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La Télé Réalité faiseuse d’anges

Car pouvait-on sincèrement parler de reality show avant ces deux tragédies mortelles entremêlées, la mort d’un jeune candidat et le suicide du médecin de l’émission ? La télévision y a mis le temps, mais elle y est enfin parvenu : montrer la vie telle qu’elle est. Retour sur ce cheminement laborieux que fut la quête de la Réalité.

 

Big Brother n’avait pas osé l’imaginer,

Loft Story s’en est approché, en mettant à disposition des candidats sans grand discernement des ustensiles ménagers électriques type grille-pain (première cause de mortalité domestique) ou séchoirs à cheveux,

L’île de la tentation en avait rêvé, en ne faisant pas systématiquement pratiquer de tests de dépistages du VIH en temps et en heure aux candidats « tentateurs/trices »,

Secret Story l’a frôlé en hésitant à poser de pièges à loups dans la Maison des Secrets (ou entre les jambes des candidates),

Les Anges de la Téléréalité n’en sont qu’une pâle copie,

Et enfin, ENFIN, KOH LANTA L’A FAIT.  De la VRAIE TELE REALITE.

Car pouvait-on sincèrement parler de Reality Show avant ces deux tragédies mortelles entremêlées, la mort d’un jeune candidat et le suicide du médecin de l’émission ? La télévision y a mis le temps, mais elle y est enfin parvenu : montrer la vie telle qu’elle est. Retour sur ce cheminement laborieux que fut la quête de la Réalité.

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Deux blonds, une piscine : les gentils débuts 

C’est en souriant que je me rappelle encore la dernière soirée en direct du tout premier Loft Story : la prod, se sentant responsable de ses enfants, avait poussé la fiction jusqu’à trouver du boulot à chaque candidat après sa sortie, et ce dans un pays qui comptait 3 millions de chômeurs.C’est en souriant que je me rappelle encore la dernière soirée en direct du tout premier Loft Story. La prod, se sentant responsable de ses enfants (mouais), avait poussé la fiction jusqu’à trouver du boulot à chaque candidat après sa sortie, et ce dans un pays qui comptait 3 millions de chômeurs. Ainsi, la bourgeoise fashion victime devenait chroniqueuse mode, le gros baba cool  décrochait un poste de baroudeur pour Le Guide du Routard, la Bimbo s’improvisait styliste, et le D.J se voyait offrir des contrats pour des soirées prestigieuses, si tenté bien sûr qu’il soit prestigieux de se retrouver à guincher aux côtés de Frigide Barjot, Mareva Galanter et autres pique-assiettes ou ambassadeurs de marques, attendant leur enveloppe ou leur filet garni de fin de soirée, avec les dents qui rayent le dancefloor.

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Casting de Fiction-Reality Show 

Jusque là, la fiction dépassait encore la réalité. Car il s’agissait d’une réalité préfabriquée, montée de toutes pièces. En gros, on se foutait la gueule du téléspectateur. Le casting ressemblait à une pub pour la Vache qui Rit : des candidats TROP TYPES que tout opposait pour être bien sûr que ça explose entre eux : un militant Lutte Ouvrière, une grosse bourgeoise cul de poule, une jeune naïve, un serial fucker rusé, un bouffon, des sexualités ambigües… Pour le coup, on se serait cru dans le jeu « Qui est-ce » – ou la chanson Le Zizi de Pierre Perret pour les mélomanes – tant les sujets étaient profilés.

Le casting ressemblait à une pub pour la Vache qui Rit : des candidats TROP TYPES que tout opposait pour être bien sûr que ça explose entre eux : un militant Lutte Ouvrière, une grosse bourgeoise cul de poule, une jeune naïve, un serial fucker rusé, un bouffon, des sexualités ambigües… Pour le coup, on se serait cru dans le jeu « Qui est-ce » - ou la chanson Le Zizi de Pierre Perret pour les mélomanes - tant les sujets étaient profilés.

Les dommages  « fortuits »

Jusque là, les producteurs frileux faisaient en sorte de maintenir leurs candidats en vie ou en assez bonne santé physique – si l’on exclue la prise de Coke (light) – jusqu’à leur sortie. Car  c’est un fait, même les candidats les plus borderline avaient encore des pulsations cardiaques lors de leur dernier Prime Time, et ce, malgré un encéphalogramme plus proche de la Belgique que de l’Himalaya en terme de relief.

C’est timidement qu’on avait évoqué la descente aux enfers de certains anciens candidats : tentatives de suicide et autodestruction physique de Loana, plongeon mortel sous une voiture de François-Xavier, pétages de plombs en règle de Leslie (actuelle Afida Turner), destruction de l’avenir des couples en devenir… On prenait évidemment bien soin de préciser que rien ne démontrait formellement que leur participation aux divers programmes de reality shows les avait conduits à ces extrêmes.

tentatives de suicide et autodestruction physique de Loana, plongeon mortel sous une voiture de François-Xavier, pétages de plombs en règle de Leslie (actuelle Afida Turner), destruction de l’avenir des couples en devenir… On prenait bien soin de préciser que rien ne démontrait que leur participation aux divers programmes de reality shows les avait conduits à ces extrêmes.

Car les prod jouent sur le concept d’abstrait, et les dommages psychologiques ne peuvent être prouvés par l’image. Non, Endemol n’a pas délivré à la Bimbo son ordonnance de Stilnox. Non Benjamin Castaldi n’a pas poussé le Malheureux au milieu d’une départementale en pleine nuit. Et non, il n’y avait aucun calcul derrière le fait que les candidats avaient été choisis pour le simple fait d’être des enfants non désirés, battus, anciens SDF, ayant vu de leurs yeux d’enfants le paternel se faire flinguer par la mère, ayant accouché sous X etc… Les patrons desdites boîtes de prod auraient pu avoir un rôle dans un remake d’Intouchables.

Le tournant de l’histoire 

On avait ensuite frôlé la perfection lorsque Stéphane Rotenberg, le présentateur de Pékin Express –le seul programme que je tolère par ailleurs, et c’est déjà trop – s’était pris une camionnette folle furieuse de plein fouet au Philippines, manquant de justesse de se faire arracher la tête façon film de Zombies par l’extremité du Side-Car qu’il conduisait en sifflotant.

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Le dénouement par la Preuve 

la mort faisant partie de la vie, il est évident qu’un programme qui dépeint la réalité NE DOIT PAS EN FAIRE L’ECONOMIE. Un ou deux macchabées, après tout, ça ne mange pas de pain. Au sens propre comme au figuré d’ailleurs. Financièrement, c’est gérable. L’ère de l’hypocrisie et du « pas vu, pas pris » touche à sa fin, et enfin, la téléréalité s’octroie une dimension artistique par la Tragédie, la vraie.Avec les deux décès successifs qui ont touché feu l’émission Koh Lanta, la téléréalité atteint la divine perfection. Car la mort faisant partie de la vie, il est évident qu’un programme qui dépeint la réalité NE DOIT PAS EN FAIRE L’ECONOMIE. Un ou deux macchabées, après tout, ça ne mange pas de pain. Au sens propre comme au figuré d’ailleurs. Financièrement, c’est gérable. L’ère de l’hypocrisie et du « pas vu, pas pris » touche à sa fin, et enfin, la Télé Réalité s’octroie une dimension artistique par la Tragédie, la vraie, avec diffusion publique tous azimuts de la lettre du suicidé.

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Maintenant, la vraie question est de se demander combien de décès a indirectement générés le monde de la téléréalité :

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Des dizaines?

Des centaines?

Des milliers?

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Combien de jeunes ont décroché l’école en croyant qu’ils seraient l’exception ?

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Combien d’adolescents passent TOUT leur temps si précieux à s’abrutir devant ces programmes destructeurs d’identité?

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Combien d’entre eux se sont prostitués pour la célébrité ?

Combien d’entre eux se sont prostitués pour la célébrité ?

Combien ont fini par céder aux paradis artificiels en tombant de haut?

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Combien sont morts de cela ?

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Combien ont fini en taule ?

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Combien ne font plus la différence entre fiction et réalité et se retrouvent, comme dans leurs jeux vidéo si réalistes, à braquer un train, ou un fourgon blindé à 13 ans ?

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Combien de gentilles vieilles dames se sont faites traîner à terre en s’accrochant à leur sac à main que leur arrachait un de ces jeunes lobotomisés, TUES DANS L’OEUF ?

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Combien de ces petits mecs ont filmé une tournante avec leur téléphone portable en espérant faire leur propre Reality Show ?

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Combien de victimes ?

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Combien d’anges?

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Pour combien d’étoiles ?

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COMBIEN ???

.Combien de victimes ? Pour combien d’étoiles ? COMBIEN ??? Par le choix de nos programmes, INDIGNONS-NOUS !

Par le choix de nos programmes,

INDIGNONS-NOUS !

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Estelle Bee

Nabilla ou la synecdoque (la partie pour le tout)

ALLÔ??! ALLÔÔÔÔ??!

NON MAIS ALLÔ QUOI?!!

Image de prévisualisation YouTube

Quiconque ayant vu passer un zapping télé ces derniers jours est forcément tombé -de haut- sur ce grand moment de télévision qui fait le buzz et les choux gras d’NRJ12 où fait rage l’émission Les Anges de la téléréalité, qui s’est donné pour mission de recycler des people issus d’autres reality shows, un bon geste pour l’environnement, dans une époque où tout se jette et rien ne se transforme.

Un espoir pour toute une génération

Contre toute attente, cette tirade, que j’ai désormais nommée Le monologue du shampoing ne s’avère finalement pas plus hygiénique que son ancêtre Les monologues du vagin. Nous pourrions ainsi aisément nous moquer de celle qui, à l’instar d’une Loana, d’un FX, ou d’une Afida Turner, ne finira pas forcément en bon état physique ou psychique. Toutefois, à travers cet extrait, il m’est soudain clairement apparu que Nabilla – ou Nabiloute, comme disent les gens du Nord qui apparemment ont aussi dans le verbe le soleil qu’ils n’ont pas dehors- est avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni travail ni fatigue ni patrie. Elle n'est donc RIEN D'AUTRE QU'UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l'intègrent dans le programme s'ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l'accoutumée, de gonfler artificiellement les notes.travail ni fatigue ni patrie. Elle n’est donc RIEN D’AUTRE QU’UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l’intègrent dans le programme s’ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l’accoutumée,  de gonfler artificiellement les notes.

Au programme: réussir sa dissertation de français

Ainsi, dans son monologue du shampoing, notre belle plante nous livre un bel exemple de cette figure de style que l’on appelle la synecdoque ou métonymie,  qui consiste à nommer la partie pour le tout, ou le tout pour la partie. Cet exemple, pour le coup, ringardise pour une bonne quinzaine d’années la tirade du Cid – « Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... »- que nous avions apprise par coeur en guise d’illustration à l’époque où les jeunes, c’était nous. Nos futurs bacheliers comprendront donc bien ici, que le shampoing est une synecdoque des cheveux qui eux même sont la synecdoque de la femme.

Pour consolider ce récent acquis, l’enseignant aura tout intérêt à faire apprendre par coeur aux élèves une série d’exemples courts qu’ils devront restituer pour le cours suivant, dans une thématique et un style étroitement liés au Monologue du shampoing, afin que les jeunes se sentent en confort avec leurs devoirs.

A savoir par coeur pour lundi prochain:

 

  • T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô quoi?!!

C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

Allô ??? Nan mais allô quoi ! T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô ?!! C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

  • T’es djeun’s et t’as pas d’I Phone. Non mais allô quoi?

C’est comme si j’te dis «  t’es jeune et t’as pas d’oreilles »

  • T’es riche et t’as pas d’Porsche. Allôôôôô ???

C’est comme si j’te dis « t’es riche et tu payes tes impôts en France »

  • T’es handicapé et t’as pas d’fauteuil. Non mais Allô quoi???

C’est comme si j’te dis « t’es handicapé et t’as pas de jambes »

  • T’es moche et tu t’la pètes. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es moche et t’as pas d’miroir »

  • T’es un mec et t’offres pas de fleurs à ta meuf. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es un mec et t’as pas une thune » (et bientôt plus de meuf)

  • T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô ??? C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

  • T’es sexy mais tu portes pas d’strings. Non mais allô quoi???!!

C’est comme si j’te dis « T’es sexy mais t’as pas d’fesses »

  • T’es un fan de Tunning et t’as pas de béquet arrière. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’es fan de Tunning et t’as pas ton permis »

  • T’es au resto et t’as pas d’fourchette. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « T’es au resto et t’as pas de dents. »

  • T’es une femme et t’as pas d’enfants. Non mais allô quoi!!???

C’est comme si j’te dis « T’es une femme et t’as pas d’ovaires. »

  • Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

(NB: fonctionne aussi avec la Haute-Savoie et les moutons…)

 

  • T’as 8000 amis sur Facebook et y’a personne à ton enterrement. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’avais 8000 amis imaginaires »

 

  • T’es cadre chez France Télécom et on vient de te faire un lavage d’estomac à l’hosto. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu bosses chez France Télécom et tu prends pas d’coke » !

  • T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

  • Tu sais pas chanter, ni écrire, mais t’as fait un tube. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis :  Plus personne ne veut te signer depuis les années 80 

  • T’es une nana et t’as pas de besace en agneau traité couleur camel. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis : « T’es une nana et t’as pas d’épaules » !

Devoir sur table:

Sujet: En quelques lignes, et en vous appuyant – mais pas trop fort – sur le document photographique ci-dessous, vous tenterez de trouver ce qui, physiquement, peut être considéré comme la synecdoque de Nabilla, et à quel point ce personnage est à elle seule une partie pour un tout.En quelques lignes, vous tenterez de démontrer pourquoi le personnage de Nabila est à lui seul une partie pour un tout.

Ouvrez l’oeil,

Et faites partager à vos jeunes!

 

Estelle Bee.

Belzébuth s’invite au Camping Paradis (et demande à être renvoyé en enfer)

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi.Lundi, 20h57, un SMS d’une amie me somme de zapper, car sur Tf1, y’a CAMPING PARADIS qui se déroule sur une plage où l’on a souvent étendu nos serviettes !  Je m’exécute, néanmoins craintive. Le générique met d’emblée dans l’ambiance, avec ses notes de trompette type féria de Nîmes, savant mélange de  Macarena et de Cé-Cé-Cé-Célimène illustré de têtes d’acteurs ayant l’air ma fois bien sympathiques. Message subliminal n°1 : le campeur est un gros beauf.

 

Présentation

-P’tain, qu’est-ce qu’elle fout là Princess Erika ????!!!!

-P’tain c’est quoi ce titre, CAMPING PARADIS ??????

La réponse est simple. Camping Paradis est l’Oxymore des années 2010 qui d’un coup d’un seul, ringardise à tout jamais Le soleil noir de la mélancolie de Gérard de Nerval, exemple (de cette figure de style associant deux termes contraires) qu’on nous a tant rabâché lorsqu’on était au lycée. Car ceux qui ont récemment fait du camping, du vrai, souvent sur un malentendu d’ailleurs (« Tu vas voir, on va bien se marrer ! On est encore jeunes ou merde ??? ») savent que le terme Paradis est au moins autant diamétralement opposé au Camping que l’univers d’Amélie Nothomb l’est à l’Impressionnisme.

Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourra pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourras pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Fière d’avoir des principes d’adulte et forte de ton expérience, tu pars donc en quête de l’ombre et de la tranquillité, déterminée comme Larry Kubiac à la recherche d’un cheeseburger. Et c’est là que le bât blesse. Car plus tranquille et ombragé sera ton emplacement, plus éloigné tu seras des sanitaires, et surtout du Saint Trône. Pardonnez-moi si je suis triviale, mais telle devrait être la devise du campeur. Et quand on s’éloigne du Saint Trône, forcément, on se vide de son Sang Royal, et ça se voit.

A partir de là, une succession d’évènements improbables se produit : tu te retrouves à traverser toute l’allée centrale en serviette de bain trop courte (tu t’es trompée, tu as pris celle de Loulou, too bad), tu arrives pressée au lieu dit après 500 m de dénivelé en te rendant compte que tu as oublié de glisser discrètement dans ta poche les quelques feuilles ouatées salvatrices dont tu as besoin (Question en ton for intérieur: les participants de Koh Lanta en sont-ils pourvus ???), suite à ce questionnement tu scrutes les arbres alentours à la Robinson Crusoé mais il n’y a que des pins parasols (feuillage inadapté donc), tu te trimballes des jerricans tu te trimballes des jerricans d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, et tu te retrouves à pleurer comme un bébé le soir venu, épuisée par les tâches quotidiennes, l’hypocondrie dans les douches, et les réflexions de Loulou 1er du Nom qui sature d’entendre tes plaintes de jeune trentenaire embourgeoisée. Et là, tu te fais du mal en repensant à tes vacances de l’an dernier en Club All Inclusive bien loin d’ici. Bref, Camping VS Paradis: 1-0.

Semaine à thème

L’épisode de la semaine s’intitule Western Camping. Eh oui, chaque semaine au camping est placée sous le suite d’un thème précis.

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! REGAAAARDE !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets avec zèle : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! Eh regaaaarde !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

Les personnages

Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enflures et que chaque être en ce monde a quelque chose de surprenant. Le mari trompeur est au fond un gentil garçon qui vieillit et se sent flatté par le regard d’autrui(e), le salaud de patron licencieur de séniors est en fait un gentil papi qui prône l’authenticité et les vraies valeurs, et l’homosexuel tourmenté… est une grande folle couinante qui ferait passer la Grande Zoa pour Sébastien Chabal.

La palme revient sans conteste à M. Parisot (rien à voir avec Laurence hein), dans le rôle du râleur patriote. Message subliminal n°2 : le français de base est un gros con insatisfait. Un rôle tout en finesse où un type dégarni et maigrelet type Michel Blanc prend des intonations d’ancien légionnaire, et que l’on imagine aisément dire les Macaronis,  les Rosbeefs, les Boches pour parler de nos voisins européens. Et au cas où le téléspectateur n’aurait pas bien saisi le rôle de faire-valoir de ce Monsieur (dans l’hypothèse, donc, que la plus grosse part de l’audimat soit composée de votants FN), on a accessoirisé celui qui clame « On n’est plus chez nous décidemment », de Birkenstock vintage sur chaussettes de tennis remontées jusqu’aux genoux. Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enfluresMessage subliminal n°3 : Etre raciste c’est pas bien, mais tu es pardonné (et tu peux rester sur notre chaine) si tu n’as pas un look à la Bernard Menez.

Le seul que j’épargnerai ici est Laurent Ournac, le protagoniste et directeur du camping, qui parvient, au milieu de toutes ces caricatures, à s’en sortir bon an mal an.

Les répliques culte

« Ma vie ressemble à un rouleau d’essuie-tout déroulé dans le vide » est la première grande réplique lancée par notre homo trop typé (comme la Vache qui rit), avec des trémolos dans la voix empreints d’un lyrisme dramaturgique, qui pourrait nous laisser imaginer ce que serait une tirade de Phèdre interprétée par Laetitia Milot de Plus belle la vie.

« Les femmes, elles sont pas comme nous, quand elles se plaignent de quelque chose c’est qu’il y a une vraie raison» (Les hommes apprécieront…) Car c’est justement le Serial Fucker du Camping, le Popeye bronzé qui dégaine la perceuse plus vite que son ombre, qui balance cette vérité au nez du mari trompeur que sa femme ne souhaite pas reprendre. Message subliminal n°4 : Etre un gros macho c’est nul.

Soyons quand même honnête, une réplique m’a arraché un ricanement diabolique, parce que justement, elle rompait avec les bons sentiments bien mièvres de l’épisode. Alors qu’un pauvre type accoudé au bar, manifestement à deux doigts de se défenestrer (s’il y avait des fenêtres sur les tentes Maréchal), lance dans un soupir usé un «J’vais m’foutre en l’air» pathétique, on peut compter sur l’ancien légionnaire, outré, qui lui répond :

« Oh Eh, on est en vacances ! Un peu de pudeur quand même ! Pensez à ceux qui sont heureux ! », phrase  jubilatoire que je n’omettrai pas d’employer la prochaine fois qu’un de mes proches souffre abominablement.

Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi. Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Ouvrons l’œil…

Estelle Bee.