Category Archives: Indignons-nous

Gégé, DSK, et le Syndrome de Stockholm

Jpuisqu’il se trouvait à ce moment-là à New York sur le tournage du film sur l’affaire DSK, personnage que lui même incarne. Sur le moment j’ai cru à un poisson d’avril. Puis j’ai réfléchi au point de trouver logique qu’un type qui a chastement baisé la France se retrouve dans le rôle de celui qui l’a presque entièrement baisée au sens propre, et salace. ’ai entendu dire à la radio que Gérard Depardieu n’avait pas pu assister à son procès pour conduite en état d’ivresse, puisqu’il se trouvait à ce moment-là à New York sur le tournage du film sur l’affaire DSK, qu’il incarnera prochainement. Sur le moment j’ai cru à un poisson d’avril. Puis j’ai réfléchi au point de trouver logique qu’un type qui a chastement baisé la France au sens figuré se retrouve dans le rôle de celui qui l’a fait au sens propre, et moins propre. Ce qui prouve bien ce que je pressent depuis quelque temps : l’Ere de l’Hypocrisie touche à sa fin. Aujourd’hui enfin, la Mode est à l’Impunité dans l’Abomination, au SORDIDE DECOMPLEXE.

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Le principe

L’avantage, c’est que comme on ne se sent plus obligé de rendre des comptes (à la justice, au peuple souverain ou autre), on ne se cache plus de rien. Pourquoi Gérard le Rouge se rendrait-il comme Monsieur Tout le monde à son procès quand il a commis une infraction, alors qu’il est peinard au Sofitel à rejouer pour la 32ème fois (l’avantage de jouer bourré) LA scène où notre vieux libidineux a cru dominer le Monde au travers de la personne d’une pauvre femme en uniforme de ménage.

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Hiver très rude

Avec nos deux têtes d’affiche omniprésentes, Depardieu et DSK, on ne peut pas dire en effet que cet hiver a été placé sous le signe de la légèreté, ni de la viande hallal. Car si tout est bon dans le cochon, on aurait espéré se régaler d’autre chose que du groin et de la queue, en tire-bouchon ou pas d’ailleurs.Avec nos deux têtes d’affiche omniprésentes, Depardieu et DSK, on ne peut pas dire en effet que cet hiver a été placé sous le signe de la légèreté, ni de la viande hallal. Car si tout est bon dans le cochon, on aurait espéré se régaler d’autre chose que du groin et de la queue, en tire-bouchon ou pas d’ailleurs. Alors maintenant qu’approche la saison des maillots de bain, il semblerait que la grande majorité des français soient repus ou dégoûtés au point de ne plus pouvoir toucher à son assiette de Doumé ou de Gégé. Gaspillage ou pas, une chose me gêne : dans ces deux cas, on crie à l’Acharnement Médiatique, on entend chouiner: « qu’on me laisse en paix » depuis que l’un a dansé le Casatchok bourré devant les caméras et que l’autre se retrouve affublé de métaphores charcutières dans le roman de la facétieuse et caliente Marcela Iacub.

Pourquoi aujourd’hui est-il si indigeste d’entendre rabâcher des Vérités alors qu’on supporte plutôt bien le recyclage quotidien d’âneries ? Et comment s’y prendre pour contourner cette lassitude de la réalité qui profite bien trop à ceux qui nous trompent ?

Illusions et triste vérité

J’ai au fond de moi de la peine pour des gens comme Loana, Nabilla ou feu FX jetés en pâture aux journaleux des marécages, et qui se retrouvent invités à des pelletées de dîners de cons, entre autre chez Morandini ou Hanouna pour ne pas les citer. Car ces éternels enfants – adultes pathétiques et candides – ont à leur façon le cœur blanc. Ils sont les victimes collatérales d’un système qui tend à exhiber des gens toujours plus faibles, plus creux, plus hystéros ou tout simplement plus malheureux en guise de faire valoir. Alors, à la vue de son Jacquouille ou de son Sganarelle, le téléspectateur se trouve finalement normal voire beau voire même cultivé, et s’adoube lui même, occultant ainsi le fait qu’il n’est qu’une crotte aux yeux de ceux qu’il engraisse.

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J’ai au fond de moi de la peine pour des gens comme Loana, Nabilla ou feu FX jetés en pâture aux journaleux des marécages qui feignent s’intéresser vraiment à eux, et qui se retrouvent invités à des pelletées de dîners de cons, en autre chez Morandini ou Hanouna pour ne pas les citer.

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Et si les derniers épisodes en boucle de Gégé chez les soviets, et de Doumé de Fleury Michon-Merogis agacent, c’est qu’ils dévoilent une REALITE dans tout ce qu’elle a de glauque. Et çà, c’est déprimant. Déprimant de ne plus croire en l’Homme. Déprimant de repasser à l’Ere du « Tous pourris ». Je serais même prête à parier qu’Edwy Plenel, patron de Médiapart – et accessoirement cauchemar des élites au pouvoir – jusqu’alors apprécié par l’opinion publique, ne finisse par lasser, voire franchement gonfler les gens.

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La solution 

Pour remédier à ce déni de la Réalité il serait bon, je pense, de mélanger les genres plutôt qu’attaquer tout le temps le problème sous un seul et même angle de vue. Interpréter plutôt que narrer. Couper des têtes avec le sourire. Ainsi les gens ne s’ennuieraient plus devant le même déferlement d’images et de mots :

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Culbuto titube mais ne tombe jamais

Justement, concernant notre Prostitué fiscal, je suis récemment tombée sur une vidéo de Chanteurs sans frontières : il faisait partie des charitables célébrités qui interprétaient la chanson Ethiopie, dont les dons étaient tous reversés à la banque alimentaire, vous vous rappelez ? J’avoue que voir Gégé bouger les lèvres (Torreton dit vrai, Depardieu ne connaît pas ses textes ) sur ces mots: Loin du cœur et loin des yeux, de nos villes, de nos banlieues… (cf vidéo à 1 min 45) au moment même où il quittait Paris pour Néchin, m’a amenée à penser qu’en étant loin des yeux et du cœur des réalisateurs, il finirait même par regretter notre système fiscal. Mais voilà, en ces temps où seul le fric et le buzz comptent, en ces temps d’avidité décomplexée, on fait encore tourner le Gros Culbuto.

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Marathon  Man

Concernant DSK, je trouve bien regrettable que l’on ait retenu uniquement les détails salaces de sa liaison avec Madame Iacub. Parce qu’à la limite, Si Monsieur Strauss Kahn préfère se faire tartiner le corps de faisselle à 0% plutôt que de faisselle à 40% (régime oblige) on s’en fout un peu quand même. Mais ce qui est surtout intéressant c’est le CONTEXTE. Car la petite sauterie s’étend de janvier à août 2012. Donc à une période où TOUTES les caméras du mondes étaient braquées sur lui !!! Pour faire court: après l’affaire Piroskja Nagi , après l’épisode riche en images du Sofitel (garde à vue, libération sous caution colossale accordée in extremis), après sa longue assignation à résidence, après l’affaire prescrite de Tristane Banon, et en pleine affaire du Carlton !

en pleine affaire du Sofitel, du Carlton, de Tristane Banon, de Piroska Nagi, DSK continuait de batifoler avec Marcela Iacub. Quel homme!Le moins que l’on puisse dire est que notre vieux Lucky Luck n’en a pas perdu ses moyens ! Dire que certains sont décontenancés par un sommier qui grince, ou parce que le chien les regarde, force est de constater que notre ancien président du FMI a démontré qu’il avait, à la manière d’un marathonien portant la flamme olympique, qui trébuche, mais se relève à chaque fois, un vrai mental d’acier. Et si l’on avait abordé la situation sous cet angle, on aurait peut-être saisi à quel point ce Monsieur est un GRAND MALADE et qu’il est absolument essentiel que tous les pervers, les menteurs, les tricheurs, les voleurs et les amnésiques ayant joui de trop de pouvoir pendant trop longtemps soient démasqués, mitraillés par les flashes, décortiqués et dépossédés sans que cela ne nous agace et que l’on crie Stop. Car la pêche aux gros s’avère bien prometteuse pour les mois à venir. Alors même si vous trouvez bien monotone de manger la même chose tous les jours, dîtes-vous bien que c’est ainsi que l’on rétablira la chaine alimentaire. On demandera juste aux journaux de varier l’asaisonnement. Merci.

Moralité

Lorsqu’un scandale anti-populaire éclatait il y a à peine deux siècles, la tête sanguinolente de son auteur se retrouvait en haut d’un piquet, et les passants lui crachaient dessus lorsqu’ils passaient devant. Il est donc inconcevable de parler d’Acharnement lorsque des élites censées représenter l’idéal de ce que nous sommes sont indignes de leurs titres et cristallisent des monstruosités.

Et si l’on cessait de plaindre nos ravisseurs hein?Image de prévisualisation YouTube

Estelle Bee.

La Télé Réalité faiseuse d’anges

Car pouvait-on sincèrement parler de reality show avant ces deux tragédies mortelles entremêlées, la mort d’un jeune candidat et le suicide du médecin de l’émission ? La télévision y a mis le temps, mais elle y est enfin parvenu : montrer la vie telle qu’elle est. Retour sur ce cheminement laborieux que fut la quête de la Réalité.

 

Big Brother n’avait pas osé l’imaginer,

Loft Story s’en est approché, en mettant à disposition des candidats sans grand discernement des ustensiles ménagers électriques type grille-pain (première cause de mortalité domestique) ou séchoirs à cheveux,

L’île de la tentation en avait rêvé, en ne faisant pas systématiquement pratiquer de tests de dépistages du VIH en temps et en heure aux candidats « tentateurs/trices »,

Secret Story l’a frôlé en hésitant à poser de pièges à loups dans la Maison des Secrets (ou entre les jambes des candidates),

Les Anges de la Téléréalité n’en sont qu’une pâle copie,

Et enfin, ENFIN, KOH LANTA L’A FAIT.  De la VRAIE TELE REALITE.

Car pouvait-on sincèrement parler de Reality Show avant ces deux tragédies mortelles entremêlées, la mort d’un jeune candidat et le suicide du médecin de l’émission ? La télévision y a mis le temps, mais elle y est enfin parvenu : montrer la vie telle qu’elle est. Retour sur ce cheminement laborieux que fut la quête de la Réalité.

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Deux blonds, une piscine : les gentils débuts 

C’est en souriant que je me rappelle encore la dernière soirée en direct du tout premier Loft Story : la prod, se sentant responsable de ses enfants, avait poussé la fiction jusqu’à trouver du boulot à chaque candidat après sa sortie, et ce dans un pays qui comptait 3 millions de chômeurs.C’est en souriant que je me rappelle encore la dernière soirée en direct du tout premier Loft Story. La prod, se sentant responsable de ses enfants (mouais), avait poussé la fiction jusqu’à trouver du boulot à chaque candidat après sa sortie, et ce dans un pays qui comptait 3 millions de chômeurs. Ainsi, la bourgeoise fashion victime devenait chroniqueuse mode, le gros baba cool  décrochait un poste de baroudeur pour Le Guide du Routard, la Bimbo s’improvisait styliste, et le D.J se voyait offrir des contrats pour des soirées prestigieuses, si tenté bien sûr qu’il soit prestigieux de se retrouver à guincher aux côtés de Frigide Barjot, Mareva Galanter et autres pique-assiettes ou ambassadeurs de marques, attendant leur enveloppe ou leur filet garni de fin de soirée, avec les dents qui rayent le dancefloor.

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Casting de Fiction-Reality Show 

Jusque là, la fiction dépassait encore la réalité. Car il s’agissait d’une réalité préfabriquée, montée de toutes pièces. En gros, on se foutait la gueule du téléspectateur. Le casting ressemblait à une pub pour la Vache qui Rit : des candidats TROP TYPES que tout opposait pour être bien sûr que ça explose entre eux : un militant Lutte Ouvrière, une grosse bourgeoise cul de poule, une jeune naïve, un serial fucker rusé, un bouffon, des sexualités ambigües… Pour le coup, on se serait cru dans le jeu « Qui est-ce » – ou la chanson Le Zizi de Pierre Perret pour les mélomanes – tant les sujets étaient profilés.

Le casting ressemblait à une pub pour la Vache qui Rit : des candidats TROP TYPES que tout opposait pour être bien sûr que ça explose entre eux : un militant Lutte Ouvrière, une grosse bourgeoise cul de poule, une jeune naïve, un serial fucker rusé, un bouffon, des sexualités ambigües… Pour le coup, on se serait cru dans le jeu « Qui est-ce » - ou la chanson Le Zizi de Pierre Perret pour les mélomanes - tant les sujets étaient profilés.

Les dommages  « fortuits »

Jusque là, les producteurs frileux faisaient en sorte de maintenir leurs candidats en vie ou en assez bonne santé physique – si l’on exclue la prise de Coke (light) – jusqu’à leur sortie. Car  c’est un fait, même les candidats les plus borderline avaient encore des pulsations cardiaques lors de leur dernier Prime Time, et ce, malgré un encéphalogramme plus proche de la Belgique que de l’Himalaya en terme de relief.

C’est timidement qu’on avait évoqué la descente aux enfers de certains anciens candidats : tentatives de suicide et autodestruction physique de Loana, plongeon mortel sous une voiture de François-Xavier, pétages de plombs en règle de Leslie (actuelle Afida Turner), destruction de l’avenir des couples en devenir… On prenait évidemment bien soin de préciser que rien ne démontrait formellement que leur participation aux divers programmes de reality shows les avait conduits à ces extrêmes.

tentatives de suicide et autodestruction physique de Loana, plongeon mortel sous une voiture de François-Xavier, pétages de plombs en règle de Leslie (actuelle Afida Turner), destruction de l’avenir des couples en devenir… On prenait bien soin de préciser que rien ne démontrait que leur participation aux divers programmes de reality shows les avait conduits à ces extrêmes.

Car les prod jouent sur le concept d’abstrait, et les dommages psychologiques ne peuvent être prouvés par l’image. Non, Endemol n’a pas délivré à la Bimbo son ordonnance de Stilnox. Non Benjamin Castaldi n’a pas poussé le Malheureux au milieu d’une départementale en pleine nuit. Et non, il n’y avait aucun calcul derrière le fait que les candidats avaient été choisis pour le simple fait d’être des enfants non désirés, battus, anciens SDF, ayant vu de leurs yeux d’enfants le paternel se faire flinguer par la mère, ayant accouché sous X etc… Les patrons desdites boîtes de prod auraient pu avoir un rôle dans un remake d’Intouchables.

Le tournant de l’histoire 

On avait ensuite frôlé la perfection lorsque Stéphane Rotenberg, le présentateur de Pékin Express –le seul programme que je tolère par ailleurs, et c’est déjà trop – s’était pris une camionnette folle furieuse de plein fouet au Philippines, manquant de justesse de se faire arracher la tête façon film de Zombies par l’extremité du Side-Car qu’il conduisait en sifflotant.

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Le dénouement par la Preuve 

la mort faisant partie de la vie, il est évident qu’un programme qui dépeint la réalité NE DOIT PAS EN FAIRE L’ECONOMIE. Un ou deux macchabées, après tout, ça ne mange pas de pain. Au sens propre comme au figuré d’ailleurs. Financièrement, c’est gérable. L’ère de l’hypocrisie et du « pas vu, pas pris » touche à sa fin, et enfin, la téléréalité s’octroie une dimension artistique par la Tragédie, la vraie.Avec les deux décès successifs qui ont touché feu l’émission Koh Lanta, la téléréalité atteint la divine perfection. Car la mort faisant partie de la vie, il est évident qu’un programme qui dépeint la réalité NE DOIT PAS EN FAIRE L’ECONOMIE. Un ou deux macchabées, après tout, ça ne mange pas de pain. Au sens propre comme au figuré d’ailleurs. Financièrement, c’est gérable. L’ère de l’hypocrisie et du « pas vu, pas pris » touche à sa fin, et enfin, la Télé Réalité s’octroie une dimension artistique par la Tragédie, la vraie, avec diffusion publique tous azimuts de la lettre du suicidé.

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Maintenant, la vraie question est de se demander combien de décès a indirectement générés le monde de la téléréalité :

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Des dizaines?

Des centaines?

Des milliers?

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Combien de jeunes ont décroché l’école en croyant qu’ils seraient l’exception ?

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Combien d’adolescents passent TOUT leur temps si précieux à s’abrutir devant ces programmes destructeurs d’identité?

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Combien d’entre eux se sont prostitués pour la célébrité ?

Combien d’entre eux se sont prostitués pour la célébrité ?

Combien ont fini par céder aux paradis artificiels en tombant de haut?

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Combien sont morts de cela ?

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Combien ont fini en taule ?

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Combien ne font plus la différence entre fiction et réalité et se retrouvent, comme dans leurs jeux vidéo si réalistes, à braquer un train, ou un fourgon blindé à 13 ans ?

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Combien de gentilles vieilles dames se sont faites traîner à terre en s’accrochant à leur sac à main que leur arrachait un de ces jeunes lobotomisés, TUES DANS L’OEUF ?

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Combien de ces petits mecs ont filmé une tournante avec leur téléphone portable en espérant faire leur propre Reality Show ?

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Combien de victimes ?

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Combien d’anges?

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Pour combien d’étoiles ?

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COMBIEN ???

.Combien de victimes ? Pour combien d’étoiles ? COMBIEN ??? Par le choix de nos programmes, INDIGNONS-NOUS !

Par le choix de nos programmes,

INDIGNONS-NOUS !

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Estelle Bee

No, Please don’t let me play DIFOOL, but DOC

J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc ! Ce qu’il y a de bien avec internet, c’est qu’au hasard d’une recherche, on peut passer du coq à l’âne et digresser aussi sévèrement que dans des conversations de filles, au point de ne plus savoir quel était le sujet initial. (Heeeuuu…. Qu’est-ce que je disais déjà ? est une phrase que je n’ai jamais entendu sortir de la bouche d’un homme). C’est ainsi que l’on se retrouve dans un forum sur les fosses septiques en pleine quête des dernières astuces pour bien manger de Jean-Pierre Coffe, ou sur un site de livraison de charcuterie corse alors qu’on effectuait des recherches sur DSK. C’est ce qui m’est malheureusement arrivé en ce dimanche pluvieux et grippal. J’étais en train de coucher des idées sur mon clavier lorsque soudain j’eus ce doute affreux: Est-ce que l’expression argotique « ça daube » s’écrit de la même façon que « la Daube », le plat en sauce quoi !??

En un clic je lançai la recherche en l’état – ça daube – sur Google, je choisis le deuxième lien proposé, et là JE LE VIS : Sur un forum, le message d’un homme à terre, une sorte de SOS d’un terrien en détresse version « Wesh Wesh sur les griffes de ma soeur, guette le boule d’la meuf, elle a pété le joint de culasse ou quoi ? »

Un homme parmi tant d’autres, dans l’urgence, mais beau et digne dans sa souffrance. Un homme d’autant plus valeureux que le lecteur ne peut ignorer, après une lecture attentive de ce qui va suivre (attention âmes sensibles s’abstenir) qu’il est clairement sorti de son périmètre de sécurité, de sa zone de confort, pour aller demander de l’aide en Terra Incognita. Frédéric Lopez –Rendez-vous en Terre Inconnue- appréciera le dépaysement.

 

 Le titre:  Help, quand je pête ça daube le cadavre, c’est a vomir,

 Posté par S….. à 22h11.

Help, quand je pête ça daube le cadavre, c'est a vomir,  envoyé par S….. à 22h11. « salut, voila ca fais une semaine que j’ai un gros blème, j’ai mal au bide et puis j’arrêtte pas de péter, et ca daube un truc de fou. Je lache une caisse presque toute les 2 minutes, quand sa passe j’ai l’inpression que j’ai le bide qui va éclaté et aussi, ca me brule le fiond horrible. Aprés ca sors tout chaud et la putain sa daube trop grave, genre la dreum mais en fait s’est pas seullement la dreum, ca pue aussi comme le souffre, style le cadavre. Tiens la je viens d’en lachez une, et voila sa daube énorme, tellemand que j’ai envie de bégere. (…)hier j en est lachée une dans le bus et je me suis taper une réflection d une vielle a coté, je peut pas me retenire. Normallement quand s’est toi qui pêtes, tu suportes el la je peut meme pas suporter. Ca pue longtems, aprés tout put ma caisse, c’est trop la honte. Si sa daube le cadavre comme ca, S que sa peut étre un bouts de mes tripes qui commence à pourrire? faut que j’aïe a l’osto ou un truc comme ca? et puis le truc s’est que j’ai vraiment gavé trop honte car j’ai une copine et j’oze+ lui demandé de me faire une pipe, car si je lui lache une caisse à la geulle pendent qu’elle me suces elle va carément crever! Aider moi svp merci. »

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Et là, malgré le terrible effroi qu’a suscité en moi la lecture de ce SOS, je me suis sentie rajeunir. J’ai eu tout à coup 14 ans, les cheveux gras, un appareil dentaire, et j’écoutais Lovin’Fun sur Fun Radio, émission naguère animée par le très classieux Difool et le gentil Doc dans les années 90. Heure du lancer de bouteille à la mer 22h11, pile poil dans le créneau du Doc dis donc !

Forte de mon expérience, je me suis dit que l’occasion pour moi de vivre mon rêve d’être LE DOC était arrivée, et qu’enfin j’allais pouvoir venir en aide à mon prochain, et l’aiguiller dans sa quête de lui même dans un monde où l’hostilité fait rage :

« Cher S….. ,

J’entends, je devine, je sens – surtout – ta détresse. Ton corps change, et ce n’est pas sale.

Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. Sache qu’il n’y a pas de fumée sans feu, et que tu ne peux pas garder au plus profond de toi des idées si nauséabondes qu’elles finissent par polluer ton univers au point de t’éloigner de ton entourage qui ne peut que ressentir ta confusion. Si tu ne tiens pas compte de tes propres besoins, tu finiras par faire le vide autour de toi. Contenir ses envies ou les refreiner est le meilleur moyen pour qu’elles s’accumulent dans une longue frustration, et finissent par exploser avec la même violence que celle d’un volcan en éruption. Je te propose donc de faire le point sur ton sentiment de honte en essayant d’en connaître la source, si tu ne veux pas te retrouver à 10 sur l’échelle de Richter. Je suis sûre que tu mettras bien assez vite le doigt Le souci dont tu me fais part m’amène à penser que tu as une envie inconsciente de t’ouvrir au Monde pareil à la fleur de lotus sous le soleil levant, mais qu’un blocage, émanant je pense d’un sentiment de honte, t’en empêche et émousse ainsi ton élan explorateur. dessus. En outre, il me semble judicieux que tu tiennes ta douce amie éloignée de l’épicentre pour un temps, il serait dommage qu’elle soit une victime collatérale de ta quête intime et existentielle. Courage S…., et n’hésites pas à nous tenir informés de ton ouverture spirituelle et intellectuelle. Bisous. »

 

LE DOC

 

Voilà, à mon sens, tout l’intérêt de faire exploser enfin toutes les horribles barres HLM, ghettos bien pensés d’une époque révolue, pour que des gens condescendants comme moi n’aient plus l’occasion de se gausser des gens comme lui, que l’exclusion ne permet pas de sortir de l’illétrisme mais conforte chaque jour dans sa misère intellectuelle.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi éloignés l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

Je rêve d’un monde où les villes n’auraient pas de banlieues ni de périphéries, pas d’immeubles d’habitations de plus de 5 étages, où Bakari et Jean-Charles habiteraient la même rue et auraient les mêmes profs. Ce n’est pas de la démagogie, c’est de l’instinct de survie. Les pôles n’ont jamais été aussi loin l’un de l’autre alors qu’une société pérenne est une entité à part entière. Cette scission s’apparente drôlement au principe de la fission des atomes, principe à partir duquel on a créé la première bombe atomique.

A méditer,

 

Estelle Bee.

Génération Lovin’Fun, 1992-1998.

La mort est dans le pré…

Modeste proposition pour empêcher les paysans français d’être une charge pour l’état et pour les rendre utiles au public

Adieu veaux, vaches, cochons…Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Bizarrement, la première réflexion que je me suis faite après ce constat presque irréel est que je ne savais pas qu’il y avait encore autant d’éleveurs ou d’agriculteurs dans notre pays. La deuxième, c’est que si le poids de l’âme est bien de 21 grammes, nos 500 (j’ai coupé la poire en deux) qui déclarent forfait chaque année ne pèsent que 10,5 kg par an sur la conscience de nos dirigeants et de l’industrie agro-alimentaire, et que c’est peut-être la raison pour laquelle personne ne s’affole.

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La problématique :

L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. Cet assistanat pèse son poids financier sur notre pays en temps de crise, ainsi que sur l’orgueil et le moral de nos bouseux, puisque beaucoup préfèrent finir dans une magnifique urne en marbre qui viendra orner le dessus de la cheminée de leurs familles, plutôt que continuer à vivre sous respirateur artificiel. L’Honneur demeure, mine de rien, une valeur primordiale chez nos nettoyeurs de purin.

Etant donné que cette fois-ci encore, nous avons hérité d’un dirigeant qui, comme tous ses prédécesseurs, cherche à colmater lamentablement plutôt qu’à reconstruire en L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. profondeur, on devine bien que la situation des paysans ne s’améliorera pas du tout et que leur taux de suicide ira crescendo. A moins que… A moins que les industriels de l’agro-alimentaires – qui les égorgent et les mettent en concurrence déloyale – ne s’émeuvent finalement de leur sort… Non, je déconne.

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Du côté des consommateurs :

D’un autre côté, les consommateurs réclament des produits de qualité depuis les divers et récents scandales alimentaires. Mais plus nos éleveurs français disparaissent, moins il y a de chances que l’on ait une bonne traçabilité de nos viandes. Un cercle bien vicelard…

Aussi, mon passé de joueuse de Tetris effrénée m’a appris que deux problèmes peuvent faire deux réussites en s’imbriquant parfaitement. C’est pourquoi je propose, pour répondre aux attentes des deux parties, que nous consommions directement nos agriculteurs, soit avant qu’ils ne s’auto suppriment – puisque de toute façon ils le feront –  soit  juste après, en les plaçant en chambre frigorifique directement après leur geste sans appel.

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Avantages nutritifs et économiques :

Si cette idée vous rebute au prime abord, c’est à cause des schémas préétablis par notre société. Mais sachez que ce sont justement ces schémas qui nous ont amenés à un excès de confiance envers l’industrie agroalimentaire qui nous a dupés, nous dupe et nous dupera encore.

Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur.Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur. Il se dégage de ces visages rougeauds une santé physique qui découle du fait que le fermier ne mange que des produits sains qu’il cultive dans son potager, n’ayant pas les moyens de se payer des lasagnes ou des raviolis en boîte. Le fermier se développe en des lieux reculés où pas même le dioxyde de carbone n’ose s’aventurer, et respire donc un bon air pur, si l’on exclue les flatulences des ruminants qui y broutent.

De plus, il évolue à l’air libre, loin des cages à poules, et travaille chaque jour que Dieu fait. Il se dépense donc suffisamment –à défaut de pouvoir dépenser – pour que sa chair soit saine et que son muscle n’excède pas les 10% de matière grasse.

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Suggestions de préparation et de présentation :

Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry à cuisson réduite voire un mafé, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande.Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande. Progressivement, vous pourrez introduire une épaule garnie de sa julienne de légumes au centre de votre table lors de votre repas dominical ou Shabbat. Vous serez surpris de constater que les membres de votre tablée se disputeront la souris de votre gigot paysan. Plus tard, vous pourrez proposer un éleveur à la broche lors d’un événement festif : lors d’un banquet sous forme de méchoui, d’un mariage ou baptême champêtre, pour un enterrement de vie de garçon, d’une bar-mitsva ou circoncision ( à condition qu’il soit casher).

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Tout est bon dans le paysan :

Si vous aviez le moindre doute sur la question, sachez que les abats d’agriculteurs ne seront pas en reste. Les derniers reportages exhibant des gaillards bourrus pleurant à chaudes larmes devant le misérable rachat aux enchères de toute leur vie, ont  démontré que derrière sa carapace et sa moustache fournie, le paysan a le cœur très tendre. C’est donc avec une délectation sans pareille que vous vous régalerez d’un cœur de laitier ou d’éleveur de porc en faillite. Nul besoin de le congeler pour l’attendrir comme il est d’usage chez d’autres bestiaux. Economique à souhait, ce mets comblera l’appétit et les papilles des plus fins gourmets tout en préservant votre porte-monnaie. Comptez ainsi un cœur pour quatre convives puisque, vous l’aurez compris, c’est le cœur gros que l’agriculteur aura quitté ce monde.

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Tout est bon sauf…

 

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et leurs qualités nutritives en séchant à l’air libre.Quelques rares parties de l’agriculteur ne pourront être consommées sous certaines formes. C’est le cas du boudin, puisque ce spécimen qui s’est fait du mauvais sang au cours de ces dernières années de vie.

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et  qualités nutritives en séchant à l’air libre.

De la même façon, il convient, en cas de suicide,  d’emmener sur le champs le malheureux élu à l’abattoir avant la nécrose de ses entrailles, l’éviscération devant avoir lieu 45 minutes maximum après le passage à l’acte sous peine que sa chair ne soit plus comestible. C’est pourquoi il apparaît urgent d’investir dans la construction d’abattoirs dans les zones rurales et équiper les espèces les plus à risque de détecteurs de décès avec retransmission à distance. A défaut il est toujours possible de transformer la viande cornée en mets épicés, comme des bavettes macérées dans un jus d’échalote ou des basses côtes à la mexicaine. A défaut d’épices, le très classique kebab reconstitué façon puzzle fera l’affaire.

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La meilleure solution sera toutefois de raisonner les candidats à la traversée du fleuve en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute s’ils acceptaient de se rendre utiles à la société - à titre posthume, bien entendu -  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient mourir dans la honte de leur échec.

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En définitive :

La meilleure solution sera toutefois de raisonner nos candidats en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute en se rendant utiles à la société – à titre posthume –  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient quitter ce monde dans la honte de leur échec. Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en servant la communauté. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en se rendant utiles au public. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Y’a comme un malaise…

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Et si l’on s’indignait ?

Estelle Bee.

Au royaume des toutous les monstres sont rois

stephanehessel jeuneCette semaine J’avais prévu initialement de vous parler de ce grand chef d’oeuvre télévisuel qu’est Camping Paradis, téléfilm d’une rare finesse qui fait sa part d’audience sur Tf1. Mais il y a quelques jours, Monsieur Stéphane Hessel a quitté ce monde d’exilés mentaux pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté en terme de justice et de démocratie. L’auteur du manifeste Indignez-vous a fait de sa vie un exemple d’espoir, de combativité et de sagesse et avait trouvé également dans la poésie un exutoire et un outil pour faire passer des messages universels. La rubrique Indignons-nous de ce blog est à ce propos le fruit de mon admiration pour ce grand Monsieur. L’idée première de ce blog, de la vengeance de l’abeille  -le peuple- a émergé de cette notion de colère saine. C’est donc en guise de modeste hommage que je vous ferai partager cette semaine une fable satirique que j’ai écrite après avoir lu ledit manifeste, il y a de cela 9 mois. Il était temps que je mette bas… Le camping, lui, pourra attendre…!

Donc Par ce temps glacial je vous propose aujourd’hui de raviver la magie de Noël par ce petit conte qui, je l’espère, vous ravira de joie:

Au royaume chien chinoisIl était une fois, dans notre bon vieux continent, un royaume peuplé de millions de chiens. Des canidés de toutes races, ainsi que ceux qui en étaient dénués s’essayaient à la cohabitation. Car en effet ils avaient besoin les uns des autres pour que leur société soit pérenne. Ainsi, les simples bâtards, occupants de la niche du bas, déterraient les os à moelle, lesquels, après avoir transité par la race moyenne qui assurait leur répartition –et autres services annexes – allaient nourrir la niche du haut. Les débris d’os qui volaient en éclat depuis la niche du haut faisaient office de récompense et de festin à la niche du bas, qui s’en accommodait parfaitement, n’allant jamais envier le contenu de la gamelle des chiens de race, puisque les seuls débris leur donnaient la force nécessaire pour creuser 5 jours par semaine.

Mais une ère nouvelle arriva…

 

royaume chineOn aurait pu penser que si la chaine venait à se briser, elle devrait sa cassure au désœuvrement de la niche du bas. Question de logique. En fait, c’est l’inverse qui se produisit. Un jour, un Chihuahua décida que donner des débris d’os en guise de salaire représentait un gâchis terrible… pour lui. Ce n’est pas que son ventre en réclamait davantage, il était déjà bien assez plein. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi concéder des débris aux bâtards de son propre royaume, alors qu’au Royaume des Fourmis la seule poudre d’os était la monnaie de rigueur. Et cela ne choqua apparemment personne, ni le Roi des Toutous, ni ses apôtres. La race du bas se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue, d’autant que ce ne fut pas qu’une simple bise mais plutôt une grosse claque. Et elle tendit l’autre joue.

Elle alla déterrer d’autres os pour d’autres niches du haut. Mais le Chihuahua avait ouvert une brèche. Le Dalmatien suivit. Puis ce fut le Bull Terrier, puis le Bichon Maltais. A la fin presque tous allèrent confier leurs tâches aux fourmis ouvrières, et la pérennité vola en éclats.

Et ce ne fut pas tout…

 

mittal 2Les races aisées trouvaient encore après cela que le système du Royaume ne leur était pas pleinement favorable. En effet les très nombreux os à moelle non consommés étaient enterrés au coin de leur niche. Mais ces chers canidés du haut devaient contribuer au fonctionnement du Royaume des Toutous en en cédant une partie, plus ou moins importante. Et même s’ils avaient déjà mangé, plus que de raison, investi dans d’autres niches qu’ils louaient pour quelques juteuses baballes, et comblé tous leurs désirs de promenades et ceux de leurs chiots, cet impôt leur apparut comme une injustice. Pourquoi donner alors qu’ils pourraient juste… ne pas le faire ??! Ils décidèrent alors d’aller enterrer leurs os, carcasses et croquettes ailleurs. Non pas au Royaume des Fourmis, non non, pourquoi renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous font prospérer ?!! Mais au Royaume des Dauphins. Et le Roi des Chiens laissa faire.

Pendant ce temps, le Royaume du Bas n’ayant plus rien à déterrer pour personne commença à crier famine. Leurs cris ne trouvèrent pas d’écho à la tête du Royaume. Ou presque pas. On leur accordait par exemple 2 ou 3 croquettes de plus pour envoyer leur chiots à l’Agility, et cela suffisait à faire stopper leurs aboiements, comme un collier électrique. Ils étaient si fatigués à lutter pour leur survie que l’idée de la juste révolte ne leur effleurait même pas l’esprit. Il faut dire que le prix des niches, même celles infestées de puces, les dépouillait de tous leurs débris d’os. Alors qu’au Royaume des Dauphins, les énormes carcasses ne profitaient à personne.

mittal manifRendons toutefois à César ce qui lui appartient. Les rois successifs tendaient la patte à la niche du bas, après leur accès au pouvoir, pour tenir la promesse qui leur avait été faite juste avant. Disons-le, pour leur faire fermer la gueule. On leur avait accordé des débris minimum mensuels qui augmentaient donc tous les 7 ou 5 ans. Ainsi, les races moyennes, que nous appellerons les caniches, se confondaient de plus en plus avec les meutes du bas. Leurs difficultés devinrent quasiment similaires. Toutefois ils ne s’unirent pas pour autant… Car en effet, les rois canins et leurs apôtres malinois veillaient en permanence à leur faire croire tour à tour que les uns chassaient sur le territoire des autres, et que les autres creusaient sur des terres bien plus pourvues.

Chienchien à sa mémère

 

La chasse aux privilèges commença à alimenter les gazettes. Ainsi, sur toutes les roues des voitures, à chaque coin de rue, au pied de chaque pylône, sur chaque touffe d’herbe anarchiquement surgie des pavés, et partout où chaque chien pouvait lire et laisser des informations lors de sa promenade matinale, on pouvait découvrir combien le bâtard était roublard, et à quel point le caniche était fainéant. Pourtant tous avaient ce point commun : on coupait les débris en quatre et l’on réfléchissait à deux fois avant de consulter le vétérinaire… Mais où diable étaient donc passés tous les os à moelle du Royaume ???

au royaume bahamasPendant ce temps, au Royaume des Dauphins, de nouveaux reliefs modifiaient la géographie locale sans qu’aucune plaque tectonique n’ait eu besoin de chevaucher l’autre. Les amas osseux agglomérés formaient de véritables massifs, pareils à de colossales tours d’ivoire. Tours qui au demeurant restaient vides. Logique, puisque les races du haut vivaient toujours paisiblement au Royaume des Toutous dont ils profitaient à l’envi. Ils en avaient les avantages sans les inconvénients. Normal, puisqu’on les avait laissé faire… Dire que le Basset, Roi des Clebs cinq années durant, avait pointé du museau les bâtards en leur rappelant qu’ils n’avaient pas que des droits mais aussi des devoirs. Force est de se demander pourquoi cette règle du renvoi de baballe n’avait pas été rappelée d’abord aux détenteurs de toutes les croquettes du Royaume. Surtout en période de disette !

Moralité

 

Qui sont donc les vrais voyous qui gangrènent le système ?

Les dealers qui te font « psssst !!! » au détour d’une rue ?

Cette femme qui vole une boîte de raviolis dégueulasses chez Carrouf pour nourrir ses 4 enfants ?

Ces jeunes capuchonnés qui n’ont plus d’espoir de gravir les échelons et préfèrent donc creuser de plus en plus profond ?

Ce fonctionnaire qui se fait défoncer la tête à la CAF ?

Cette prof qui fait une dépression ou qui se fait poignarder ?

Le travelo du bois d’en face qui fait honte à la société ?

Le flic que l’on oblige à faire son quota de PV mensuel ?

au royaume monstreLes nouveaux voyous qui nous ont dépouillés, divisés, méprisés et rendus méprisables ne font pas leurs commissions chez Intermarché, mais chez Fauchon, Bulgari, Cartier, Vuitton, Chanel et portent des Rolex, des vraies. Leur frigo est toujours vide, contrairement à vous, parce qu’ils ne mangent jamais chez eux. Et surtout, surtout, ils ne savent pas qu’ils sont des voyous. Ils ignorent que, pareils à Dieu qui a créé l’homme à son image, ils ont enfanté de la misère, la haine, la promiscuité, l’improbable devenir, l’impossible révolte. Ils sont tous ces gens à la fois :

ils sont ce jeune noir à capuche qui caillasse,

ils sont cette mère qui vole pour manger mais continue de faire des gosses,

ils sont cette prostituée vulgairement fardée,

ils sont ce flic qui se pend pour en finir avec toute cette cour des miracles,

ils sont ce journaleux qui fouille dans des poubelles pleines de rats pour faire un scoop qui brisera des vies de famille.

Et si l’on s’indignait pour de bon ?La jeunesse aussi s'indignera

Estelle Bee.

Sans ogm, sans commentaire, sans pitié

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ?Me voilà dans le rayon « conserves » de l’hypermarché. Apeurée, chétive, mais oui, je vais le faire. Je vais oser me mettre à la recherche de LA boîte de maïs dont j’ai absolument besoin pour ma recette mexicaine. On est vendredi soir et c’est pour demain, je ne peux plus reculer ma pauvre Josiane… Je m’approche lentement de l’objet de mon désir sans perdre de vue les abominations alimentaires qui font l’actualité.

 

Géant vert VS Nabot Jaune

Face à moi, un mur, un édifice, que dis-je un édifice, une péninsule de boîtes jaunes, contenant toutes à priori la même chose. Cependant, trois catégories me sautent aux yeux tellement elles me rappellent mes cours de quatrième sur les trois ordres : le Clergé, la Noblesse, et le Tiers Etat. A hauteur des yeux – si vous mesurez entre 1 m 45 et 2 m 10 – il n’y en a que pour le Grand verdâtre, Bon Duel et Docile. Si les grandes marques misent sur la docilité du consommateur, ils sont tombés sur un os avec moi. Alors je me baisse, pour me retrouver face au maïs de pays, l’or jaune local, comprendre le produit du grand distributeur, un peu moins cher. Moi toujours pas docile ! De ce fait je m’accroupie, m’arcboute, me démantibule au risque de me démettre les cervicales, et coucou le voilà, le maïs pas cher, le maïs du pauvre.

Il faut savoir que le maïs du pauvre – ou maïs du nain selon l’interprétation qu’on en fait – n’est pas situé à huit centimètres du sol parce que le pauvre est plus petit. Non. Il répond juste à des règles strictement ergonomiques. En effet, le pauvre étant plus voûté que le riche, rapport aux coups durs que lui assène la société et la vie en général, peut bien plus aisément se saisir de sa boîte de maïs à deux francs six sous. On appelle cela de l’altruisme Messieurs Dames. Il faut bien les chouchouter nos gueux bien de chez nous – ou pas, d’ailleurs – !

ogm-guide

Roulette russe

Mais tout à coup, un détail attire mon attention. Je tourne la boîte dans tous les sens, mais je ne vois pas le gros astérisque rouge ou vert qui précise  sans OGM  comme sur les conserves du Grand Verdâtre, Bon Duel ou de Docile ! Alors je passe en revue les petites boîtes de maïs local pour en disséquer les informations. Je me rends compte de leurs perverses contradictions : « maïs génétiquement ou non génétiquement modifié ». Je crois halluciner. SOIT IL EST MODIFIE, SOIT IL NE L’EST PAS, C’EST QUOI CE BORDEL???!!! Je retourne à mon or – à mon toc – du pauvre. Je regrette aussitôt de ne pas avoir l’Application Microscope sur mon téléphone (non en fait j’avoue l’inavouable, je n’ai pas de Smartphone…) Je plisse les yeux, et je sens ma ride du lion se creuser, je me dis à ce moment-là que j’enverrai à l’enseigne ma facture d’injection de Botox. Je finis par déchiffrer sur la première conserve : « maïs génétiquement modifié », sur la deuxième « maïs, sel, conservateurs, eau. » Aucune précision, bien joué ! Quant à la troisième, eh bien RIEN DU TOUT ! Chapeau bas, le silence est la manière de mentir la plus éloquente…

Euthanasie alimentaire

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ? Et puis, c’est quand même moins cruel de faire tomber quelqu’un d’une hauteur de huit centimètres que d’un mètre quatre-vingt n’est-il pas ? Ne sont-ils pas choux nos industriels de l’agro-alimentaire ? Non seulement ils mettent les choses à notre portée, ils abrègent nos souffrances, et par la même occasion ils nous offrent en bonus des mets inabordables : « Messieurs Mesdames, pour trois boîtes de maïs premier prix achetées, vous remportez un crabe bien vivant ! Et il y en aura pour tout le monde !» Un bon vieux crabe astrologique hum… Une vraie fin de vie de pauvre. Comme dans un bon film de Jean Genet, ou Becker.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du « sans », car nous ne pouvons plus continuer à faire « avec ». Un monde du « sans OGM », du « sans bisphénol A », du « sans aspartame », du « sans paraben »…

Cette merveilleuse expédition au pays d’Alice au teint blafard sous les néons m’a permis de mieux comprendre notre société actuelle, en tout cas d’en anticiper les déconvenues.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du  sans , car nous ne pouvons plus continuer à faire  avec . Un monde du  sans OGM , du  sans bisphénol A , du  sans aspartame , du  sans paraben … J’ai repensé à mes grands-parents qui ont longtemps fait  sans  dans l’espoir qu’un jour il feraient  avec . Ils ont longtemps vécu sans télé, sans internet, sans avoir le choix, sans agriculture biologique, sans Ikea, et comble d’infortune, sans Tex, l’animateur! Aujourd’hui c’est l’inverse, les pauvres sont obligés de faire avec sans même caresser le microscopique espoir de pouvoir faire sans un jour.

Triple foyer

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute! Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute. Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».Même constat pour mon amie Viviane qui s’est retrouvée un beau jour avec un magnifique herpès à l’étage inférieur, et a connu l’humiliation de devoir téléphoner à tous ses ex pour leur demander de faire le test de dépistage afin de prévenir et/ou guérir. Déjà, réalisée à froid, cette comptabilité résonnait en elle comme « tu n’es qu’une espèce de petite catin qui a mérité sa MST ! » en raison du nombre de ses conquêtes. Mais le discours du vil amant retrouvé, conscient de sa maladie à l’époque, et guéri depuis, lui porta l’estocade finale. Le monsieur lui tint à peu près ce discours : Ne t’étonnes pas de ce genre de choses si tu ne protèges pas… Quoi de plus logique? Le jeune homme ne lui a jamais dit qu’il était sain ! Il n’était pas inscrit non plus « sans MST » sur son front. Ou ailleurs. Elle aurait du avoir immédiatement un doute  !

On ne peut plus se fier à personne. On nous ment continuellement par omission. Dirigeants, fonctionnaires, chômeurs, SDF. J’ai arrêté de donner la pièce aux mendiants, puisqu’après tout, ils ne précisent jamais sans emploi  sur leur carton tout sale !

Prochainement je compte m’arrêter de manger définitivement. Là ils se rendront bien compte qu’ils sont tombés sur un os avec moi ! Parce que j’ai passé à la loupe tous les produits alimentaires de tous les distributeurs, de tous les industriels sans exception, et aucun, je dis bien AUCUN ne spécifie « sans arsenic » sur l’emballage. Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !

Estelle Bee.

NB: A l’heure où je publie cet article, le journal Le Monde fait état  d’un nouveau scandale alimentaire selon lequel aux Etats-Unis 33% des étiquetages de poissons  affichent une espèce qui ne correspond pas à la réalité. Hum j’ai hâte de goûter du dauphin moi…!

Et si l’on s’indignait?


 [E1]

Zahia (suite), et le redressement productif.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong "Zahia Lingerie" va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d'anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. Je vous vois venir petits êtres maléfiques et pervertis avec vos jeux de mots douteux sur ce titre. Heureusement, ceux qui connaissent la maison savent que ce n’est pas mon genre de dire du mal des gens. Car toutes mes espérances de patriote déçue sont désormais tournées vers celle qui d’un coup – ou deux – de baguette magique, semble redonner espoir à l’industrie française.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong « Zahia Lingerie » va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d’anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. L’info est lancée. Arnaud Montebourg se félicite de cette entreprise excitante, puisque pour le paraphraser, Zahia Dehar serait passée du redressement tout court au redressement productif en tant que styliste. Dis mon Coco, elle était facile celle-là. La boutade, pas Zahia. Evidemment.

Secrets d’alcôve

Pour l’heure, il se murmure que les affiches publicitaires de la marque Zahia Lingerie seraient des plus racoleuses, et s’inspireraient des fameuses « leçons » de la marque Aubade, mais dans un style plus frais, plus actuel et finalement assez autobiographique. Etant plutôt bien infiltrée dans le milieu des VIP ( j’ai quand même connu le prestige de me faire payer un pot par le frère de El Chato hein…)  j’ai pu percer le mystère qui entoure ce démarrage érotico-philosophico- marketing, comme dirait Dédé Manoukian, pour vous permettre de découvrir en exclusivité les trois premières leçons de la collection :

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le
Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse
Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

 

Un exemple pour la France

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Les sites d’information ne tarissent pas d’éloges au sujet de l’ascension sociale de la toute jeune femme, à l’heure où l’ascenseur social est justement en panne pour ceux qui comptent réellement sur leur mérite pour être appréciés à leur juste valeur. Ils applaudissent notamment la noblesse du projet qui alloue 30 à 40% de la fabrication de lingerie au sein de l’hexagone, et qui réintègre de surcroît 6 anciennes couturières Lejaby, salement mises à la porte l’an dernier. Waouh !

Je me permets donc juste 3 questions. Pourquoi ne pas réembaucher TOUTES les ouvrières licenciées puisque l’ampleur de la société Zahia lingerie le permet ? Ne serait-on pas en train de nous déformer, comme souvent ces derniers temps, une triste réalité en conte de fée, ou est-ce moi qui ne vois que le verre à moitié vide? Enfin, lecteurs pressés que nous sommes, n’aurions-nous pas intérêt aujourd’hui à chercher la réciproque de chaque information qui nous est donnée afin d’en déduire LA VERITE ???

 

Un théorème, une réciproque :

Parce que, excusez-moi du peu mais personne n’en parle, la réciproque de ces chiffres est justement que notre nouvelle Coco Chamel fera fabriquer 60 à 70% de sa production HORS de nos frontières eh oui! Est-il aujourd’hui si impensable de faire du 100% Made in France que l’on va jusqu’à béatifier la première qui consent du bout des lèvres – si je puis dire – à ne partager qu’un mince tiers du gâteau avec le pays qui lui a tout, mais alors TOUT donné ?

LA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans le stylisme ou autre, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérablesLA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans la mode, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérables. Il est impossible de se faire respecter si l’on ne se montre pas respectable. Revoir ses ambitions à la baisse en est la preuve.

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Alors que là encore la vraie question est: « Arnaud la Malice va-t-il poser en guêpière Pétales de roses cousu main pour promouvoir l’industrie textile Made in France ? ». Amis lecteurs, ne soyons plus dupes. Prenons les news à contre-emploi.

Exception française

L’industrie de nos tous proches voisins européens ne tient plus qu’à un fil quand la nôtre ne tient plus qu’à un string. Au risque de paraître pudibonde, je ne peux que regretter qu’on n’y rajoute pas un peu plus de tissu, afin que toutes nos anciennes de chez Lejaby fassent ce qu’elles savent faire de mieux : nous rendre toujours plus envoûtantes. Pas vous ?

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

Estelle Bee.