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La mort est dans le pré…

Modeste proposition pour empêcher les paysans français d’être une charge pour l’état et pour les rendre utiles au public

Adieu veaux, vaches, cochons…Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Depuis 2009 de plus en plus  d’études sérieuses font état d’un taux de suicide en hausse chez nos paysans français. Les chiffres vont crescendo, au point qu’aujourd’hui, on parle officiellement – selon la police et non les organisateurs, qui par voie de conséquence ne peuvent plus témoigner de rien – de 400 suicides par an. Selon beaucoup d’associations ce chiffre dépasserait les 600 âmes et avoisineraient les 800 selon les plus impertinentes.

Bizarrement, la première réflexion que je me suis faite après ce constat presque irréel est que je ne savais pas qu’il y avait encore autant d’éleveurs ou d’agriculteurs dans notre pays. La deuxième, c’est que si le poids de l’âme est bien de 21 grammes, nos 500 (j’ai coupé la poire en deux) qui déclarent forfait chaque année ne pèsent que 10,5 kg par an sur la conscience de nos dirigeants et de l’industrie agro-alimentaire, et que c’est peut-être la raison pour laquelle personne ne s’affole.

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La problématique :

L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. Cet assistanat pèse son poids financier sur notre pays en temps de crise, ainsi que sur l’orgueil et le moral de nos bouseux, puisque beaucoup préfèrent finir dans une magnifique urne en marbre qui viendra orner le dessus de la cheminée de leurs familles, plutôt que continuer à vivre sous respirateur artificiel. L’Honneur demeure, mine de rien, une valeur primordiale chez nos nettoyeurs de purin.

Etant donné que cette fois-ci encore, nous avons hérité d’un dirigeant qui, comme tous ses prédécesseurs, cherche à colmater lamentablement plutôt qu’à reconstruire en L’ouverture des frontières a obligé les travailleurs de la terre à s’endetter à millions pour répondre aux nouvelles normes européennes par la modernisation. A ce jour, beaucoup d’agriculteurs survivent grâce aux subventions de la PAC, véritables cataplasmes sur jambes de bois. Autrement dit, ils sont en mort cérébrale, mais on les maintient artificiellement en vie. profondeur, on devine bien que la situation des paysans ne s’améliorera pas du tout et que leur taux de suicide ira crescendo. A moins que… A moins que les industriels de l’agro-alimentaires – qui les égorgent et les mettent en concurrence déloyale – ne s’émeuvent finalement de leur sort… Non, je déconne.

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Du côté des consommateurs :

D’un autre côté, les consommateurs réclament des produits de qualité depuis les divers et récents scandales alimentaires. Mais plus nos éleveurs français disparaissent, moins il y a de chances que l’on ait une bonne traçabilité de nos viandes. Un cercle bien vicelard…

Aussi, mon passé de joueuse de Tetris effrénée m’a appris que deux problèmes peuvent faire deux réussites en s’imbriquant parfaitement. C’est pourquoi je propose, pour répondre aux attentes des deux parties, que nous consommions directement nos agriculteurs, soit avant qu’ils ne s’auto suppriment – puisque de toute façon ils le feront –  soit  juste après, en les plaçant en chambre frigorifique directement après leur geste sans appel.

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Avantages nutritifs et économiques :

Si cette idée vous rebute au prime abord, c’est à cause des schémas préétablis par notre société. Mais sachez que ce sont justement ces schémas qui nous ont amenés à un excès de confiance envers l’industrie agroalimentaire qui nous a dupés, nous dupe et nous dupera encore.

Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur.Pourtant, quiconque ayant vu un agriculteur de près a pu remarquer son teint de boucher chevalin –voir le bon vieux Thierry de L’Amour est dans le pré – qui constitue un véritable gage de confiance pour le consommateur. Il se dégage de ces visages rougeauds une santé physique qui découle du fait que le fermier ne mange que des produits sains qu’il cultive dans son potager, n’ayant pas les moyens de se payer des lasagnes ou des raviolis en boîte. Le fermier se développe en des lieux reculés où pas même le dioxyde de carbone n’ose s’aventurer, et respire donc un bon air pur, si l’on exclue les flatulences des ruminants qui y broutent.

De plus, il évolue à l’air libre, loin des cages à poules, et travaille chaque jour que Dieu fait. Il se dépense donc suffisamment –à défaut de pouvoir dépenser – pour que sa chair soit saine et que son muscle n’excède pas les 10% de matière grasse.

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Suggestions de préparation et de présentation :

Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry à cuisson réduite voire un mafé, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande.Vos convives apprécieront, pour commencer, le fumé inégalable de la chair d’agriculteur dans un plat en sauce type ragoût, fricassé, ou dans un mets plus exotique comme un curry, l’important étant la cuisson lente et à couvert de la viande. Progressivement, vous pourrez introduire une épaule garnie de sa julienne de légumes au centre de votre table lors de votre repas dominical ou Shabbat. Vous serez surpris de constater que les membres de votre tablée se disputeront la souris de votre gigot paysan. Plus tard, vous pourrez proposer un éleveur à la broche lors d’un événement festif : lors d’un banquet sous forme de méchoui, d’un mariage ou baptême champêtre, pour un enterrement de vie de garçon, d’une bar-mitsva ou circoncision ( à condition qu’il soit casher).

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Tout est bon dans le paysan :

Si vous aviez le moindre doute sur la question, sachez que les abats d’agriculteurs ne seront pas en reste. Les derniers reportages exhibant des gaillards bourrus pleurant à chaudes larmes devant le misérable rachat aux enchères de toute leur vie, ont  démontré que derrière sa carapace et sa moustache fournie, le paysan a le cœur très tendre. C’est donc avec une délectation sans pareille que vous vous régalerez d’un cœur de laitier ou d’éleveur de porc en faillite. Nul besoin de le congeler pour l’attendrir comme il est d’usage chez d’autres bestiaux. Economique à souhait, ce mets comblera l’appétit et les papilles des plus fins gourmets tout en préservant votre porte-monnaie. Comptez ainsi un cœur pour quatre convives puisque, vous l’aurez compris, c’est le cœur gros que l’agriculteur aura quitté ce monde.

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Tout est bon sauf…

 

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et leurs qualités nutritives en séchant à l’air libre.Quelques rares parties de l’agriculteur ne pourront être consommées sous certaines formes. C’est le cas du boudin, puisque ce spécimen qui s’est fait du mauvais sang au cours de ces dernières années de vie.

Même constat pour la langue de paysan qu’il sera malheureusement rare de trouver dans nos boucheries charcuteries, puisque la pendaison étant, ces derniers temps, le loisir le plus prisé par nos agriculteurs, leurs papilles auront perdu toute leur saveur et  qualités nutritives en séchant à l’air libre.

De la même façon, il convient, en cas de suicide,  d’emmener sur le champs le malheureux élu à l’abattoir avant la nécrose de ses entrailles, l’éviscération devant avoir lieu 45 minutes maximum après le passage à l’acte sous peine que sa chair ne soit plus comestible. C’est pourquoi il apparaît urgent d’investir dans la construction d’abattoirs dans les zones rurales et équiper les espèces les plus à risque de détecteurs de décès avec retransmission à distance. A défaut il est toujours possible de transformer la viande cornée en mets épicés, comme des bavettes macérées dans un jus d’échalote ou des basses côtes à la mexicaine. A défaut d’épices, le très classique kebab reconstitué façon puzzle fera l’affaire.

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La meilleure solution sera toutefois de raisonner les candidats à la traversée du fleuve en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute s’ils acceptaient de se rendre utiles à la société - à titre posthume, bien entendu -  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient mourir dans la honte de leur échec.

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En définitive :

La meilleure solution sera toutefois de raisonner nos candidats en leur faisant entendre qu’ils pourraient mourir la tête haute en se rendant utiles à la société – à titre posthume –  en se prêtant au jeu de l’euthanasie, puisque de toute façon, ils allaient quitter ce monde dans la honte de leur échec. Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en servant la communauté. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Une bonne façon pour ces gens de la terre de retrouver leur fierté tout en se rendant utiles au public. Nous pourrions même ériger des monuments à leur gloire dans nos régions, afin que chaque famille puisse s’enorgueillir  de son héro, et en particulier les jeunes fils, qui n’auront de cesse, à l’école, de clamer haut et fort : « Plus tard je serai comme papa ! »

Y’a comme un malaise…

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Et si l’on s’indignait ?

Estelle Bee.