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Loi El Komhri : la feuille de salade entre les dents du gouvernement.

Loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

C’est un de ces instants incommodants de la vie où vous êtes le seul à ignorer que vous êtes franchement ridicule. Pire encore, en sortant de chez vous, vous pensiez que vous aviez tout bon : la bonne cravate, le sourire ultra bright, la bonne énergie, l’haleine fraîche, la bonne couleur de rouge à lèvres, la bonne adresse… Mais voilà… Vous aviez négligé un infime détail qui a causé votre disgrâce, et vous a, pour le coup, donné envie de vous terrer dans un ashram à Pondichéry pour les trente prochaines années.

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Le problème par l’exemple

Imaginez ce jeune cadre dynamique qui, en sortant de l’entretien d’embauche de ses rêves, réalise devant le miroir des toilettes qu’une crotte de nez de la taille d’une feuille de bananier (séchée) vient de sceller le sort de ses ambitions les plus chères,

C’est aussi ce jeune homme timide qui vient enfin de se décider à envoyer ce sms qu’il a modifié 83 fois à cette brunette qu’il a croisée lors d’un stage. Mais au bout de trois interminables jours sans réponse, il réalise qu’il a triomphalement achevé son texto d’une grosse baise. Juste un « a » de trop…

C’est cette étudiante sûre d’elle –et entre autres, ce fut moi- qui arpente les couloirs de l’immense université d’un pas décidé, afin de prétendre à une bourse au mérite auprès du directeur adjoint, et qu’une parfaite inconnue prévient discrètement que l’intégralité de sa jupe est coincée dans ses collants, derrière, alors que trois bonnes heures se sont écoulées depuis le dernier repoudrage de nez

C’est aussi cette pétulante quadra pleine d’humour qui foirera ce rendez-vous avec cet homme à peine plus jeune qu’elle, rencontré sur horlogebiologique.com, puisque ce dernier n’aura pas été capable de se projeter au-delà de la feuille de scarole qui dissimulait son incisive droite, alors qu’elle se livrait généreusement à lui.

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Je repensai subitement à ces instants burlesques en écoutant Madame El Komhri affirmer qu’une loi du travail qui allongeait les journées de labeur des salariés était infiniment pourvoyeuse de nouveaux emplois. Je l’écoutais, patiemment, jusqu’à l’insupportable, essayer de nous démontrer que – si, si !- on pouvait transvider un litre dans une bouteille de 75 centilitres.

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Elle faisait d’ailleurs entendre que ceux qui pensaient le contraire possédaient une âme d’un autre temps, et qu’en somme, nous étions tous des Godefroid de Montmirail atterrés devant l’incontournable modernité qu’elle incarne, elle, avec tous ces bouffons au cœur laid que nous avons eu le malheur d’élire, parce que nous sommes profondément gentils, et que les gentils ne s’attendent pas toujours à se faire sodomiser à sec trahir par ceux à qui ils ont fait la courte échelle.

Car Madame la ministre croyait elle aussi avoir tout bon au départ. Après s’être pliée au sempiternel relooking, ponçage et vernissage de langue de bois de rigueur, elle accédait au ministère toute pimpante et certaine, elle aussi, d’avoir tous les bons réglages. 

Mais voilà, les mouvements sociaux de Nuit Debout et les grèves en série commencèrent à mettre en lumière cette petite feuille de roquette récalcitrante qui entachait sa personne, jusqu’à ce que l’on en vienne à ne voir plus que cela en elle. Et la petite feuille de roquette devint finalement sa synecdoque, c’est à dire, (pour toi, futur bachelier !), sa partie pour son tout.

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La solution

Lorsque nous avons une feuille de salade entre/ sur les dents, il est hélas rare de s’en apercevoir seul. C’est souvent une tierce personne qui nous en informe discrètement après que d’autres timides témoins n’aient pas osé nous en faire part.

Et lorsque l’information nous parvient, que faisons-nous en général ? Nous remercions notre sauveur et nous précipitons dans les toilettes pour retirer la souillure et nous laver de l’infamie.

Mais Madame El Komhri, elle, se doit de garder jalousement sa feuille de laitue afin de ne pas agacer Manu et Manu. Elle est, autrement dit, obligée de COMPOSER, avec plus ou moins de talent.

Alors, si vous aussi vous vous retrouvez un jour affublé(e) d’une verte feuille mi-cuite sur les chicots, ne prenez pas la peine de corriger le tir, jouez là plutôt comme Tante Myriam en trois temps :

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  1. Le déni :

Technique illusionniste inventée par Magritte, le « ceci n’est pas une pipe », sorte de « chéri, c’est pas ce que tu crois » du mari volage surpris en train de trousser sa proche collaboratrice sur la console de l’entrée du foyer est LE réflexe primaire de celui qui est censé courir se cacher dans un trou de souris, mais, pour une quelconque raison, décide de rester et de prendre –en plus- les autres pour des cons. Ainsi, tout comme Madame El Komhri le fit en soutenant mordicus que son projet de loi n’asservissait pas les salariés –bien au contraire !- vous prendrez le parti de conserver l’horrible souillure en affirmant que non, non, ceci n’est pas une salade, mais une simple illusion d’optique.

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loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

  1. C’est çui qui dit qui est :

Sorte de Cékikapété d’élève de CE2 ne pouvant déguerpir de sa salle de classe, le « C’est çui qui dit qui est » est une technique manipulatoire de duel visant à écraser l’autre pour réchapper à une situation : par exemple, faire diffuser en boucle des scènes de violence anti-flics afin de dissimuler une féroce politique de répression de mouvements sociaux pas très catholique… Ainsi, il vous suffira juste de décoincer votre feuille de laitue et de l’enfoncer violemment dans les gencives de votre adversaire.

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  1. La condescendance :

Mode d’expression consistant à faire passer les autres pour de gros has been, un peu à la manière d’une Cristina Cordula « Mais ma chériiiiie, ce n’est PAS POS-SIBLE !!! ». C’est ce dont Tante Myriam use et abuse ces derniers temps en se faisant passer pour une modeuse de la politique d’un pays qui se trimballe des blazers à épaulettes, des T-shirts Waïkiki et des big moustaches d’un autre temps. Car elle a la solution miracle pour nous relooker : vider nos placards de force, et faire brûler toutes nos frusques sur le bûcher du progrès. En d’autres termes, sourire à pleines dents, exhiber son infâme reste de midi, et se gausser des gens qui ont les dents brossées. Risqué, mais efficace sur ceux qui n’ont pas le moindre amour propre.

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  1. Parler pour les autres :

En désespoir de cause, vous pourrez toujours dire à votre interlocuteur qu’il est LE SEUL – ou très minoritaire- à penser qu’avoir une feuille de laitue coincée entre les dents soit moche, et que la part silencieuse de la société ne dit mot parce qu’elle consent…

Heureusement que les personnalités politiques sont là pour nous donner des leçons de sauvetage des situations les plus désespérées avec une grande dignité…

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N’oublions pas que le prochain brossage de dents est prévu pour 2017, et que chacun d’entre nous est un poil sur la brosse…

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Contre la destruction massive de nos derniers acquis sociaux, pour notre bonheur individuel et nos libertés, indignons-nous !

.loi el komhri, la feuille de salade entre les dents du gouvernement

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Estelle Bee.

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles.

 

Emmanuel 2, bientôt dans vos salles

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car EMMANUEL II arrive enfin sur vos écrans. Sans son fauteuil de rotin, mais plus voluptueux, plus lascif, plus coquinou, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais…

Rappel du premier volet

Un jeune homme  de bonne famille qui rêve de devenir financier choisit la banque Rotschild pour perdre son virginal altruisme et se faire déniaiser par de vieilles peaux d’hermine, de jaguar et de bébé phoque. Un beau jour, il est appelé au secours par François de la Courbe Molle afin d’administrer un peu de viagra dans la doctrine du parti des déguenillés. Poussé par le fantasme non assouvi de trousser les classes inférieures, et ce,  depuis que sa blonde tête avait frôlé par inadvertance le sein lourd de Mercedes, la femme de ménage du sixième étage de l’hôtel particulier où il coula une enfance heureuse, Emmanuel accepta, fébrile, l’indécente proposition. Pourtant, le job s’avéra moins sexy que dans ses rêves. Un soir où il avait veillé tard au palais afin d’échafauder des plans pour que ses graveleuses et surdimensionnées propositions glissent comme une lettre à la poste, il surprit les gémissements étouffés de Manu El Macho qui s’adonnait à une lecture active des magazines L’entreprise, Investir et The capitalist dans l’intimité de son bureau, en susurrant Mhumm j’aime l’entreprise, avec une régularité frénétique. C’est ainsi que dans le plus grand secret, le jeune Emmanuel retourna à ses premiers émois en compagnie de son presque homonyme, boursicotant à l’envi et écumant les visites virtuelles d’entreprises dès le soir venu, sur un fond musical de Franky goes to Hollywood

 

Emmanuel 2, le pitch

Dans ce deuxième volet, Emmanuel, las de devoir cacher ses vices, décide d’exhiber son désir capitaliste et libre-échangiste à travers son admirable verve. Ainsi, après avoir dévoilé au Medef ses ardentes aspirations une première fois – « Vous avez l’amour, et vous avez les preuves d’amour » – Emmanuel, certainement troublé cet été par la lecture de Cinquante nuances de Grey, craque et décide de retirer sa ceinture Armani, et de flageller publiquement l’organe du parti socialiste:

« La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées »

Cette exhibition fait valser les rapports qu’il entretient avec Manu el Macho, qui, plus finaud, a compris tout l’intérêt de poursuivre son oeuvre par des chemins plus étroits et tortueux, sans se faire gauler en flagrant délit de gaullisme décomplexé. Manu s’en retourne seul à ses magazines et autres tutoriels pour entrepreneurs de plus de 18 ans. Emmanuel est désavoué mais enfin lui-même. Il peut à présent toucher le Saint Graal en pénétrant dans les soirées très privées du CAC40 où il se fait appeler « The little Pompidou », et dont les membres le plébiscitent désormais les yeux fermés à chaque fois qu’il dégaine sa cravache en vagissant: « Tu l’aimes, hein, mon 49.3!!! ».

 

Comme quoi, on peut biaiser à tout va, tant qu’on a la bonne étiquette 😉

Amis cinéphiles, ressortez vos lunettes 3D du placard, car Emmanuel 2 arrive enfin sur vos écrans. Plus voluptueux, plus coquinou, plus lascif, plus pervers, mais surtout plus entreprenant que jamais.

 

A nous d’écrire la suite….

 

 

Estelle Bee.