Nabilla ou la synecdoque (la partie pour le tout)

ALLÔ??! ALLÔÔÔÔ??!

NON MAIS ALLÔ QUOI?!!

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Quiconque ayant vu passer un zapping télé ces derniers jours est forcément tombé -de haut- sur ce grand moment de télévision qui fait le buzz et les choux gras d’NRJ12 où fait rage l’émission Les Anges de la téléréalité, qui s’est donné pour mission de recycler des people issus d’autres reality shows, un bon geste pour l’environnement, dans une époque où tout se jette et rien ne se transforme.

Un espoir pour toute une génération

Contre toute attente, cette tirade, que j’ai désormais nommée Le monologue du shampoing ne s’avère finalement pas plus hygiénique que son ancêtre Les monologues du vagin. Nous pourrions ainsi aisément nous moquer de celle qui, à l’instar d’une Loana, d’un FX, ou d’une Afida Turner, ne finira pas forcément en bon état physique ou psychique. Toutefois, à travers cet extrait, il m’est soudain clairement apparu que Nabilla – ou Nabiloute, comme disent les gens du Nord qui apparemment ont aussi dans le verbe le soleil qu’ils n’ont pas dehors- est avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni avant tout représentative de toute une génération qui prône le succès sans efforts ni travail ni fatigue ni patrie. Elle n'est donc RIEN D'AUTRE QU'UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l'intègrent dans le programme s'ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l'accoutumée, de gonfler artificiellement les notes.travail ni fatigue ni patrie. Elle n’est donc RIEN D’AUTRE QU’UNE VISIONNAIRE malgré elle, et il est désormais de santé publique que les enseignants l’intègrent dans le programme s’ils souhaitent comprendre les jeunes, et assurer à notre douce France un taux honorable de réussite au baccalauréat sans être priés, comme à l’accoutumée,  de gonfler artificiellement les notes.

Au programme: réussir sa dissertation de français

Ainsi, dans son monologue du shampoing, notre belle plante nous livre un bel exemple de cette figure de style que l’on appelle la synecdoque ou métonymie,  qui consiste à nommer la partie pour le tout, ou le tout pour la partie. Cet exemple, pour le coup, ringardise pour une bonne quinzaine d’années la tirade du Cid – « Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... »- que nous avions apprise par coeur en guise d’illustration à l’époque où les jeunes, c’était nous. Nos futurs bacheliers comprendront donc bien ici, que le shampoing est une synecdoque des cheveux qui eux même sont la synecdoque de la femme.

Pour consolider ce récent acquis, l’enseignant aura tout intérêt à faire apprendre par coeur aux élèves une série d’exemples courts qu’ils devront restituer pour le cours suivant, dans une thématique et un style étroitement liés au Monologue du shampoing, afin que les jeunes se sentent en confort avec leurs devoirs.

A savoir par coeur pour lundi prochain:

 

  • T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô quoi?!!

C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

Allô ??? Nan mais allô quoi ! T’es sportif et t’as pas de déo. Non mais allô ?!! C’est comme si j’te dis « t’es sportif et t’as pas d’aisselles »

  • T’es djeun’s et t’as pas d’I Phone. Non mais allô quoi?

C’est comme si j’te dis «  t’es jeune et t’as pas d’oreilles »

  • T’es riche et t’as pas d’Porsche. Allôôôôô ???

C’est comme si j’te dis « t’es riche et tu payes tes impôts en France »

  • T’es handicapé et t’as pas d’fauteuil. Non mais Allô quoi???

C’est comme si j’te dis « t’es handicapé et t’as pas de jambes »

  • T’es moche et tu t’la pètes. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es moche et t’as pas d’miroir »

  • T’es un mec et t’offres pas de fleurs à ta meuf. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es un mec et t’as pas une thune » (et bientôt plus de meuf)

  • T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

T’es vieille et t’as pas fait d’injections. Non mais allô ??? C’est comme si j’te dis « t’es vieille et t’as pas une ride »

  • T’es sexy mais tu portes pas d’strings. Non mais allô quoi???!!

C’est comme si j’te dis « T’es sexy mais t’as pas d’fesses »

  • T’es un fan de Tunning et t’as pas de béquet arrière. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’es fan de Tunning et t’as pas ton permis »

  • T’es au resto et t’as pas d’fourchette. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « T’es au resto et t’as pas de dents. »

  • T’es une femme et t’as pas d’enfants. Non mais allô quoi!!???

C’est comme si j’te dis « T’es une femme et t’as pas d’ovaires. »

  • Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

Tu vis au Pérou et t’as pas de pull chaud. Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « Tu vis au Pérou et t’as pas de lama » !

(NB: fonctionne aussi avec la Haute-Savoie et les moutons…)

 

  • T’as 8000 amis sur Facebook et y’a personne à ton enterrement. Non mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis « t’avais 8000 amis imaginaires »

 

  • T’es cadre chez France Télécom et on vient de te faire un lavage d’estomac à l’hosto. Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « Tu bosses chez France Télécom et tu prends pas d’coke » !

  • T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô quoi???!

C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

T’étais stagiaire au FMI et tu t’es pas fait au moins peloter les seins . Nan mais allô ??? C’est comme si j’te dis : « T’étais stagiaire au FMI et t’es un homme » !

  • Tu sais pas chanter, ni écrire, mais t’as fait un tube. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis :  Plus personne ne veut te signer depuis les années 80 

  • T’es une nana et t’as pas de besace en agneau traité couleur camel. Nan mais allô quoi!???

C’est comme si j’te dis : « T’es une nana et t’as pas d’épaules » !

Devoir sur table:

Sujet: En quelques lignes, et en vous appuyant – mais pas trop fort – sur le document photographique ci-dessous, vous tenterez de trouver ce qui, physiquement, peut être considéré comme la synecdoque de Nabilla, et à quel point ce personnage est à elle seule une partie pour un tout.En quelques lignes, vous tenterez de démontrer pourquoi le personnage de Nabila est à lui seul une partie pour un tout.

Ouvrez l’oeil,

Et faites partager à vos jeunes!

 

Estelle Bee.

Belzébuth s’invite au Camping Paradis (et demande à être renvoyé en enfer)

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi.Lundi, 20h57, un SMS d’une amie me somme de zapper, car sur Tf1, y’a CAMPING PARADIS qui se déroule sur une plage où l’on a souvent étendu nos serviettes !  Je m’exécute, néanmoins craintive. Le générique met d’emblée dans l’ambiance, avec ses notes de trompette type féria de Nîmes, savant mélange de  Macarena et de Cé-Cé-Cé-Célimène illustré de têtes d’acteurs ayant l’air ma fois bien sympathiques. Message subliminal n°1 : le campeur est un gros beauf.

 

Présentation

-P’tain, qu’est-ce qu’elle fout là Princess Erika ????!!!!

-P’tain c’est quoi ce titre, CAMPING PARADIS ??????

La réponse est simple. Camping Paradis est l’Oxymore des années 2010 qui d’un coup d’un seul, ringardise à tout jamais Le soleil noir de la mélancolie de Gérard de Nerval, exemple (de cette figure de style associant deux termes contraires) qu’on nous a tant rabâché lorsqu’on était au lycée. Car ceux qui ont récemment fait du camping, du vrai, souvent sur un malentendu d’ailleurs (« Tu vas voir, on va bien se marrer ! On est encore jeunes ou merde ??? ») savent que le terme Paradis est au moins autant diamétralement opposé au Camping que l’univers d’Amélie Nothomb l’est à l’Impressionnisme.

Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourra pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Car lorsque tu t’apprêtes à refaire du camping, c’est avec un souvenir ému des soirées bivouac de juillet 1993 autour du feu à chanter Santiano avec les monos et les potes de colo. Toutefois, tu as un poil conscience qu’avec Loulou de deux ans et demi, tu ne pourras pas : 1) Veiller si tard que çà, 2) Manger des pâtes aux chips tous les jours, 3) Planter ta grande tente Quechua flambante neuve en plein cagnard. Fière d’avoir des principes d’adulte et forte de ton expérience, tu pars donc en quête de l’ombre et de la tranquillité, déterminée comme Larry Kubiac à la recherche d’un cheeseburger. Et c’est là que le bât blesse. Car plus tranquille et ombragé sera ton emplacement, plus éloigné tu seras des sanitaires, et surtout du Saint Trône. Pardonnez-moi si je suis triviale, mais telle devrait être la devise du campeur. Et quand on s’éloigne du Saint Trône, forcément, on se vide de son Sang Royal, et ça se voit.

A partir de là, une succession d’évènements improbables se produit : tu te retrouves à traverser toute l’allée centrale en serviette de bain trop courte (tu t’es trompée, tu as pris celle de Loulou, too bad), tu arrives pressée au lieu dit après 500 m de dénivelé en te rendant compte que tu as oublié de glisser discrètement dans ta poche les quelques feuilles ouatées salvatrices dont tu as besoin (Question en ton for intérieur: les participants de Koh Lanta en sont-ils pourvus ???), suite à ce questionnement tu scrutes les arbres alentours à la Robinson Crusoé mais il n’y a que des pins parasols (feuillage inadapté donc), tu te trimballes des jerricans tu te trimballes des jerricans d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, d’eau de 20 litres pour débarbouiller Loulou qui mange comme un petit goret, tu craches ton dentifrice à l’unisson avec des gens qui font des bruits de raclements épais, et tu te retrouves à pleurer comme un bébé le soir venu, épuisée par les tâches quotidiennes, l’hypocondrie dans les douches, et les réflexions de Loulou 1er du Nom qui sature d’entendre tes plaintes de jeune trentenaire embourgeoisée. Et là, tu te fais du mal en repensant à tes vacances de l’an dernier en Club All Inclusive bien loin d’ici. Bref, Camping VS Paradis: 1-0.

Semaine à thème

L’épisode de la semaine s’intitule Western Camping. Eh oui, chaque semaine au camping est placée sous le suite d’un thème précis.

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! REGAAAARDE !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets avec zèle : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

(- Oh mais c’est la plage de Sainte Croix !!!!!!!! Regarde ! Eh regaaaarde !!!) Ainsi, sur la plage où tu as passé tant de journées à te faire dorer la pilule (2ème génération je précise) surgissent des attractions Far West hautement ludiques comme le Mini Saloon de 2 X 2 mètres qu’un gentil et joyeux animateur est en train de finir de monter (crédibilité au summum) avec sa petite perceuse Bosch, dont le slogan un travail de pro trouve ici tout son sens. Les membres du personnel, chapeautés façon John Wayne échangent leurs projets : atelier de danse Country, chorégraphie de la semaine, déguisements jeux de société sur la plage ( ?)

Les personnages

Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enflures et que chaque être en ce monde a quelque chose de surprenant. Le mari trompeur est au fond un gentil garçon qui vieillit et se sent flatté par le regard d’autrui(e), le salaud de patron licencieur de séniors est en fait un gentil papi qui prône l’authenticité et les vraies valeurs, et l’homosexuel tourmenté… est une grande folle couinante qui ferait passer la Grande Zoa pour Sébastien Chabal.

La palme revient sans conteste à M. Parisot (rien à voir avec Laurence hein), dans le rôle du râleur patriote. Message subliminal n°2 : le français de base est un gros con insatisfait. Un rôle tout en finesse où un type dégarni et maigrelet type Michel Blanc prend des intonations d’ancien légionnaire, et que l’on imagine aisément dire les Macaronis,  les Rosbeefs, les Boches pour parler de nos voisins européens. Et au cas où le téléspectateur n’aurait pas bien saisi le rôle de faire-valoir de ce Monsieur (dans l’hypothèse, donc, que la plus grosse part de l’audimat soit composée de votants FN), on a accessoirisé celui qui clame « On n’est plus chez nous décidemment », de Birkenstock vintage sur chaussettes de tennis remontées jusqu’aux genoux. Camping Paradis semble vouloir rompre avec le manichéisme en nous démontrant que manifestement, un bon bougre se cache derrière la pire des enfluresMessage subliminal n°3 : Etre raciste c’est pas bien, mais tu es pardonné (et tu peux rester sur notre chaine) si tu n’as pas un look à la Bernard Menez.

Le seul que j’épargnerai ici est Laurent Ournac, le protagoniste et directeur du camping, qui parvient, au milieu de toutes ces caricatures, à s’en sortir bon an mal an.

Les répliques culte

« Ma vie ressemble à un rouleau d’essuie-tout déroulé dans le vide » est la première grande réplique lancée par notre homo trop typé (comme la Vache qui rit), avec des trémolos dans la voix empreints d’un lyrisme dramaturgique, qui pourrait nous laisser imaginer ce que serait une tirade de Phèdre interprétée par Laetitia Milot de Plus belle la vie.

« Les femmes, elles sont pas comme nous, quand elles se plaignent de quelque chose c’est qu’il y a une vraie raison» (Les hommes apprécieront…) Car c’est justement le Serial Fucker du Camping, le Popeye bronzé qui dégaine la perceuse plus vite que son ombre, qui balance cette vérité au nez du mari trompeur que sa femme ne souhaite pas reprendre. Message subliminal n°4 : Etre un gros macho c’est nul.

Soyons quand même honnête, une réplique m’a arraché un ricanement diabolique, parce que justement, elle rompait avec les bons sentiments bien mièvres de l’épisode. Alors qu’un pauvre type accoudé au bar, manifestement à deux doigts de se défenestrer (s’il y avait des fenêtres sur les tentes Maréchal), lance dans un soupir usé un «J’vais m’foutre en l’air» pathétique, on peut compter sur l’ancien légionnaire, outré, qui lui répond :

« Oh Eh, on est en vacances ! Un peu de pudeur quand même ! Pensez à ceux qui sont heureux ! », phrase  jubilatoire que je n’omettrai pas d’employer la prochaine fois qu’un de mes proches souffre abominablement.

Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Je voudrais néanmoins rendre hommage à une chaine de télévision qui, à chaque fois que j’ai manqué d’inspiration pour mes chroniques, a su, façon DSK, m’attraper par les cheveux et mettre ma tête au fond de la cuvette pour me montrer le chemin à suivre et « rafraîchir » ainsi mon sarcasme endormi. Quand je pense qu’un bon tiers des français est persuadé qu’elle est la seule chaine existante du petit écran sous prétexte qu’on appuie dessus pour allumer sa télévision, et que Lagaff est au monde télévisuel ce que Justin Bridou est au saucisson, ça me donne envie d’arrêter les farines animales et de manger du Tofu.

Ouvrons l’œil…

Estelle Bee.

Au royaume des toutous les monstres sont rois

stephanehessel jeuneCette semaine J’avais prévu initialement de vous parler de ce grand chef d’oeuvre télévisuel qu’est Camping Paradis, téléfilm d’une rare finesse qui fait sa part d’audience sur Tf1. Mais il y a quelques jours, Monsieur Stéphane Hessel a quitté ce monde d’exilés mentaux pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté en terme de justice et de démocratie. L’auteur du manifeste Indignez-vous a fait de sa vie un exemple d’espoir, de combativité et de sagesse et avait trouvé également dans la poésie un exutoire et un outil pour faire passer des messages universels. La rubrique Indignons-nous de ce blog est à ce propos le fruit de mon admiration pour ce grand Monsieur. L’idée première de ce blog, de la vengeance de l’abeille  -le peuple- a émergé de cette notion de colère saine. C’est donc en guise de modeste hommage que je vous ferai partager cette semaine une fable satirique que j’ai écrite après avoir lu ledit manifeste, il y a de cela 9 mois. Il était temps que je mette bas… Le camping, lui, pourra attendre…!

Donc Par ce temps glacial je vous propose aujourd’hui de raviver la magie de Noël par ce petit conte qui, je l’espère, vous ravira de joie:

Au royaume chien chinoisIl était une fois, dans notre bon vieux continent, un royaume peuplé de millions de chiens. Des canidés de toutes races, ainsi que ceux qui en étaient dénués s’essayaient à la cohabitation. Car en effet ils avaient besoin les uns des autres pour que leur société soit pérenne. Ainsi, les simples bâtards, occupants de la niche du bas, déterraient les os à moelle, lesquels, après avoir transité par la race moyenne qui assurait leur répartition –et autres services annexes – allaient nourrir la niche du haut. Les débris d’os qui volaient en éclat depuis la niche du haut faisaient office de récompense et de festin à la niche du bas, qui s’en accommodait parfaitement, n’allant jamais envier le contenu de la gamelle des chiens de race, puisque les seuls débris leur donnaient la force nécessaire pour creuser 5 jours par semaine.

Mais une ère nouvelle arriva…

 

royaume chineOn aurait pu penser que si la chaine venait à se briser, elle devrait sa cassure au désœuvrement de la niche du bas. Question de logique. En fait, c’est l’inverse qui se produisit. Un jour, un Chihuahua décida que donner des débris d’os en guise de salaire représentait un gâchis terrible… pour lui. Ce n’est pas que son ventre en réclamait davantage, il était déjà bien assez plein. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi concéder des débris aux bâtards de son propre royaume, alors qu’au Royaume des Fourmis la seule poudre d’os était la monnaie de rigueur. Et cela ne choqua apparemment personne, ni le Roi des Toutous, ni ses apôtres. La race du bas se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue, d’autant que ce ne fut pas qu’une simple bise mais plutôt une grosse claque. Et elle tendit l’autre joue.

Elle alla déterrer d’autres os pour d’autres niches du haut. Mais le Chihuahua avait ouvert une brèche. Le Dalmatien suivit. Puis ce fut le Bull Terrier, puis le Bichon Maltais. A la fin presque tous allèrent confier leurs tâches aux fourmis ouvrières, et la pérennité vola en éclats.

Et ce ne fut pas tout…

 

mittal 2Les races aisées trouvaient encore après cela que le système du Royaume ne leur était pas pleinement favorable. En effet les très nombreux os à moelle non consommés étaient enterrés au coin de leur niche. Mais ces chers canidés du haut devaient contribuer au fonctionnement du Royaume des Toutous en en cédant une partie, plus ou moins importante. Et même s’ils avaient déjà mangé, plus que de raison, investi dans d’autres niches qu’ils louaient pour quelques juteuses baballes, et comblé tous leurs désirs de promenades et ceux de leurs chiots, cet impôt leur apparut comme une injustice. Pourquoi donner alors qu’ils pourraient juste… ne pas le faire ??! Ils décidèrent alors d’aller enterrer leurs os, carcasses et croquettes ailleurs. Non pas au Royaume des Fourmis, non non, pourquoi renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous font prospérer ?!! Mais au Royaume des Dauphins. Et le Roi des Chiens laissa faire.

Pendant ce temps, le Royaume du Bas n’ayant plus rien à déterrer pour personne commença à crier famine. Leurs cris ne trouvèrent pas d’écho à la tête du Royaume. Ou presque pas. On leur accordait par exemple 2 ou 3 croquettes de plus pour envoyer leur chiots à l’Agility, et cela suffisait à faire stopper leurs aboiements, comme un collier électrique. Ils étaient si fatigués à lutter pour leur survie que l’idée de la juste révolte ne leur effleurait même pas l’esprit. Il faut dire que le prix des niches, même celles infestées de puces, les dépouillait de tous leurs débris d’os. Alors qu’au Royaume des Dauphins, les énormes carcasses ne profitaient à personne.

mittal manifRendons toutefois à César ce qui lui appartient. Les rois successifs tendaient la patte à la niche du bas, après leur accès au pouvoir, pour tenir la promesse qui leur avait été faite juste avant. Disons-le, pour leur faire fermer la gueule. On leur avait accordé des débris minimum mensuels qui augmentaient donc tous les 7 ou 5 ans. Ainsi, les races moyennes, que nous appellerons les caniches, se confondaient de plus en plus avec les meutes du bas. Leurs difficultés devinrent quasiment similaires. Toutefois ils ne s’unirent pas pour autant… Car en effet, les rois canins et leurs apôtres malinois veillaient en permanence à leur faire croire tour à tour que les uns chassaient sur le territoire des autres, et que les autres creusaient sur des terres bien plus pourvues.

Chienchien à sa mémère

 

La chasse aux privilèges commença à alimenter les gazettes. Ainsi, sur toutes les roues des voitures, à chaque coin de rue, au pied de chaque pylône, sur chaque touffe d’herbe anarchiquement surgie des pavés, et partout où chaque chien pouvait lire et laisser des informations lors de sa promenade matinale, on pouvait découvrir combien le bâtard était roublard, et à quel point le caniche était fainéant. Pourtant tous avaient ce point commun : on coupait les débris en quatre et l’on réfléchissait à deux fois avant de consulter le vétérinaire… Mais où diable étaient donc passés tous les os à moelle du Royaume ???

au royaume bahamasPendant ce temps, au Royaume des Dauphins, de nouveaux reliefs modifiaient la géographie locale sans qu’aucune plaque tectonique n’ait eu besoin de chevaucher l’autre. Les amas osseux agglomérés formaient de véritables massifs, pareils à de colossales tours d’ivoire. Tours qui au demeurant restaient vides. Logique, puisque les races du haut vivaient toujours paisiblement au Royaume des Toutous dont ils profitaient à l’envi. Ils en avaient les avantages sans les inconvénients. Normal, puisqu’on les avait laissé faire… Dire que le Basset, Roi des Clebs cinq années durant, avait pointé du museau les bâtards en leur rappelant qu’ils n’avaient pas que des droits mais aussi des devoirs. Force est de se demander pourquoi cette règle du renvoi de baballe n’avait pas été rappelée d’abord aux détenteurs de toutes les croquettes du Royaume. Surtout en période de disette !

Moralité

 

Qui sont donc les vrais voyous qui gangrènent le système ?

Les dealers qui te font « psssst !!! » au détour d’une rue ?

Cette femme qui vole une boîte de raviolis dégueulasses chez Carrouf pour nourrir ses 4 enfants ?

Ces jeunes capuchonnés qui n’ont plus d’espoir de gravir les échelons et préfèrent donc creuser de plus en plus profond ?

Ce fonctionnaire qui se fait défoncer la tête à la CAF ?

Cette prof qui fait une dépression ou qui se fait poignarder ?

Le travelo du bois d’en face qui fait honte à la société ?

Le flic que l’on oblige à faire son quota de PV mensuel ?

au royaume monstreLes nouveaux voyous qui nous ont dépouillés, divisés, méprisés et rendus méprisables ne font pas leurs commissions chez Intermarché, mais chez Fauchon, Bulgari, Cartier, Vuitton, Chanel et portent des Rolex, des vraies. Leur frigo est toujours vide, contrairement à vous, parce qu’ils ne mangent jamais chez eux. Et surtout, surtout, ils ne savent pas qu’ils sont des voyous. Ils ignorent que, pareils à Dieu qui a créé l’homme à son image, ils ont enfanté de la misère, la haine, la promiscuité, l’improbable devenir, l’impossible révolte. Ils sont tous ces gens à la fois :

ils sont ce jeune noir à capuche qui caillasse,

ils sont cette mère qui vole pour manger mais continue de faire des gosses,

ils sont cette prostituée vulgairement fardée,

ils sont ce flic qui se pend pour en finir avec toute cette cour des miracles,

ils sont ce journaleux qui fouille dans des poubelles pleines de rats pour faire un scoop qui brisera des vies de famille.

Et si l’on s’indignait pour de bon ?La jeunesse aussi s'indignera

Estelle Bee.

Sans ogm, sans commentaire, sans pitié

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ?Me voilà dans le rayon « conserves » de l’hypermarché. Apeurée, chétive, mais oui, je vais le faire. Je vais oser me mettre à la recherche de LA boîte de maïs dont j’ai absolument besoin pour ma recette mexicaine. On est vendredi soir et c’est pour demain, je ne peux plus reculer ma pauvre Josiane… Je m’approche lentement de l’objet de mon désir sans perdre de vue les abominations alimentaires qui font l’actualité.

 

Géant vert VS Nabot Jaune

Face à moi, un mur, un édifice, que dis-je un édifice, une péninsule de boîtes jaunes, contenant toutes à priori la même chose. Cependant, trois catégories me sautent aux yeux tellement elles me rappellent mes cours de quatrième sur les trois ordres : le Clergé, la Noblesse, et le Tiers Etat. A hauteur des yeux – si vous mesurez entre 1 m 45 et 2 m 10 – il n’y en a que pour le Grand verdâtre, Bon Duel et Docile. Si les grandes marques misent sur la docilité du consommateur, ils sont tombés sur un os avec moi. Alors je me baisse, pour me retrouver face au maïs de pays, l’or jaune local, comprendre le produit du grand distributeur, un peu moins cher. Moi toujours pas docile ! De ce fait je m’accroupie, m’arcboute, me démantibule au risque de me démettre les cervicales, et coucou le voilà, le maïs pas cher, le maïs du pauvre.

Il faut savoir que le maïs du pauvre – ou maïs du nain selon l’interprétation qu’on en fait – n’est pas situé à huit centimètres du sol parce que le pauvre est plus petit. Non. Il répond juste à des règles strictement ergonomiques. En effet, le pauvre étant plus voûté que le riche, rapport aux coups durs que lui assène la société et la vie en général, peut bien plus aisément se saisir de sa boîte de maïs à deux francs six sous. On appelle cela de l’altruisme Messieurs Dames. Il faut bien les chouchouter nos gueux bien de chez nous – ou pas, d’ailleurs – !

ogm-guide

Roulette russe

Mais tout à coup, un détail attire mon attention. Je tourne la boîte dans tous les sens, mais je ne vois pas le gros astérisque rouge ou vert qui précise  sans OGM  comme sur les conserves du Grand Verdâtre, Bon Duel ou de Docile ! Alors je passe en revue les petites boîtes de maïs local pour en disséquer les informations. Je me rends compte de leurs perverses contradictions : « maïs génétiquement ou non génétiquement modifié ». Je crois halluciner. SOIT IL EST MODIFIE, SOIT IL NE L’EST PAS, C’EST QUOI CE BORDEL???!!! Je retourne à mon or – à mon toc – du pauvre. Je regrette aussitôt de ne pas avoir l’Application Microscope sur mon téléphone (non en fait j’avoue l’inavouable, je n’ai pas de Smartphone…) Je plisse les yeux, et je sens ma ride du lion se creuser, je me dis à ce moment-là que j’enverrai à l’enseigne ma facture d’injection de Botox. Je finis par déchiffrer sur la première conserve : « maïs génétiquement modifié », sur la deuxième « maïs, sel, conservateurs, eau. » Aucune précision, bien joué ! Quant à la troisième, eh bien RIEN DU TOUT ! Chapeau bas, le silence est la manière de mentir la plus éloquente…

Euthanasie alimentaire

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ? Et puis, c’est quand même moins cruel de faire tomber quelqu’un d’une hauteur de huit centimètres que d’un mètre quatre-vingt n’est-il pas ? Ne sont-ils pas choux nos industriels de l’agro-alimentaire ? Non seulement ils mettent les choses à notre portée, ils abrègent nos souffrances, et par la même occasion ils nous offrent en bonus des mets inabordables : « Messieurs Mesdames, pour trois boîtes de maïs premier prix achetées, vous remportez un crabe bien vivant ! Et il y en aura pour tout le monde !» Un bon vieux crabe astrologique hum… Une vraie fin de vie de pauvre. Comme dans un bon film de Jean Genet, ou Becker.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du « sans », car nous ne pouvons plus continuer à faire « avec ». Un monde du « sans OGM », du « sans bisphénol A », du « sans aspartame », du « sans paraben »…

Cette merveilleuse expédition au pays d’Alice au teint blafard sous les néons m’a permis de mieux comprendre notre société actuelle, en tout cas d’en anticiper les déconvenues.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du  sans , car nous ne pouvons plus continuer à faire  avec . Un monde du  sans OGM , du  sans bisphénol A , du  sans aspartame , du  sans paraben … J’ai repensé à mes grands-parents qui ont longtemps fait  sans  dans l’espoir qu’un jour il feraient  avec . Ils ont longtemps vécu sans télé, sans internet, sans avoir le choix, sans agriculture biologique, sans Ikea, et comble d’infortune, sans Tex, l’animateur! Aujourd’hui c’est l’inverse, les pauvres sont obligés de faire avec sans même caresser le microscopique espoir de pouvoir faire sans un jour.

Triple foyer

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute! Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute. Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».Même constat pour mon amie Viviane qui s’est retrouvée un beau jour avec un magnifique herpès à l’étage inférieur, et a connu l’humiliation de devoir téléphoner à tous ses ex pour leur demander de faire le test de dépistage afin de prévenir et/ou guérir. Déjà, réalisée à froid, cette comptabilité résonnait en elle comme « tu n’es qu’une espèce de petite catin qui a mérité sa MST ! » en raison du nombre de ses conquêtes. Mais le discours du vil amant retrouvé, conscient de sa maladie à l’époque, et guéri depuis, lui porta l’estocade finale. Le monsieur lui tint à peu près ce discours : Ne t’étonnes pas de ce genre de choses si tu ne protèges pas… Quoi de plus logique? Le jeune homme ne lui a jamais dit qu’il était sain ! Il n’était pas inscrit non plus « sans MST » sur son front. Ou ailleurs. Elle aurait du avoir immédiatement un doute  !

On ne peut plus se fier à personne. On nous ment continuellement par omission. Dirigeants, fonctionnaires, chômeurs, SDF. J’ai arrêté de donner la pièce aux mendiants, puisqu’après tout, ils ne précisent jamais sans emploi  sur leur carton tout sale !

Prochainement je compte m’arrêter de manger définitivement. Là ils se rendront bien compte qu’ils sont tombés sur un os avec moi ! Parce que j’ai passé à la loupe tous les produits alimentaires de tous les distributeurs, de tous les industriels sans exception, et aucun, je dis bien AUCUN ne spécifie « sans arsenic » sur l’emballage. Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !

Estelle Bee.

NB: A l’heure où je publie cet article, le journal Le Monde fait état  d’un nouveau scandale alimentaire selon lequel aux Etats-Unis 33% des étiquetages de poissons  affichent une espèce qui ne correspond pas à la réalité. Hum j’ai hâte de goûter du dauphin moi…!

Et si l’on s’indignait?


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Zahia (suite), et le redressement productif.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong "Zahia Lingerie" va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d'anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. Je vous vois venir petits êtres maléfiques et pervertis avec vos jeux de mots douteux sur ce titre. Heureusement, ceux qui connaissent la maison savent que ce n’est pas mon genre de dire du mal des gens. Car toutes mes espérances de patriote déçue sont désormais tournées vers celle qui d’un coup – ou deux – de baguette magique, semble redonner espoir à l’industrie française.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong « Zahia Lingerie » va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d’anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. L’info est lancée. Arnaud Montebourg se félicite de cette entreprise excitante, puisque pour le paraphraser, Zahia Dehar serait passée du redressement tout court au redressement productif en tant que styliste. Dis mon Coco, elle était facile celle-là. La boutade, pas Zahia. Evidemment.

Secrets d’alcôve

Pour l’heure, il se murmure que les affiches publicitaires de la marque Zahia Lingerie seraient des plus racoleuses, et s’inspireraient des fameuses « leçons » de la marque Aubade, mais dans un style plus frais, plus actuel et finalement assez autobiographique. Etant plutôt bien infiltrée dans le milieu des VIP ( j’ai quand même connu le prestige de me faire payer un pot par le frère de El Chato hein…)  j’ai pu percer le mystère qui entoure ce démarrage érotico-philosophico- marketing, comme dirait Dédé Manoukian, pour vous permettre de découvrir en exclusivité les trois premières leçons de la collection :

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le
Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse
Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

 

Un exemple pour la France

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Les sites d’information ne tarissent pas d’éloges au sujet de l’ascension sociale de la toute jeune femme, à l’heure où l’ascenseur social est justement en panne pour ceux qui comptent réellement sur leur mérite pour être appréciés à leur juste valeur. Ils applaudissent notamment la noblesse du projet qui alloue 30 à 40% de la fabrication de lingerie au sein de l’hexagone, et qui réintègre de surcroît 6 anciennes couturières Lejaby, salement mises à la porte l’an dernier. Waouh !

Je me permets donc juste 3 questions. Pourquoi ne pas réembaucher TOUTES les ouvrières licenciées puisque l’ampleur de la société Zahia lingerie le permet ? Ne serait-on pas en train de nous déformer, comme souvent ces derniers temps, une triste réalité en conte de fée, ou est-ce moi qui ne vois que le verre à moitié vide? Enfin, lecteurs pressés que nous sommes, n’aurions-nous pas intérêt aujourd’hui à chercher la réciproque de chaque information qui nous est donnée afin d’en déduire LA VERITE ???

 

Un théorème, une réciproque :

Parce que, excusez-moi du peu mais personne n’en parle, la réciproque de ces chiffres est justement que notre nouvelle Coco Chamel fera fabriquer 60 à 70% de sa production HORS de nos frontières eh oui! Est-il aujourd’hui si impensable de faire du 100% Made in France que l’on va jusqu’à béatifier la première qui consent du bout des lèvres – si je puis dire – à ne partager qu’un mince tiers du gâteau avec le pays qui lui a tout, mais alors TOUT donné ?

LA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans le stylisme ou autre, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérablesLA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans la mode, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérables. Il est impossible de se faire respecter si l’on ne se montre pas respectable. Revoir ses ambitions à la baisse en est la preuve.

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Alors que là encore la vraie question est: « Arnaud la Malice va-t-il poser en guêpière Pétales de roses cousu main pour promouvoir l’industrie textile Made in France ? ». Amis lecteurs, ne soyons plus dupes. Prenons les news à contre-emploi.

Exception française

L’industrie de nos tous proches voisins européens ne tient plus qu’à un fil quand la nôtre ne tient plus qu’à un string. Au risque de paraître pudibonde, je ne peux que regretter qu’on n’y rajoute pas un peu plus de tissu, afin que toutes nos anciennes de chez Lejaby fassent ce qu’elles savent faire de mieux : nous rendre toujours plus envoûtantes. Pas vous ?

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

Estelle Bee.

Prête-moi ta plume, mon amie Zahia…

«Zahia va prendre sa plume pour faire rêver les enfants. »

C’est bien cela que je viens de lire quatre fois, pour être bien sûre.

La phrase est lancée par un site d’informations.

Il est longuement précisé plus bas dans l’article que la jeune femme caresse – sensuellement j’imagine – le projet d’écrire des contes pour enfants. Ca ne s’invente pas.

Alors je me permets, moi la bloggeuse anonyme qui n’ai jamais connu le prestige de serrer ne serait-ce que la pince d’un joueur de l’équipe de France, de lui conseiller de cibler un lectorat de garçons adolescents et préadolescents, surtout si elle s’inspire de sa vie privée dans ses contes.

Donc à l’heure où je rédige, notre future auteure prend sa plume. Par prudence il faudra bien lui préciser que « prendre sa plume » ne doit pas être entendu au sens littéral du terme. Il serait fâcheux qu’elle hésite des semaines durant entre plume d’autruche, plume de paon ou tout autre attribut d’oiseau que l’on ait pu voir sortir de son postérieur altier durant son défilé de lingerie, et que cette méprise fasse perdre un temps précieux à ce glorieux projet.

Une vraie révolution culturelle

Je ne saurais comment témoigner à la demoiselle ma gratitude au nom de tous ces parents et enseignants qui galèrent pour faire ouvrir un bouquin à leurs ados capuchonnés ou justinbieberisés. Cailleras ou geeks vont tous reléguer leurs Smartphones incitateurs d’illetrisme au second plan, et n’aurons plus besoin de cocher la case J’ai plus de 18 ans sur leur écran d’ordinateur pour nourrir leur imaginaire. Les Contes de Zahia s’en chargeront…

 

Le programme

prête cochons 3Tout en conservant la thématique qui lui colle à la peau, il faudra bien sûr que la conteuse de rêve demande à son nègre de varier les champs lexicaux, afin d’être la plus efficace possible contre cette détestation de la lecture. Elle pourra entre autre employer des métaphores agricoles –labour des champs, bine, traite du matin- ou bien des images culinaires, en prenant toujours grand soin de varier les mets et ustensiles (et là je laisse libre cours à l’imagination du lecteur…)

La grammaire et la conjugaison ne seront pas en reste, il faudra juste travailler la langue avec naturel : « Permettez-moi mes petits Choux de me mettre à Genoux afin de flatter vos  joujoux juste pour quelques beaux bijoux » pourra ainsi s’employer au pluriel comme au singulier, même si se positionner sur un seul genou reste quand même un problème… La concordance des temps devra être scrupuleusement respectée, ce qui dans un premier temps pourra attiser la curiosité du jeune lecteur pré pubère découvrant le verbe savoir à l’imparfait du subjonctif, ou se répétant, incrédule, pour lui-même : « Mon cher, vous fîtes ce que vous pûtes. » Succès garanti.

 

 De multiples ouvertures

Il est évident que les Contes de Zahia pourront évoluer au-delà du seul domaine langagier, en étant par exemple illustrés de tableaux maîtres, comme Le jardin des délices de Jérôme Bosch, ou de comptines appropriées comme le très classique Au clair de la lune.

Toujours est-il que je sens que la petite blonde trop tôt tombée du nid est à un tournant de sa carrière. Elle peut a elle seule redonner espoir à la jeunesse française. Ce ne sera pas la première fois d’ailleurs, sauf que là, ils seront plus de 11, et n’y laisseront pas de plumes eux. Les jeunes adolescents duveteux réclameront des LIVRES pour Noël au lieu des traditionnels jeux vidéo rendez-vous compte !

prête zahia magQuand aux jeunes filles déjà très fragilisées par la télé-réalité, elles sauront ce qu’il leur reste à faire pour se faire dérouler le tapis rouge dans des soirées VIP, ou se retrouver propulsées sur un podium par Karlito la momie. J’adore l’idée. Tant qu’à faire, proposons-la d’emblée comme future Marianne, on n’est plus à çà près hein…

Le monde tourne à l’enfer.

Estelle Bée.

Barjot ascendant Frigide

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