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Le mentor d’Emmanuel Macron serait Nabilla Benattias

Nabilla, maître à penser de Macron

Depuis quelques semaines, cette surenchère de petites phrases macroniennes d’une intelligence rare nous mettait la puce à l’oreille. Et outre le fait que nous avions bien saisi que Monsieur Macron est de très loin, THE président de la France qui n’aime pas du tout les français, les allégations allaient tout de même bon train:  Que cherche-t-il, au juste? Ambitionne-t-il d’aller au clash pour justifier une violente répression future? Prend-il un plaisir frénétique à insulter les classes populaires et moyennes qui tentent de défendre leur steak haché Lidl – enseigne « préférée des français » selon la pub (No comment…)  – face aux privilèges des fins gourmets? Ou est-il simplement un peu con immature, finalement?

Mais voilà, la dernière prouesse de Jupiter à propos de la jalousie des français, bien trop grossière et puérile, frôle résolument le plagiat de la citation originelle  » T’es dans ta jalousie, chuis dans mon jacuzzi… » et fait éclater une vérité finalement bien prévisible:

 

LE MENTOR D’EMMANUEL MACRON SERAIT NABILLA BENATTIAS. 

 

Nabilla tout court, quoi! Nabilla, la classieuse, Nabilla l’impertinente, Nabilla la passionaria, bien plus connue pour ses buzz lascifs que pour sa grande connaissance de la Pléiade. Et surtout, Nabilla, pur produit calibré d’un Star System où le gagnant prend tout, mais ABSOLUMENT TOUT. Créature hybride d’une mécanique où décence et indécence se confondent, de façon à rendre opaque la vulgarité et admirable la bêtise, de laquelle, bien entendu, on s’enorgueillit jusqu’à la RENDRE ENVIABLE auprès de l’instinct collectif des couches populaires, en recherche de valeurs et d’auto-estime. Nabilla, révélatrice d’un monde où la laideur de l’intention, où la vénalité, où l’avidité la plus pornographique se mesurent à leur résultat « glamour ». Nabilla, dont les maximes, juxtaposées à celle de notre président, démontrent bien, sur le fond, qu’elle n’est rien de moins que son maître à penser, son Socrate, son Maître Pangloss rien qu’à lui. Mais comparons plutôt:

 

De l’échelle des valeurs: 

« Vous n’allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. »

N’entendez-vous pas :

« Allo, t’es une fille et t’as pas d’shampoing, nan mais allo quoi! »

ou encore:

« Chuis une serviette, c’est un torchon, la fille…! »

 

 

De la différenciation sociale:

Il y a une majorité de femmes, qui sont pour beaucoup illettrées

VS

Aucun swag, les baleines

 

De la coexistence subie:

« Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien »

VS

Je ne me mélange pas, les aigles ne volent pas avec les pigeons

 

De la prise en compte de la pensée d’autrui:

 

Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas

 

La citation originelle, un peu plus complexe tout de même:

 

Quand on est belle, on reste trop concentrée sur ses extensions, ses produits, ses ongles, pour avoir le temps de penser à autre chose. C’est le privilège des moches, elles n’ont que ça à faire!

 

De la vision des gargantuesques écarts de richesses en France:

Je ne cèderai pas au triste réflexe de jalousie française

THE phrase originelle:

T’es dans ta jalousie, chuis dans mon jacuzzi, quoi!

 

De la notion de RÉUSSITE SOCIALE:

Bien avant Macron, Nabilla déclarait, hautement clairvoyante:

je trouve ça triste pour un président de ne pas avoir de buzz. Heu, je sais pas, faudrait qu’il fasse un truc, je sais pas, une Sex tape, un truc marrant, quoi…

VS

L’économie du Net est une économie de superstars. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires.

 

En conclusion, celui qui a également déclaré qu’il ne cédera rien « ni aux fainéants, ni aux cyniques » n’a pas à se glorifier de son grand travail discursif. On a beau savoir que derrière chaque grand homme oeuvre une femme, il n’est guère étonnant de s’apercevoir que derrière chaque petit homme se cache une inénarrable cruche. Tous deux ont cela de commun qu’ils croient dur comme fiel que l’adoubement est une fin en soi, profitant à l’envi d’une France en perte de repères dont on stimule sans cesse l’instinctif afin de contrer toute réflexion, tout discernement, et toute révolte. 

 

Et si l’on s’indignait?

 

Estelle Bee.

Loi travail: les dialogues (sociaux) du vagin

 


 dialogues (sociaux) du vagin

Aujourd’hui, des spasmes bien familiers s’insinuent dans le bas de mon ventre. La douleur, diffuse, se fait parfois plus précise juste là, au creux de mes reins, et mes jambes qui semblent gonflées à l’hélium, crient à l’aide sous les coutures tranchantes de mon petit jean. Oui, je suis une femme. Je me dis que j’ai de la chance, parce qu’aujourd’hui, on est samedi, et que je peux m’allonger tranquille sur mon sofa, parce que lundi, ces tiraillements  auront laissé place une délivrance certaine au prix d’une logistique féminine obligatoire. Oui, je suis une femme qui travaille. Et qui saigne au travail.

 

Et justement…

 

On nous bassine depuis quelques semaines avec la Loi Travail, vous savez, cette formidable avancée sociale qui permettra d’en finir avec les 35 heures pour repasser à 39, et de partir à la retraite à 67 ans dans le seul but de… créer de nouveaux emplois! Ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, la Loi Travail va permettre de créer des emplois, si, si. Même que Pierrot, enfin, Pierre Gattaz, éminemment soucieux du sort de la France d’en-bas l’a dit:

 

Si les patrons n’embauchent pas, c’est qu’ils ont une peur phobique de licencier.

 

Certains experts du sommeil auraient même affirmé que cette ignoble phobie réveillerait des Vincent Bolloré, des Xavier Niel, des Patrick Drahi (…) chaque nuit en sursauts et en larmes, après que dans un épouvantable cauchemar, ils se verraient contraints, une kalashnikov pointée sur la tempe et dans un bain de sang intérieur, de licencier un pré-senior, un délégué syndical ou une jeune maman en dépression post-partum. L’horreur, quoi!

 

Et de ce fait, ladite avancée sociale permettra donc, je cite, de « libérer le travail » en « facilitant les licenciements ». Vous suivez? D’ailleurs, aujourd’hui, on ne parle plus de licenciement, on emploie l’expression dialogue social. Comme on dirait je suis indisposée parce qu’avancer j’ai mes règles, ça fait sale.

 

Alors, j’ai oublié de vous dire autre chose, c’est qu’en plus d’être une femme qui saigne au travail, je suis aussi -et pardon d’avance pour le pléonasme- une femme qui réfléchit. Oui, une chieuse, c’est ça… Et comme d’habitude, quand je réfléchis en plein syndrome prémenstruel, j’entrevois souvent le pire côté des choses. Oui, car comme 75 % des femmes, je deviens sacrément gothique 5 jours par mois. Et c’est pourquoi j’ai grand besoin, comme 90 % des personnes détentrices d’un vagin, de partager la crainte qui m’habite:

 

Quand mes douleurs d’aujourd’hui tomberont un jour de semaine, et que ma productivité en sera forcément amoindrie, serai-je plus susceptible de « libérer le travail » que mon collègue Jean-Bernard, surtout si elles deviennent à ce point insupportables que je me retrouve obligée de rentrer me terrer chez moi, une bouillotte sur le ventre ?

 

Si je suis une femme qui décide d’enfanter, et que je ne souhaite pas regagner mon poste, façon Rachida Dati, tout juste mon placenta expulsé, serai-je plus soumise au « dialogue social » que Roger?

 

Si mon enfant fait de la fièvre, et que je suis contrainte de rester à son chevet, comme le font 68 % de femmes contre 32 % d’hommes -rapport certainement du à l’inégalité salariale de 24 % et des obligations que cette dernière sous-tend insidieusement- ai-je plus de risques de me retrouver dans les rêves prémonitoires de mon patron phobique du licenciement que mon binôme Gérard?

 

Et qu’en est-il si j’ai une infection urinaire, un kyste à retirer sur l’ovaire gauche, ou sur le sein droit, un putain de nodule sur la thyroïde, ou pire encore, un deuxième enfant?????

 

Alors oui, la Loi Travail prévoit que je sois indemnisée en cas de licenciement accidentel. Tu sais, l’accident bête. Le truc con où le patron phobique fait accidentellement rédiger une lettre à sa secrétaire me demandant de « libérer le travail » à compter d’avant-hier. La fatalité, quoi. L’inconsolable patron devra me verser en Prudhommes, l’amende colossale de 5 mois de salaire si j’ai travaillé 5 ans dans la boîte. Somme qu’il aura capitalisée avant en tant qu' »indemnité de licenciement » et qui sera pour lui aussi net d’impôts qu’un compte au Panama. Alors? Merci qui?

 

Mais qu’aurais-je fait pour mériter ça? Tout et rien à la fois. J’aurais juste perdu à la loterie de la reproduction/ de l’Amour/ de la baise, et je serai, pour le simple fait d’être une femme, condamnée à accentuer l’hémorragie qui vide lentement la société de tout son sens.

 

J’invite toutes les femmes et ceux qui les aiment à prendre conscience de cette régression sociale qui va faire très mal si nous ne faisons rien.

 

Pour ma part, je trimballerai mes ovaires et tout ce qui va avec dans la rue les 12 et 23 septembre prochains pour refuser toute forme d’esclavage moderne, et chaque jour s’il le faut. On s’en fout, on mangera des pâtes, les gosses adorent ça. Et en plus, ça tient chaud au ventre 😉

 

Indignons-nous, existons!

 

 

Estelle Bee.

 

PS: Et le premier qui me soutient que cette chronique a été rédigée sous le joug des hormones, je lui colle mon poing dans la figure!

Faut-il TOUT essayer? Vraiment…?

Fin de feuilleton électoral bien prévisible. Clap de fin également sur les débats qui auront entaché quelques gigots-flageolets du dimanche chez Mamie, qui auront sèchement éclaboussé quelques apéros entre amis, souillé quelques cousinades, érigé des cloisons râpeuses dans les salles de pause, enflammé ou glacé l’atmosphayyyre.

 

Et s’il y a une chose que je retiens aujourd’hui de cette élection de mon pays, cette Grande Patrie des droits de l’Homme et du Citoyen, le berceau d’Emile Zola, de Balzac, de Victor Hugode Patrick Sébastien, c’est sans nul doute ce si noble et lancinant argument électoral:

 

« On n’a jamais essayé, alors pourcouaaa pas…? On verra bien…! »

 

Heu.. D’accord. Admettons… Mais depuis, je ne cesse de me demander si je ne suis pas en train de rater ma vie à force d’éviter d’essayer certaines choses, car si je suis la logique de l’électorat de En Marche, tout dans l’existence ne serait qu’Ex-pé-rien-ce.

 

Alors, au final, comment donc distinguer l’Expérience du réel Danger? Et faut-il tout, mais VRAIMENT TOUT essayer???

 

Je ne suis pourtant pas du genre froussarde. À l’âge de 6 ans, j’ai tenté de faire pipi debout. À 8 ans, j’ai dévalé un toboggan de bois rempli d’échardes qui a transformé mon postérieur et une partie de mon intimité en carpaccio de boeuf. À 14 ans, j’ai conseillé à ma prof d’anglais de consommer des carottes, car ça rend aimable. À 16 ans, j’ai essayé de manger des croquettes pour chat qui m’ont coûté 6 tubes de dentifrice. À 2o ans, j’ai fréquenté le Club Pyramides de ma ville de province, et à 23 ans, je me suis resservie trois fois de la paella avant de faire un tour de Grand Huit…

Mais un jour, un ami fort hétéro, fan de Jackass, m’a confié qu’il avait eu une relation sexuelle avec un homme, juste pour essayer, et ne pas mourir idiot. Comme l’expérience tournait à l’épouvante pour lui, il m’a avoué que tout l’acte durant, il avait fermé les yeux et tenté d’imaginer que son partenaire était … une femme! Et j’avoue, pour le coup, ne pas avoir en avoir vraiment saisi l’intérêt… Pourtant, aujourd’hui, je me dis que peut-être, les français qui ont glissé un bulletin En Marche dans l’enveloppe bleue ont sûrement procédé de la même façon. Les yeux fermés, le séant contracté, en imaginant que le jeune banquier frais émoulu qui allait faire les poches aux plus fragiles était en réalité Coluche, Robin des Bois ou Jonathan Hart (Oh-oh-oh)  . Mais cela s’appellerait plutôt du « déni ». Alors, revenons à l’Expérience.

 

J’ai lu quelque part que l’expérience dès la toute petite enfance était un concept cher aux Apaches et aux Sioux. Car en effet, lorsqu’un enfant encore quadrupède s’approche du tison, on le laisse se brûler, pour qu’il comprenne son erreur par lui-même, quitte à en être marqué à vie. Et quand il se saisit de quelque objet contondant, l’idée qu’il se coupe revêt une importance moindre que le bénéfice de l’Expérience qu’il aura acquise. Et que plus grande en est la Douleur, plus Grand en sera l’Enseignement. Et c’est ce qui me fait penser aujourd’hui que nous, français, allons ÉNORMÉMENT « APPRENDRE » sous la présidence Macron…!

 

Suis-je donc passée à côté de mon apprentissage de la vie, ce soir d’hiver glacial où je rejoignais ma cité U, lorsque j’ai  décliné l’offre de cet automobiliste qui me proposait de photographier mes seins contre 50 euros en espèce?

 

Ai-je donc raté quelque chose en choisissant de me taper 8 kilomètres à pied pour rentrer chez moi à 5 heures du matin après une classieuse soirée mousse plutôt qu’avec un binôme d’alcooliques véhiculé?

 

Et que puis-je moi aussi ESSAYER pour me rattraper, en bonne française que je suis?

 

Me faire cautériser les deux narines?

M’épiler le maillot avec du goudron brûlant?

Manger du rat mort au petit déjeuner en imaginant que c’est un pain au raisin?

Me coller les paupières à la glue quand j’ai une insomnie?

Accepter enfin de boire un café avec mon voisin raciste?

Scier les phalanges de mes orteils trop longs?

Avaler des tessons de bouteille?

Porter des sous-vêtements en paille de fer?

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J’attends vos suggestions… Et en attendant, bonne expérimentation!!!

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir… (enfin, je crois …)

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Estelle Bee.

Cessez de m’allumer! Parole d’Insoumise.

Cessez de m'allumer, parole d'insoumise.

Une semaine que ça dure.

Une semaine qu’il ne se passe pas deux heures sans qu’on me racole.

Vulgairement.

Que l’on me touche,

Salement.

Une semaine que les passablement-pensants sont officiellement devenu les bien-pensants.

« Nan mais tu comprends, si tu t’abstiens tu ouvres une autoroute au FN!!! »

« Nan mais tu vois, si tu votes blanc, tu fais le jeu du FN!!! »

 » Nan, mais attends, tu comptes en fait sur nous pour faire le sale boulot, c’est ça?! »

Insoutenable…

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Parce que le job, j’estime l’avoir déjà fait, moi.

J’ai milité.

Des mois.

J’ai porté l’Avenir en commun de mes petites mains avec parfois en bandoulière le sentiment d’abreuver des bouches asséchées par la résignation,

Je l’ai porté avec le peu de temps libre que la vie veut bien m’octroyer,

Je l’ai porté en rêvant de cette lumineuse transition écologique qui aurait créé des millions d’emplois,

Je l’ai porté en songeant à ces mères en galère qui tranquillement, auraient pu laisser leurs enfants gratos à la cantine afin de pouvoir retrouver une vie sociale et professionnelle,

Je l’ai porté en toute fraternité envers mes semblables d’autres couleurs,

Je l’ai porté pour que mon facteur sache où j’habite,

Je l’ai porté au nom de la Paix,

Je l’ai porté en cessant enfin de me reluquer le nombril,

Je l’ai porté pour nos enfants,

Je l’ai porté pour qu’on cesse enfin de taper sur les plus fragiles,

Je l’ai porté par respect envers tous nos aïeux qui se sont battus pour nos droits sociaux,

Je l’ai porté parce que seul CE projet-là nous permettait de les conserver,

Je l’ai porté au nom d’une future démocratie réelle,

Je l’ai porté contre vents et marées médiatiques orientés,

Je l’ai porté contre l’esbroufe politicienne,

La manipulation des consciences,

Je l’ai porté contre les J.T,

Contre les journaleux des marécages,

Contre les assoiffés du buzz,

Les boulimiques des fakes,

Les ivrognes du clash,

Les carnassiers de l’image,

Les charognards des ondes,

Contre la mauvaise foi dévorante,

Contre les je-m’en-foutistes des lendemains,

Contre les inconscients de l’Avenir.

Je l’ai porté de tout mon coeur.

Et justement…

C’est là que le poignard blesse…

 

Voilà qu’à peine le poignard planté en ce soir du 23 avril,

Voilà qu’à peine je saigne,

Qu’à peine je respire,

Qu’à peine je comprends, même,

 

Qu’à peine que je prends conscience dans un profond chagrin et dans un bain de sang intérieur de ce à quoi nous allons renoncer, que déjà, ILS M’ASSAILLENT:

« Il faut appeler à voter Macron pour faire barrage au FN!

– Heeeuuuu ….

– Ben ouiii! Non mais Le Pen! Le fascisme, Hitler, Mussolini, Franco, tu connais???!!!

– …. »

À DIRE VRAI, CES GENS-LÀ M’ONT MANQUÉ DE RESPECT.

 

Ils m’ont manqué de respect car ils ne m’ont pas laissée faire mon deuil.

Et ils m’ont attouchée de leurs phrases racoleuses,

De leurs mains sales,

J’étais cette veuve que l’on essayait de remarier de force avec le ravi du village,

J’étais cette fille prude à qui l’on léchouillait l’oreille d’une langue râpeuse et chargée,

J’étais cette meuf du quartier que l’on coince dans la cage d’escalier,

Cette passante à qui l’on colle une main aux fesses,

Cette stagiaire à qui l’on malaxe les épaules dans l’intimité d’un bureau,

Cette fillette que l’on pousse à faire des dégueulasseries en la menaçant de s’en prendre à sa famille…

 

À moi qui sais justement que le libéralisme engendre le fascisme,

À force d’appauvrir les masses pour faire se goberger quelques immondes millionnaires,

À moi qui ai milité contre l’un pour éviter l’enfantement de l’autre,

On me demande de plébisciter le père!

À moi qui ai soutenu la démocratie participative, on me scande que le dirigeant du mouvement que je soutiens commet une faute grave en laissant se prononcer sa base!

Seraient-ils devenus TOUS FOUS???!!!

 

À présent, je vous serais gréée de balayer devant votre porte tous les reliquats de vos votes dénués de conscience citoyenne,

d’ôter vos gros doigts boudinés de mon désarroi,

de cesser de vous frotter à ma peine tels des chihuahuas en rut,

d’arrêter de me souffler vos recommandations fétides en plein pif alors que je peine à réouvrir mes poumons à cette promiscuité électorale.

 

En bref, cessez de m’allumer, et laissez-moi seule souffler sur mes propres braises. Merci.

 

Une insoumise.

Impostures et abstentions: le Grand Cirque de la vie

Faire des enfants, aller voter

TOUS POURRIS. Cela fait dix ans que ces deux mots s’échappent de toutes les bouches comme une écume amère qui altérerait le goût des choses, et qu’il faudrait recracher bien vite pour se sentir mieux. Pour s’extraire d’un contexte inconfortable, anxiogène. Dire TOUS POURRIS, de la même façon que l’on ne verrait plus que les défauts de ce sale con ou cette chieuse que l’on a chéri naguère plus que notre propre personne, et que l’on a renoncé à écouter vraiment, à force de conclusions tirées sur le socle de la colère. Quand on dit TOUS POURRIS, on abandonne. Et a priori, ce n’est pas grave, d’abandonner. Ça peut même sauver, parfois.

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MAIS…

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Mais dans ce contexte électoral qui m’apparait comme un possible tournant historique, j’avoue que j’en tremble. Et ce qui me fait si peur, ce n’est pas que les gens pensent – plus à raison qu’à tort, d’ailleurs- que nos politiques sont tous des guignols motivés par une ambition personnelle quasi freudienne. Ce qui m’angoisse, c’est que d’autres, pourtant minoritaires en nombre réel, se réjouissent, eux, d’aller glisser leur bulletin pestilentiel dans l’urne comme des sadiques syphilitiques qui prendraient plaisir à refiler leur saloperie au reste du pays. Ce qui me terrifie, c’est qu’en faisant cela, ils donneront raison à toute cette majorité silencieuse, celle qui scande TOUS POURRIS.

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Parce qu’en réalité, je les comprends, ces gens. Je comprends l’usure de leur pensée. Je comprends leurs préoccupations quotidiennes. Je comprends leur déprime. Et j’en arrive même à comprendre leur déni. Et c’est justement parce qu’ils sont silencieux, parce que pour rien au monde, ils ne rateraient une journée à la plage ou le gigot-flageolets de mamie pour aller voter pour des gugusses à cravate que les pourris nous envahissent. Il me semble aujourd’hui urgent que les silencieux comprennent qu’ils sont importants. Vraiment importants. Qu’en ciblant vraiment leur amertume sur ce qui les a rendus amers, désabusés, ils pourraient vraiment changer la donne. Car au fond, savoir ce que l’on ne veut plus, c’est avoir conscience de ce que l’on veut. Suffit juste de lire quelques programmes, et de ne pas oublier qui l’on est.

 

Cette constatation m’a amenée à penser que bien souvent, et dans d’innombrables domaines, les gens qui s’abstiennent, n’osent pas, s’interdisent ou se taisent sont justement ceux qui devraient s’exprimer. Les inaudibles, les timides, les modestes, les complexés constituent bien souvent la partie la plus pure de l’Humanité. Mais alors, réciproquement, ceux qui font du bruit seraient-ils des imposteurs? Ceux qui exultent ne devraient donc pas juste… s’abstenir?

 

Paul Watson, le fondateur de Sea Shepherd, a dit récemment que les êtres humains devraient à ce jour s’abstenir de faire des enfants, à cause du manque de ressources alimentaires à l’échelle planétaire. Puis il a ajouté que l’ironie de cela était que ce sont justement ceux qui ont conscience de la nécessité de ne plus enfanter qui devraient faire le plus d’enfants, compte tenu de cette sensibilité au Monde qu’ils étaient les plus à même de transmettre. Le constat, bien que plombant, est imparable. En témoignent les images de milliers d’enfants errants de New Delhi, et de petits corps squelettiques des plaines arides du Soudan.

 

À la radio, j’entends souvent des chanteurs à la médiocrité aussi râpeuse qu’un rosé de pays languedocien, qui en font des tonnes et récoltent des lauriers qui leurs siéent aussi bien qu’un dentier à une poule. Alors que je connais de vrais musiciens touchés par la grâce et qui n’en demandent pas tant, ou n’osent pas, juste parce qu’ils ne s’y voient pas vraiment déjà. Et même si ce sont eux que j’aimerais entendre en boucle, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont justement meilleurs parce que leur art ne se voit pas pollué par une avidité qui sonnerait le glas de leur créativité originelle. Devenir quelqu’un, est-ce se perdre soi?

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Je me suis toujours demandé ce que devenait l’amour après l’amour, mais qu’en est-il des rêves, des ambitions, des idéaux ? Ont-ils une vie après la retenue, la lâcheté, après l’abandon ? Se réincarnent-ils ? Vont-ils se nicher au creux de quelqu’un de neuf, plusieurs fois, jusqu’à ce qu’ils trouvent preneur, une personne qui saura les matérialiser sans crainte ? Les gens publiquement reconnus de nos jours, sont-ils donc, pour leur plus grande majorité, des imposteurs qui auraient pris la place des silencieux? Quand on y pense, l’ordre entier du Monde pourrait être remis en question…

 

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On peut donc légitimement se demander s’il est vraiment sain de donner le pouvoir à quelqu’un qui le demande, parce qu’il y a neuf chances sur dix pour que le candidat désire gouverner pour de mauvaises raisons. Parce qu’il a une revanche à prendre sur la vie. Parce qu’il souhaite connaître le vertige de celui qui ne peut pas grimper plus haut… Parce qu’il ambitionne d’être quelqu’un. Neuf chances sur dix est une forte probabilité. Ne pas faire entendre sa voix, c’est la certitude de ne pas être écouté. Et respecté. Votez!

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Yes we can, yes YOU can!

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Estelle Bee.

 

 

 

 

 

Eh Manu, tu descends??!!! (Conseils à Manuel Valls pour rebondir) (loin)


Eh Manu??!! Tu descends

 

« Eh déconne pas Manu, vas pas t’tailler les veines,

Une élection perdue, c’est 10 copains qui r’viennent… »

 

C’est ce qu’on appelle un accident de la vie. Une sortie de route. Un obstacle. Une épreuve. Cela nous est arrivé à tous. Tirer bien trop fort sur la corde. Ne pas prendre le temps de se poser. Vouloir sans cesse se dépasser. Ignorer ses limites physiques et psychiques, et faire de sa propre personne son plus grand déni.

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Et puis un jour…

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L’ACCIDENT.

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La gifle, la tôle, le tsunami, le choc, la mouise, la déculottée… Appelle ça comme tu voudras, mais c’est, de fait,  comme si l’on te collait un panneau STOP géant devant la face, de façon à ce qu’enfin, TOUT s’arrête sans que tu n’aies le choix de reprendre le moindre contrôle.

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Car la VIE, facétieuse, se charge toujours de te faire APPRENDRE, et même de force, s’il le faut. You lose, you learn 😉

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Et finalement, Niesztche avait peut-être raison:

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »

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Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire, moi qui désormais, ai programmé un ruban noir pour tous les 29 janvier sur mon agenda électronique. Moi qui suis déjà en manque de ton petit air de Cruchot mal léché (…), et de tes discours aussi spontanés que les indications routières de mon GPS. Mon Manu, mon champion… La seule chose qui me console est qu’aujourd’hui, tu puisses enfin TE retrouver pour faire le point -final- et rebondir aussi haut que le ballon d’Olive et Tom, qui je le rappelle, n’atterrissait jamais. Aussi, j’ai modestement imaginé ce que tu pourrais faire « après », et comment tu pourrais transcender ce que j’ai désormais appelé « L’ACCIDENT »:

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  • T’empiffrer de glace Ben & Jerry’s en t’égosillant sur All by myself à la manière d’une Bridget qui vient ENCORE de se faire larguer par Mark Darcy (ce petit ENC…), un mec à peu près aussi souriant que toi au demeurant. Que tu te remplisses et te goberges tel un goret jusqu’à t’en faire péter la sous-ventrière, et que tu deviennes aussi sexy qu’un Barbapapa en string.

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manuel vals défaite aux primaires de gauche

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  • Prendre ton pied en assistant à une Corrida, cet art que tu défends si jalousement, et te palucher à la vue de l’animal transpercé qui se vide de son sang par la bouche, et agonise pendant des lustres sous l’orgueil du Macho en collants roses que tout le monde encense, comme si le combat avait été égal. Tu apprendras peut-être plus tard – à chaque jour suffit sa peine- qu’un politique qui aime regarder mourir des animaux et, parallèlement, « aime l’entreprise », peut en effet moyennement inspirer confiance dans sa démarche.

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  • Te rendre chez l’esthéticienne pour te faire papouiller le visage. Cette face que tu as mise à dure épreuve en souriant niaisement près de deux semaines, alors que personne ne t’avait jamais vu esquisser un rictus en 5 ans. Putain, 5 ans! 5 ans sans sourire, et 2 semaines d’orgie zygomatique! Faut vraiment faire attention avec ça. Ton visage est en Burn out, Manu, il faut absolument que tu ailles le montrer à un proctologue.
défaite de Valls aux primaires de gauche. Humour.

c’te gueule…

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  • Traîner avec tes potes d’Evry que tu as pas mal délaissés ces derniers temps en t’acoquinant avec Gattaz:

« Hé Manu, tu descends???!!!

– Ben pour quoi faire???!!!!!

– Ben, parce que t’as plus de boulot, Dugland!!!

– Ah merde, c’est vrai, j’avais oublié! Et dire que j’avais préparé un discours anti-migrants, snif… »

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  • Transcender l’Accident en t’exprimant artistiquement: peut-être est-ce ce message que te délivre la vie en te ridiculisant devant un gars qui a à peu près 49,3 ans. Qui sait, peut-être as-tu un talent caché….? Jongleur, ménestrel, écrivain… Je parle bien d’une reconversion artistique, hein, pas d’un taff de conférencier payé à millions que tu seras tenté d’exercer façon Sarkommence, lustrant de ton mieux les baballes des patrons de multinationales à qui tu donneras raison d’exploiter les salariés et de garder tous les bénéfices pour leur pomme. Et pourquoi pas ALCHIMISTE: toi qui détiens le pouvoir de transformer en caca tout ce que tu touches. Tu ne le fais sûrement pas exprès, hein, tu es au fond comme la Reine des Neiges qui glace tout d’un geste mal contrôlé.

 

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Bon voilà, mon bon Manu. Tu as déjà quelques pistes, hein. Mais surtout, il faut que TU LÂCHES TOUT ÇA. LÂCHE, MANU! Mais surtout, fais pas de connerie, Manu! Tu nous as déjà fait si peur en proclamant la suppression du 49.3 dans ton programme, que nous avons cru que tu voulais te supprimer toi-même!

Reviens à l’essentiel, et comme le dit un jour Scar à son neveu Simba:

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SI, SE PUEDE!!!!

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TODOS JUNTOS (tous ensemble 🙂 )

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Estelle Bee.

Macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France.

macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France

Depuis quelque temps, les médias n’ont d’yeux que pour lui.

Il a échoué au gouvernement en se bouchant le nez devant le désespoir des salariés,

Expliquant tantôt à un malheureux que l’apogée d’un homme se traduisait par le port d’un costard Armani,

Exprimant ensuite son amour inconditionnel aux multinationales qui payent dix fois moins d’impôts que les PME,

Et surtout, il n’a pas encore de vrai programme…

Alors, étant donné que Manu fait salle comble lors de son premier meeting, une question simple me brûle les lèvres:

WHAT THE FUCK?

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L’effet Nespresso

L’explication s’est dernièrement imposée à moi le jour où j’ai dû me racheter une cafetière, puisque mon ex avait tenu à garder sa classieuse machine Nespresso.

Je déambulais donc dans les rayons d’Alinéa, lorsque mon coeur s’accéléra à la vue d’une mignonne cafetière design et vintage à la fois, capable de moudre des vrais grains de vrai bon café, récolté par des vrais gens payés pour de vrai.

Émue devant cette simplicité pourtant éclatante de modernité, je me suis soudain demandé comment naguère, j’avais pu en arriver à pousser la porte d’une pareille esbroufe… D’ailleurs, pousser la porte est un bien grand mot… Car le client Nespresso ne pousse pas la porte de chez Nespresso. C’est le beau portier Nespresso en costard sur mesure qui s’en charge, dès lors que votre regard caresse la devanture de la boutique. À la suite de quoi, l’on vous salue sur un ton de quasi prosternation comme si vous vous apprêtiez à acheter une bague 800 carats de chez Tiffany’s, pendant que vous pénétrez dans le temple sacré. Là, un nombre incommensurable d’hôtesses aux cheveux aussi lisses qu’une cérémonie d’élection de Miss France se succèdent en salutations distinguées, et l’on vous propose de vous assoir dans le petit salon afin de déguster THE nouvelle capsule made in Quart Monde, accompagnée de son mignon petit chocolat au double emballage. Ambiance feutrée. Voix douces et rassurantes. Sentiment – injustifié- de traitement de faveur. Beauté. Volupté. Chaleur. Et l’on ressort avec ses 30 ou 40 balles de capsules polluantes que l’on partagera avec d’autres adeptes de la même secte en se masturbant intellectuellement sur les notes grillées et boisées du Roma et les saveurs de musc et de bois du Keepala d’Ethiopie alors que personne ne s’y connait vraiment en café.

Et en installant ma toute mignonne cafetière dans ma cuisine, en humant les effluves des grains fraîchement broyés et crépitant sous le joug du moulin électrique, j’ai compris que jusqu’alors, on m’avait vendu des coquilles vides. J’ai alors imaginé une table gigantesque au beau milieu d’une salle de réunion autour de laquelle une tripotée d’industriels, financiers et publicitaires malicieux auraient tenu à peu près ce langage:

« Bon, alors, on est bien tous d’accord! On va vendre du vent en misant TOUT sur le packaging de luxe et l’image de marque qui flattera l’ego du consommateur, qui par définition, a besoin de se sentir reconnu, mais ne sait pas distinguer son cul de son coude. On part donc là-dessus! »

Emmanuel Macron n’est ni plus ni moins qu’une capsule Nespresso. Il se réclame de la Modernité alors qu’il est l’héritier d’une politique de vieille droite qui a fait son temps. Pire, il se dit même Révolutionnaire! Pourtant, la clôture de son meeting a légèrement fissuré cette coquille vide de sens, mais néanmoins ardente – et bruyante!- d’un désir personnel bien patent dans cette vidéo.

Trop plein d’hormones:

Car à en croire ce triste spectacle de vociférations glaireuses, le vrai Macron, n’est autre que le petit Manu boutonneux et en pleine mue qui se vante de « l’avoir déjà fait » avec des filles que personne ne connait, toujours pendant les vacances. Mais il fantasme frénétiquement sur France, la grande soeur de son pote Kevin, en s’imaginant toutes les dégueulasseries qu’il pourrait lui faire si jamais elle… Arf mince, trop tard… C’est ce qu’on appelle la jubilation précoce… Et la France n’a pas vocation à déniaiser des ados malhabiles, même si, à en croire les sondages d’intentions de votes, ses habitants semblent plutôt prompts à se faire baiser honorer à la régulière.

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

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Estelle Bee.

 

 

 

 

 

TOO CONNECTED PEOPLE

Tu es trop connectée. Et val! Le diagnostic est tombéTU-ES-TROP-CONNECTÉE!

 

ET VLAN!

LE diagnostic est tombé.

Et malgré son immense relativité, je souhaiterais parler aujourd’hui de cette maladie orpheline dont je souffre à priori d’après des sources très proches:

La tu-es-trop-connectérite aiguë .

 

Definition: 

La « tu-es-trop-connectérite aiguë », c’est, en d’autres termes moins savants « l’hyper-connexion au Monde ». Rien à voir avec la geek attitude, car moi, je suis tout juste fichue d’envoyer un mail et de consulter ma page Facebook. Donc, comme dirait BFM, pas d’amalgames, hein!

Mon problème à moi serait donc d’être trop sensible aux grandes questions qui touchent notre planète et par conséquent notre Humanité, et de vibrer continuellement en fonction de ce qui s’y passe, tel un téléphone -ou un sextoy- complètement déréglé. 

Et ça, apparemment, c’est (lire avant l’accent allemand) EIN GROSSE MALADIE! 

Les symptômes: 

Je ne sais pas vous, mais avec le recul, il me semble que j’ai toujours eu ça quelque part en moi, comme un bon vieil herpès (labial) qui ne s’est pas encore manifesté, mais qui t’attend au tournant pour te cueillir par surprise pile poil au moment opportun: entretien d’embauche, week-end en amoureux, rdv chez le dentiste… D’ailleurs, je reconnais même m’être un peu négligée en faisant fi des signes avant-coureurs: une vilaine tendance à donner la pièce aux sans-abris, à caresser des chatons errants, à me la jouer Che Guevara lorsque j’étais déléguée de classe, et même à écrire des grossièretés au dos de ma calculatrice Casio FX 82C telles que Peace and Love, Simone Veil Forever, Kévin je t’♥,  DTC Sadam et Gomore (oui, je sais, c’est « Gomorrhe », mais je l’ignorais à l’époque) …

Puis, inéluctablement, les symptômes se sont accrus dès mon entrée dans l’âge adulte, pour se fondre en moi et ne plus jamais me quitter, sauf durant les deux -ou trois- années qui ont suivi la naissance de mon enfant, années de zombitude et de néant culturel où je pensais que les mots « périmètre » et « périnée » faisaient partie de la même famille.

Mais à part cela, je suis au regret de reconnaître que je présente désormais, et en théorie, TOUS les symptômes de la maladie:

  • Dégoût d’un système has been qui prend aux plus modestes pour donner aux banquiers
  • Espoir d’un monde meilleur issu d’une prise de conscience collective
  • Émotion extrême face à la souffrance des peuples opprimés/en guerre/dénutris
  • Recherche d’informations autres que la télévision (journaux/sites indépendants…)
  • Boycott des produits alimentaires visuellement funky donc bourrés de trucs dangereux  (–> lecture attentive des étiquettes)

En pratique, lorsque je suis invitée à des soirées, je me retrouve toujours en bonne place dans des débats soit vertueux, soit houleux, en fonction de la distance qui me sépare du bar. Aussi, lorsque je suis censée me détendre dans un bain chaud, la vue de mon savon d’Alep me renvoie l’image d’une ville en ruines. Quand je me rends à une expo, je ne puis m’empêcher de m’émouvoir devant l’engagement d’un artiste. Quand je me mets au vert et que le silence orquestral sublime le chant d’un seul zozio, je repense aux cacophonies célestes que j’ai eu la chance d’entendre lorsque j’étais enfant, et aux nuages de papillons qui ont frôlé ma blonde tête. Je me dis alors que l’écologie est l’avenir de l’Homme, et hop, ça repart en boucle dans mon esprit torturé…

« Mais tu ne déconnectes jamais, c’est pas possible! »

Non! Jamais! Et c’est bien là, le problème! J’ai bien conscience que je ne suis pas normale, qu’est-ce que tu crois?! Tu imagines que je ne rêve pas, moi aussi, de clamer haut et fort « ah nan, moi c’est fini! Je n’écoute plus les informations, c’est trop déprimant! » dans les dîners et autres sauteries?

Pourtant, il me reste encore de l’Espoir. Car à l’heure où j’écris, je m’apprête à tester un traitement de choc qui aurait fait ses preuves, et qui serait capable de terrasser ma tu-es-trop-connectérite en moins de 6 mois de traitement.

 

Le protocole: 

 

Cyril Hanouna,

2 heures par jour voir 3 en cas d’empathie profonde non maîtrisée

Les Anges de la téléréalité

1h30 par jour

Du sexe pour le sexe

comme unique vecteur et tranquilisant social

Publicité

Tous les jours, jusqu’à ce que les slogans soient parfaitement mémorisés

Candy Crush

à chaque mixion ou défécation

Fast food

2 à 3 fois par semaine, réintroduction d’huile de palme dans l’alimentation quotidienne

Régime

sans ajout de culture indigeste (musées, livres, essais, concerts non sponsorisés par une marque de la filiale Monsanto, voyages non all inclusive, cinémas indépendants etc …)

Auto-affirmations

« Quand on veut, on peut »: 3 fois/jour,

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », matin, midi, soir

« Travailler plus pour gagner plus », 10 fois chaque matin

« Faut bien rembourser la dette », 3 fois/jour

« C’est que du bonheur », à chaque fin de phrase

Répondre systématiquement par: « Comme je dis toujours… » en guise de préambule

connected people

 

Pourtant, en plein fantasme de rémission, en plein rêve où je m’observe d’en-haut en train de signer un crédit Sofinco pour me payer une belle voiture rutilante que je vais rembourser à grands coups d’heures sup’ tardives sur le créneau normalement dédié à mes enfants que je ferai garder par une nounou que je paierai avec ce qui ne me restera pas d’heures sup’, une image saugrenue s’interpose: c’est ma calculatrice FX 82C. Je me rappelle un contrôle de maths de 5ème. Je l’avais oubliée chez moi, et cela m’avait décontenancée durant les vingt premières minutes. Pourtant, je me souvins que j’étais bonne en calcul mental, et soudain galvanisée, je vins à bout de ce devoir sur la proportionnalité en un temps moindre que si j’avais été équipée ce jour-là. J’avais tout simplement compensé un déficit.

Aujourd’hui, je suis toujours bonne en calcul mental. Et je sais que si certains n’ont pas assez, c’est parce que d’autres ont trop. Et inversement. Si l’on SURÉAGIT, c’est peut-être -je dis bien peut-être- parce que d’autres ne réagissent plus. Si l’on se retrouve en hyper-sensibilité au Monde, c’est peut-être -et je dis bien peut-être…- parce qu’une grande majorité s’est laissée anesthésier au fil du temps. Pourtant, il suffirait que chaque personne porte un verre d’eau pour éviter que quelques inconscients ne se retrouvent à se trimballer toute une citerne, et cela serait bien plus efficace au demeurant. Personnellement, mon hyper connexion, je la partagerais bien avec la terre entière. Même qu’on seraient tous potes au lieu de se renifler le derrière -sauf affinités- et de se toiser avec méfiance…

Je dédie cette chronique aux quelques relous qui, comme moi, ont le mauvais goût d’avoir trop d’empathie pour les autres (même envers des gens qui vivent très trèèèès loin de nous, t’imagines le truc…), et de SURÉAGIR sur l’actualité presque comme s’il était question de leur propre personne, et comme si leur opinion allait changer la face du Monde 😉 Et je dédie aussi cette chronique à ceux qui les apprécient 😉

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

 

 

Estelle Bee.