Chasseuse de primes ou l’égalité des sexes

C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I were a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes - Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I was a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes – Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. Être le bouche-trou de service, et le faire-valoir d’un seul homme, non merci.

Quelque temps après, la guerre des PRIMES éclata :

Quelques sénateurs furibards manifestaient pour ne pas que l’on revoie à la baisse leurs 4623 euros annuels de « prime de chauffage ». On ne pouvait que crier au scandale, jusqu’à ce que les médias ne nous balancent les images de ces pauvres nonagénaires malingres et déplumés que la suppression de ladite prime aurait forcément conduits  tout droit à la morgue…

Justement, l’affaire Guéant suivit, avec l’exhumation de bon nombre de cadavres évalués à 20 millions d’euros de primes annuelles, non imposables et en liquide, ça coule de source.

La question des femmes, elle, et notamment de la parité salariale, pffffft… envolée !

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi.

Pourtant, il y a quelques jours, une enquête démontrait que 64% des hommes apprécieraient que Mademoiselle partage l’addition au restaurant dès le premier rendez-vous…Ce paradoxe m’a donc amenée à me demander s’il ne devenait pas urgent, en plus d’une totale égalité de rémunération avec ces Messieurs, que chaque femme ne touche en plus une PRIME DE FEMINITE afin d’être défrayée des dépenses intrinsèques liées à sa seule condition de femme, tout en participant équitablement aux frais du ménage.

 

Note de frais 

Pour les messieurs qui n’auraient pas saisi le sens de ma démarche, je propose ICI un glossaire de tous les achats supplémentaires auxquels seules les femmes doivent faire face. Pardonnez-moi d’avance d’être crue :

 

1)   Tampons et serviettes hygiéniques, environ 90 euros par an. Sur ce thème, personne, je crois, ne me contredira

2)   Epilation : qu’elle soit faite en institut ou à la maison, elle est loin d’être gratuit et encore moins remboursée par la sécu. Aucune femme n’étant supposée ressembler à Chewbacca, cette dépense ne peut donc être considérée comme un luxe : se retrouver avec aisselles, maillot, jambes (moustache pour les moins chanceuses…) nets a un coût, quelle que soit la méthode utilisée

3)   Sous-vêtements : le soutien-gorge reste quand même un impératif, sauf si l’on souhaite adopter la mode Massaï esthétiquement parlant. L’hiver, on ne crachera pas sur 3 ou 4 paires de collants minimum –car éphémères- afin de réchauffer notre postérieur bleui par la bise (c’est combien chez vous ?) et le froid qui s’engouffre par ce vêtement béant que l’on appelle la jupe, ou la robe, et qu’apparemment, Messieurs, vous appréciez.

4)   Coiffeur : le seul coup de ciseau coûte de 2 à 3 fois plus cher pour une femme, sauf si l’on se rend dans une école de coiffure et qu’un étudiant inexpérimenté se met en tête de vous faire ressembler à Godefroid de Montmirail pendant que son prof  -censé le surveiller- boit son café et fume sa cloppe à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement. On rajoutera deux fois sur trois une couleur ou un balayage, ainsi que l’indispensable SOIN sans lequel nous ressortirions toutes avec une toison d’alpaga sur la tête. La douloureuse : entre 200 et 400 euros par an.

5)   Papier toilette : ne me demandez pas pourquoi, nous en utilisons bien plus que vous messieurs, cela a aussi son prix 😉

6)   Maroquinerie : une femme sans sac à main, c’est un peu le Père Noël sans sa barbe, ou DSK sans ses vices : insensé. C’est pourquoi on ne peut en faire l’économie. Idem pour les chaussures, que nous sommes contraintes d’adapter aux circonstances que la société induit : talons, baskets, ouvertes, fermées, classe, urban, bottes, bottines.

7)   Electricité : forcément, à cause du séchoir tous les deux jours, de l’épilateur électrique et autres accessoires, notre facture est forcément supérieure à celle des hommes

8)   Cosmétiques, soins et accessoires : Dieu a été injuste envers les femmes sur ce coup-là puisque je n’ai que très rarement entendu un homme dire que sa peau tiraille, ce qui nous coûte cher en hydratants corps, visage et mains. Nous avons également le mauvais goût de vieillir moins harmonieusement que vous Messieurs (les grossesses peut-être…), c’est pourquoi passés 35 ans, nous avons besoin d’un petit attirail quotidien pour rattraper notre retard. Le minimum vital reste un soin anti-âge, un petit fond de teint, un anti-cernes, un mascara, un rouge à lèvres et un khôl, un gommage ou un masque hebdomadaires… On rajoutera aussi les produits capillaires, rapport à l’alpaga susnommé.

 

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi. Pourquoi donc PERSONNE NE PARLE JAMAIS DE CELA???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou aux motifs provençaux. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

Capituler…………… ou rester digne???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou en velours. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

 

a)    la contorsion que représente le quotidien d’une femme active ou au foyer (donc active hein !) qui lutte contre la montre tout en souhaitant garder, fofolle qu’elle est, sa dignité de femme

b)   le boulot que c’est de trouver le temps de s’épiler ne serait-ce qu’un seul sourcil quand on est mère, travailleuse à plein temps, cuisinière et femme de ménage à mi-temps (et portugaise…)

c)    la schizophrénie que suppose la lutte permanente entre la Maman et la Femme (l’éternel duel entre la Madone et la Putain)

d)   le parfait équilibre à respecter pour être saine et coquette sans avoir l’air superficielle ou colmatée à la truelle et au mastic (Homme, tu es prié de ne plus avoir la naïveté de croire qu’une femme se réveille avec un teint abricot et les cheveux lisses et soyeux, comme dans les films américains)

e)    l’énergie que cela demande de ne pas s’écrouler tout de go dans son lit une fois les enfants couchés et le lave-vaisselle rempli

f)     la déception qu’elle ressent lorsque son homme ne remarque et/ ou ne souligne les efforts qu’elle fait chaque jour pour être toujours jolie

g)    (Et c’est paraît-il, le point le plus important;)) Le stress voire la colère réprimée lorsque Monsieur se montre impatient et râle à chaque fois qu’elle se prépare, ou habille tout simplement ses yeux de Rimmel, travail de haute précision qu’elle finira dans la voiture entre cinq dos d’âne et trois nids de poule, puisqu’elle cèdera devant CELUI QUI NE SAIT PAS PUISQU’IL N’EST PAS ELLE… Ou pire encore, CELUI QUI NE VEUT PAS SAVOIR. Celui-là, il prendra -sans toujours le savoir-  le risque de perdre celle qu’il n’a jamais vraiment connue, celle qui jongle pour gagner au grand maximum les 3/4 de son salaire à lui, mais qui jamais n’aura cédé à la résignation de laisser ses putains de racines nouvellement grisonnantes s’exprimer à l’air libre, pour ne pas faire honte à la société mortifère qui la consume lentement, et qui a la mauvaise foi de laisser à penser tous les 5 ans qu’elle coupera la tête aux inégalités hommes-femmes.

 

 

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur compagne (qui s’en ferait un plaisir, je crois) à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en obtenir 5.

 

Et si l’on s’indignait ???!!!

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur femme à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en avoir 5.

 

Estelle Bee.

4 Thoughts on “Chasseuse de primes ou l’égalité des sexes

  1. poilsauxpattes on août 26, 2013 at 11:03 said:

    D’où l’intérêt de rester célibataire. Les femmes n’ont pas encore compris ? Si elles sont autonomes financièrement, elles n’ont aucun intérêt à se coltiner un mec (et en économisant sur l’épilation on peut se payer des heures de femme (ou d’homme) de ménage. Il y a des sextoys qui assurent un orgasme en quelques minutes sans MST (si on n’a pas peur des HPV on peut aussi se taper un one shot, c’est toujours mieux qu’un pépère qui fait le même missionnaire depuis 10 ans), qui ne te font pas payer le restau et ne critiquent jamais ton épilation ! Et faire des enfants, en fait, c’est pas vraiment une partie de plaisir et puis on est bien assez nombreux sur la planète déjà inutile d’encombrer davantage les stations de ski… donc moi ce sera vacances plongée, snowboard, surf etc jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et je bosse en attendant pour me payer tout ça. S’il y en a un qui me parle d’amour je lui fous mon poing sur la gueule.

    • Je KIFFE ton commentaire poilsauxpattes!!! Jusqu’à il n’y a pas si longtemps j’avais de l’empathie pour les hommes: difficile de s’adapter à leur nouvelle condition les pauvres, de ne pas répéter le même schéma que Papa, qui télécommande à la main, lançait un « quand est-ce qu’on mange? » sur un ton limite agacé pendant que bobonne s’affairait dans la cuisine tout en donnant le bain au petit dernier… Maintenant, il me semble que certains ont peut-être besoin d’être bousculés dans leur LOOOOOngue inertie, ce que tu pousses à l’extrême et que finalement, je comprends bien;) See you soon;)

  2. PASCUAL on août 27, 2013 at 7:47 said:

    Ho la la !! Là aussi j’ai bien rie. Surtout dans les sujets 2,4,6 et 8.
    Le sujet « d »…m a fait me souvenir d’une certaine Femme.

  3. Jean-Pierre DOUTON on août 28, 2013 at 11:38 said:

    L’égalité homme-femme et inversement concernant les rémunérations ( salaires, honoraires, etc.. ) devrait depuis longtemps être inscrite dans la loi et réprimée sévèrement en cas de non respect.
    Déjà !
    Je ne vois pas au nom de quoi quiconque pourrait s’opposer à ça.
    Beaucoup de femmes sont capable de faire des trucs incroyables inaccessibles aux hommes ( et je ne parle pas d’enfant ). Cette chronique par exemple, tout à la fois pétillante, ironique, spirituelle et dont le style décalé reste parfait au plan littéraire.

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