, elle aussi, d’avoir tous les bons réglages. 

Mais voilà, les mouvements sociaux de Nuit Debout et les grèves en série commencèrent à mettre en lumière cette petite feuille de roquette récalcitrante qui entachait sa personne, jusqu’à ce que l’on en vienne à ne voir plus que cela en elle. Et la petite feuille de roquette devint finalement sa synecdoque, c’est à dire, (pour toi, futur bachelier !), sa partie pour son tout.

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La solution

Lorsque nous avons une feuille de salade entre/ sur les dents, il est hélas rare de s’en apercevoir seul. C’est souvent une tierce personne qui nous en informe discrètement après que d’autres timides témoins n’aient pas osé nous en faire part.

Et lorsque l’information nous parvient, que faisons-nous en général ? Nous remercions notre sauveur et nous précipitons dans les toilettes pour retirer la souillure et nous laver de l’infamie.

Mais Madame El Komhri, elle, se doit de garder jalousement sa feuille de laitue afin de ne pas agacer Manu et Manu. Elle est, autrement dit, obligée de COMPOSER, avec plus ou moins de talent.

Alors, si vous aussi vous vous retrouvez un jour affublé(e) d’une verte feuille mi-cuite sur les chicots, ne prenez pas la peine de corriger le tir, jouez là plutôt comme Tante Myriam en trois temps :

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  1. Le déni :

Technique illusionniste inventée par Magritte, le « ceci n’est pas une pipe », sorte de « chéri, c’est pas ce que tu crois » du mari volage surpris en train de trousser sa proche collaboratrice sur la console de l’entrée du foyer est LE réflexe primaire de celui qui est censé courir se cacher dans un trou de souris, mais, pour une quelconque raison, décide de rester et de prendre –en plus- les autres pour des cons. Ainsi, tout comme Madame El Komhri le fit en soutenant mordicus que son projet de loi n’asservissait pas les salariés –bien au contraire !- vous prendrez le parti de conserver l’horrible souillure en affirmant que non, non, ceci n’est pas une salade, mais une simple illusion d’optique.

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loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

  1. C’est çui qui dit qui est :

Sorte de Cékikapété d’élève de CE2 ne pouvant déguerpir de sa salle de classe, le « C’est çui qui dit qui est » est une technique manipulatoire de duel visant à écraser l’autre pour réchapper à une situation : par exemple, faire diffuser en boucle des scènes de violence anti-flics afin de dissimuler une féroce politique de répression de mouvements sociaux pas très catholique… Ainsi, il vous suffira juste de décoincer votre feuille de laitue et de l’enfoncer violemment dans les gencives de votre adversaire.

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  1. La condescendance :

Mode d’expression consistant à faire passer les autres pour de gros has been, un peu à la manière d’une Cristina Cordula « Mais ma chériiiiie, ce n’est PAS POS-SIBLE !!! ». C’est ce dont Tante Myriam use et abuse ces derniers temps en se faisant passer pour une modeuse de la politique d’un pays qui se trimballe des blazers à épaulettes, des T-shirts Waïkiki et des big moustaches d’un autre temps. Car elle a la solution miracle pour nous relooker : vider nos placards de force, et faire brûler toutes nos frusques sur le bûcher du progrès. En d’autres termes, sourire à pleines dents, exhiber son infâme reste de midi, et se gausser des gens qui ont les dents brossées. Risqué, mais efficace sur ceux qui n’ont pas le moindre amour propre.

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  1. Parler pour les autres :

En désespoir de cause, vous pourrez toujours dire à votre interlocuteur qu’il est LE SEUL – ou très minoritaire- à penser qu’avoir une feuille de laitue coincée entre les dents soit moche, et que la part silencieuse de la société ne dit mot parce qu’elle consent…

Heureusement que les personnalités politiques sont là pour nous donner des leçons de sauvetage des situations les plus désespérées avec une grande dignité…

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N’oublions pas que le prochain brossage de dents est prévu pour 2017, et que chacun d’entre nous est un poil sur la brosse…

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Contre la destruction massive de nos derniers acquis sociaux, pour notre bonheur individuel et nos libertés, indignons-nous !

.loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

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Estelle Bee.

Les kaïras du seizième

les haïras du seizième ne se nourrissent pas aussi mal que ceux des banlieues

 

L’Etat d’urgence est maintenu en France, et cela n’est finalement pas une si mauvaise nouvelle. Car une espèce de délinquants jusqu’à présent méconnue fait désormais trembler l’hexagone. D’après les divers portraits-robots, le voyou serait de type européen, et porterait des complets impeccablement taillés, des cravates moches, une vilaine raie sur le côté, des chaussettes Burlington et des souliers bien cirés. Son homologue féminine, quant à elle, serait reconnaissable grâce à son sempiternel serre-tête de velours, son étrange phrasé en cul de poule constipée, ses cardigans de cachemire, et ses sacs à main en cuir d’autruche de chez Hermès. Elle fréquenterait régulièrement les salons de thé où elle échangerait sur notre bonne vieille France où tout part à vaux l’eau avec ses super cop’s Ludovine de la Rochère et Frigide Barjot, avant d’aller éructer ses viles pensées dans l’intimité d’un confessionnal duquel elle ressortirait avec le sentiment que son âme est aussi blanche que son triste postérieur osseux. En tout cas, après les cinq je te salue Marie que lui délivrerait le Père Geoffroi, avant de lui demander des nouvelles de Pierre-Philibert, son mignon petit dernier.

Le kaïra du seizième ne se fond pas dans la foule, puisqu’il exècre son prochain, dont il ne sait d’ailleurs pas qu’il est le prochain, ou s’abstient tout du moins de le considérer comme tel. Le kaïra du seizième ne présente pas l’embonpoint de celui du 93, puisqu’il évite de se nourrir de tous ces vilains produits que l’on trouve à ras du sol dans les rayons des supermarchés. D’ailleurs, le kaïra du seizième abhorre les supermarchés. Il a ses p’tites habitudes chez les gentils commerçants bien français de ce quartier qui a vu naître cinq générations de sa famille de kaïras.

En cas d’élection, le kaïra du seizième diffère grandement des kaïras à casquette et capuche : lui, il se déplace systématiquement pour aller glisser son bulletin de droite conservatrice aux valeurs d’après-guerre dans l’urne.

Lorsqu’il est confronté à un discours un tant soit peu altruiste ou humaniste, le kaïra du seizième se plait à employer des mots très très grossiers comme Populo, ou Gaucho avec un mépris qui rend son visage aussi laid que son cœur est putride, c ‘est dire si c’est pas beau à voir…

Le kaïra a toujours existé, mais sa délinquance n’est manifeste que depuis quelques jours. Depuis que sa bouche s’est faite porte-parole de son âme, à l’occasion de l’annonce de la création de logements pour les sans-abris à l’orée du bois de Boulogne, en persiflant des  Salope, des Hidalgo au Bois, des  Connards,  Escrocs, Fils de pute, et mon préféré « brosse à caca », à s’en déchirer l’aluette. (gentille aluette)

lorsque les pauvres n'auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches

Car c’est un fait : c’est quand on s’aventure à égratigner ses privilèges que le kaïra du seizième dévoile son hideux visage, dont celui des banlieues n’est que le miroir. Parce que le vrai problème du kaïra du seizième est qu’il veut tout garder pour lui, à part peut-être ses chambres de bonne insalubres de 3 X 3 mètres qu’il loue pour la modique somme de 900 euros à des acteurs en herbe venus de province. Le kaïra du seizième est bien entouré. Bien conseillé. S’il le pouvait, il dormirait lui-même dans une grande niche fiscale, afin que personne ne vienne lui demander de participer à la collectivité. Bien souvent, il n’a même pas besoin de se déplacer pour ses affaires, puisque les courtiers suisses vont désormais tous seuls à Lagardère, pendant que Christian Eckert fait voter des lois en pleine nuit pour permettre cela. Pendant ce temps, les français moyens sont tenus de faire des efforts pour éponger la dette de la France.

Les kaïras des banlieues exultent parce qu’ils n’ont rien, les kaïras du seizième vocifèrent parce qu’ils ont TROP. C’est d’ailleurs ce que dira Claude Goasguen, député-maire – Les Républicains- du 16ème, sans même se rendre compte de l’énormité de sa logique :

Des gens (sans abris) qui n’auront pas la place d’être accueillis en centre d’hébergement, voudrons naturellement s’installer tout autour, puisqu’il y a la place (!), et cela est inadmissible.

Évidemment. Mieux vaut installer ces pauvres gens là où il n’y a pas de place, hein, tant que les bons pères de famille en quête de sensations pas très républicaines peuvent discrètement promener leur berline rutilante à l’orée du bois, en attendant que la Grosse Lulu ou que Graziela do Brazil soit dispo.

Non, le kaïra du seizième ne réfléchit pas comme vous et moi. Il n’a aucun sens des priorités, puisqu’il ne connait ni l’urgence, ni la survie. Cette décision de la ville de faire preuve de solidarité envers son semblable est vécue comme (sic) du mépris vis à vis des habitants du quartier, qui (sic) ne veulent pas de cette jungle, comme le précisera un délicieux riverain, ex PDG de la française des jeux.

Chaque décision, chaque idéal, chaque théorème a sa réciproque. Lorsque je dis NON à quelque chose, c’est au nom d’une autre valeur à laquelle je dis oui. Lorsque certains ont trop, c’est que d’autres n’ont pas assez.

Le kaïra des banlieues n’est que la réciproque du kaïra du seizième, qui était là avant. C’est lui qui a enfanté de l’autre. Mais lorsque pour échapper à la solidarité la plus élémentaire, il hurle des insultes envers des élus ou hauts fonctionnaires de police, on ne peut nullement lui accorder l’excuse de la pauvreté de son dictionnaire. En fait, sa monstruosité n’a aucune circonstance atténuante.

Pourtant, je ne m’inquiète pas pour la suite. Étant donnée la conjoncture, les kaïras du seizième sont voués à l’extinction de leur espèce. Car lorsque les pauvres n’auront plus rien à manger, ils seront bien obligés de boulotter les riches. 😉

En attendant, allons voter pour des gentils…les kairas du seizième

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir,

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Estelle Bee.

Football et Prime d’Éthique: merci mon chien!

Football et prime d'éthique, merci mon chien

C’est une vraie ré-vo-lu-tion dans le monde du travail ! Et, une fois n’est pas coutume, c’est l’entreprise du football professionnel qui montre l’exemple à tout le patronat (Pierre Gattaz, prend des notes stp) en valorisant ses honnêtes travailleurs de la manière la plus juste qui soit par la création d’une Prime d’Éthique mensuelle visant à récompenser la citoyenneté de ses poulains.

 

Prime d’Ethique, Késako ?

L’affaire est ressortie récemment dans les médias alors que le délicieux Serge Aurier, joueur ivoirien et accessoirement arrière droit au PSG, donnait libre cours à sa liberté d’expression homophobe, en traitant de fiotte Laurent Blanc, son entraîneur, pendant un tchat vidéo dans la nuit de samedi à dimanche. Depuis, ses patrons se demandent si oui ou non, ce petit glissement mérite que celui qui se surnomme lui-même « l’ambiançeur » se voie retirer sur le champ –pelouse- sa prime d’éthique, c’est à dire de bonne conduite basique, qui s’élève à 20 000 euros mensuels. Car c’est un fait, depuis l’arrivée des Qataris, tout joueur qui se comporte comme un être humain et non comme un animal, en s’abstenant d’insulter, molester, gifler, violer, ou cracher au visage de son prochain est dignement récompensé d’une prime allant de 20 000 à 40 000 euros mensuels.

 

Par cet incroyable exemple, le Monde du Football fait sans le savoir une vraie proposition à nos politiques pour lutter contre l’insécurité et en même temps, injecter une bonne dose de Viagra dans la courbe de croissance de notre pays ! Ainsi, cette prime pourrait être étendue à tous les salariés qui feraient preuve d’une citoyenneté de base dans leur entreprise. Mais voyez plutôt par l’exemple :

 

 

La prime d’éthique ? Pour qui?

Donc, toi, l’infirmière qui es à un doigt et demi de dire à cette rombière qui te sonne pour la quatorzième fois d’appeler SOS Détresse Amitié et de te lâcher la grappe (bordel),

 

Toi le cuistot Sodexo payé au lance-pierre qui recraches tes glaires dans le hachis Parmentier quand tu as les boules contre ta direction,

 

Toi qui ne parviens plus à rester professionnel,

 

Toi qui bâcles ton boulot vu que plus personne ne t’augmente depuis dix ans,

 

Toi qui te retiens très fort de coller un coup de tête à ton harceleur de chef plus jeune que toi,

 

Toi qui peux à peine te retenir de donner des surnoms humiliants à tes employés,

 

Et même toi, la mère de famille qui as besoin d’une vraie bonne raison pour ne pas claquer tes enfants en pleine allée centrale de Carrouf à la moindre bouffée de stress,

 

Et aussi toi, le mari à la sauce talibane qui ne comprends pas en quoi coller un arbre à cinq branches à ton Ispicedicounasse est répréhensible,

 

Oui, toi ! Quel serait le prix de ta citoyenneté ?

 

Et toi, c’est combien ta prime d’éthique? 

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d'animalité) du salarié, selon l'image

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d’animalité) du salarié, selon l’image

D’après mes calculs, la prime d’éthique s’élève en moyenne à 1/16ème du salaire mensuel du travailleur. Évidemment, le footballeur professionnel, du fait de son métier ingrat, touche en un an ce que quiconque ne touchera qu’en 40 années de bons et loyaux services à l’usine. Mais ce barème peut toutefois nous éclairer sur ce qu’il en sera de notre prime à nous, lorsque le gouvernement appliquera la prime d’éthique à tous les salariés.

Ainsi, toute caissière qui s’empêcherait de rétorquer « Tu l’as vu, çui-là ?! », majeur tendu vers le ciel, à un client qui lui demanderait de bien vouloir le faire passer alors qu’elle est sur le point de fermer sa caisse, toucherait environ 80 euros de prime mensuelle.

 

Tout enseignant se verrait verser 115 euros en évitant de gifler façon Bayrou un chérubin de quatorze ans qui prétend que les journalistes de Charlie, à la chair béante des massacres de la veille, ont bien largement mérité leur sort au nom de la vengeance d’un prophète. Et une prime supplémentaire de 20 euros afin de ne pas envoyer des parents se faire empapaouter sur une île grecque lorsqu’ils s’inquiètent de savoir pourquoi toi, le larbin, tu t’acharnes avec malveillance sur leur innocente progéniture en n’attribuant que des notes pourries sur ses copies quasi-blanches (quadrillées, en fait…) alors qu’il est « surdoué ».

 

Une esthéticienne pourrait se voir attribuer une prime d’éthique de 75 euros si elle daigne nettoyer ses gros doigts gourds et brosser ses ongles sales avant de poser ses mains sur l’innocent visage à traiter. Il lui sera demandé, pour un léger supplément de 20 euros mensuels, d’éviter de se curer le fond des narines pendant les soins.

 

Le montant de la prime sera le même pour un coiffeur si, en général, il se retient de menacer un jeune client trop remuant de lui planter sa paire de ciseaux entre les deux yeux s’il continue de gigoter ainsi. Et peut-être aussi pour lui donner la force d’écouter les détails navrants de la vie des clientes qui le prennent pour Macha Béranger sans leur éructer un Putain, tu m’a saoulé, la vieille ! Maintenant, tu veux pas la boucler, juste pour voir ? 

 

 

Un médecin urgentiste, quant à lui, toucherait 160 euros mensuels pour trouver le courage de réceptionner des clodos bourrés et pestilentiels qui lui crachent des insultes au visage, sans pour autant leur coller violemment une seringue de Propofol en travers du dos, façon péridurale (Mickael, si tu me lis…)

 

Et je ne parle même pas du montant de la prime à laquelle pourraient prétendre les politicards s’ils avaient la courtoisie de ne pas tremper dans la première affaire de détournement qui leur fait de l’œil…

 

Pourtant, en plein fantasme de ce Monde Meilleur, quelque chose vient me gâcher le paysage. C’est juste l’image furtive d’une cour d’école, mais elle me glace soudain l’échine:

Car je me demande juste si nos enfants continueront de nous respecter s’ils ne sont pas rémunérés en conséquence,

Je me demande juste si nos élèves s’abstiendront de traiter leurs enseignant(e)s de connards, de pédés, de sales juifs ou de grosses putes si nous ne les payons pas pour cela,

Je me demande si ces enfants daigneront même apprendre à lire et à écrire si, en retour, ils ne reçoivent pas des cartes d’abonnement pour assister à des matches de foot…

Car la vérité dans toute cette affaire, c’est que la recherche d’éthique ne peut se faire que sur des chiens…

L'Éthique du PSG au microscope

L’Éthique du football français au microscope

Par le choix de nos programmes, indignons-nous!

 

Mieux en rire qu’en mourir…

 

Estelle Bee.