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No, Please don’t let me play DIFOOL, but DOC

J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc ! Ce qu’il y a de bien avec internet, c’est qu’au hasard d’une recherche, on peut passer du coq à l’âne et digresser aussi sévèrement que dans des conversations de filles, au point de ne plus savoir quel était le sujet initial. (Heeeuuu…. Qu’est-ce que je disais déjà ? est une phrase que je n’ai jamais entendu sortir de la bouche d’un homme). C’est ainsi que l’on se retrouve dans un forum sur les fosses septiques en pleine quête des dernières astuces pour bien manger de Jean-Pierre Coffe, ou sur un site de livraison de charcuterie corse alors qu’on effectuait des recherches sur DSK. C’est ce qui m’est malheureusement arrivé en ce dimanche pluvieux et grippal. J’étais en train de coucher des idées sur mon clavier lorsque soudain j’eus ce doute affreux: Est-ce que l’expression argotique « ça daube » s’écrit de la même façon que « la Daube », le plat en sauce quoi !??

En un clic je lançai la recherche en l’état – ça daube – sur Google, je choisis le deuxième lien proposé, et là JE LE VIS : Sur un forum, le message d’un homme à terre, une sorte de SOS d’un terrien en détresse version « Wesh Wesh sur les griffes de ma soeur, guette le boule d’la meuf, elle a pété le joint de culasse ou quoi ? »

Un homme parmi tant d’autres, dans l’urgence, mais beau et digne dans sa souffrance. Un homme d’autant plus valeureux que le lecteur ne peut ignorer, après une lecture attentive de ce qui va suivre (attention âmes sensibles s’abstenir) qu’il est clairement sorti de son périmètre de sécurité, de sa zone de confort, pour aller demander de l’aide en Terra Incognita. Frédéric Lopez –Rendez-vous en Terre Inconnue- appréciera le dépaysement.

 

 Le titre:  Help, quand je pête ça daube le cadavre, c’est a vomir,

 Posté par S….. à 22h11.

Help, quand je pête ça daube le cadavre, c'est a vomir,  envoyé par S….. à 22h11. « salut, voila ca fais une semaine que j’ai un gros blème, j’ai mal au bide et puis j’arrêtte pas de péter, et ca daube un truc de fou. Je lache une caisse presque toute les 2 minutes, quand sa passe j’ai l’inpression que j’ai le bide qui va éclaté et aussi, ca me brule le fiond horrible. Aprés ca sors tout chaud et la putain sa daube trop grave, genre la dreum mais en fait s’est pas seullement la dreum, ca pue aussi comme le souffre, style le cadavre. Tiens la je viens d’en lachez une, et voila sa daube énorme, tellemand que j’ai envie de bégere. (…)hier j en est lachée une dans le bus et je me suis taper une réflection d une vielle a coté, je peut pas me retenire. Normallement quand s’est toi qui pêtes, tu suportes el la je peut meme pas suporter. Ca pue longtems, aprés tout put ma caisse, c’est trop la honte. Si sa daube le cadavre comme ca, S que sa peut étre un bouts de mes tripes qui commence à pourrire? faut que j’aïe a l’osto ou un truc comme ca? et puis le truc s’est que j’ai vraiment gavé trop honte car j’ai une copine et j’oze+ lui demandé de me faire une pipe, car si je lui lache une caisse à la geulle pendent qu’elle me suces elle va carément crever! Aider moi svp merci. »

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Forte de mon expérience, je me suis dit que l’occasion pour moi de vivre mon rêve d’être LE DOC était arrivée, et qu’enfin j’allais pouvoir venir en aide à mon prochain, et l’aiguiller dans sa quête de lui même dans un monde où l’hostilité fait rage :

« Cher S….. ,

J’entends, je devine, je sens – surtout – ta détresse. Ton corps change, et ce n’est pas sale.

Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. Sache qu’il n’y a pas de fumée sans feu, et que tu ne peux pas garder au plus profond de toi des idées si nauséabondes qu’elles finissent par polluer ton univers au point de t’éloigner de ton entourage qui ne peut que ressentir ta confusion. Si tu ne tiens pas compte de tes propres besoins, tu finiras par faire le vide autour de toi. Contenir ses envies ou les refreiner est le meilleur moyen pour qu’elles s’accumulent dans une longue frustration, et finissent par exploser avec la même violence que celle d’un volcan en éruption. Je te propose donc de faire le point sur ton sentiment de honte en essayant d’en connaître la source, si tu ne veux pas te retrouver à 10 sur l’échelle de Richter. Je suis sûre que tu mettras bien assez vite le doigt Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. dessus. En outre, il me semble judicieux que tu tiennes ta douce amie éloignée de l’épicentre pour un temps, il serait dommage qu’elle soit une victime collatérale de ta quête intime et existentielle. Courage S…., et n’hésites pas à nous tenir informés de ton ouverture spirituelle et intellectuelle. Bisous. »

 

LE DOC

 

Voilà, à mon sens, tout l’intérêt de faire exploser enfin toutes les horribles barres HLM, ghettos bien pensés d’une époque révolue, pour que des gens condescendants comme moi n’aient plus l’occasion de se gausser des gens comme lui, que l’exclusion ne permet pas de sortir de l’illétrisme mais conforte chaque jour dans sa misère intellectuelle.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi éloignés l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi loin l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

A méditer,

 

Estelle Bee.

Génération Lovin’Fun, 1992-1998.

Nabilla ou la synecdoque (la partie pour le tout)

ALLÔ??! ALLÔÔÔÔ??!

NON MAIS ALLÔ QUOI?!!

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Quiconque ayant vu passer un zapping télé ces derniers jours est forcément tombé -de haut- sur ce grand moment de télévision qui fait le buzz et les choux gras d’NRJ12 où fait rage l’émission Les Anges de la téléréalité, qui s’est donné pour mission de recycler des people issus d’autres reality shows, un bon geste pour l’environnement, dans une époque où tout se jette et rien ne se transforme.

Un espoir pour toute une génération

Contre toute attente, cette tirade, que j’ai désormais nommée Le monologue du shampoing ne s’avère finalement pas plus hygiénique que son ancêtre Les monologues du vagin. Nous pourrions ainsi aisément nous moquer de celle qui, à l’instar d’une Loana, d’un FX, ou d’une Afida Turner, ne finira pas forcément en bon état physique ou psychique. Toutefois, à travers cet extrait, il m’est soudain clairement apparu que Nabilla – ou Nabiloute, comme disent les gens du Nord qui apparemment ont aussi dans le verbe le soleil qu’ils n’ont pas dehors- est avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni travail ni fatigue ni patrie. Elle n'est donc RIEN D'AUTRE QU'UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l'intègrent dans le programme s'ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l'accoutumée, de gonfler artificiellement les notes.travail ni fatigue ni patrie. Elle n’est donc RIEN D’AUTRE QU’UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l’intègrent dans le programme s’ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l’accoutumée,  de gonfler artificiellement les notes.

Au programme: réussir sa dissertation de français

Ainsi, dans son monologue du shampoing, notre belle plante nous livre un bel exemple de cette figure de style que l’on appelle la synecdoque ou métonymie,  qui consiste à nommer la partie pour le tout, ou le tout pour la partie. Cet exemple, pour le coup, ringardise pour une bonne quinzaine d’années la tirade du Cid – « Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... »- que nous avions apprise par coeur en guise d’illustration à l’époque où les jeunes, c’était nous. Nos futurs bacheliers comprendront donc bien ici, que le shampoing est une synecdoque des cheveux qui eux même sont la synecdoque de la femme.

Pour consolider ce récent acquis, l’enseignant aura tout intérêt à faire apprendre par coeur aux élèves une série d’exemples courts qu’ils devront restituer pour le cours suivant, dans une thématique et un style étroitement liés au Monologue du shampoing, afin que les jeunes se sentent en confort avec leurs devoirs.

A savoir par coeur pour lundi prochain:

 

  • T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô quoi?!!

C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

Allô ??? Nan mais allô quoi ! T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô ?!! C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

  • T’es djeun’s et t’as pas d’I Phone. Non mais allô quoi?

C’est comme si j’te dis «  t’es jeune et t’as pas d’oreilles »

  • T’es riche et t’as pas d’Porsche. Allôôôôô ???

C’est comme si j’te dis « t’es riche et tu payes tes impôts en France »

  • T’es handicapé et t’as pas d’fauteuil. Non mais Allô quoi???

C’est comme si j’te dis « t’es handicapé et t’as pas de jambes »

  • T’es moche et tu t’la pètes. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es moche et t’as pas d’miroir »

  • T’es un mec et t’offres pas de fleurs à ta meuf. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es un mec et t’as pas une thune » (et bientôt plus de meuf)

  • T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô ??? C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

  • T’es sexy mais tu portes pas d’strings. Non mais allô quoi???!!

C’est comme si j’te dis « T’es sexy mais t’as pas d’fesses »

  • T’es un fan de Tunning et t’as pas de béquet arrière. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’es fan de Tunning et t’as pas ton permis »

  • T’es au resto et t’as pas d’fourchette. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « T’es au resto et t’as pas de dents. »

  • T’es une femme et t’as pas d’enfants. Non mais allô quoi!!???

C’est comme si j’te dis « T’es une femme et t’as pas d’ovaires. »

  • Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

(NB: fonctionne aussi avec la Haute-Savoie et les moutons…)

 

  • T’as 8000 amis sur Facebook et y’a personne à ton enterrement. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’avais 8000 amis imaginaires »

 

  • T’es cadre chez France Télécom et on vient de te faire un lavage d’estomac à l’hosto. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu bosses chez France Télécom et tu prends pas d’coke » !

  • T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

  • Tu sais pas chanter, ni écrire, mais t’as fait un tube. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis :  Plus personne ne veut te signer depuis les années 80 

  • T’es une nana et t’as pas de besace en agneau traité couleur camel. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis : « T’es une nana et t’as pas d’épaules » !

Devoir sur table:

Sujet: En quelques lignes, et en vous appuyant – mais pas trop fort – sur le document photographique ci-dessous, vous tenterez de trouver ce qui, physiquement, peut être considéré comme la synecdoque de Nabilla, et à quel point ce personnage est à elle seule une partie pour un tout.En quelques lignes, vous tenterez de démontrer pourquoi le personnage de Nabila est à lui seul une partie pour un tout.

Ouvrez l’oeil,

Et faites partager à vos jeunes!

 

Estelle Bee.

Sans ogm, sans commentaire, sans pitié

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ?Me voilà dans le rayon « conserves » de l’hypermarché. Apeurée, chétive, mais oui, je vais le faire. Je vais oser me mettre à la recherche de LA boîte de maïs dont j’ai absolument besoin pour ma recette mexicaine. On est vendredi soir et c’est pour demain, je ne peux plus reculer ma pauvre Josiane… Je m’approche lentement de l’objet de mon désir sans perdre de vue les abominations alimentaires qui font l’actualité.

 

Géant vert VS Nabot Jaune

Face à moi, un mur, un édifice, que dis-je un édifice, une péninsule de boîtes jaunes, contenant toutes à priori la même chose. Cependant, trois catégories me sautent aux yeux tellement elles me rappellent mes cours de quatrième sur les trois ordres : le Clergé, la Noblesse, et le Tiers Etat. A hauteur des yeux – si vous mesurez entre 1 m 45 et 2 m 10 – il n’y en a que pour le Grand verdâtre, Bon Duel et Docile. Si les grandes marques misent sur la docilité du consommateur, ils sont tombés sur un os avec moi. Alors je me baisse, pour me retrouver face au maïs de pays, l’or jaune local, comprendre le produit du grand distributeur, un peu moins cher. Moi toujours pas docile ! De ce fait je m’accroupie, m’arcboute, me démantibule au risque de me démettre les cervicales, et coucou le voilà, le maïs pas cher, le maïs du pauvre.

Il faut savoir que le maïs du pauvre – ou maïs du nain selon l’interprétation qu’on en fait – n’est pas situé à huit centimètres du sol parce que le pauvre est plus petit. Non. Il répond juste à des règles strictement ergonomiques. En effet, le pauvre étant plus voûté que le riche, rapport aux coups durs que lui assène la société et la vie en général, peut bien plus aisément se saisir de sa boîte de maïs à deux francs six sous. On appelle cela de l’altruisme Messieurs Dames. Il faut bien les chouchouter nos gueux bien de chez nous – ou pas, d’ailleurs – !

ogm-guide

Roulette russe

Mais tout à coup, un détail attire mon attention. Je tourne la boîte dans tous les sens, mais je ne vois pas le gros astérisque rouge ou vert qui précise  sans OGM  comme sur les conserves du Grand Verdâtre, Bon Duel ou de Docile ! Alors je passe en revue les petites boîtes de maïs local pour en disséquer les informations. Je me rends compte de leurs perverses contradictions : « maïs génétiquement ou non génétiquement modifié ». Je crois halluciner. SOIT IL EST MODIFIE, SOIT IL NE L’EST PAS, C’EST QUOI CE BORDEL???!!! Je retourne à mon or – à mon toc – du pauvre. Je regrette aussitôt de ne pas avoir l’Application Microscope sur mon téléphone (non en fait j’avoue l’inavouable, je n’ai pas de Smartphone…) Je plisse les yeux, et je sens ma ride du lion se creuser, je me dis à ce moment-là que j’enverrai à l’enseigne ma facture d’injection de Botox. Je finis par déchiffrer sur la première conserve : « maïs génétiquement modifié », sur la deuxième « maïs, sel, conservateurs, eau. » Aucune précision, bien joué ! Quant à la troisième, eh bien RIEN DU TOUT ! Chapeau bas, le silence est la manière de mentir la plus éloquente…

Euthanasie alimentaire

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ? Et puis, c’est quand même moins cruel de faire tomber quelqu’un d’une hauteur de huit centimètres que d’un mètre quatre-vingt n’est-il pas ? Ne sont-ils pas choux nos industriels de l’agro-alimentaire ? Non seulement ils mettent les choses à notre portée, ils abrègent nos souffrances, et par la même occasion ils nous offrent en bonus des mets inabordables : « Messieurs Mesdames, pour trois boîtes de maïs premier prix achetées, vous remportez un crabe bien vivant ! Et il y en aura pour tout le monde !» Un bon vieux crabe astrologique hum… Une vraie fin de vie de pauvre. Comme dans un bon film de Jean Genet, ou Becker.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du « sans », car nous ne pouvons plus continuer à faire « avec ». Un monde du « sans OGM », du « sans bisphénol A », du « sans aspartame », du « sans paraben »…

Cette merveilleuse expédition au pays d’Alice au teint blafard sous les néons m’a permis de mieux comprendre notre société actuelle, en tout cas d’en anticiper les déconvenues.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du  sans , car nous ne pouvons plus continuer à faire  avec . Un monde du  sans OGM , du  sans bisphénol A , du  sans aspartame , du  sans paraben … J’ai repensé à mes grands-parents qui ont longtemps fait  sans  dans l’espoir qu’un jour il feraient  avec . Ils ont longtemps vécu sans télé, sans internet, sans avoir le choix, sans agriculture biologique, sans Ikea, et comble d’infortune, sans Tex, l’animateur! Aujourd’hui c’est l’inverse, les pauvres sont obligés de faire avec sans même caresser le microscopique espoir de pouvoir faire sans un jour.

Triple foyer

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute! Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute. Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».Même constat pour mon amie Viviane qui s’est retrouvée un beau jour avec un magnifique herpès à l’étage inférieur, et a connu l’humiliation de devoir téléphoner à tous ses ex pour leur demander de faire le test de dépistage afin de prévenir et/ou guérir. Déjà, réalisée à froid, cette comptabilité résonnait en elle comme « tu n’es qu’une espèce de petite catin qui a mérité sa MST ! » en raison du nombre de ses conquêtes. Mais le discours du vil amant retrouvé, conscient de sa maladie à l’époque, et guéri depuis, lui porta l’estocade finale. Le monsieur lui tint à peu près ce discours : Ne t’étonnes pas de ce genre de choses si tu ne protèges pas… Quoi de plus logique? Le jeune homme ne lui a jamais dit qu’il était sain ! Il n’était pas inscrit non plus « sans MST » sur son front. Ou ailleurs. Elle aurait du avoir immédiatement un doute  !

On ne peut plus se fier à personne. On nous ment continuellement par omission. Dirigeants, fonctionnaires, chômeurs, SDF. J’ai arrêté de donner la pièce aux mendiants, puisqu’après tout, ils ne précisent jamais sans emploi  sur leur carton tout sale !

Prochainement je compte m’arrêter de manger définitivement. Là ils se rendront bien compte qu’ils sont tombés sur un os avec moi ! Parce que j’ai passé à la loupe tous les produits alimentaires de tous les distributeurs, de tous les industriels sans exception, et aucun, je dis bien AUCUN ne spécifie « sans arsenic » sur l’emballage. Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !

Estelle Bee.

NB: A l’heure où je publie cet article, le journal Le Monde fait état  d’un nouveau scandale alimentaire selon lequel aux Etats-Unis 33% des étiquetages de poissons  affichent une espèce qui ne correspond pas à la réalité. Hum j’ai hâte de goûter du dauphin moi…!

Et si l’on s’indignait?


 [E1]