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Football et Prime d’Éthique: merci mon chien!

Football et prime d'éthique, merci mon chien

C’est une vraie ré-vo-lu-tion dans le monde du travail ! Et, une fois n’est pas coutume, c’est l’entreprise du football professionnel qui montre l’exemple à tout le patronat (Pierre Gattaz, prend des notes stp) en valorisant ses honnêtes travailleurs de la manière la plus juste qui soit par la création d’une Prime d’Éthique mensuelle visant à récompenser la citoyenneté de ses poulains.

 

Prime d’Ethique, Késako ?

L’affaire est ressortie récemment dans les médias alors que le délicieux Serge Aurier, joueur ivoirien et accessoirement arrière droit au PSG, donnait libre cours à sa liberté d’expression homophobe, en traitant de fiotte Laurent Blanc, son entraîneur, pendant un tchat vidéo dans la nuit de samedi à dimanche. Depuis, ses patrons se demandent si oui ou non, ce petit glissement mérite que celui qui se surnomme lui-même « l’ambiançeur » se voie retirer sur le champ –pelouse- sa prime d’éthique, c’est à dire de bonne conduite basique, qui s’élève à 20 000 euros mensuels. Car c’est un fait, depuis l’arrivée des Qataris, tout joueur qui se comporte comme un être humain et non comme un animal, en s’abstenant d’insulter, molester, gifler, violer, ou cracher au visage de son prochain est dignement récompensé d’une prime allant de 20 000 à 40 000 euros mensuels.

 

Par cet incroyable exemple, le Monde du Football fait sans le savoir une vraie proposition à nos politiques pour lutter contre l’insécurité et en même temps, injecter une bonne dose de Viagra dans la courbe de croissance de notre pays ! Ainsi, cette prime pourrait être étendue à tous les salariés qui feraient preuve d’une citoyenneté de base dans leur entreprise. Mais voyez plutôt par l’exemple :

 

 

La prime d’éthique ? Pour qui?

Donc, toi, l’infirmière qui es à un doigt et demi de dire à cette rombière qui te sonne pour la quatorzième fois d’appeler SOS Détresse Amitié et de te lâcher la grappe (bordel),

 

Toi le cuistot Sodexo payé au lance-pierre qui recraches tes glaires dans le hachis Parmentier quand tu as les boules contre ta direction,

 

Toi qui ne parviens plus à rester professionnel,

 

Toi qui bâcles ton boulot vu que plus personne ne t’augmente depuis dix ans,

 

Toi qui te retiens très fort de coller un coup de tête à ton harceleur de chef plus jeune que toi,

 

Toi qui peux à peine te retenir de donner des surnoms humiliants à tes employés,

 

Et même toi, la mère de famille qui as besoin d’une vraie bonne raison pour ne pas claquer tes enfants en pleine allée centrale de Carrouf à la moindre bouffée de stress,

 

Et aussi toi, le mari à la sauce talibane qui ne comprends pas en quoi coller un arbre à cinq branches à ton Ispicedicounasse est répréhensible,

 

Oui, toi ! Quel serait le prix de ta citoyenneté ?

 

Et toi, c’est combien ta prime d’éthique? 

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d'animalité) du salarié, selon l'image

Prime variable en fonction du degré de civilisation (ou d’animalité) du salarié, selon l’image

D’après mes calculs, la prime d’éthique s’élève en moyenne à 1/16ème du salaire mensuel du travailleur. Évidemment, le footballeur professionnel, du fait de son métier ingrat, touche en un an ce que quiconque ne touchera qu’en 40 années de bons et loyaux services à l’usine. Mais ce barème peut toutefois nous éclairer sur ce qu’il en sera de notre prime à nous, lorsque le gouvernement appliquera la prime d’éthique à tous les salariés.

Ainsi, toute caissière qui s’empêcherait de rétorquer « Tu l’as vu, çui-là ?! », majeur tendu vers le ciel, à un client qui lui demanderait de bien vouloir le faire passer alors qu’elle est sur le point de fermer sa caisse, toucherait environ 80 euros de prime mensuelle.

 

Tout enseignant se verrait verser 115 euros en évitant de gifler façon Bayrou un chérubin de quatorze ans qui prétend que les journalistes de Charlie, à la chair béante des massacres de la veille, ont bien largement mérité leur sort au nom de la vengeance d’un prophète. Et une prime supplémentaire de 20 euros afin de ne pas envoyer des parents se faire empapaouter sur une île grecque lorsqu’ils s’inquiètent de savoir pourquoi toi, le larbin, tu t’acharnes avec malveillance sur leur innocente progéniture en n’attribuant que des notes pourries sur ses copies quasi-blanches (quadrillées, en fait…) alors qu’il est « surdoué ».

 

Une esthéticienne pourrait se voir attribuer une prime d’éthique de 75 euros si elle daigne nettoyer ses gros doigts gourds et brosser ses ongles sales avant de poser ses mains sur l’innocent visage à traiter. Il lui sera demandé, pour un léger supplément de 20 euros mensuels, d’éviter de se curer le fond des narines pendant les soins.

 

Le montant de la prime sera le même pour un coiffeur si, en général, il se retient de menacer un jeune client trop remuant de lui planter sa paire de ciseaux entre les deux yeux s’il continue de gigoter ainsi. Et peut-être aussi pour lui donner la force d’écouter les détails navrants de la vie des clientes qui le prennent pour Macha Béranger sans leur éructer un Putain, tu m’a saoulé, la vieille ! Maintenant, tu veux pas la boucler, juste pour voir ? 

 

 

Un médecin urgentiste, quant à lui, toucherait 160 euros mensuels pour trouver le courage de réceptionner des clodos bourrés et pestilentiels qui lui crachent des insultes au visage, sans pour autant leur coller violemment une seringue de Propofol en travers du dos, façon péridurale (Mickael, si tu me lis…)

 

Et je ne parle même pas du montant de la prime à laquelle pourraient prétendre les politicards s’ils avaient la courtoisie de ne pas tremper dans la première affaire de détournement qui leur fait de l’œil…

 

Pourtant, en plein fantasme de ce Monde Meilleur, quelque chose vient me gâcher le paysage. C’est juste l’image furtive d’une cour d’école, mais elle me glace soudain l’échine:

Car je me demande juste si nos enfants continueront de nous respecter s’ils ne sont pas rémunérés en conséquence,

Je me demande juste si nos élèves s’abstiendront de traiter leurs enseignant(e)s de connards, de pédés, de sales juifs ou de grosses putes si nous ne les payons pas pour cela,

Je me demande si ces enfants daigneront même apprendre à lire et à écrire si, en retour, ils ne reçoivent pas des cartes d’abonnement pour assister à des matches de foot…

Car la vérité dans toute cette affaire, c’est que la recherche d’éthique ne peut se faire que sur des chiens…

L'Éthique du PSG au microscope

L’Éthique du football français au microscope

Par le choix de nos programmes, indignons-nous!

 

Mieux en rire qu’en mourir…

 

Estelle Bee.

Quand Facebook te suggère des cochonneries…

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Voilà déjà quelques années que les suggestions sur le net nous racolent sévère. Impensable de te connecter sur ta boîte mail, sur les news, ou sur Facebook sans que cette paire de bottines pas encore assez soldée à ton goût te fasse de l’oeil à la manière d’une entraîneuse de bar à forte poitrine. Idem pour cette housse de couette sur laquelle tu n’as jeté qu’un vague regard, ou bien cette simulation de vol Paris-New York en pleines vacances scolaires que tu as faite juste pour fantasmer. Mais jusque-là, rien de paranormal. Les réseaux sociaux se contentaient de ramasser la monnaie des annonceurs à la dent qui raye le parquet, le carrelage, et même le faux plafond, prêts à tout pour te délester de l’argent que tu n’as pas encore touché ce mois-ci. Pourtant, aujourd’hui, Facebook me fit une suggestion à laquelle j’étais loin de m’attendre, et qui changea mon regard sur l’absence d’Humanité des réseaux sociaux.

Et depuis quelques heures, une grande question me brûle les lèvres -enfin, surtout la lèvre inférieure puisqu’il se trouve que j’ai un bouton de fièvre- :

À FORCE DE FRÉQUENTER LES HUMAINS, FACEBOOK SERAIT-IL DEVENU UNE SORTE D’ÊTRE INTUITIF DOTÉ D’EMPATHIE POUR SON PROCHAIN???

J’en viens donc à ma découverte.

J’avoue que ce jour-là, je n’étais pas du tout préparée. Remarque, c’est souvent bien plus sympa lorsque c’est impromptu, me direz-vous…Depuis près de dix jours, je me traînais une fatigue qui dévorait mon cerveau à la manière d’une veuve noire après l’accouplement, et me murmurait de compenser sur des dégueulasseries sucrées pleines de lécithine de soja, alors que je ne suis pas du tout dessert. Je me sentais donc autant en forme que lorsque j’avais dû enterrer mon chat à la lampe frontale, dans la forêt et en pleine nuit, sur un terrain qui allait – bad luck- faire l’objet d’un terrassement dans les jours qui suivirent. À cause de mon mignon Vésuve sur la lèvre -avec lequel j’avais dû composer durant mes heures de boulot- j’étais d’une humeur massacrante, prête à faire fondre à l’acide quiconque se mettrait en travers de ma route. Pourtant, l’Univers avait ponctué ma journée de quelques signes que j’ignorai tout bonnement faute de temps, et qui ne me revinrent en mémoire qu’après l’Incident, notamment ce moment où j’interrogeai un de mes élèves par la question « QUI? », et qu’il me répondit « QUETTE »…

Le soir venu, j’ouvris mon profil Facebook sans conviction lorsque je m’aperçus que j’avais quelques demandes d’amitié et moults suggestions, parmi lesquelles je pus lire:

« Connaissez-vous… Ma bite » (voyez par vous-même)

Quand Facebook te suggère des cochonneries

Heu… Non. Nous n’avons pas encore été présentés…

S’il est vrai que j’avais déjà vécu ce genre de suggestion dans ma vie , je dois avouer que ce qui me surprit, c’est qu’elle ne s’encombrait pas ici de la subtilité ni de la finauderie qui cache habituellement la forêt (et le reste). Comme si Facebook et moi avions tissé une intimité illimitée.

C’est ainsi que je compris que oui, à force de servir de lien entre les Hommes, Facebook avait fini par développer des sentiments et des intuitions, à la manière d’un vil humanoïde qui du jour au lendemain, se rend compte qu’il se sent incapable de détruire l’espèce humaine puisque sous son poitrail en Titane bat désormais un petit coeur tout mou. Car en me faisant cette suggestion que je n’ai pas mal prise -et je parle bien de la suggestion- Facebook m’a démontré qu’un jour, les réseaux sociaux nous serviront de coach de vie en nous proposant tout de go ce qu’ils pensent être bon pour nous: faire un régime, rouler moins vite, quitter ce looser (cette looseuse?), un déodorant efficacité 24h, un chignon banane, se taper (barrer la mention inutile): « un fou rire- le poseur d’éléments de chez Ikéa- un pot de rillettes », ma bite etc…

Je confesse que pour autant, je n’ai pas osé apposer la Mention « J’aime » sur le contact susnommé. Je me suis dit que c’était davantage une phrase de mec, sauf si bien-sûr tu t’appelles Amanda, et sauf si bien sûr, tu es une respectable mère de famille marseillaise qui a coutume de rétorquer « Eh, je m’en bats les couilleuhhh ». Quant à intégrer Ma bite à ma liste d’amis, j’avoue ne pas avoir osé, de peur de surprendre ces derniers… Et puis, je n’ai jamais été douée pour faire le premier pas…

Moralité : Si toi aussi tu souhaites savoir quel mal t’habite, déroule les suggestions de chez Fessebouc, on ne sait jamais…

Je dédie cette chronique à mon plus fervent lecteur Jean-Pierre Douton, qui en aurait je pense apprécié l’élégance, qui a tiré sa révérence il y a de cela quelques jours, et qui restera à jamais la meilleure suggestion d’amitié que Facebook m’ait faite.

Estelle Bee.

 

 

Miss France 2016, la preuve qu’on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Miss France 2016 est ch'ti. Comme quoi, on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Jean-Pierre Foucault nous avait pourtant prévenus lorsqu’il lança la cérémonie en annonçant que rêve et réalité alterneraient toute la soirée… Il ne pensait pas si bien dire, car lorsque Sylvie Tellier déboula sur la musique du film Ghost, nous ne savions déjà plus trop si c’était bien la mère maquerelle qui s’avançait vers le public, ou bien David Bowie vêtu d’une robe de soirée, et affublé de faux nichons. Effrayant. Même le bon vieux Jean-Pierre en fut surpris, il me semble, puisque sa langue fourcha d’emblée lorsque Ghost arriva à sa hauteur et qu’il lui dit: « C’est oun énormé plézilll de vous recevoir, ma chère ». Mais peut-être revenait-il d’une longue villégiature à Lisbonne (ou d’une escapade au Bois de Boulogne), qui sait…

Toutefois, il était fort notable cette année que le Comité Miss France avait tiré quelques précieuses leçons  des erreurs passées. À commencer par le choix du Président du Jury. Sans doute las de devoir soudoyer des avocats pour que les demoiselles retirent leur plainte pour attouchements sexuels à l’époque de Delon le Tripoteur, et peut-être agacés par les pantalons de cuir moule-pruneaux de Patrick Bruel, le choix du président s’était porté cette année sur l’inoffensif Jean-Paul Gauthier. Et le plus étonnant, surtout, est que le monsieur ait accepté le job!

Une autre correction avait été également apportée cette année: tenter de gommer le côté mièvre des donzelles, et apporter du piquant à leur vidéo de présentation. Mais le dosage du piment fut à peu près le même que quiconque mangeant créole pour la première fois de sa vie: un peu trop… disons… ambitieux… Et beaucoup de téléspectateurs à l’esprit bien moins tordu que le mien ont dû tout de même tiquer un peu devant des tableaux ou mises en scène dignes d’un bien mauvais Jacquie et Michel.

 

Faire l’amour à la nature, Tome I

Miss France 2016 est ch'ti. Comme quoi, on peut encore trouver du travail dans le Nord-Pas de Calais.

Le dénominateur commun de toutes les vidéos de présentation cette année fut que les demoiselles avaient la lourde tâche d’évoquer avec sérieux leurs ambitions humanitaires dans des postures à faire rougir les putains de la rade (oui, j’adore citer des chanteurs de droite décomplexée). Autant dire que l’importance du son a du s’avérer plutôt relative chez la plupart des téléspectateurs.

Ce fut donc notre jeune ch’ti qui ouvrit le bal des C.V en traversant lascivement une forêt, perchée sur des talons de 12 centimètres, sourire chevalin impeccable – en même temps, elle souhaite devenir chirurgien dentiste- et qui nous parla ainsi de la mission dont elle se sentait investie, en maillot deux pièces triangle rouge avec contre-plongée sur les cuissots mouillés par le jet d’une cascade.

Miss Limousin, la coquine, sûrement interrompue en pleine cueillette de cèpes, dut chevaucher un tronc d’arbre moussu dans un sous-bois en tout petit maillot de bain. Bon nombre de spectateurs a du se demander à quel moment le chasseur bourru allait faire son entrée dans le bois afin d’enseigner à la jeune prude les rudiments de la vie sauvage… Une classe folle.

2016 Miss

De la même manière, Miss Saint-Pierre et Miquelon caressera le rêve de « faire parler de son archipel » avec travelling avant sur ses seins moulés. Miss Guyane évoquera « la pluralité de la France », compressée dans un corsage à lacets de cuir. Miss Bourgogne, traversant un vignoble en Stiletto de 14 centimètres, comme d’habitude, souhaitera « ouvrir des portes sur des cultures méconnues » en effleurant des grappes de raisin et en faisant blobloter ses gros doudous dans une démarche un peu trop énergique. Miss Réunion évoquera vaguement « des valeurs à défendre », en pose de Jane alanguie dans une forêt dense sous la moiteur de Juillet. Miss Provence, 18 ans à peine, sera elle aussi propulsée dans ce cadre bucolique et classieux sans aucun préliminaire. Et Miss Roussillon nous apprendra, foutrement cambrée en bikini contre l’écorce rugueuse d’un chêne, qu’elle souhaiterait devenir prof de langue.

Heureusement, cette année encore, l’effroyable accent aux senteurs de cassoulet de Miss Languedoc nous ramena illico sur notre canapé Ikéa. Oui, on est bien sur Tf1. Devant la cérémonie de Miss France. Un samedi soir. Ouf! (ou pas…)

 

Faire l’amour au public

JPF l’avait annoncé en ces mots avant les vingt premières minutes de pub: après la pause, nos Miss vous feront vivre des rêves enchantés, avant d’aller sauver le Monde en maillot de bain. Véridique.  Et c’est d’ailleurs ce qui nous avait permis de tenir jusque là.  

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Le premier défilé s’ouvrit sur la B.O de Pirate des Caraïbes. Miss Ch’ti s’avança la première en Sexy Jack Sparrow venant apparemment de se faire trousser, puisque son pantalon avait tout bonnement disparu, et laissé place à son calbut rayé. Puis vint le défilé Pompom girls en talons de 12, chaussettes de rugbymen, et épaulettes du futur, accompagnées par – Ô comble d’originalité- de la B.O de Eye of the tiger, et, enfin, le tant attendu Wonderwoman  On assista également à un tableau SPA avec des chiens en laisse, dont un caniche royal -peut-être plus tout jeune- qui expira manifestement un peu fort dans le visage d’une demoiselle accroupie qui grimaça aussitôt. Je passe sur le moment où  les donzelles se retrouvèrent toutes à agiter mollement leurs longs bras pour imiter l’envol d’un oiseau (ou une nage indienne?), (à moins que ce soit le mouvement d’une pagaie sur le lac Titicaca), pile poil sur le contre ut de All by myself: « Anymoooooooreeeeeee!!! »

Le tableau en costumes traditionnels, mon préféré à l’accoutumée, avait été excessivement amélioré cette année, puisque des créateurs régionaux avaient clairement dépoussiéré les vieilleries vestimentaires. Mais voilà, toutes les régions n’étant pas équitablement pourvues en créateurs, toutes les Miss ne furent pas mises en valeur de façon égale. Si l’Outre-Mer tire toujours son épingle du jeu, en paréo et couronne de fleurs, ce sera encore une coiffe Bretzel pour l’Alsace, une bigoudène de malheur pour la Bretagne, une énorme croix  sur le derrière du Roussillon, une robe têtes de vaches rousses, blanches et noires pour Dame Normandie, une tenue rouages d’horlogerie pour Miss Franche-Comté. et une tonne de fausse glace sur la tête de Miss Auvergne (mais quand on connait les températures d’Aurillac, on comprend aisément pourquoi). Miss Ile de France, la pauvre, a fortement pâti des attentats de Paris, puisqu’on lui a collé cette année une coiffe de statue de la liberté dorée horrible qui lui donnait de faux airs de Télétubbie.

Mais le moment star de la soirée fut évidemment le tableau Mère Noël, élégant costume que des personnalités haut de gamme comme Miley Cirus ou Mariah Carey avaient déjà expérimenté par le passé. 

MARIAH CAREY

En voyant ces images d’un raffinement rarissime, le comité Miss France a du se dire Banco. Ainsi, 12 Mère Noël vêtues de maillots de bain rouges, boules bringuebalantes d’un porte-jarretelles en fourrure blanche, et chaussées de pantoufles à talons de prostituées en fourrure, s’avancèrent vers un public médusé, bouche gourmande, l’air de dire: « Hé mon gros lapin, j’ai un petit cadeau pour toi dans ma hotte », en pointant les caméras de leur index vernis sur « All I want for Christmas is IOUUUUUUUU!!!!! » Miss Aquitaine, LA blonde à forte poitrine des 12, petit regard I want your Sex, avait même carrément l’air d’une Hardeuse. Geneviève, reviens!!!

Malheureusement, les membres du jury ne purent profiter de ce moment de grâce, puisque toute la neige artificielle envoyée généreusement sur la scène atterrissait sur eux, par effet de courant d’air,   et qu’ils ne savaient plus comment se sortir de cet ensevelissement en règle. Kendji  avait une tonne de flocons dans les yeux et pleurait abondamment, Laetitia Millot arborait les melons givrés des 13 desserts et une perruque blanche de l’académie française. Tous les jurés, toussotant, finirent avec leur gros carnet de note sur la tête pour se protéger de l’avalanche, pendant que deux des Miss se retrouvèrent avec les pompons de travers, ce qui de dos leur faisait une adorable petite queue de lapinou à la fin du tableau (voir image tête de page). Et lorsque JPF interrogea Michalak sur ses impressions de la chorégraphie, ce dernier ne put répondre tout de suite vu que des flocons lui obstruaient encore les voies respiratoires, et que tout le jury était pété de rire.

 

Les phrases cultes

Miss Côte d’Azur, l’air franchement constipé, confirme notre première impression: J’ai appris à ne jamais rien lâcher. Heureusement, y’a Dulcolax…

Je ferai en sorte que la Picardie rayonne partout où j’irai. Bon courage 😉

Quand j’ai entendu mon nom, j’ai pensé: « Ah bon, c’est moi?« . Miss Midi Pyrénées.

Apprendre la danse tahitienne, c’est super, car ça change de ce qu’on fait en Bretagne. J’imagine…

Je pense avoir acquÉRI le mental nécessaire par le sport. Miss Martinique.

Ca y est. On a pris nos choix. Kendji Girac, qui ne sait toujours pas parler, le pauvre (ça viendra).

Oulala, je me régaleuh, j’ai pas envie que ce soit la fin!!! Laetitia Millot, actrice de Plus belle la vie, après 3h20 d’émission…

Mais la palme revient sans doute aucun à Jean-Paul Gauthier regardant affectueusement Kendji: je peux vous as-su-rer qu’il n’y a pas eu de forcing, tout s’est passé dans la douceur (à propos des délibérations)

J.P Foucault: Jean-Paul, je suis sûr que vous êtes gourmand…

J.P Gauthier: Oui, bien sûr, d’ailleurs, derrière vous, je vois deux énormes gâteaux qui s’avancent. Plan américain sur deux gros malabars hipster déposant le décor « friandises ».

 

Conclusion

Le dernier tableau qui se conclut sur la musique de TITANIC devant une standing ovation résuma plutôt bien la soirée: tu sais que le bateau va couler, mais tu t’accroches quand même, au cas où un miracle se produirait… Précisons que la cérémonie se déroulait dans le Nord-Pas de Calais, région de notre Miss France 2015, c’est pourquoi toutes les candidates ont eu la chance de passer, pendant deux semaines, un magnifique séjour à Lille. Ce sont les mots de J.P.F, pas les miens, hein ;). Et il ajouta même qu’elles avaient eu un planning hyper chargé: tour de Grande Roue, partie de football féminin, cours de bonne tenue, massages, dégustation de Maroilles… Non, il n’y a pas à dire, nos 31 candidates sont venues insuffler des valeurs de TRAVAIL dans une région d’indécrottables chômeurs prêts à faire péter leur facture de portable pour que l’une d’eux décroche un CDD de un an. La preuve, c’est bien Iris Mittenaere la ch’ti qui décrocha la couronne!

« Au nooooooord, c’était les coroooooons,Merci qui? Merci Sylvie!

La teeeeerre, c’était le charbooooon… »

 

Merci qui?

Merci Sylvie Bowie!

 

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir,

 

Estelle Bee.

Lettre ouverte à Pierre Gattaz, conseiller en Plan d’Urgence s’il en est…


Lettre ouverte à Pierre Gattaz après les attentats de Daesh à Paris.

 

Très cher Pierre,

 

Souffrez que je vous appelle par votre prénom, bien que vous n’ayez pas eu la chance de m’être présenté, à cause du fait très probable que nous ne fréquentons pas le même milieu. Pas de pot, Pierre…

Oui, le jeu de mots est facile, et je l’emploie sans rougir puisque je le tiens de mon père, indécrottable CGTiste qui s’est battu jusqu’au bout de ce qu’il pouvait légalement expectorer, allant même jusqu’à occuper des mois durant, les locaux d’une grande entreprise bénéficiaire qui du jour au lendemain, décida qu’elle allait se délester de tous les culs terreux qui y travaillaient de père en fils. D’ailleurs, ladite entreprise, facétieuse, n’a même pas pris la peine d’investir dans la recherche pour tenter de faire désamianter les poumons de ses sbires qui allaient bientôt perdre leur identité, divorcer ou même crever la gueule ouverte. Je ponctuerai donc cette lettre de tous ces jeux de mots pourris inhérents à votre prénom, en hommage à cet humour populaire que vous devez tant conchier.

Alors qu’est-ce que j’apprends? J’apprends, cher Pierre, que vous vous souciez avec force altruisme des dépenses publiques de notre pays, au point d’avoir declaré que les attentats perpetrés contre des centaines d’innocents à Paris « n’étaient pas une raison pour que les dépenses publiques s’en aillent à vaux l’eau. »

Nous savions bien, depuis quelque temps, que votre opinion était largement entendue par les dirigeants que nous avons élus “démocratiquement” après qu’ils aient pointé du doigt l’ennemi sans visage –autrement dit, sans figure- que vous représentez à vous seul. Mais ce que nous ignorions, c’est que vous prétendiez distiller également vos fétides conseils en matière de politique sécuritaire. Vous faites donc partie de cette minorité d’individus que Dieu a dotés d’une polyvalence absolue, de ces “touche à tout” que l’on peut solliciter pour n’importe quoi. Voilà pourquoi aujourd’hui, j’en appelle à votre science afin de savoir comment je pourrais faire partir cette vilaine tache de graisse d’une robe en soie Tara Jarmon qui m’a coûté un oeil et demi. Elle résiste en effet à la Terre de Sommière et aux détachants classiques. Une suggestion Pierre, vous qui détenez la plus grande estime de soie que je connaisse?

Mais revenons aux dépenses publiques, cher Pierre. D’ailleurs, j’ignorais que vous interveniez également dans un domaine diamétralement opposé à celui que vous représentez avec cette loupe grossissante qui colle une étiquette gerbante sur les dirigeants de PME, lesquels ne doivent pas se reconnaître en vos propos. Car il semble que contrairement à vous, la plupart de ces hommes et femmes qui montent leur boîte seraient bienheureux de payer décemment leurs salariés plutôt qu’envisager de leur proposer une alternative –chantage- inférieure au SMIC, comme vous le fîtes de façon si décomplexée l’an dernier, ce qui choqua Laurence Parisot elle-même. Normal, comparé à l’Antéchrist, même la pire des râclures ressemblerait au grand-père d’Heidi. Ou à Soeur Emmanuelle. Mais je ne vous jette pas la pierre, Pierre, je balance plutôt un pavé dans la marre, et je me prends à imaginer avec un petit sourire aux lèvres, ce qui serait advenu de votre tête si vous aviez tenu de tels propos en 1789.

Seulement, dans la réalité, je ne peux que constater que le travail de sape des rapports entre le public et le privé auquel vous vous adonniez avec la frénésie d’un You porn addict fonctionnait très bien jusqu’alors.

Effectivement, le petit patron endetté qui n’a même pas les moyens de se verser son propre salaire, voyait d’un mauvais oeil celui qui est payé à ne rien glander aux frais de l’Etat qu’il sert, Pierre. Et inversement, le fonctionnaire qui assiste, impuissant, à l’érosion de ses acquis sociaux pour un salaire inférieur à son niveau d’études ne pouvait qu’envier les revenus de son équivalent du privé. Et enfin, le salarié à qui l’on proposait un « dialogue » (ultimatum) social lors d’un plan de “restructuration” (licenciement) ne pouvait que haïr de toute sa bile l’essence-même du patronat. C’était en effet bien joué.

Mais ça, c’était avant.

C’était avant, parce qu’en suggérant de faire des économies sur la sécurité des français, vous avez, cher Pierre, commis la même erreur que Daesh en cet innommable vendredi 13:

VOUS AVEZ TIRÉ SUR TOUS LES FRANÇAIS.

Pas seulement sur les fonctionnaires, les chômeurs, les salariés, les gagne-petit, les gagne-encore-moins, les gagne-wallou, et tous ceux que vous avez l’ambition d’asservir, et de diviser pour mieux régner. Non. Là, vous avez tiré à l’aveugle, et vous avez tiré sur l’HOMME. Et qui plus est, sur l’Homme qui craint pour sa vie et celle des siens. Sur l’Homme blessé. L’Homme écorché vif. Vous avez donc aussi tiré sur cette catégorie d’hommes et de femmes dont vous prétendez défendre les intérêts, au même titre que les fous de Daesh qui prétendent tirer au nom de la religion, et qui butent de sang froid les plus fervents croyants de leur dieu.
Et c’est peut-être à cause de cela, cher Pierre, que s’achevera votre oeuvre contre notre fraternité chérie. Vous avez voulu courir, mais comme le dit l’adage, Pierre, pierre qui roule n’amasse pas mousse, hein.

Alors pour finir, je souhaitais évoquer les dépenses publiques que tu ne souhaites pas accroître (et pardonne-moi si je te tutoie désormais, mais là, tu m’y obliges un peu)

Tu suggères donc de ne pas accroître le budget Santé au moment où les hôpitaux s’acharnent à sauver des vies que tu méprises

Tu suggères donc de ne pas accroître le budget de la Défense, celui qui protège l’intégrité physique des citoyens que tu dédaignes

Tu suggères donc de ne pas mettre le paquet sur l’Éducation de ces jeunes en recherche désespérée de repères et par conséquent si désarmés face au prosélytisme armé

Alors, si je peux te donner un conseil, Pierrot, occupe-toi de tes petites affaires de nano-monarque désuet, et ne viens plus faire ton serpent à sornettes pour te venger, peut-être, d’un fils d’électricien qui s’est naguère foutu de ta tronche de Gargamel dans la cour de récréation.

Pour finir, j’ai trois petites questions pour toi, Pierrot:

Qu’est-ce que cela fait de prospérer grâce à de petites mains à qui tu ne redistribues pas le vrai fruit de leur labeur parce que tu préfères tout garder pour toi?

Qu’est-ce que cela fait d’être soumis aux mêmes taxes patronales que le cordonnier ou le primeur du coin, et de faire croire que TOI, tu es leur porte-parole?

Et qu’est-ce que cela fait de sous-entendre publiquement que le pognon à plus d’importance que la vie de centaines d’êtres humains?

Parce que, figure-toi, je te jure que pour la majorité des vrais gens, empêcher ou dissuader de préserver des vies revient à appuyer soi-même sur la gachette.

Pas futé pour un sou, Pierre 😉

 

Gros bisous

 

Estelle Bee.

Affaire Air France : le Syndrome de Stockholm français

airfrance: les français et le syndrome de Stokholm

 

Des jours et des semaines. Des semaines entières qu’on nous ramone les conduits auditifs avec cette même expression constipée, pour parler d’un fait tronqué de sa réalité :

 

Rien ne peut justifier de telles violences.

 

La quasi-totalité des médias appartenant à quatre des plus grosses fortunes du pays, il était fort peu probable que les journaleux fassent usage de leur influence en sciant la branche sur laquelle ils sont assis. Même les pseudo-réacs carriéristes : Anne-Sophie Lapix, Patrick Cohen, Léa Salamé etc… (Ne parlons même pas de BFM la délicieuse qui s’est même autorisée à censurer, au nom de Charlie sûrement, une interview de Jean-Luc Mélenchon…)

 

Mais de là à entendre de la bouche de gens apparemment normaux des trucs du genre : [Non mais quand même !!!! Tu te rends compte à quel point c’est allé trop loin ?/ Non mais allô quoi ! L’image qu’on donne à l’étranger, c’est troooop grave !/ et bien sûr, l’éternel et insipide « On ne résout pas les problèmes par la violence »], oui, de là à entendre cela, il y avait quand même un monde…

 

Mais malheureusement, le Monde est petit…

 

Mon pays est malade. Complètement malade. Et j’ai peur que la maladie se propage. Car le diagnostic est tombé : LES FRANÇAIS SERAIENT GRAVEMENT ATTEINTS PAR LE SYNDROME DE STOCKHOLM.

 

 

Est-ce à force de traîner un peu trop souvent chez Ikéa quand il pleut, et d’en revenir avec des étagères Bernjhnätthrsgiirstat ? Est-ce tout simplement du à un abus de Krisprolls ? Toujours est-il que d’après le Gros Robert, le Syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique chez les otages qui tendent à développer de l’empathie pour leurs geôliers.

 

L’industrie française s’est réduite à peau de chagrin. Bousillée, la vie de milliers de gens, la dignité de papa, de maman, éclaté le bonheur familial, et la famille en pleine santé. La vie est violente. Chaque jour que dieu pond, deux agriculteurs se pendent. La vie est violente. Des gens vont s’immoler dans les locaux de la CAF, ou se coller direct un pruneau devant l’hôtesse d’accueil de chez Pôle Emploi. La vie est violente. Plus la société devient maladive, plus on dérembourse les médocs. Alors, elle devient mortifère. La vie est violente. Et à qui profite le crime ? Justement à ceux que l’on plaint parce que l’on nous dit de le faire : ceux qui n’hésitent pas à  lâcher du lest pour faire décoller la montgolfière qui leur servira de parachute en platine. Ceux-là même qui vont faire virer leur argent virtuel dans des sociétés offshore, là où l’hiver ne sévit jamais. Ceux qui parlent de « libéralisme » au lieu de capitalisme, de « demandeurs d’emploi » au lieu de chômeurs, ou de « dialogue social » au lieu de strangulation, sans parler de ceux qui coulent volontairement des boîtes pour s’enrichir sur 18 générations, comme on le verra bien assez tôt à Canal +. Voyez donc QUI les médias nous demandent de plaindre ? Eh bien oui, nos propres geôliers.

 

Alors je me pose cette simple question :

Si le fait que des salariés d’une entreprise florissante refusent de se laisser pulvériser au Baygon tels des cafards suintants choque certains, j’aimerais que l’on me dise DEPUIS QUAND LES CONQUETES ET REVOLUTIONS SOCIALES SE FONT-ELLES UNE MARGUERITE ENTRE LES DENTS, SUR UN PETIT AIR DE JAZZ, EN FORNIQUANT A TOUT-VA? Depuis quand une femme –éveillée- accouche-t-elle autrement que dans la douleur ??? Depuis quand les petits ont-ils les moyens légaux d’empêcher les gros de les bouffer ? Depuis quand ne doit-on plus passer par un mal pour avoir un bien ?

 

Selon l’historien François Cusset, et comme beaucoup d’autres, il est logique et mécanique que la violence devienne le seul exutoire quand on vous ferme toutes les portes, c’est du ressort de notre instinct de survie.

 

Et depuis quelques jours, en guise de guillotine, se succèdent des mises à pied. Celles des quelques gueux édentés qui se sont aventurés à customiser une ou deux chemises Prada, après avoir refusé de céder au monologue dialogue –chantage- social préconisé par le gouvernement. Et nous sommes tous aujourd’hui les lugubres spectateurs d’une mise à mort en règle, supervisée par Manuel El Matador qui a réclamé de lourdes sanctions  contre les vilains dissidents. Brandira-t-il les oreilles et la queue des sauvages ? Non. Trop violent, pardi ! Les dirigeants, eux, n’ont nul besoin d’user de violence physique pour mettre à bas la vie des gens, un trait de stylo Montblanc suffit…

Mon pays est malade. Complètement malade. Et j’ai peur que la maladie se propage. Car le diagnostic est tombé : LES FRANÇAIS SERAIENT GRAVEMENT ATTEINTS PAR LE SYNDROME DE STOCKHOLM.

 

Ouvrons les yeux, et indignons-nous, bordel pardieu !

 

 

Estelle Bee.

 

Si vous avez apprécié cet article, il ne fait aucun doute que vous préfèrerez  celui-ci 😉

 

 

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles.

 

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car EMMANUEL II arrive enfin sur vos écrans. Sans son fauteuil de rotin, mais plus voluptueux, plus lascif, plus coquinou, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais…

Rappel du premier volet

Un jeune homme  de bonne famille qui rêve de devenir financier choisit la banque Rotschild pour perdre son virginal altruisme et se faire déniaiser par de vieilles peaux d’hermine, de jaguar et de bébé phoque. Un beau jour, il est appelé au secours par François de la Courbe Molle afin d’administrer un peu de viagra dans la doctrine du parti des déguenillés. Poussé par le fantasme non assouvi de trousser les classes inférieures, et ce,  depuis que sa blonde tête avait frôlé par inadvertance le sein lourd de Mercedes, la femme de ménage du sixième étage de l’hôtel particulier où il coula une enfance heureuse, Emmanuel accepta, fébrile, l’indécente proposition. Pourtant, le job s’avéra moins sexy que dans ses rêves. Un soir où il avait veillé tard au palais afin d’échafauder des plans pour que ses graveleuses et surdimensionnées propositions glissent comme une lettre à la poste, il surprit les gémissements étouffés de Manu El Macho qui s’adonnait à une lecture active des magazines L’entreprise, Investir et The capitalist dans l’intimité de son bureau, en susurrant Mhumm j’aime l’entreprise, avec une régularité frénétique. C’est ainsi que dans le plus grand secret, le jeune Emmanuel retourna à ses premiers émois en compagnie de son presque homonyme, boursicotant à l’envi et écumant les visites virtuelles d’entreprises dès le soir venu, sur un fond musical de Franky goes to Hollywood

 

Emmanuel 2, le pitch

Dans ce deuxième volet, Emmanuel, las de devoir cacher ses vices, décide d’exhiber son désir capitaliste et libre-échangiste à travers son admirable verve. Ainsi, après avoir dévoilé au Medef ses ardentes aspirations une première fois – « Vous avez l’amour, et vous avez les preuves d’amour » – Emmanuel, certainement troublé cet été par la lecture de Cinquante nuances de Grey, craque et décide de retirer sa ceinture Armani, et de flageller publiquement l’organe du parti socialiste:

« La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées »

Cette exhibition fait valser les rapports qu’il entretient avec Manu el Macho, qui, plus finaud, a compris tout l’intérêt de poursuivre son oeuvre par des chemins plus étroits et tortueux, sans se faire gauler en flagrant délit de gaullisme décomplexé. Manu s’en retourne seul à ses magazines et autres tutoriels pour entrepreneurs de plus de 18 ans. Emmanuel est désavoué mais enfin lui-même. Il peut à présent toucher le Saint Graal en pénétrant dans les soirées très privées du CAC40 où il se fait appeler « The little Pompidou », et dont les membres le plébiscitent désormais les yeux fermés à chaque fois qu’il dégaine sa cravache en vagissant: « Tu l’aimes, hein, mon 49.3!!! ».

 

Comme quoi, on peut biaiser à tout va, tant qu’on a la bonne étiquette 😉

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car Emmanuel 2 arrive enfin sur vos écrans. Plus voluptueux, plus coquinou, plus lascif, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais.

 

A nous d’écrire la suite….

 

 

Estelle Bee.

 

 

 

MOUROIR STORY: parrainez un producteur de téléréalité (À vot’ bon coeur!)

mouroir ac2Décidément, l’affaire Dropped n’arrête pas de rebondir, contrairement aux hélicoptères et aux victimes qui eux, n’ont pas eu cette chance.

 

Franck Firmin-Guion, PDG de ALP -la société de production de l’émission- va très mal : Le pauvre homme serait la victime d’un acharnement diffamatoire gratuit, et aurait déclaré, la voix chevrotante :

 

Je suis extrêmement choqué (…) par ces accusations graves, indignes et injustes qui ( …) sont une atteinte indécente bla bla bla …

 

L’indigne accusateur n’est autre qu’Hubert Artaud, frère de la défunte navigatrice, et accessoirement ancien pilote. Le vil Hubert, qui n’a certainement pas toute sa tête en ce moment, aurait machiavéliquement subodoré que les hélicos volaient trop près l’un de l’autre afin que les cameramen –assis à la place des copilotes- puissent filmer simultanément leur envol de la façon la plus spectaculaire, sur recommandations de la production.

Mais quelle médisance ! C’est bien méconnaître la déontologie des producteurs de téléréalité et de Tf1 ! Ce n’est d’ailleurs pas feu Gérard Babin ni le médecin de Koh Lanta 2013 qui me contrediront, et pour cause… Puisqu’à l’instar de nos regrettés sportifs éparpillés façon puzzle, ils n’ont pas su non plus remporter la première étape d’une émission dont le but est justement de… survivre… Try again ! (Ben non couillon, j’suis mort !)

 

Que de propos calomnieux sur les intentions d’une société et d’une chaîne déjà psychologiquement brisées par le manque à gagner de l’annulation du programme Dropped (si tenté qu’il soit vraiment annulé, hein, ils nous avaient déjà fait le coup avec Koh Lanta 😉 ). Il se murmure même que le président de ALP, au plus mal, serait à deux doigts de craquer et fuir ce monde cruel pour aller se reposer trois semaines sur son yacht à Saint Barth’.

 

Altruiste jusqu’au bout, je me demandais donc ce qui pourrait redonner le sourire et rendre sa joie de vivre à ce grand homme de télévision brisé.

 

VOICI DONC 7 CLÉS POUR REBONDIR SAINEMENT APRÈS LE DRAME DROPPED:

 

 A. REAGIR : En se montrant plus blanc que blanc, quitte à faire une B.A de temps en temps :

 

 

  1. ATTAQUER LE FRÈRE DE LA VICTIME EN DIFFAMATION ET LUI SOUTIRER DES DOMMAGES ET INTÉRÊTS (Tf1 style)

Le frérot de Flo fait le beau ? Qu’à cela ne tienne. La législation arrange souvent les plus finauds. Etant donné que la négligence est quasi impossible à prouver puisque personne à bord des hélicos n’a eu la politesse de survivre, le tribunal ne pourra que statuer en faveur d’Adventure Line Production, salement calomniée, qui pourra exiger d’être aussi salement réparée. Quelques milliers d’euros, c’est toujours bon à prendre… Et aux yeux du public –sans grand discernement- l’honneur sera sauf.

 

 

  1. MONTER SA PROPRE SOCIETE DE POMPES FUNÈBRES

Les dommages collatéraux allant bon train ces derniers temps, ALP pourrait très prochainement songer à monter sa propre société de pompes funèbres ALP Funerary Adventure pour palier au manque à gagner des investisseurs en cas d’annulation d’une émission. Dans leur contrat avec la production, les candidats s’engageraient à souscrire leurs obsèques chez l’employeur en cas de décès -volontaire ou fortuit- lors des enregistrements, primes times, et durant les neuf mois suivant l’émission, en cas de syndrome F-X. À ce jour, l’élégant Moundir serait pressenti comme fossoyeur puisqu’il avait déclaré « Moi, je suis une tombe de prison », dans l’émission recyclage Moundir, l’aventurier de l’Amour en 2010.

 MOUROIR2

 

 

  1. ORGANISER UN TÉLÉTHON POUR LANCER UNE GRANDE CAMPAGNE D’ALPHABÉTISATION DES CANDIDATS DE TELEREALITÉ. Le but: distribuer des dictionnaires, des BescherellesBled étant devenu péjoratif- et livres d’Histoire niveau CE2 par milliers dans les salles d’attente de castings de Secret Story, ou autres Anges déchus de la téléréalité. Les fonds iront aussi à la location d’orthophonistes pour Les Marseillais ou les Chtis à Cancun/ Koh Samui, ainsi qu’à l’achat d’un gros Dictionnaire des Proverbes et Dictons au bénéfice de notre ami Moundir, pour les raisons susdites.

 

MOUROIR STORY

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B : CRÉER : Voici également quelques idées d’émissions pour exploiter le filon du crash et faire ensuite diversion par une grande créativité :

 

  1. MONTER UN « BUENOS AIRES EXPRESS », avec comme étape finale la reconstitution des restes d’une victime du crash, par équipe évidemment. Allier donc le sport à la gymnastique intellectuelle, à la manière de Pékin Express qui jusqu’à présent, n’a encore aucune victime à indemniser déplorer.

  1. SENIOR ACADEMY : Il s’agira de réunir des Sénior très avancés en âge – et que plus personne ne réclame, puisque forcément malodorants et très chiants- dans une maison médicalisée tout confort afin de les éloigner de la solitude et l’ennui qui les ronge, et leur coupe peu à peu l’appétit. Il leur sera proposé de vivre une ultime aventure dans laquelle ils devront s’adonner à des épreuves diverses et variées afin de gagner leur couche Confiance, soupelette et quignon de pain quotidiens, sans quoi ils iront se coucher le ventre vide (ce qui, du coup, résout le problème de la couche). Servir le thé façon marocaine sans trembler, écouter du Off Spring en volume maximal, faire un grand écart facial, tirer le plus longtemps possible sur un pétard bourré d’hawaïenne, ou encore l’ultime épreuve des poteaux sur un terrain vague de La Plaine Saint-Denis seront autant d’épreuves grisantes qui donneront à nos aïeux une envie de mordre dans la vie à pleines gencives, et chasseront l’aigreur de leurs vieux jours.

MOUROIR STORY

 

  1. ORGANISER UN TOUR DU MONDE TELEVISÉ EXCLUSIVEMENT AVEC DES COMPAGNIES AERIENNES BLACKLISTÉES : German Wings, Air Bénin, Malaysia Airlines, Air Baraka (Yallah !), Buraq Air (Anagramme de Burqa, pas étonnant que les avions s’écrasent, les pilotes n’ayant aucune visibilité sur l’angle mort) , Cyclone Airways (Et ce n’est pas une invention), FENIX Air (qui promet aux passagers que Wallah ils renaitrons de leurs cendres), Lion Air (sans ses ailes de griffon), Sky Way Air (Le chemin le plus court vers les cieux), Yeti Airlines (Mr Freeze à volonté en cas de chute) ou autres Ycare Fly (Le seul inventé de la liste 😉 ). Le but du jeu sera d’arriver entier et sans parachute à l’étape finale : l’île de Diego Garcia, au sud des Maldives.

SENIOR ACADEMY

 

  1. DANS L’ŒIL DES SURVIVANTS :

Autre idée d’émission : héliporter des candidats sur des cimes de l’Himalaya sans eau ni nourriture (ni mascara waterproof). Les plus forts n’auront d’autre choix que manger les plus faibles pour se sustenter en des conditions extrêmes. Le dernier des survivants gagnera le droit de rentrer au pays grâce à billet Open qu’il retirera au comptoir tibétain Yeti Airlines.

 

Si vous trouvez cet article trop tordu, je vous invite à lire celui-ci, et si vous avez d’autres idées d’émissions, n’hésitez pas à les faire partager 😉Mouroir Story

 

Souriez, Big Brother vous regarde…

Gad El Walou et son compte en cieux

Gad el Walou et son compte en cieuxBon sang que Costa-Gavras a eu la main heureuse en choisissant Gad Elmaleh pour tenir ce premier rôle (de composition) de banquier retors et sans scrupule, dans son film le Capital en 2012, qui présente la crise économique actuelle comme avant tout une crise morale des financiers. Je ne tiens pas particulièrement à répéter ce qui a été écrit par deux fois sur ce blog concernant notre bon Gad depuis qu’il a fermement soutenu, via twitter, le gentil Depardieu quand les vils médias l’ont attaqué au sujet de sa vilaine fuifuite fiscale au pays de la moule-frite.

Intéressons-nous à ce qui est VRAIMENT étonnant dans cette affaire: la stupéfaction générale qui a fait suite à l’annonce de sa détention du fameux filet garni en Suisse.

Cela signifie donc que malgré le fait que le bougre filait du mauvais cachemire depuis quelques années, notamment en faisant le guignol pour LCL en boucle sur toutes les chaînes, les gens croyaient ENCORE en lui??? Comment expliquer que l’on confierait les yeux fermés son nouveau-né à un type comme Gad Elmaleh (perso, je lui confierais bien ma belle-mère), alors qu’il nous semblerait impensable de confier les clés de sa Twingo 1ère génération à un Jean-François Copé?

 

La technique du fidèle écuyer

Appelée aussi technique du Jacquouille ou du gentil baltringue, ce procédé hérité des romans de Chevalerie vise à user de fausse modestie voire d’une autodérision qui frise le sadomasochisme, afin de mettre l’interlocuteur en confiance. Gad Elmaleh a séduit un public de gens « normaux » qu’il a conforté dans sa normalité. Ses sketches sur Le Blond, mec, gendre et père idéal, tant d’un point de vue physique que moral, avec comme antihéros sa propre personne, agissaient comme un baume décomplexant sur les vrais gens, et pour le coup, sonnaient juste, en plus de créer une véritable complicité entre l’artiste « normal » et la France d’en-bas. Ou d’en-dessous 😉

Alors, lorsque Le Brun a commencé à prendre son melon pour une pastèque, le public a fermé les yeux. Que voulez-vous, les honnêtes gens sont gentils, par définition, et s’extirpent difficilement de leur zone de confort. Ils se sont même réjouis de son union princière sur le rocher, preuve qu’une princesse peut accorder sa blanche main -entre autre- à l’humble palefrenier, preuve (donc) que le conte de fée peut sonner à n’importe quelle porte, mais blindée de préférence.

 

Manifestement Plus à l’aise dans le rôle du financier que celui du blond…

 

 

J’ai glissé, chef…

La question que l’on peut se poser à présent (mais bon, on n’est pas obligé hein!)  est évidemment:

Qui est vraiment Gad Elmaleh?

Ne serait-il pas encore et toujours ce brun complexé, finalement coincé entre rêve et réalité, et qui, malgré tout ce que la vie pourra lui apporter de richesse, de reconnaissance et d’amour, ne pourra jamais panser le sentiment de manque de son enfant intérieur, lequel viendra toujours gratter à la porte de son actuelle réussite avec ses petits ongles sales, pour lui souffler de mauvaises choses à faire? (Bon ça c’était pour l’aspect humain du problème hein)

En d’autres termes, et par ses actes manqués, Gad Elmaleh ne serait-il pas le nouveau Jean Lefebvre, alias Pitivier dans La Septième Compagnie pour accumuler autant de gaffes en si peu de temps?

Son doigt n’a-t-il pas ripé sur la touche « entrée » de son clavier, début 2013,  lorsqu’il a attaqué Torreton et sa lettre ouverte à Gérard Depardieu en des termes si révoltants « C’est pas en tapant sur les grands qu’on entre dans leur cour. Je comprends ton mal de notoriété, mais tu es si petit…« . Et cette hypothèse est d’autant plus probable qu’il supprima sa publication quelques minutes plus tard… N’a-t-il pas encore malencontreusement glissé quelque semaines plus tard -et encore sur Twitter- lorsque qu’il souhaita « Une longue vie aux restos du coeur« ???

J’ai glissé, chef!

Son stylo n’a-t-il pas juste glissé, début 2014, lorsqu’il a signé ce sirupeux contrat avec LCL, banque justement dénoncée pour son absence totale de morale dans le livre que Costa-Gavras a adapté pour son film Le Capital dont il avait tenu le rôle principal?

J’ai glissé, chef!

Et si ça se trouve, Gad El Walou n’a pas réellement voulu entuber le fisc français, ainsi que tous les pigeons qui l’aimaient beaucoup et qui, eux, se font taxer à la régulière, ou qui ne se font rien taxer du tout, mais pour les bonnes raisons. Non, Gad n’a pas du faire exprès. Il a sûrement glissé en plein trekking entre la France et la Suisse (on avait omis de lui préciser que les mocassins Hermès en cuir d’autruche étaient inadaptées à la rando), et son sac-à-dos chargé de billets qu’il pensait redistribuer aux plus démunis a dévalé une montagne pour aller s’écraser devant un guichet d’HSBC.

J’ai glissé Chef!

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Pour finir, on a vu pas mal défiler sur la toile l’information selon laquelle Gad Elmaleh avait nié avoir un compte à l’étranger. Mais en regardant attentivement l’interview en question, on se rend compte que notre piètre comédien, visiblement gêné, balaye la question du compte en Suisse d’un médiocre jeu de mots: « De Contentieux, non, pas encore! » (voir vidéo ci-dessous)

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Devant cette mollesse dramaturgique, impardonnable pour un comédien du Cac 40, invitons donc tous les réalisateurs engagés à faire preuve d’audace en engageant de vrais acteurs comme Jérôme Cahuzac, qui lui, a assumé sa stature de blond jusqu’au bout. Soyons certains qu’il saura nous faire vibrer dans les salles parisiennes, provinciales et même transalpines.

Mais au fait, qu’y a-t-il donc de pire qu’un blond finalement? Sans conteste, un faux brun. Ou un faux blond, on ne sait plus trop…

 

Par le choix de notre vie culturelle, indignons-nous!

 

Estelle Bee.