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Je ne suis pas macho MAIS…

je ne suis pas Macho MAIS...« Femme, femme, simplement j’te diis

Que j’t’aime, j’t’aaaaime

T’es comme un soleeil, qui brille,

Dans mes nuiits,

Et je prends racine en tôaaa… »

 

Qui ne connaît pas cette chanson, qui à l’instar des lasagnes surgelées, est un tube des 80’s prêt à consommer, à une époque où l’on a bien compris que chanter les femmes, c’est les honorer (?) En témoignent les pupilles humides des groupies aux cheveux bleus de Franck Mickaël, quand il entonne pour la 28 000ème fois de sa carrière Toutes les femmes sont belles en Live. Pas con le gars 😉

Car en 82, on entend également bêler  Femmes je vous aime à la radio, alors que trois petites années avant, un Vous les femmes suintait par tous les pores d’un certain Julio Iglesias, ce qui au demeurant, peut paraître logique pour un fils de gynécologue.

Pourtant, Patrick Juvet, plus taquin, se demandait en 1976 Où sont les femmes ? (Heu, sûrement pas dans les bars que tu fréquentes), d’autant que dans sa chanson il posait une véritable problématique puisqu’il se référait à LA femme d’une autre époque, la gentille qu’on aimait bien, la bobonne quoi.  Mais en cela il reconnaissait tout de même une valeur aux femmes : la valeur mercantile, LE POUVOIR D’ACHAT DE LA FOUFOUNE.

Car il se trouve que depuis les 70’s la foufoune achète des disques, puisque c’est bien de cela qu’on parle, et aurait tendance à TY-RAN-NI-SER les trop gentils messieurs depuis qu’elle a vu avancer ses droits. Et c’est ce que nous apprend en gros le Premier site homministe français, lacausedeshommes.com, mouvement revendicateur d’hommes signalant tout ce que notre société timidement paritaire contient de violent pour ces messieurs.

Vous savez, cette société où les rémunérations des hommes sont supérieures de 24% à celles des femmes et où 40% des pensions alimentaires restent impayées par des pères insolvables, dont certains vont jusqu’à se percher en-haut d’une grue pour crier leur désespoir en cachant souvent la partie émergée de l’iceberg aux médias qui accourent, par l’odeur alléchés. Cette société où toute femme indépendante peut avoir le sentiment d’être coincée entre deux époques, et en transit dans un No Women’s Land dans lequel elle se fait prodigieusement avoir. Et chacun sait ce qu’un lent transit peut avoir d’inconfortable…

 

Le père idéal vu par les "homministes"...

L’égalité très finement vue par les Homministes…

CAR LES NOUVEAUX MACHOS NE SONT PAS FORCÉMENT CEUX QU’ON CROIT. Il ne se cachent pas toujours chez un prénommé Raoul à la pilosité surdéveloppée qui éructe un trop plein de houblon devant son écran plasma diffusant la finale de la ligue des champions. Le nouveau macho se veut plus subtil, mais surtout plus ambigu. Et lorsqu’il évoque la condition des femmes, il emploie souvent des phrases adversatives dans lesquelles la proposition subordonnée a tendance à prendre le pouvoir sur la principale, comme par exemple:

 

« Je ne suis pas macho, MAIS… »

 

En voici, pour votre grand plaisir, et surtout pour votre information quelques exemples bien réels.

 1.  Je ne suis pas macho, mais maintenant que vous avez obtenu l’égalité, ne vous plaignez pas d’être débordées (Ah ben tiens, pourquoi t’es pas débordé toi ???!!!)

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2.  Je ne suis pas macho, mais il est clair qu’une femme qui a eu deux ou trois congés maternité ne peut pas prétendre à la même retraite qu’un homme qui ne s’est jamais arrêté (Ben justement, c’est toi qui prends ton congé pater cette fois, comme ça on finira en même temps !)

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 3.  Je ne suis pas macho, mais tu ne pourrais pas faire les mêmes horaires que moi, on serait obligé de prendre une femme de ménage, et on n’a pas les moyens…

Si tu travailles plus, on sera obligé de prendre une femme de ménage, et on n'a pas les moyens

La femme moderne, by Carrefour

 4.  Je ne suis pas macho, mais ce n’est pas le temps qui te manque, c’est juste un peu plus d’OR-GA-NI-SA-TION ( TA RAAAACE….)

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 5.  Je ne suis pas macho, mais c’est vrai qu’une femme qui dit « Ta race », c’est tout de suite plus vulgaire que chez un homme…

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 6.  Je ne suis pas macho, mais les femmes sont beaucoup trop émotives pour évoluer en politique (à part peut-être Madame Thatcher ???)

je ne suis pas macho, MAIS

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7.   C’est pas pour être macho mais vous vieillissez quand même moins bien que nous ( Y’a qu’à voir ta maman hein !)

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 8.  Je ne suis pas macho mais avoir des organes génitaux externes, c’est quand même plus hygiénique…

 

 9.  Je ne suis pas macho, mais faut pas s’étonner que Fred aille voir ailleurs, t’as vu comment elle est chiaaaante sa femme !!! (Ben tiens !)

Vendre du rêve aux fillettes...

Vendre du rêve aux fillettes…

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10.  Je ne suis pas macho, mais si tu me trompes, je crois que je te tue d’abord et moi après (Puisque je constate que tu me fais passer avant toi finalement, commence par me tenir cette porte, ça changera.)

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Je suis éprise de justice. Toutefois, il me semble que se servir de faits isolés d’hommes maltraités afin de les généraliser parce que l’on craint de perdre ses privilèges au sein d’une société encore très clairement patriarcale et encore bien trop machiste peut s’apparenter à de la xénophobie. Les nouveaux machos, à l’instar des nouveaux racistes (« Je ne suis pas raciste MAIS…) avancent masqués. A vous Mesdames de surveiller leur syntaxe 😉

C'était il n'y a pas si longtemps...

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Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir, rappelons justement qu’aujourd’hui encore, 150 femmes meurent sous les coups de leur compagnon, en France. Alors, Messieurs les Homministes, soyez un peu sérieux je vous prie !

je ne suis pas macho MAIS

Parce qu’on revient de loin mais qu’il reste du chemin….

 

Estelle Bee.

Chasseuse de primes ou l’égalité des sexes

C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I were a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes - Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I was a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes – Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. Être le bouche-trou de service, et le faire-valoir d’un seul homme, non merci.

Quelque temps après, la guerre des PRIMES éclata :

Quelques sénateurs furibards manifestaient pour ne pas que l’on revoie à la baisse leurs 4623 euros annuels de « prime de chauffage ». On ne pouvait que crier au scandale, jusqu’à ce que les médias ne nous balancent les images de ces pauvres nonagénaires malingres et déplumés que la suppression de ladite prime aurait forcément conduits  tout droit à la morgue…

Justement, l’affaire Guéant suivit, avec l’exhumation de bon nombre de cadavres évalués à 20 millions d’euros de primes annuelles, non imposables et en liquide, ça coule de source.

La question des femmes, elle, et notamment de la parité salariale, pffffft… envolée !

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi.

Pourtant, il y a quelques jours, une enquête démontrait que 64% des hommes apprécieraient que Mademoiselle partage l’addition au restaurant dès le premier rendez-vous…Ce paradoxe m’a donc amenée à me demander s’il ne devenait pas urgent, en plus d’une totale égalité de rémunération avec ces Messieurs, que chaque femme ne touche en plus une PRIME DE FEMINITE afin d’être défrayée des dépenses intrinsèques liées à sa seule condition de femme, tout en participant équitablement aux frais du ménage.

 

Note de frais 

Pour les messieurs qui n’auraient pas saisi le sens de ma démarche, je propose ICI un glossaire de tous les achats supplémentaires auxquels seules les femmes doivent faire face. Pardonnez-moi d’avance d’être crue :

 

1)   Tampons et serviettes hygiéniques, environ 90 euros par an. Sur ce thème, personne, je crois, ne me contredira

2)   Epilation : qu’elle soit faite en institut ou à la maison, elle est loin d’être gratuit et encore moins remboursée par la sécu. Aucune femme n’étant supposée ressembler à Chewbacca, cette dépense ne peut donc être considérée comme un luxe : se retrouver avec aisselles, maillot, jambes (moustache pour les moins chanceuses…) nets a un coût, quelle que soit la méthode utilisée

3)   Sous-vêtements : le soutien-gorge reste quand même un impératif, sauf si l’on souhaite adopter la mode Massaï esthétiquement parlant. L’hiver, on ne crachera pas sur 3 ou 4 paires de collants minimum –car éphémères- afin de réchauffer notre postérieur bleui par la bise (c’est combien chez vous ?) et le froid qui s’engouffre par ce vêtement béant que l’on appelle la jupe, ou la robe, et qu’apparemment, Messieurs, vous appréciez.

4)   Coiffeur : le seul coup de ciseau coûte de 2 à 3 fois plus cher pour une femme, sauf si l’on se rend dans une école de coiffure et qu’un étudiant inexpérimenté se met en tête de vous faire ressembler à Godefroid de Montmirail pendant que son prof  -censé le surveiller- boit son café et fume sa cloppe à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement. On rajoutera deux fois sur trois une couleur ou un balayage, ainsi que l’indispensable SOIN sans lequel nous ressortirions toutes avec une toison d’alpaga sur la tête. La douloureuse : entre 200 et 400 euros par an.

5)   Papier toilette : ne me demandez pas pourquoi, nous en utilisons bien plus que vous messieurs, cela a aussi son prix 😉

6)   Maroquinerie : une femme sans sac à main, c’est un peu le Père Noël sans sa barbe, ou DSK sans ses vices : insensé. C’est pourquoi on ne peut en faire l’économie. Idem pour les chaussures, que nous sommes contraintes d’adapter aux circonstances que la société induit : talons, baskets, ouvertes, fermées, classe, urban, bottes, bottines.

7)   Electricité : forcément, à cause du séchoir tous les deux jours, de l’épilateur électrique et autres accessoires, notre facture est forcément supérieure à celle des hommes

8)   Cosmétiques, soins et accessoires : Dieu a été injuste envers les femmes sur ce coup-là puisque je n’ai que très rarement entendu un homme dire que sa peau tiraille, ce qui nous coûte cher en hydratants corps, visage et mains. Nous avons également le mauvais goût de vieillir moins harmonieusement que vous Messieurs (les grossesses peut-être…), c’est pourquoi passés 35 ans, nous avons besoin d’un petit attirail quotidien pour rattraper notre retard. Le minimum vital reste un soin anti-âge, un petit fond de teint, un anti-cernes, un mascara, un rouge à lèvres et un khôl, un gommage ou un masque hebdomadaires… On rajoutera aussi les produits capillaires, rapport à l’alpaga susnommé.

 

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi. Pourquoi donc PERSONNE NE PARLE JAMAIS DE CELA???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou aux motifs provençaux. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

Capituler…………… ou rester digne???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou en velours. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

 

a)    la contorsion que représente le quotidien d’une femme active ou au foyer (donc active hein !) qui lutte contre la montre tout en souhaitant garder, fofolle qu’elle est, sa dignité de femme

b)   le boulot que c’est de trouver le temps de s’épiler ne serait-ce qu’un seul sourcil quand on est mère, travailleuse à plein temps, cuisinière et femme de ménage à mi-temps (et portugaise…)

c)    la schizophrénie que suppose la lutte permanente entre la Maman et la Femme (l’éternel duel entre la Madone et la Putain)

d)   le parfait équilibre à respecter pour être saine et coquette sans avoir l’air superficielle ou colmatée à la truelle et au mastic (Homme, tu es prié de ne plus avoir la naïveté de croire qu’une femme se réveille avec un teint abricot et les cheveux lisses et soyeux, comme dans les films américains)

e)    l’énergie que cela demande de ne pas s’écrouler tout de go dans son lit une fois les enfants couchés et le lave-vaisselle rempli

f)     la déception qu’elle ressent lorsque son homme ne remarque et/ ou ne souligne les efforts qu’elle fait chaque jour pour être toujours jolie

g)    (Et c’est paraît-il, le point le plus important;)) Le stress voire la colère réprimée lorsque Monsieur se montre impatient et râle à chaque fois qu’elle se prépare, ou habille tout simplement ses yeux de Rimmel, travail de haute précision qu’elle finira dans la voiture entre cinq dos d’âne et trois nids de poule, puisqu’elle cèdera devant CELUI QUI NE SAIT PAS PUISQU’IL N’EST PAS ELLE… Ou pire encore, CELUI QUI NE VEUT PAS SAVOIR. Celui-là, il prendra -sans toujours le savoir-  le risque de perdre celle qu’il n’a jamais vraiment connue, celle qui jongle pour gagner au grand maximum les 3/4 de son salaire à lui, mais qui jamais n’aura cédé à la résignation de laisser ses putains de racines nouvellement grisonnantes s’exprimer à l’air libre, pour ne pas faire honte à la société mortifère qui la consume lentement, et qui a la mauvaise foi de laisser à penser tous les 5 ans qu’elle coupera la tête aux inégalités hommes-femmes.

 

 

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur compagne (qui s’en ferait un plaisir, je crois) à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en obtenir 5.

 

Et si l’on s’indignait ???!!!

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur femme à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en avoir 5.

 

Estelle Bee.