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Contre la Pauvreté à Noël, Carrefour s’engage!

Contre la pauvreté huit

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« Toute personne prise en train de voler dans les containers du magasin 8 à Huit (avec un coeur sur « i » du Huit, s’il vous plait!) sera poursuivie par la gendarmerie. » 

Si cette photo fait le tour des réseaux sociaux depuis une semaine, il faut savoir que le Community Manager de la chaîne Carrefour (dont 8 à Huit est « l’atout proximité ») a fait savoir via Twitter qu’il s’agit d’un acte isolé dont l’enseigne n’est en rien responsable. Ainsi nous voilà rassurés. Sauf que moi -comme beaucoup d’autres- j’ai déjà vu ces autocollants ailleurs. Ma première question philosophique est donc celle-ci:

Un acte isolé l’est-il toujours lorsqu’il fleurit partout???  Suis-je un cas isolé si d’autres se trouvent dans le même cas que moi?

 

Protéger les usagers

Toujours est-il que ledit magasin de proximité, l’épicier « Proche de vous » a déclaré pour sa décharge que « La Javel, c’est pour protéger les gens tentés de récupérer des produits qui peuvent être avariés« .

Car la tendance est aujourd’hui à l’intoxication payante. Le nécessiteux ne pouvant pas se servir dans les poubelles devra donc franchir, honteux dans sa misère, l’entrée rutilante du magasin pour aller s’acheter son paquet de chips plein d’arôme artificiels, d’exhausteurs de goût (pour le rendre accro), et d’huile de palme grassement hydrogénée, puis passer à la caisse, au milieu de GENS BIEN qui le trouveront malodorant et pitoyable. Et c’est toujours ça de gagné pour le magasin. Il mourra lentement, mais en toute légalité. Peut-être aura-t-il même le droit d’être enterré dans la fosse commune pour sa bonne conduite.

Car si les magasins tendent à vulgariser la javellisation des bennes à ordure, il est bien entendu de notoriété publique que c’est pour se protéger d’un éventuel procès que leur ferait un pauvre qui se serait intoxiqué, et qui par malheur, serait un peu plus malin que les autres. Ce qui est pourtant rare chez les pauvres. En cette période de fête, ce raisonnement fait rêver, mais ce n’est pas tout.

Car je me pose naïvement cette question:

Si ces auto-collants sont destinés à « protéger les gens », comment prévient-on les pauvres QUI NE SAVENT PAS LIRE??? Les réfugiés, les clandestins, les Roms, les parias?

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Lutter contre l’analphabétisme

L’enseigne Carrefour nous donne ainsi une bonne leçon pour lutter contre l’analphabétisme dans notre pays. Car tout pauvre ne sachant pas lire l’autocollant « le contenu de ce container est aspergé de Javel » périra forcément étouffé dans son vomi. Mais bon, on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs. Il y aura forcément quelques victimes sur lesquelles on constatera, à leurs viscères plus blancs que blancs durant l’autopsie (à cause de la javel) l’ignoble infraction qui feront d’eux des délinquants et non des malheureux. Mais en tout cas, cette manoeuvre aura le mérite de fortement dissuader l’analphabétisme. Une sorte de méthode de Pavlov. Ainsi, tous les parias de notre société s’empresseront d’apprendre à lire (on ne sait pas comment, ni où, et surtout on s’en fout) afin de s’éviter une mort certaine et douloureuse. De toute façon, le pauvre analphabète récalcitrant sera toute sa vie durant une charge pour la société, puisqu’il ne saura jamais rebondir en raison de sa méconnaissance de la langue écrite. Répondre à des propositions d’embauche induit tout d’abord le déchiffrage de ces dernières, ce qui déjà condamne notre pauvre ère au vol ou au travail au noir. Mieux vaut donc écourter sa souffrance.

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Eradiquer les signes extérieurs de crise

contre homardCar oui Messieurs Dames, Carrefour nous montre en quelque sorte le chemin: vaincre la pauvreté, aujourd’hui,  c’est tout simplement éliminer les pauvres. C’est karcheriser les yaourts périmés et les poireaux flétris qui pourraient les maintenir en vie, et rendre visible leur teint maladif, rendre audible leur vilaine toux, rendre palpable leur détresse, et rendre communicative notre indignation. Pour que le français continue de s’endetter bien gentiment pour des écrans plasma, des cuisines laquées, des voitures « pratiques », ou pour manger du homard à Noël, car apparemment c’est la norme, il l’a vu dans Masterchef. Alors mes chers compatriotes, n’oubliez pas de bien javelliser les restes de vos ripailles de Noël. (C’est peut-être cela que l’on appelle faire blanchir en cuisine…?) Et si vous n’avez pas d’eau de Javel, un bon Canard W.C dissoudra parfaitement votre foie gras, pour que la boucle soit bouclée, et surtout, pour éviter que le clodo violacé, le Rom affamé, la mère sénégalaise de quatre enfants, et le mec « normal » qui a tout perdu, n’unissent les quelques neurones qui leur restent pour vous poursuivre en justice pour « Gambas trop cuites ».

Moralité

Je voudrais juste terminer ces quelques pensées sur une deuxième question philosophique:

Est-ce que ramasser ce que quelqu’un a jeté volontairement (pour s’en défaire) c’est VOLER?

L’expression « voler dans les containers à ordures » n’est-elle pas justement un oxymore, un paradoxe? Et franchement, est-ce juridiquement défendable??? Parce que par le passé il m’est arrivé à deux reprises de ramasser des types qui avaient été jetés, et pourtant personne ne m’a jamais fait un procès ensuite! Mais je dois reconnaître que contrairement à tous les restes qui peuvent être hermétiquement emballés par tout un chacun (vous, moi, nous!!!), le type largué à la benne est une denrée ultra périssable voire toxique: soit il porte encore le parfum de son emballage précédent, un fumé aigrelet qui ne convient pas à toutes les peaux ou papilles, soit il est tellement racorni qu’il finit par vous filer un ulcère ou le ténia!

Pour le reste, essayons de passer de bonnes fêtes de Noël (et je me place moi-même dans le lot), pleines de « Non merci, je suis plein! », de boutons de pantalon dégrafés, de flatulences, d’Alka Seltzer ou de Citrate de Bétaïne, parce qu’il faut bien continuer à vivre en croyant que tout ira mieux demain. Mais faisons-le toutefois avec l’idée que notre trop-plein à nous puisse combler le trop-vide d’autres que nous. Peut-être.

 

Parce qu’on peut aussi s’indigner la bouche pleine 🙂

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Estelle Bee. Contre la pauvreté sdf

De si vilains reptiles

     Le travail au noir pointé du doigt. Cherche-t-on à faire du black quand on a du whiteAssis en tailleur autour d’une table basse dans une pièce encensée, une demi douzaine d’amis et moi même refaisions le Monde après un petit repas Pasta-Vaqueyras bien chaleureux. Mon salon était devenu notre « little Italy », et devant un thé à la menthe maison et un gros cendrier made – bought  – in Marrakech,  les discussions devenaient confidences, et les confidences devenaient confessions. Je me souviens que le sujet le plus épineux portait sur la psychanalyse. Nous étions trois à avoir déjà « consulté », ou s’être « faits suivre » comme on dit. Les mots « déni », « conneries », « enfance », « résilience », « traumatisme »,  « transfert », « souffrance » étaient nos outils pour tantôt nous approuver, tantôt nous contredire. Mais nous étions tous d’accord sur un point : qu’il fallait creuser très profond, quitte à se faire mal, pour s’éloigner de l’enfant afin d’être l’adulte, pour démêler les nœuds émotionnels qui empêchent d’être vraiment soi, d’être là où l’on doit être. De trouver notre place. Creuser. Profond. A la racine. Vers l’épicentre. Jusqu’au noyau.

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Tout s’explique

 

Je repensai aujourd’hui à cette soirée-là. Je m’interrogeais. Me faisais les questions et les réponses. Doit-on creuser pour tout ? Pour chaque problème ? Même pour un souci qui ne relève pas de l’Humain ? Un souci matériel par exemple ? Vu que le matériel est géré par l’humain cela paraît logique. Chaque poussière s’explique. Chaque grain de sable. Chaque relief. Chaque grossière feuille de salade mi cuite servant tragiquement de lit à une entrecôte au bistrot du coin. Même le chanteur Raphaël. Tout s’explique !

Et soudain vint à moi cette idée : si tout s’explique, et qu’on arrive à tout s’expliquer, à tout comprendre, on est donc en mesure de tout réparer, de tout résoudre ! Mais bordel pourquoi nos ministres ne sont-ils pas assistés par des psychanalystes ??? Cela leur éviterait peut-être d’expliquer la crise européenne par des phénomènes aussi anciens que le dernier Kelly de Victoria Beckham, ou le dernier popo de mon petit neveu. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, une des théories les plus fabuleuses qu’un ministre ait trouvé pour expliquer la crise est LE TRAVAIL AU NOIR. Comme s’il y avait eu le Big Bang, le Travail au noir, et la Crise. Comme s’il n’y avait aucune complexité. Comme si le travail au noir était une sorte de maladie orpheline surgie de rien. Juste posée là. Mais par personne.

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Alors creusons…

 

jurassiqueCela m’a donné envie de comprendre, de remonter loin. Aussi loin que mes représentations de la Vie pouvaient aller. Figurez-vous que je suis remontée à l’ère du Jurassique. Là, j’ai copiné avec des Trycératops, me suis acoquinée avec des Tyranosaures, j’ai survolé les volcans à dos de Ptéranodon, et j’ai même vaguement flirté avec un diplodocus, mais c’était juste après avoir chanté Could you be loved sur une plage avec Bob Marley…Et là, j’ai tout compris. TOUT.

Car comme chacun sait, les dinosaures, tout comme nous, en ont bavé dans leur vie : ère glacière, astéroïdes, volcans en éruption. Ils ont du s’adapter. Par exemple, certaines familles d’iguanes, aujourd’hui encore, gardent les stigmates de cette adaptation forcée…

TOUT comme nos travailleurs au noir!

En effet, rappelez-vous de la première image du film Océans de Jacques Perrin : un iguane « marin » qui marche sur les rochers, plonge dans l’océan pour aller se nourrir de petites algues qu’il trouve dans les fonds sous-marins. Pour cela, il se met en danger de refroidissement pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque. Après cette énorme prise de risque qu’est son simple repas, il est obligé de s’agglutiner à ses pairs contre un rocher quatre ou cinq heures durant, pour se réapprovisionner en chaleur et recracher l’iode qui obstrue ses sinus. Si c’est pas une vie de galère çà !!! Comme tout reptile, l’iguane est avant tout un animal  à sang froid qui a grand besoin du soleil pour se chauffer. Alors pourquoi diable prend-il autant de risques pour boulotter des algues dans un univers hostile, alors qu’il pourrait juste, comme d’autres iguanes le font, marcher tranquillement au soleil et grignoter des cactus avant d’aller faire une sieste ? Croyez-vous franchement qu’un animal, dans son instinct le plus profond, le plus basique, choisit délibérément de se compliquer l’existence ?

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Pourquoi se mettre en danger?

 

iguane mangeCar l’iguane est avant tout un animal terrestre. Pareil à nos grands-parents à nous, il coulait naguère des jours heureux à œuvrer en surface, et se contenter de sa vie toute simple. Seulement, éruption après éruption, la flore terrestre finit par disparaître dans les parages. Presque tous les iguanes périrent. Presque, sauf quelques irréductibles qui allèrent chercher dans l’obscurité des fonds marins ce que la terre avait cessé de leur offrir. Leur survie ne tint plus qu’à la capacité exceptionnelle de certains d’entre eux à tenir en apnée, presque une heure. Ainsi la petite tribu résista. Et même si leur vie quotidienne devint une galère, ils étaient toutefois obligés de galérer pour survivre. Ce cercle vicieux vous dit peut-être quelque chose… ? Mais même dans leur misérable existence, ils trouvèrent la force de se reproduire… Leurs progénitures, ayant forcément hérité des gènes gagnants de leurs deux parents devinrent naturellement des « iguanes marins », qui à leur tour engendrèrent d’autres iguanes marins, et ainsi de suite…

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Au nom de la survie

 

Va-t-on chercher dans l'obscurité ce que l'on peut trouver dans la lumière?Ainsi évolua l’espèce. Mais les nouvelles générations ne surent jamais que leurs aînés avaient du s’adapter, contraints et forcés de s’engloutir à leurs risques et périls, non pas dans le but de pâturer sur une herbe plus verte – ici il n’est en aucun cas question de choix – mais d’empêcher que la mauvaise conjoncture biologique ne vienne à bout de leur espèce.

Dirigeants, faites-vous assister. Faites vous suivre. Parce que dans votre profonde ignorance, vous nous mentez. Nous faire penser qu’untel travaille au noir pour s’en mettre plein les fouilles est faux. Car précisément, quelqu’un qui s’en met plein les fouilles n’a pas besoin de travailler dans l’obscurité.

On ne travaille pas heureux quand on travaille caché. De plus en plus de grecs, italiens, espagnols, français font du black parce qu’il n’y a plus de white. Croyez-vous qu’un européen suffisamment payé pour manger, se loger, s’habiller, prendre des vacances, et mettre quelques sous sur un modique livret, ressent par lui même le besoin de plonger dans le noir le week-end au lieu de se reposer et profiter des siens ? Va-t-on chercher du pain noir quand on a du pain blanc ?

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Si, tels des iguanes marins, nous allons de plus en plus profond pour aller chercher quelques algues, avec les risques que suppose cette immersion, c’est que nous n’avons plus de cactus. Pourquoi prendre le risque d’aller en prison quand on peut juste … ne pas le prendre ? Je me souviens pourtant que nos terres n’ont pas toujours été arides. Où sont donc passés tous nos cactus ??? Pourquoi ne dit-on pas franchement que nos salaires sont tragiquement bas par rapport au coût actuel de la vie ? Que deux solutions aussi basiques qu’un cerveau de dinosaure s’offrent à nous : indexer les salaires sur le coût de la vie, ou indexer le coût de la vie sur les salaires. Augmenter ou baisser, deux solutions. Les iguanes, eux, n’ont pas eu cette chance. Je suis sûre que les travailleurs de l’obscurité ne demandent qu’à en sortir, pâturer Travail au noir: l'instinct de survieenfin dans leur environnement naturel, tourner le dos à l’hostilité des profondeurs. Qu’on leur en donne les moyens légaux. Qu’on leur vienne en aide. Car les gens modestes n’ont pas, eux, les moyens de contourner le système en toute légalité. Et d’après certains dirigeants, ce sont donc eux les tricheurs, les vils. Les responsables. On les montre du doigt comme des créatures maléfiques et rabougries tout droit sorties d’un Harry Potter. Voyez-les plutôt comme de gros reptiles à écailles à la colonne vertébrale épineuse : c’est tout aussi effrayant, mais on moins ça explique bien plus de choses. Sachez tout au moins que ce ne sont pas eux qui réduisent votre pouvoir d’achat…

Estelle Bee.

 

Le Petit Prince et la Crise

un article excellent paru dans le Monde diplomatique qui m’a fait comprendre « en gros » où va notre monde, et pourquoi il y va. Je précise « en gros » parce qu’évidemment, n’ayant pas la maîtrise de tous les paramètres (économiques notamment), je me suis bêtement basée sur le BON SENS commun, la logique quoiIl n’y a pas si longtemps, j’ai lu un article excellent paru dans le Monde diplomatique qui m’a fait comprendre en gros où va notre monde, et pourquoi il y va. Je précise EN GROS parce qu’évidemment, n’ayant pas la maîtrise de tous les paramètres (économiques notamment), je me suis bêtement basée sur le BON SENS commun, la logique quoi.

Souvent, j’ai remarqué au cours de discussions passionnées entre amis, ou dans l’actualité, que plus on maîtrise un sujet scientifique, religieux ou économique dans les moindres détails, plus on a tendance à s’éloigner du message principal de ce sujet : toutes les religions sans exception prônent l’Amour de son prochain. Pourtant, Frigide Barjot, en fervente catholique tient un discours séparatiste. Un jihadiste pourra te réciter par cœur des versets et s’en émouvoir sincèrement. Pourtant, il continuera de plastiquer des bagnoles garées devant des écoles maternelles. Un scientifique s’émerveillera devant la nature ou la perfection du corps humain. Pourtant, il sera tout émoustillé devant la perspective d’un clonage humain.

C’est donc tout aussi bêtement que j’en suis arrivée à me demander si avoir trop de connaissances sur une même notion ne nuisait pas tout simplement au bon sens ??? Si finalement, il n’était pas nécessaire que chaque homme ou femme exerçant un pouvoir exécutif ou consultatif (médias) ne soit assisté par un simple d’esprit, qui, avec la candeur d’un enfant, le rappellerait innocemment à l’ordre sur le pas de la porte de la dérive ???

J’ai ainsi imaginé quelques échanges entre d’illustres puissants et Le Petit Prince sur des thèmes pas anodins du tout :

 

De l’interdiction du port d’arme

 

Au lendemain du massacre de Newton, Barak Obama a pleuré les enfants dont le cœur ne pourra plus jamais s’émouvoir puisqu’il a cessé de battre, dont les yeux ne pourront plus jamais contempler, puisqu’il se sont fermés à jamais.  Au lendemain du massacre de Newton, Barak Obama a pleuré les enfants dont le cœur ne pourra plus jamais s’émouvoir puisqu’il a cessé de battre, dont les yeux ne pourront plus jamais contempler, puisqu’il se sont fermés à jamais.

Et le Petit Prince a dit :

« Je vois que tu es un homme de valeur Barak, ton empathie est sincère. Pourquoi ne prendrais-tu pas la décision d’interdire enfin le port d’armes ?

–       Parce qu’il y a des enjeux économiques dont tu ne saurais imaginer l’importance, ne serait-ce que dans le financement pharaonique des campagnes électorales!!!

–       Mais Barak, qu’y a-t-il de plus important que la vie, que le sourire d’un seul enfant dans ce monde ? Crois-tu que l’on t’aurait donné le Prix Nobel de la Paix si l’on ne croyait pas en toi? »

De l’attribution des logements vides

 

A la mi- novembre, Cécile Du Flop annonçait des mesures contre la crise du logement, d’autant qu’un mois avant noël, on n’avait jamais vu autant de SDF se les geler pendant que les honnêtes travailleurs s’adonnaient aux achats de noël.   A la mi- novembre, Cécile Du Flop annonçait des mesures contre la crise du logement, d’autant qu’un mois avant noël, on n’avait jamais vu autant de SDF se les geler pendant que les honnêtes travailleurs s’adonnaient aux achats de noël.

Et le Petit Prince a dit :

« Autant d’êtres humains à la rue, de mères isolées en détresse dépouillées par des marchands de sommeil, et toujours plus de logements inoccupés ! Pourquoi ne pas les abriter dans ces appartements qui ne servent à personne ?

– Crois-tu que cela soit si simple ? Et que connais-tu, toi, de la politique ???

– Rien, justement, je n’y connais rien… » répondit le Petit Prince.

De l’annulation de la dette

Nicolas est tombé de ses talonnettes et a sué à grande eau en apprenant que sa patrie avait perdu son triple A, la faute à la vilaine cricrise. Ce fut le début de tentatives d’économies de bout de chandelle au détriment des vrais gens qui eux suent sang ET eau pour se sustenter.

Pourtant, tous les politiciens, même les mieux intentionnés, une fois au pouvoir, en abusent rapidement, en jouant forcément le jeu des richissimes, puisque c’est avec leur argent qu’ils ont fait campagne !

Photo de classe des maîtres du monde

Quand François a repris le flanby (le flambeau, pardon), il s’est vite aperçu que la patate chaude brûlait les doigts, et qu’il allait devoir prendre des gants. Lors des divers G20 ou G8, tout le monde était d’accord :

« Il faut réduire la dette quoi qu’il en coûte et pis c’est tout ! » crièrent-ils à l’unisson.

Mais le Petit Prince a dit :

          « Mais, comment les modestes peuvent-ils rembourser une fortune ???

–       C’est très simple : en mangeant moins!  Répondit Angela.

–      Mais si les gens qui ne mangent déjà plus à leur faim cessent de s’alimenter, ils mourront, et ne pourront donc plus payer !

–      Où veux-tu en venir jeune dissident?

–       Si les pauvres, qui ont besoin d’argent pour vivre, doivent une fortune aux riches qui, eux, ne savent plus quoi faire de leurs deniers, pourquoi ne pas tout simplement ANNULER LA DETTE ???

–        ???????????? »

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Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique. On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique.On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...

Pourtant, tous les politiciens, même les mieux intentionnés, une fois au pouvoir, en abusent rapidement, en jouant forcément le jeu des richissimes, puisque c’est avec leur argent qu’ils ont fait campagne ! Depuis quelque temps, et notamment grâce au blog d’Etienne Chouard, économiste couillu et touché par la grâce, fleurit l’idée de « tirage au sort électoral » pour remédier au problème de la perte de bon sens de nos politi(to)cards. Ce système s’inspire de la démocratie athénienne, dont la règle élémentaire était le tirage au sort des représentants du peuple. Les dirigeants (de tous niveaux sociaux et volontaires) sont élus pour un mandat non-reconductible –pas moyen de s’incruster sur le trône, donc pas de plan de carrière ni d’ambition dévastatrice de bon sens- et révocable à tout moment. Après son mandat, l’élu reprend sa vie d’avant. Le pouvoir émergeant du peuple souverain, il me semble que l’on parle bien ici, messieurs dames, de DÉ-MO-CRA-TIE, puisque le terme est toujours dans le dictionnaire.

Nous, commerçants, chômeurs, artisans, artistes, fonctionnaires, agents (…) NOUS SOMMES LE BON SENS, nous sommes notre solution. Parce que nos pieds touchent terre, parce que nous ne sommes pas englués dans des enjeux soit disant cruciaux qui nous dépassent.

Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique. On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...

Inutile de préciser qu’à la suite de son intervention au G8, Le Petit Prince fut porté disparu à jamais.

Et quand il arriva au paradis des enfants, le Petit Prince demanda à Dieu :

« S’il te plait, dessine-moi un mouton ! »

Le vieil homme prit sa plume, et dans le ciel azur, esquissa le visage … d’un homme. De l’HOMME.

Pour ma part, le seul profit que je tire aujourd’hui de la situation, c’est que lorsque mon petit garçon me demande si je peux lui acheter une glace, j’ai tendance à lui répondre :

« Je ne sais pas Chouchou. Demande à Angela ! »

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Et si l’on s’indignait ???Et quand il arriva au paradis des enfants, le Petit Prince demanda à Dieu :   « S’il te plait, dessine-moi un mouton ! »  Le vieil homme prit sa plume, et dans le ciel azur, esquissa la silhouette … d’un homme. De l’HOMME.

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Estelle Bee.

Lundi de Pentecôte et Sain(t)e Vérité

Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Si les abeilles disparaissent dangereusement, leur perte semble néanmoins compensée par la prolifération des guêpes : ces français qui à force de resserrer leur gaine, ressemblent étrangement à cet insecte. Mais il paraît que la guêpe elle aussi pollinise.  Sauf quand elle est stressée. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Nous ne pollinisons plus, trop stressés !

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Les causes

Il semblerait que nos dirigeants aient oublié cette petite chose toute bête : qu’il était absolument indispensable pour commencer à remédier à la crise que les gens butinent, virevoltent, soient, comment dire… ben…  HEUREUX. Pardon, si j’ose à peine écrire le mot heureux… Je voulais en trouver un qui au moins rime avec austérité, pour ne pas trop choquer les gens, mais aucun autre ne m’est venu à l’esprit. Car aujourd’hui Il m’apparaît clairement qu’on ne sortira pas de la mouise économique si l’on reste englués dans la morosité, tels des cormorans – corps mourants – dans une nappe de pétrole puante, et si l’on continue de rogner nos acquis. Et le lundi de Pentecôte travaillé en fait partie. Certes journée de solidarité aux personnes dépendantes. Oui mais… Un jour de moins pour polliniser. Et ce n’est pas rien.

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La vraie solution

Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Alors, Moi Ministre (Pardonnez-moi cette anaphore digne d’un Néron ivre, mais elle a fonctionné pour un type que je connais et qui a décroché un poste inespéré, malgré son charisme de poisson lune ) Donc Moi Ministre, au lieu de supprimer un jour férié, J’EN RAJOUTERAIS UN. Mais ce jour serait différent pour chaque travailleur. Par exemple pour son anniversaire. Ou sa fête. Vous allez comprendre pourquoi cette dimension festive. Ce jour férié supplémentaire s’intitulerait La Sainte Vérité. Il s’agirait en effet d’un jour dans l’année où chacun serait autorisé à dire tout ce qu’il pense à qui bon lui semble, et sans que quiconque ne lui en tienne rigueur, comme si tout ce qui a avait été dit s’effaçait ensuite de la mémoire de tous.

Moi Ministre je permettrais ainsi à chaque travailleur de se libérer d’un poids de taille. L’un irait frapper à la porte de son voisin pour lui demander expressément de ne plus lui « faire la conversation à cinq centimètres du visage dans l’ascenseur en raison de sa gingivite pestilentielle », ou l’une pourrait, en hurlant, refuser à une vieille dame de lui céder sa place à la caisse du supermarché  puisqu’étant donné son âge elle n’a « que çà à foutre bordel, attendre la faucheuse pendant que d’autres jonglent comme des malades pour lui payer sa retraite à la vioque!!! ». Ainsi, Moi Ministre je libèrerais un grand nombre de français du poids qui oppresse leur poitrine. La société se sent prise en tenaille. Elle se meurt d’envie d’éructer façon dragon son surmenage, sa colère et son sentiment – justifié – d’injustice, mais elle n’en a pas les moyens. Sauf si l’on souhaite se retrouver en prison, à la rue, sans amis, ou dans un bureau non chauffé à Pôle Emploi face à un gars encore plus malheureux que soi, on intériorise.

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Le cercle vertueux

Depuis qu’une étude de 2007 a révélé que nos cellules anti-cancer – dites NK – chutent lors d’un gros stress, on sait que le cancer, première cause de décès dans les pays développés est une maladie psychosomatique auto-immune, une inéluctable autosuppression. Alors Moi Ministre, en laissant les gens exprimer librement leurs émotions, leurs déconvenues, leur rage en ce jour de fête, je sauverais des vies, et en même temps, je réduirais le trou de la Sécu. CQFD. Quand on sait ce que coûte une séance de radiothérapie ou de chimio ! Idem pour Depuis qu’une étude de 2007 a révélé que nos cellules anti-cancer – dites NK – chutent lors d’un gros stress, on sait que le cancer, première cause de décès dans les pays développés est une maladie psychosomatique auto-immune, une inéluctable autosuppressionles AVC – Arrête cette Vie de Con –  en pleine expansion, qui supposent bien souvent des hospitalisations, interventions, rééducations, placements, bref un gouffre pour le pays. Et n’oublions pas les anti-dépresseurs dont nous sommes les champions de la consommation. Le jour de Sainte Vérité viderait les travailleurs de leur anxiété, leur amertume, et remettrait les compteurs à zéro ! Les gens se sentiraient plus légers. Plus besoin de chimie !

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Le tout benef’

Mais s’il y a un domaine où les travailleurs ont des vérités à dire, ne serait-ce pas justement AU BOULOT? Imaginez un jour où la jeune et jolie active pourrait lancer, hystérique, à sa chef vieillissante : « T’as pas autre chose à foutre, vieille morue, que me fliquer toute la journée en me matant de haut en bas avec ton air pincé de mal b…  ?!!!! », ou le sénior dirigé par un petit jeunot pédant aux propos avilissants : « Mais tu vas la fermer ta gueule de petit morveux à lunettes, vas jouer aux billes et lâche-moi la grappe, allez dégaaaage !!! »

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Alors mine de rien, dans ces conditions jubilatoires, Moi Ministre, je relèverais le défi de faire venir au boulot plus de la moitié des travailleurs en ce jour de congé! Ce résultat étant bien plus satisfaisant que les minables 20% présents au bureau le lundi de Pentecôte atteints jusqu’alors… Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’après s’être défoulés en expulsant leur mal-être – Vous savez, à la manière du gros black qui recrache des moucherons dans La Ligne verte – nos travailleurs, ainsi recentrés, en profitent pour rédiger quelques mails, passer deux coups de fil en retard, ou peaufiner leur Powerpoint pour la réunion de la semaine prochaine. Quand les gens sont plus heureux, ils sont évidemment plus productifs. C’est ce qu’on appelle du « tout bénef’ ». Ou « gagnant – gagnant » comme dirait gnangnan. Pas folle la guêpe…

Le trou de la Sécu colmaté, reste à savoir comment nous allons financer les retraites de tous ces gens qui vivrons plus vieux. Eh bien Moi Ministre je compte sur la lenteur bien française de la mise en place de ce jour férié. Disons pour 2030. Si tout va bien. Car des études récentes prévoient que la première cause de mortalité dans les pays développés d’ici vingt ans sera… Le suicide ! Simple, rapide, pas cher. Oui, l’heure du Fast death a sonné mes chers compatriotes. Révolutionnons le monde par la French New Way of Death, et sortons ainsi en tout premier de la crise. Pas con le bourdon 😉

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Indignons-nous!

Le trou de la Sécu colmaté, reste à savoir comment nous allons financer les retraites de tous ces gens qui vivrons plus vieux. Eh bien Moi Ministre je compte sur la lenteur bien française de la mise en place de ce jour férié. Disons pour 2030. Si tout va bien. Car des études récentes prévoient que la première cause de mortalité dans les pays développés d’ici vingt ans sera… Le suicide !

Hollande se soumet à l’Europe, quelle surprise…

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Estelle Bee.

 

Au royaume des toutous les monstres sont rois

stephanehessel jeuneCette semaine J’avais prévu initialement de vous parler de ce grand chef d’oeuvre télévisuel qu’est Camping Paradis, téléfilm d’une rare finesse qui fait sa part d’audience sur Tf1. Mais il y a quelques jours, Monsieur Stéphane Hessel a quitté ce monde d’exilés mentaux pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté en terme de justice et de démocratie. L’auteur du manifeste Indignez-vous a fait de sa vie un exemple d’espoir, de combativité et de sagesse et avait trouvé également dans la poésie un exutoire et un outil pour faire passer des messages universels. La rubrique Indignons-nous de ce blog est à ce propos le fruit de mon admiration pour ce grand Monsieur. L’idée première de ce blog, de la vengeance de l’abeille  -le peuple- a émergé de cette notion de colère saine. C’est donc en guise de modeste hommage que je vous ferai partager cette semaine une fable satirique que j’ai écrite après avoir lu ledit manifeste, il y a de cela 9 mois. Il était temps que je mette bas… Le camping, lui, pourra attendre…!

Donc Par ce temps glacial je vous propose aujourd’hui de raviver la magie de Noël par ce petit conte qui, je l’espère, vous ravira de joie:

Au royaume chien chinoisIl était une fois, dans notre bon vieux continent, un royaume peuplé de millions de chiens. Des canidés de toutes races, ainsi que ceux qui en étaient dénués s’essayaient à la cohabitation. Car en effet ils avaient besoin les uns des autres pour que leur société soit pérenne. Ainsi, les simples bâtards, occupants de la niche du bas, déterraient les os à moelle, lesquels, après avoir transité par la race moyenne qui assurait leur répartition –et autres services annexes – allaient nourrir la niche du haut. Les débris d’os qui volaient en éclat depuis la niche du haut faisaient office de récompense et de festin à la niche du bas, qui s’en accommodait parfaitement, n’allant jamais envier le contenu de la gamelle des chiens de race, puisque les seuls débris leur donnaient la force nécessaire pour creuser 5 jours par semaine.

Mais une ère nouvelle arriva…

 

royaume chineOn aurait pu penser que si la chaine venait à se briser, elle devrait sa cassure au désœuvrement de la niche du bas. Question de logique. En fait, c’est l’inverse qui se produisit. Un jour, un Chihuahua décida que donner des débris d’os en guise de salaire représentait un gâchis terrible… pour lui. Ce n’est pas que son ventre en réclamait davantage, il était déjà bien assez plein. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi concéder des débris aux bâtards de son propre royaume, alors qu’au Royaume des Fourmis la seule poudre d’os était la monnaie de rigueur. Et cela ne choqua apparemment personne, ni le Roi des Toutous, ni ses apôtres. La race du bas se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue, d’autant que ce ne fut pas qu’une simple bise mais plutôt une grosse claque. Et elle tendit l’autre joue.

Elle alla déterrer d’autres os pour d’autres niches du haut. Mais le Chihuahua avait ouvert une brèche. Le Dalmatien suivit. Puis ce fut le Bull Terrier, puis le Bichon Maltais. A la fin presque tous allèrent confier leurs tâches aux fourmis ouvrières, et la pérennité vola en éclats.

Et ce ne fut pas tout…

 

mittal 2Les races aisées trouvaient encore après cela que le système du Royaume ne leur était pas pleinement favorable. En effet les très nombreux os à moelle non consommés étaient enterrés au coin de leur niche. Mais ces chers canidés du haut devaient contribuer au fonctionnement du Royaume des Toutous en en cédant une partie, plus ou moins importante. Et même s’ils avaient déjà mangé, plus que de raison, investi dans d’autres niches qu’ils louaient pour quelques juteuses baballes, et comblé tous leurs désirs de promenades et ceux de leurs chiots, cet impôt leur apparut comme une injustice. Pourquoi donner alors qu’ils pourraient juste… ne pas le faire ??! Ils décidèrent alors d’aller enterrer leurs os, carcasses et croquettes ailleurs. Non pas au Royaume des Fourmis, non non, pourquoi renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous font prospérer ?!! Mais au Royaume des Dauphins. Et le Roi des Chiens laissa faire.

Pendant ce temps, le Royaume du Bas n’ayant plus rien à déterrer pour personne commença à crier famine. Leurs cris ne trouvèrent pas d’écho à la tête du Royaume. Ou presque pas. On leur accordait par exemple 2 ou 3 croquettes de plus pour envoyer leur chiots à l’Agility, et cela suffisait à faire stopper leurs aboiements, comme un collier électrique. Ils étaient si fatigués à lutter pour leur survie que l’idée de la juste révolte ne leur effleurait même pas l’esprit. Il faut dire que le prix des niches, même celles infestées de puces, les dépouillait de tous leurs débris d’os. Alors qu’au Royaume des Dauphins, les énormes carcasses ne profitaient à personne.

mittal manifRendons toutefois à César ce qui lui appartient. Les rois successifs tendaient la patte à la niche du bas, après leur accès au pouvoir, pour tenir la promesse qui leur avait été faite juste avant. Disons-le, pour leur faire fermer la gueule. On leur avait accordé des débris minimum mensuels qui augmentaient donc tous les 7 ou 5 ans. Ainsi, les races moyennes, que nous appellerons les caniches, se confondaient de plus en plus avec les meutes du bas. Leurs difficultés devinrent quasiment similaires. Toutefois ils ne s’unirent pas pour autant… Car en effet, les rois canins et leurs apôtres malinois veillaient en permanence à leur faire croire tour à tour que les uns chassaient sur le territoire des autres, et que les autres creusaient sur des terres bien plus pourvues.

Chienchien à sa mémère

 

La chasse aux privilèges commença à alimenter les gazettes. Ainsi, sur toutes les roues des voitures, à chaque coin de rue, au pied de chaque pylône, sur chaque touffe d’herbe anarchiquement surgie des pavés, et partout où chaque chien pouvait lire et laisser des informations lors de sa promenade matinale, on pouvait découvrir combien le bâtard était roublard, et à quel point le caniche était fainéant. Pourtant tous avaient ce point commun : on coupait les débris en quatre et l’on réfléchissait à deux fois avant de consulter le vétérinaire… Mais où diable étaient donc passés tous les os à moelle du Royaume ???

au royaume bahamasPendant ce temps, au Royaume des Dauphins, de nouveaux reliefs modifiaient la géographie locale sans qu’aucune plaque tectonique n’ait eu besoin de chevaucher l’autre. Les amas osseux agglomérés formaient de véritables massifs, pareils à de colossales tours d’ivoire. Tours qui au demeurant restaient vides. Logique, puisque les races du haut vivaient toujours paisiblement au Royaume des Toutous dont ils profitaient à l’envi. Ils en avaient les avantages sans les inconvénients. Normal, puisqu’on les avait laissé faire… Dire que le Basset, Roi des Clebs cinq années durant, avait pointé du museau les bâtards en leur rappelant qu’ils n’avaient pas que des droits mais aussi des devoirs. Force est de se demander pourquoi cette règle du renvoi de baballe n’avait pas été rappelée d’abord aux détenteurs de toutes les croquettes du Royaume. Surtout en période de disette !

Moralité

 

Qui sont donc les vrais voyous qui gangrènent le système ?

Les dealers qui te font « psssst !!! » au détour d’une rue ?

Cette femme qui vole une boîte de raviolis dégueulasses chez Carrouf pour nourrir ses 4 enfants ?

Ces jeunes capuchonnés qui n’ont plus d’espoir de gravir les échelons et préfèrent donc creuser de plus en plus profond ?

Ce fonctionnaire qui se fait défoncer la tête à la CAF ?

Cette prof qui fait une dépression ou qui se fait poignarder ?

Le travelo du bois d’en face qui fait honte à la société ?

Le flic que l’on oblige à faire son quota de PV mensuel ?

au royaume monstreLes nouveaux voyous qui nous ont dépouillés, divisés, méprisés et rendus méprisables ne font pas leurs commissions chez Intermarché, mais chez Fauchon, Bulgari, Cartier, Vuitton, Chanel et portent des Rolex, des vraies. Leur frigo est toujours vide, contrairement à vous, parce qu’ils ne mangent jamais chez eux. Et surtout, surtout, ils ne savent pas qu’ils sont des voyous. Ils ignorent que, pareils à Dieu qui a créé l’homme à son image, ils ont enfanté de la misère, la haine, la promiscuité, l’improbable devenir, l’impossible révolte. Ils sont tous ces gens à la fois :

ils sont ce jeune noir à capuche qui caillasse,

ils sont cette mère qui vole pour manger mais continue de faire des gosses,

ils sont cette prostituée vulgairement fardée,

ils sont ce flic qui se pend pour en finir avec toute cette cour des miracles,

ils sont ce journaleux qui fouille dans des poubelles pleines de rats pour faire un scoop qui brisera des vies de famille.

Et si l’on s’indignait pour de bon ?La jeunesse aussi s'indignera

Estelle Bee.