Au royaume des toutous les monstres sont rois

stephanehessel jeuneCette semaine J’avais prévu initialement de vous parler de ce grand chef d’oeuvre télévisuel qu’est Camping Paradis, téléfilm d’une rare finesse qui fait sa part d’audience sur Tf1. Mais il y a quelques jours, Monsieur Stéphane Hessel a quitté ce monde d’exilés mentaux pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté en terme de justice et de démocratie. L’auteur du manifeste Indignez-vous a fait de sa vie un exemple d’espoir, de combativité et de sagesse et avait trouvé également dans la poésie un exutoire et un outil pour faire passer des messages universels. La rubrique Indignons-nous de ce blog est à ce propos le fruit de mon admiration pour ce grand Monsieur. L’idée première de ce blog, de la vengeance de l’abeille  -le peuple- a émergé de cette notion de colère saine. C’est donc en guise de modeste hommage que je vous ferai partager cette semaine une fable satirique que j’ai écrite après avoir lu ledit manifeste, il y a de cela 9 mois. Il était temps que je mette bas… Le camping, lui, pourra attendre…!

Donc Par ce temps glacial je vous propose aujourd’hui de raviver la magie de Noël par ce petit conte qui, je l’espère, vous ravira de joie:

Au royaume chien chinoisIl était une fois, dans notre bon vieux continent, un royaume peuplé de millions de chiens. Des canidés de toutes races, ainsi que ceux qui en étaient dénués s’essayaient à la cohabitation. Car en effet ils avaient besoin les uns des autres pour que leur société soit pérenne. Ainsi, les simples bâtards, occupants de la niche du bas, déterraient les os à moelle, lesquels, après avoir transité par la race moyenne qui assurait leur répartition –et autres services annexes – allaient nourrir la niche du haut. Les débris d’os qui volaient en éclat depuis la niche du haut faisaient office de récompense et de festin à la niche du bas, qui s’en accommodait parfaitement, n’allant jamais envier le contenu de la gamelle des chiens de race, puisque les seuls débris leur donnaient la force nécessaire pour creuser 5 jours par semaine.

Mais une ère nouvelle arriva…

 

royaume chineOn aurait pu penser que si la chaine venait à se briser, elle devrait sa cassure au désœuvrement de la niche du bas. Question de logique. En fait, c’est l’inverse qui se produisit. Un jour, un Chihuahua décida que donner des débris d’os en guise de salaire représentait un gâchis terrible… pour lui. Ce n’est pas que son ventre en réclamait davantage, il était déjà bien assez plein. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi concéder des débris aux bâtards de son propre royaume, alors qu’au Royaume des Fourmis la seule poudre d’os était la monnaie de rigueur. Et cela ne choqua apparemment personne, ni le Roi des Toutous, ni ses apôtres. La race du bas se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue, d’autant que ce ne fut pas qu’une simple bise mais plutôt une grosse claque. Et elle tendit l’autre joue.

Elle alla déterrer d’autres os pour d’autres niches du haut. Mais le Chihuahua avait ouvert une brèche. Le Dalmatien suivit. Puis ce fut le Bull Terrier, puis le Bichon Maltais. A la fin presque tous allèrent confier leurs tâches aux fourmis ouvrières, et la pérennité vola en éclats.

Et ce ne fut pas tout…

 

mittal 2Les races aisées trouvaient encore après cela que le système du Royaume ne leur était pas pleinement favorable. En effet les très nombreux os à moelle non consommés étaient enterrés au coin de leur niche. Mais ces chers canidés du haut devaient contribuer au fonctionnement du Royaume des Toutous en en cédant une partie, plus ou moins importante. Et même s’ils avaient déjà mangé, plus que de raison, investi dans d’autres niches qu’ils louaient pour quelques juteuses baballes, et comblé tous leurs désirs de promenades et ceux de leurs chiots, cet impôt leur apparut comme une injustice. Pourquoi donner alors qu’ils pourraient juste… ne pas le faire ??! Ils décidèrent alors d’aller enterrer leurs os, carcasses et croquettes ailleurs. Non pas au Royaume des Fourmis, non non, pourquoi renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous font prospérer ?!! Mais au Royaume des Dauphins. Et le Roi des Chiens laissa faire.

Pendant ce temps, le Royaume du Bas n’ayant plus rien à déterrer pour personne commença à crier famine. Leurs cris ne trouvèrent pas d’écho à la tête du Royaume. Ou presque pas. On leur accordait par exemple 2 ou 3 croquettes de plus pour envoyer leur chiots à l’Agility, et cela suffisait à faire stopper leurs aboiements, comme un collier électrique. Ils étaient si fatigués à lutter pour leur survie que l’idée de la juste révolte ne leur effleurait même pas l’esprit. Il faut dire que le prix des niches, même celles infestées de puces, les dépouillait de tous leurs débris d’os. Alors qu’au Royaume des Dauphins, les énormes carcasses ne profitaient à personne.

mittal manifRendons toutefois à César ce qui lui appartient. Les rois successifs tendaient la patte à la niche du bas, après leur accès au pouvoir, pour tenir la promesse qui leur avait été faite juste avant. Disons-le, pour leur faire fermer la gueule. On leur avait accordé des débris minimum mensuels qui augmentaient donc tous les 7 ou 5 ans. Ainsi, les races moyennes, que nous appellerons les caniches, se confondaient de plus en plus avec les meutes du bas. Leurs difficultés devinrent quasiment similaires. Toutefois ils ne s’unirent pas pour autant… Car en effet, les rois canins et leurs apôtres malinois veillaient en permanence à leur faire croire tour à tour que les uns chassaient sur le territoire des autres, et que les autres creusaient sur des terres bien plus pourvues.

Chienchien à sa mémère

 

La chasse aux privilèges commença à alimenter les gazettes. Ainsi, sur toutes les roues des voitures, à chaque coin de rue, au pied de chaque pylône, sur chaque touffe d’herbe anarchiquement surgie des pavés, et partout où chaque chien pouvait lire et laisser des informations lors de sa promenade matinale, on pouvait découvrir combien le bâtard était roublard, et à quel point le caniche était fainéant. Pourtant tous avaient ce point commun : on coupait les débris en quatre et l’on réfléchissait à deux fois avant de consulter le vétérinaire… Mais où diable étaient donc passés tous les os à moelle du Royaume ???

au royaume bahamasPendant ce temps, au Royaume des Dauphins, de nouveaux reliefs modifiaient la géographie locale sans qu’aucune plaque tectonique n’ait eu besoin de chevaucher l’autre. Les amas osseux agglomérés formaient de véritables massifs, pareils à de colossales tours d’ivoire. Tours qui au demeurant restaient vides. Logique, puisque les races du haut vivaient toujours paisiblement au Royaume des Toutous dont ils profitaient à l’envi. Ils en avaient les avantages sans les inconvénients. Normal, puisqu’on les avait laissé faire… Dire que le Basset, Roi des Clebs cinq années durant, avait pointé du museau les bâtards en leur rappelant qu’ils n’avaient pas que des droits mais aussi des devoirs. Force est de se demander pourquoi cette règle du renvoi de baballe n’avait pas été rappelée d’abord aux détenteurs de toutes les croquettes du Royaume. Surtout en période de disette !

Moralité

 

Qui sont donc les vrais voyous qui gangrènent le système ?

Les dealers qui te font « psssst !!! » au détour d’une rue ?

Cette femme qui vole une boîte de raviolis dégueulasses chez Carrouf pour nourrir ses 4 enfants ?

Ces jeunes capuchonnés qui n’ont plus d’espoir de gravir les échelons et préfèrent donc creuser de plus en plus profond ?

Ce fonctionnaire qui se fait défoncer la tête à la CAF ?

Cette prof qui fait une dépression ou qui se fait poignarder ?

Le travelo du bois d’en face qui fait honte à la société ?

Le flic que l’on oblige à faire son quota de PV mensuel ?

au royaume monstreLes nouveaux voyous qui nous ont dépouillés, divisés, méprisés et rendus méprisables ne font pas leurs commissions chez Intermarché, mais chez Fauchon, Bulgari, Cartier, Vuitton, Chanel et portent des Rolex, des vraies. Leur frigo est toujours vide, contrairement à vous, parce qu’ils ne mangent jamais chez eux. Et surtout, surtout, ils ne savent pas qu’ils sont des voyous. Ils ignorent que, pareils à Dieu qui a créé l’homme à son image, ils ont enfanté de la misère, la haine, la promiscuité, l’improbable devenir, l’impossible révolte. Ils sont tous ces gens à la fois :

ils sont ce jeune noir à capuche qui caillasse,

ils sont cette mère qui vole pour manger mais continue de faire des gosses,

ils sont cette prostituée vulgairement fardée,

ils sont ce flic qui se pend pour en finir avec toute cette cour des miracles,

ils sont ce journaleux qui fouille dans des poubelles pleines de rats pour faire un scoop qui brisera des vies de famille.

Et si l’on s’indignait pour de bon ?La jeunesse aussi s'indignera

Estelle Bee.

Sans ogm, sans commentaire, sans pitié

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ?Me voilà dans le rayon « conserves » de l’hypermarché. Apeurée, chétive, mais oui, je vais le faire. Je vais oser me mettre à la recherche de LA boîte de maïs dont j’ai absolument besoin pour ma recette mexicaine. On est vendredi soir et c’est pour demain, je ne peux plus reculer ma pauvre Josiane… Je m’approche lentement de l’objet de mon désir sans perdre de vue les abominations alimentaires qui font l’actualité.

 

Géant vert VS Nabot Jaune

Face à moi, un mur, un édifice, que dis-je un édifice, une péninsule de boîtes jaunes, contenant toutes à priori la même chose. Cependant, trois catégories me sautent aux yeux tellement elles me rappellent mes cours de quatrième sur les trois ordres : le Clergé, la Noblesse, et le Tiers Etat. A hauteur des yeux – si vous mesurez entre 1 m 45 et 2 m 10 – il n’y en a que pour le Grand verdâtre, Bon Duel et Docile. Si les grandes marques misent sur la docilité du consommateur, ils sont tombés sur un os avec moi. Alors je me baisse, pour me retrouver face au maïs de pays, l’or jaune local, comprendre le produit du grand distributeur, un peu moins cher. Moi toujours pas docile ! De ce fait je m’accroupie, m’arcboute, me démantibule au risque de me démettre les cervicales, et coucou le voilà, le maïs pas cher, le maïs du pauvre.

Il faut savoir que le maïs du pauvre – ou maïs du nain selon l’interprétation qu’on en fait – n’est pas situé à huit centimètres du sol parce que le pauvre est plus petit. Non. Il répond juste à des règles strictement ergonomiques. En effet, le pauvre étant plus voûté que le riche, rapport aux coups durs que lui assène la société et la vie en général, peut bien plus aisément se saisir de sa boîte de maïs à deux francs six sous. On appelle cela de l’altruisme Messieurs Dames. Il faut bien les chouchouter nos gueux bien de chez nous – ou pas, d’ailleurs – !

ogm-guide

Roulette russe

Mais tout à coup, un détail attire mon attention. Je tourne la boîte dans tous les sens, mais je ne vois pas le gros astérisque rouge ou vert qui précise  sans OGM  comme sur les conserves du Grand Verdâtre, Bon Duel ou de Docile ! Alors je passe en revue les petites boîtes de maïs local pour en disséquer les informations. Je me rends compte de leurs perverses contradictions : « maïs génétiquement ou non génétiquement modifié ». Je crois halluciner. SOIT IL EST MODIFIE, SOIT IL NE L’EST PAS, C’EST QUOI CE BORDEL???!!! Je retourne à mon or – à mon toc – du pauvre. Je regrette aussitôt de ne pas avoir l’Application Microscope sur mon téléphone (non en fait j’avoue l’inavouable, je n’ai pas de Smartphone…) Je plisse les yeux, et je sens ma ride du lion se creuser, je me dis à ce moment-là que j’enverrai à l’enseigne ma facture d’injection de Botox. Je finis par déchiffrer sur la première conserve : « maïs génétiquement modifié », sur la deuxième « maïs, sel, conservateurs, eau. » Aucune précision, bien joué ! Quant à la troisième, eh bien RIEN DU TOUT ! Chapeau bas, le silence est la manière de mentir la plus éloquente…

Euthanasie alimentaire

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ? Et puis, c’est quand même moins cruel de faire tomber quelqu’un d’une hauteur de huit centimètres que d’un mètre quatre-vingt n’est-il pas ? Ne sont-ils pas choux nos industriels de l’agro-alimentaire ? Non seulement ils mettent les choses à notre portée, ils abrègent nos souffrances, et par la même occasion ils nous offrent en bonus des mets inabordables : « Messieurs Mesdames, pour trois boîtes de maïs premier prix achetées, vous remportez un crabe bien vivant ! Et il y en aura pour tout le monde !» Un bon vieux crabe astrologique hum… Une vraie fin de vie de pauvre. Comme dans un bon film de Jean Genet, ou Becker.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du « sans », car nous ne pouvons plus continuer à faire « avec ». Un monde du « sans OGM », du « sans bisphénol A », du « sans aspartame », du « sans paraben »…

Cette merveilleuse expédition au pays d’Alice au teint blafard sous les néons m’a permis de mieux comprendre notre société actuelle, en tout cas d’en anticiper les déconvenues.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du  sans , car nous ne pouvons plus continuer à faire  avec . Un monde du  sans OGM , du  sans bisphénol A , du  sans aspartame , du  sans paraben … J’ai repensé à mes grands-parents qui ont longtemps fait  sans  dans l’espoir qu’un jour il feraient  avec . Ils ont longtemps vécu sans télé, sans internet, sans avoir le choix, sans agriculture biologique, sans Ikea, et comble d’infortune, sans Tex, l’animateur! Aujourd’hui c’est l’inverse, les pauvres sont obligés de faire avec sans même caresser le microscopique espoir de pouvoir faire sans un jour.

Triple foyer

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute! Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute. Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».Même constat pour mon amie Viviane qui s’est retrouvée un beau jour avec un magnifique herpès à l’étage inférieur, et a connu l’humiliation de devoir téléphoner à tous ses ex pour leur demander de faire le test de dépistage afin de prévenir et/ou guérir. Déjà, réalisée à froid, cette comptabilité résonnait en elle comme « tu n’es qu’une espèce de petite catin qui a mérité sa MST ! » en raison du nombre de ses conquêtes. Mais le discours du vil amant retrouvé, conscient de sa maladie à l’époque, et guéri depuis, lui porta l’estocade finale. Le monsieur lui tint à peu près ce discours : Ne t’étonnes pas de ce genre de choses si tu ne protèges pas… Quoi de plus logique? Le jeune homme ne lui a jamais dit qu’il était sain ! Il n’était pas inscrit non plus « sans MST » sur son front. Ou ailleurs. Elle aurait du avoir immédiatement un doute  !

On ne peut plus se fier à personne. On nous ment continuellement par omission. Dirigeants, fonctionnaires, chômeurs, SDF. J’ai arrêté de donner la pièce aux mendiants, puisqu’après tout, ils ne précisent jamais sans emploi  sur leur carton tout sale !

Prochainement je compte m’arrêter de manger définitivement. Là ils se rendront bien compte qu’ils sont tombés sur un os avec moi ! Parce que j’ai passé à la loupe tous les produits alimentaires de tous les distributeurs, de tous les industriels sans exception, et aucun, je dis bien AUCUN ne spécifie « sans arsenic » sur l’emballage. Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !

Estelle Bee.

NB: A l’heure où je publie cet article, le journal Le Monde fait état  d’un nouveau scandale alimentaire selon lequel aux Etats-Unis 33% des étiquetages de poissons  affichent une espèce qui ne correspond pas à la réalité. Hum j’ai hâte de goûter du dauphin moi…!

Et si l’on s’indignait?


 [E1]

Zahia (suite), et le redressement productif.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong "Zahia Lingerie" va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d'anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. Je vous vois venir petits êtres maléfiques et pervertis avec vos jeux de mots douteux sur ce titre. Heureusement, ceux qui connaissent la maison savent que ce n’est pas mon genre de dire du mal des gens. Car toutes mes espérances de patriote déçue sont désormais tournées vers celle qui d’un coup – ou deux – de baguette magique, semble redonner espoir à l’industrie française.

Grâce à des investisseurs de Hong Kong « Zahia Lingerie » va faire fabriquer une partie de sa collection en France dans un atelier fondé par d’anciennes employées de Lejaby, société liquidée en 2011. L’info est lancée. Arnaud Montebourg se félicite de cette entreprise excitante, puisque pour le paraphraser, Zahia Dehar serait passée du redressement tout court au redressement productif en tant que styliste. Dis mon Coco, elle était facile celle-là. La boutade, pas Zahia. Evidemment.

Secrets d’alcôve

Pour l’heure, il se murmure que les affiches publicitaires de la marque Zahia Lingerie seraient des plus racoleuses, et s’inspireraient des fameuses « leçons » de la marque Aubade, mais dans un style plus frais, plus actuel et finalement assez autobiographique. Etant plutôt bien infiltrée dans le milieu des VIP ( j’ai quand même connu le prestige de me faire payer un pot par le frère de El Chato hein…)  j’ai pu percer le mystère qui entoure ce démarrage érotico-philosophico- marketing, comme dirait Dédé Manoukian, pour vous permettre de découvrir en exclusivité les trois premières leçons de la collection :

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le
Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse
Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

 

Un exemple pour la France

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Les sites d’information ne tarissent pas d’éloges au sujet de l’ascension sociale de la toute jeune femme, à l’heure où l’ascenseur social est justement en panne pour ceux qui comptent réellement sur leur mérite pour être appréciés à leur juste valeur. Ils applaudissent notamment la noblesse du projet qui alloue 30 à 40% de la fabrication de lingerie au sein de l’hexagone, et qui réintègre de surcroît 6 anciennes couturières Lejaby, salement mises à la porte l’an dernier. Waouh !

Je me permets donc juste 3 questions. Pourquoi ne pas réembaucher TOUTES les ouvrières licenciées puisque l’ampleur de la société Zahia lingerie le permet ? Ne serait-on pas en train de nous déformer, comme souvent ces derniers temps, une triste réalité en conte de fée, ou est-ce moi qui ne vois que le verre à moitié vide? Enfin, lecteurs pressés que nous sommes, n’aurions-nous pas intérêt aujourd’hui à chercher la réciproque de chaque information qui nous est donnée afin d’en déduire LA VERITE ???

 

Un théorème, une réciproque :

Parce que, excusez-moi du peu mais personne n’en parle, la réciproque de ces chiffres est justement que notre nouvelle Coco Chamel fera fabriquer 60 à 70% de sa production HORS de nos frontières eh oui! Est-il aujourd’hui si impensable de faire du 100% Made in France que l’on va jusqu’à béatifier la première qui consent du bout des lèvres – si je puis dire – à ne partager qu’un mince tiers du gâteau avec le pays qui lui a tout, mais alors TOUT donné ?

LA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans le stylisme ou autre, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérablesLA FRANCE EST A GENOUX MES ENFANTS ! Et même si cette posture peut apparemment lancer toute une carrière dans la mode, je ne puis m’empêcher de me demander pourquoi nous ne changeons pas les règles du jeu. Contrairement à ce qu’avait fermement annoncé Monsieur Hollande, nous n’avons pas fini de nous faire cocufier par les entrepreneurs qui veulent la motte et l’argent du beurre, si nous les félicitons des miettes qu’ils laissent à notre pays comme à autant de moineaux misérables. Il est impossible de se faire respecter si l’on ne se montre pas respectable. Revoir ses ambitions à la baisse en est la preuve.

A quoi bon avoir un ministère du redressement productif dirigé par un type qui de surcroît s’appelle Montebourg, un nom qui rassure quand on est censé redresser le pays – en tout cas c’est toujours mieux que De la Molle – si le gentil bougre n’ose plus monter au créneau ? Justement quelques journalistes facétieux se demandaient, grands foufous qu’ils sont, si Zahia allait poser en Marinière dans les journaux… Alors que là encore la vraie question est: « Arnaud la Malice va-t-il poser en guêpière Pétales de roses cousu main pour promouvoir l’industrie textile Made in France ? ». Amis lecteurs, ne soyons plus dupes. Prenons les news à contre-emploi.

Exception française

L’industrie de nos tous proches voisins européens ne tient plus qu’à un fil quand la nôtre ne tient plus qu’à un string. Au risque de paraître pudibonde, je ne peux que regretter qu’on n’y rajoute pas un peu plus de tissu, afin que toutes nos anciennes de chez Lejaby fassent ce qu’elles savent faire de mieux : nous rendre toujours plus envoûtantes. Pas vous ?

Lecon n°1 : prendez la plume et chattouyé-le Lecon n°2 : fête-le casqué sa rasse Lecon n° 3 : (r)abattai toute vos carte, Mastercard de préféranse

Estelle Bee.

Prête-moi ta plume, mon amie Zahia…

«Zahia va prendre sa plume pour faire rêver les enfants. »

C’est bien cela que je viens de lire quatre fois, pour être bien sûre.

La phrase est lancée par un site d’informations.

Il est longuement précisé plus bas dans l’article que la jeune femme caresse – sensuellement j’imagine – le projet d’écrire des contes pour enfants. Ca ne s’invente pas.

Alors je me permets, moi la bloggeuse anonyme qui n’ai jamais connu le prestige de serrer ne serait-ce que la pince d’un joueur de l’équipe de France, de lui conseiller de cibler un lectorat de garçons adolescents et préadolescents, surtout si elle s’inspire de sa vie privée dans ses contes.

Donc à l’heure où je rédige, notre future auteure prend sa plume. Par prudence il faudra bien lui préciser que « prendre sa plume » ne doit pas être entendu au sens littéral du terme. Il serait fâcheux qu’elle hésite des semaines durant entre plume d’autruche, plume de paon ou tout autre attribut d’oiseau que l’on ait pu voir sortir de son postérieur altier durant son défilé de lingerie, et que cette méprise fasse perdre un temps précieux à ce glorieux projet.

Une vraie révolution culturelle

Je ne saurais comment témoigner à la demoiselle ma gratitude au nom de tous ces parents et enseignants qui galèrent pour faire ouvrir un bouquin à leurs ados capuchonnés ou justinbieberisés. Cailleras ou geeks vont tous reléguer leurs Smartphones incitateurs d’illetrisme au second plan, et n’aurons plus besoin de cocher la case J’ai plus de 18 ans sur leur écran d’ordinateur pour nourrir leur imaginaire. Les Contes de Zahia s’en chargeront…

 

Le programme

prête cochons 3Tout en conservant la thématique qui lui colle à la peau, il faudra bien sûr que la conteuse de rêve demande à son nègre de varier les champs lexicaux, afin d’être la plus efficace possible contre cette détestation de la lecture. Elle pourra entre autre employer des métaphores agricoles –labour des champs, bine, traite du matin- ou bien des images culinaires, en prenant toujours grand soin de varier les mets et ustensiles (et là je laisse libre cours à l’imagination du lecteur…)

La grammaire et la conjugaison ne seront pas en reste, il faudra juste travailler la langue avec naturel : « Permettez-moi mes petits Choux de me mettre à Genoux afin de flatter vos  joujoux juste pour quelques beaux bijoux » pourra ainsi s’employer au pluriel comme au singulier, même si se positionner sur un seul genou reste quand même un problème… La concordance des temps devra être scrupuleusement respectée, ce qui dans un premier temps pourra attiser la curiosité du jeune lecteur pré pubère découvrant le verbe savoir à l’imparfait du subjonctif, ou se répétant, incrédule, pour lui-même : « Mon cher, vous fîtes ce que vous pûtes. » Succès garanti.

 

 De multiples ouvertures

Il est évident que les Contes de Zahia pourront évoluer au-delà du seul domaine langagier, en étant par exemple illustrés de tableaux maîtres, comme Le jardin des délices de Jérôme Bosch, ou de comptines appropriées comme le très classique Au clair de la lune.

Toujours est-il que je sens que la petite blonde trop tôt tombée du nid est à un tournant de sa carrière. Elle peut a elle seule redonner espoir à la jeunesse française. Ce ne sera pas la première fois d’ailleurs, sauf que là, ils seront plus de 11, et n’y laisseront pas de plumes eux. Les jeunes adolescents duveteux réclameront des LIVRES pour Noël au lieu des traditionnels jeux vidéo rendez-vous compte !

prête zahia magQuand aux jeunes filles déjà très fragilisées par la télé-réalité, elles sauront ce qu’il leur reste à faire pour se faire dérouler le tapis rouge dans des soirées VIP, ou se retrouver propulsées sur un podium par Karlito la momie. J’adore l’idée. Tant qu’à faire, proposons-la d’emblée comme future Marianne, on n’est plus à çà près hein…

Le monde tourne à l’enfer.

Estelle Bée.

Barjot ascendant Frigide

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