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LE BAL DES HYSTÉROS: les femmes et les enfants d’abord…

Et puis un jour, tu tombes sur une pub merdique à la télé qui vend des assurances-vie, et là, sans prévenir… tu chiales ta race ! Tu ne peux plus t’arrêter, tu ne te comprends pas, puisque tu n’es pas triste… Et … tu as honte de toi.

Tu es bien imparfaite, mais ce que l’on ne pourra pas t’enlever, c’est ta nature joviale et ton sens de la dérision. Les larmes de bonheur, pour toi, c’est un oxymore, une contradiction.  Pour toi les pleurs sont synonyme de chagrin, du cœur qui se craquèle devant l’injustice, après le deuil, ou l’amour perdu. Ça, tu connais bien. Ta mère te dit d’ailleurs dans ces moments-là que le jour où tu seras maman tu t’endurciras devant l’adversité. Mais quand tu regardes toutes ces dindes à la télé qui fondent en larmes parce qu’elles viennent de gagner une couronne hideuse , une écharpe tricolore et une Twingo vert pomme après un concours de beauté, tu as juste envie de les gifler très fort à coups de raquette de ping pong. Parce que toi, lorsqu’un instant de bonheur daigne s’offrir à toi, tu as juste envie de faire des bonds à la manière de Skippy le kangourou et de zouker en hurlant Netwoyééééé, balayéééééé, astiquééééé casa toujouw pimpante !!!!!!!  dans une folie communicative. Tu exècres la mièvrerie. Plutôt crever que chialer devant un coucher de soleil main dans la main avec Chouchou. Beuah.

 

Et puis un jour.

 

Et puis un jour tu apprends que tu n’es plus seule dans ton corps. Ça t’était déjà arrivé avant, mais pas plus de trente-cinq minutes montre en main…! Tu es heureuse, mais tu ne pleures pas, ça non ! Tu te sens bizarre, habitée, et quelquefois sauvagement squattée quand ça tiraille, quand ça fatigue à mort, quand « ça travaille » comme disent si poétiquement les grands-mères…

Mais tu ris, tu tournes en dérision ton corps épanoui par la peau d’orange –qui, après expulsion de l’objet, deviendra bien amère-, tu te surnommes Mama Africa à la vue de ton inespéré 90D. Un matin, tu te réveilles avec le mot « Mortadelle » en tête, gimmick obsessionnel qui te réveillera en pleine nuit, et qui règnera sur ton alimentation jusqu’à la fin…

Et puis un jour, tu tombes sur une pub merdique à la télé qui vend des assurances-vie, et là, sans prévenir… tu chiales ta race ! Tu ne peux plus t’arrêter, tu ne te comprends pas, puisque tu n’es pas triste… Et … tu te trouves affligeante.

 

Et puis un jour, ta baudruche se rompt… A l’hosto, tu la joue ironique, le seul truc qui t’obsède, c’est que la sage-femme ne soit obligée de dégainer une paire de ciseaux à volaille qui sonnera le glas de ta féminité la plus impudique. Tu ne penses qu’à ça, tu imagines le bruit d’un gigot cru que l’on tranche, tu es terrorisée. Mais lorsque la chose sort de toi, tu t’aperçois que c’est TON enfant, tu le reconnais tout de suite, C’EST LUI, C’EST SÛR PUTAIN DE MERDE ! Et là, pour la toute première fois toute toute, tu étouffes un vagissement, et de tes yeux ébahis giclent des seaux de larmes… de bonheur. Et tu n’en as même pas honte, tu t’en fous, parce que de toute façon tu n’es pas vraiment en état de zouker.

 

Cet état de grâce durera quelques jours ou semaines durant lesquels tu regarderas ta création, remplie d’un amour si puissant qu’il fait presque mal.

Mais lorsque la chose sort de toi, tu t’aperçois que c’est TON enfant, tu le reconnais tout de suite, C’EST LUI, c’est sûr putain de merde ! Et là, pour la toute première fois toute toute, tu étouffes un vagissement, et de tes yeux ébahis giclent des seaux de larmes… de bonheur. Et tu n’en as même pas honte, tu t’en fous, parce que de toute façon tu n’es pas vraiment en état de zouker.Puis un jour vient le temps de l’épuisement. Tu ne sais plus où tu habites, puisque tu zones, à des heures improbables, désespérée de ne pouvoir calmer ce petit être qui te pompe toute ta foutue énergie. Ton appart c’est Beyrouth, tes cheveux sont gras, tes mamelles énormes en granit (il ne leur manque que la parole), tu traines en peignoir en attendant que le marchand de sable anesthésie ton amour de tyran  et que tu puisses enfin aller prendre une douche, de laquelle tu sortiras bien sûr en catastrophe pleine de mousse pour nourrir Kubiac qui s’essaye au contre ut, comme par hasard… Tu ne veux plus de visites, trop crevée et malodorante de l’épaule droite, celle que tu as sacrifiée aux « rototos retour à l’envoyeur ». Dans les moments les plus noirs, tu te dis que si la petite chose n’était pas là, tu feuillèterais bien un Voici bien putassier avant d’aller faire une sieste de 92 heures, et tu rêves de ta vie d’avant, de plage, de soldes, de concerts, de Mojitos, tu en crèves comme un rat. Puis tu culpabilises, surtout après être allée fumer une demi-cloppe sur la terrasse en pensant que les infanticides ne doivent pas être commis que par des femmes schizophrènes, mais aussi par des nanas lambda qui craquent et déboulonnent en une fraction de seconde, avant de découvrir, atterrées et à jamais brisées, l’épouvantable conséquence de leur acte. Tu t’en veux de ces pensées indicibles, tu te détestes, et tu te retiens d’aller réveiller ton petit être fragile pour lui demander pardon en enfouissant ta tête en son sein. Tu as oublié l’existence du mascara puisque tu finis toujours par ressembler à Kung Fu Panda, à force de sangloter. Tu te fais pitié. Parfois tu voudrais dormir, dormir, dormir… pour toujours. Personne ne semble comprendre le bordel cataclysmique qui pollue ta tête de jeune maman qui n’a pas le droit d’être éreintée et moribonde, tu les emmerdes tous anyway.

Culturellement t’es à la ramasse, parce que quand tu as une minute, tu cours t’envoyer Morphée -le seul mec sur lequel tu fantasmes- au lieu de lire le Monde Diplomatique.

 

Un mois avant la reprise du boulot, ta réserve laitière se tarit, et tu le vis comme si le monde s’effondrait, et que désormais ta présence face à ta progéniture tant aimée perdait son sens. Le matin de la reprise, ton lutin ne se laisse pas habiller, hurle, te met en retard. Du coup tu le jettes à la crèche et fonces au taf pour te retrouver face à l’expression pincée et clairement réprobatrice de ta chef qui t’attend, facétieuse, devant la porte. Et à ce moment précis, tu voudrais répondre à son air irrité en lui hurlant ta rage et ton désespoir au point de lui avaler la tête à la manière d’une veuve noire après l’accouplement. Tu as du mal à retrouver une vie sociale. Tu vois mais tu ne regardes plus, tu entends mais n’écoutes plus vraiment…

 

Jusqu’au jour où, à la télé, tu vois Alessandra Sublet, qui sort de deux semaines de repos post-natal à Saint Barth, repos bien profitable puisqu’elle y a pondu un bouquin pour évoquer son baby blues afin que « les femmes ne se sentent plus isolées dans leur lourd passage dépressif ». Merci AlessJusqu’au jour où, à la télé, tu vois Alessandra Sublet, qui sort de deux semaines de repos post-natal à Saint Barth, repos bien profitable puisqu’elle y a pondu un bouquin pour évoquer son baby blues afin que « les femmes ne se sentent plus isolées dans leur lourd passage dépressif ». Merci Aless. Elle nous explique combien son homme est for-mi-da-ble ainsi que sa hiérarchie, qui désormais accepte qu’elle ne travaille que 3h30 par jour. Et à la question : « Et si cela n’avait pas été possible, qu’auriez-vous fait ? », elle répond « J’aurais arrêté de travailler sans hésiter ! » Ah ben oui, merde, j’y avais pas pensé ! Te dis-tu en essayant d’imaginer la tête de ton homme si tu lui proposais de ne vivre que sur son seul salaire. Alors Alessandra Sublet, t’as juste envie d’aller lui exploser ses dents de lapin en un coup franc en lui hurlant à mort Fuck your bloody mother avant de déféquer allègrement sur son livre.

Et puis un jour… Ces passages-là, tu les évoques en riant avec tes amis retrouvés. Tu ne dis pas que tu avais mal au plus profond de toi, tu dis que t’étais à l’ouest. Ni que tu t’es tapée une sérieuse dépression, tu préfères parler des hormones en chute libre. Tu emplois souvent le mot hystéro -c’est plus rigolo- maintenant que tu arrives à faire des nuits complètes de six ou sept heures. TU RENAIS à la vie, mais tu voues un amour empirique à toutes les femmes de la terre (sauf Alessandra Sublet). Et surtout, surtout, tu ne chiales plus !!! Tu redeviens toi, la bad girl.

Le temps passe, guérisseur.

 

Et puis un jour, ton mini toi devient écolier. Tu lui commandes un super tablier Made in France qui te coûte un avant-bras pour marquer classieusement son entrée dans L’AUTONOMIE DE LA PENSÉE. Tu te surprends même à coudre des oursons sur son kit dodo, pathétique… Plus les jours s’égrainent avant le lâcher de l’oisillon, plus tu as la sensation d’avoir gobé une bille en fer qui s’est coincée juste là, sous ton sternum. Parce que ce qu’il se passe, c’est que tu te reprends ces trois dernières années en flashes-back si fort dans la poire que tu peines à comprendre ton malaise. Ai-je fait suffisamment ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire mieux ? Tu penses que ta période de zombie post-partum a passablement fait dévier ta vision de l’instant, et vos premiers contacts. Tu comprends aussi qu’il n’y aura jamais de retour en arrière, que c’est comme ça. Qu’un jour il embrassera une fille, qu’il aura son bac, qu’il vivra des émois qu’il ne montrera pas toujours, et tu ne pourras rien y faire, qu’il t’embrassera sur le front en continuant à te dire « ma petite maman », ou qu’il sera plus pudique et aura honte de tes assauts, qu’un jour lui aussi il pestera devant son réveil à l’heure d’aller au taf, et que peut-être, ses yeux s’embueront aussi le jour où il reconnaitra instinctivement un petit être qui déploie ses poumons à la vie. A cette pensée, tes cils inférieurs croulent à nouveau sous le poids. Tu comprends que tu ne peux lutter, qu’il faut que tu lâches tout ça. Tu penses à ce petit bout qui t’a dit la veille de son envol qu’il voulait être vétérinaire pour les animaux, et tu comprends pourquoi tu n’as pas corrigé le pléonasme.

 

Parce que qu’il soit vétérinaire, pompiste, escort boy, et même criminel, tu comprends que tu l’aimeras d’arrache-cœur jusqu’à ce que tu crèves enfin, et encore, c’est pas dit que tu arrêtes à ce moment-là, t’es plutôt du genre tenace…

Je dédie cette chronique à toutes les hystéros qui voudront bien se reconnaître, ainsi qu’à toutes les autres…Parce que qu’il soit vétérinaire, pompiste, escort boy, et même criminel, tu comprends que tu l’aimeras d’arrache-cœur jusqu’à ce que tu crèves enfin, et encore, c’est pas dit que tu arrêtes à ce moment-là, t’es plutôt du genre tenace…  Je dédie cette chronique à toutes les hystéros qui voudront bien se reconnaître, ainsi qu’à toutes les autres…

 

Estelle Bee.

 

Chasseuse de primes ou l’égalité des sexes

C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I were a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes - Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. C’était il y a un peu plus d’un an. A l’époque où Beyonce inondait les ondes d’un émouvant et naïf « If I was a boy », on nous a enfin parlé d’exemplarité et de parité rigoureuse dans le corps ministériel: Hommes – Femmes : 17 partout, car, disait-on, c’est aussi cela, la justice. Pourtant, la nausée a commencé à monter en moi, curieusement. Au début, je pensais que mon dégoût était juste le fruit de mon grand orgueil, car en tant que femme, je n’aurais jamais supporté l’idée que peut-être, j’avais décroché un poste de ministre grâce à mes chromosomes, et non pour mes aptitudes professionnelles. Être le bouche-trou de service, et le faire-valoir d’un seul homme, non merci.

Quelque temps après, la guerre des PRIMES éclata :

Quelques sénateurs furibards manifestaient pour ne pas que l’on revoie à la baisse leurs 4623 euros annuels de « prime de chauffage ». On ne pouvait que crier au scandale, jusqu’à ce que les médias ne nous balancent les images de ces pauvres nonagénaires malingres et déplumés que la suppression de ladite prime aurait forcément conduits  tout droit à la morgue…

Justement, l’affaire Guéant suivit, avec l’exhumation de bon nombre de cadavres évalués à 20 millions d’euros de primes annuelles, non imposables et en liquide, ça coule de source.

La question des femmes, elle, et notamment de la parité salariale, pffffft… envolée !

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi.

Pourtant, il y a quelques jours, une enquête démontrait que 64% des hommes apprécieraient que Mademoiselle partage l’addition au restaurant dès le premier rendez-vous…Ce paradoxe m’a donc amenée à me demander s’il ne devenait pas urgent, en plus d’une totale égalité de rémunération avec ces Messieurs, que chaque femme ne touche en plus une PRIME DE FEMINITE afin d’être défrayée des dépenses intrinsèques liées à sa seule condition de femme, tout en participant équitablement aux frais du ménage.

 

Note de frais 

Pour les messieurs qui n’auraient pas saisi le sens de ma démarche, je propose ICI un glossaire de tous les achats supplémentaires auxquels seules les femmes doivent faire face. Pardonnez-moi d’avance d’être crue :

 

1)   Tampons et serviettes hygiéniques, environ 90 euros par an. Sur ce thème, personne, je crois, ne me contredira

2)   Epilation : qu’elle soit faite en institut ou à la maison, elle est loin d’être gratuit et encore moins remboursée par la sécu. Aucune femme n’étant supposée ressembler à Chewbacca, cette dépense ne peut donc être considérée comme un luxe : se retrouver avec aisselles, maillot, jambes (moustache pour les moins chanceuses…) nets a un coût, quelle que soit la méthode utilisée

3)   Sous-vêtements : le soutien-gorge reste quand même un impératif, sauf si l’on souhaite adopter la mode Massaï esthétiquement parlant. L’hiver, on ne crachera pas sur 3 ou 4 paires de collants minimum –car éphémères- afin de réchauffer notre postérieur bleui par la bise (c’est combien chez vous ?) et le froid qui s’engouffre par ce vêtement béant que l’on appelle la jupe, ou la robe, et qu’apparemment, Messieurs, vous appréciez.

4)   Coiffeur : le seul coup de ciseau coûte de 2 à 3 fois plus cher pour une femme, sauf si l’on se rend dans une école de coiffure et qu’un étudiant inexpérimenté se met en tête de vous faire ressembler à Godefroid de Montmirail pendant que son prof  -censé le surveiller- boit son café et fume sa cloppe à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement. On rajoutera deux fois sur trois une couleur ou un balayage, ainsi que l’indispensable SOIN sans lequel nous ressortirions toutes avec une toison d’alpaga sur la tête. La douloureuse : entre 200 et 400 euros par an.

5)   Papier toilette : ne me demandez pas pourquoi, nous en utilisons bien plus que vous messieurs, cela a aussi son prix 😉

6)   Maroquinerie : une femme sans sac à main, c’est un peu le Père Noël sans sa barbe, ou DSK sans ses vices : insensé. C’est pourquoi on ne peut en faire l’économie. Idem pour les chaussures, que nous sommes contraintes d’adapter aux circonstances que la société induit : talons, baskets, ouvertes, fermées, classe, urban, bottes, bottines.

7)   Electricité : forcément, à cause du séchoir tous les deux jours, de l’épilateur électrique et autres accessoires, notre facture est forcément supérieure à celle des hommes

8)   Cosmétiques, soins et accessoires : Dieu a été injuste envers les femmes sur ce coup-là puisque je n’ai que très rarement entendu un homme dire que sa peau tiraille, ce qui nous coûte cher en hydratants corps, visage et mains. Nous avons également le mauvais goût de vieillir moins harmonieusement que vous Messieurs (les grossesses peut-être…), c’est pourquoi passés 35 ans, nous avons besoin d’un petit attirail quotidien pour rattraper notre retard. Le minimum vital reste un soin anti-âge, un petit fond de teint, un anti-cernes, un mascara, un rouge à lèvres et un khôl, un gommage ou un masque hebdomadaires… On rajoutera aussi les produits capillaires, rapport à l’alpaga susnommé.

 

A ceux qui auraient l’hypocrisie de contredire ce constat, je souhaiterais répondre que oui, une femme peut SURVIVRE avec des poils aux pattes, des cheveux gras et informes coupés à la serpe, avec la peau qui pèle, sans soutif ni jupe ni talons ni tampon qu’elle remplacera par de la sphaigne (sorte de lichen absorbant) qu’elle aura ramassée dans la forêt, mais en aucun cas elle ne peut VIVRE ainsi. Pourquoi donc PERSONNE NE PARLE JAMAIS DE CELA???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou aux motifs provençaux. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

Capituler…………… ou rester digne???

De toute façon, Messieurs, vous n’aimez pas les femmes « négligées » qui planquent leurs cheveux filasses sous une capuche ou un infâme chouchou en velours. Celles qui ont déjà capitulé. Celles que l’on retrouve sur M6 entre les mains de Critiiiiina Cordula qui rendra ses « chériiiiies » à nouveau MA-GNI-FAÏKS après les avoir enlacées et bisoutées dans une manifeste complicité à jamais scellée par LE PACTE DE CELLES QUI SAVENT :

 

a)    la contorsion que représente le quotidien d’une femme active ou au foyer (donc active hein !) qui lutte contre la montre tout en souhaitant garder, fofolle qu’elle est, sa dignité de femme

b)   le boulot que c’est de trouver le temps de s’épiler ne serait-ce qu’un seul sourcil quand on est mère, travailleuse à plein temps, cuisinière et femme de ménage à mi-temps (et portugaise…)

c)    la schizophrénie que suppose la lutte permanente entre la Maman et la Femme (l’éternel duel entre la Madone et la Putain)

d)   le parfait équilibre à respecter pour être saine et coquette sans avoir l’air superficielle ou colmatée à la truelle et au mastic (Homme, tu es prié de ne plus avoir la naïveté de croire qu’une femme se réveille avec un teint abricot et les cheveux lisses et soyeux, comme dans les films américains)

e)    l’énergie que cela demande de ne pas s’écrouler tout de go dans son lit une fois les enfants couchés et le lave-vaisselle rempli

f)     la déception qu’elle ressent lorsque son homme ne remarque et/ ou ne souligne les efforts qu’elle fait chaque jour pour être toujours jolie

g)    (Et c’est paraît-il, le point le plus important;)) Le stress voire la colère réprimée lorsque Monsieur se montre impatient et râle à chaque fois qu’elle se prépare, ou habille tout simplement ses yeux de Rimmel, travail de haute précision qu’elle finira dans la voiture entre cinq dos d’âne et trois nids de poule, puisqu’elle cèdera devant CELUI QUI NE SAIT PAS PUISQU’IL N’EST PAS ELLE… Ou pire encore, CELUI QUI NE VEUT PAS SAVOIR. Celui-là, il prendra -sans toujours le savoir-  le risque de perdre celle qu’il n’a jamais vraiment connue, celle qui jongle pour gagner au grand maximum les 3/4 de son salaire à lui, mais qui jamais n’aura cédé à la résignation de laisser ses putains de racines nouvellement grisonnantes s’exprimer à l’air libre, pour ne pas faire honte à la société mortifère qui la consume lentement, et qui a la mauvaise foi de laisser à penser tous les 5 ans qu’elle coupera la tête aux inégalités hommes-femmes.

 

 

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur compagne (qui s’en ferait un plaisir, je crois) à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en obtenir 5.

 

Et si l’on s’indignait ???!!!

J’invite donc tous les hommes qui souhaiteraient être plus souvent invités au restau par leur femme à se joindre à nous, les profiteuses, pour réclamer la parité obligatoire des salaires, et en plus, une prime de féminité! Car m’a-t-on dit, il faut toujours demander 10 sous pour en avoir 5.

 

Estelle Bee.

Will you marry US (mes dettes et moi)?

« Tu te rends compte ?! Une bague en or jaune !!! Avec un diamant en forme de poire, et minuscule en plus ! La honte !!! -	Moi j’te dis qu’une chose, mauvaise bague, mauvais mari ! La pauvre !!! -	Oh mon dieu c’est clair !!! »

Petite devinette:

La phrase : « Aaaaaaaaaaahhhhh !!!! Wow !!! Oh my god, oh my GOOOOOOOD !!! » est d’après vous :

 

1)   L’expression de joie des membres de la famille de Rick, américain du Kansas atteint de leucémie et fraîchement unijambiste, découvrant leur nouvelle maison rénovée par les Maçons du cœur (Extreme Makeover nrld) après un ultime MOVE THE BUUUUUS !!!!

2)   La plus longue réplique qu’ait eu à apprendre Rocco Siffredi de toute sa carrière

3)   La réaction spontanée de Mathilda May qui goûte le fromage à tartiner Philadelphia (ennemi du Saint Morêt bien de chez nous, au passage…)

4)   Les cris d’hystérie de 4 jeunes femmes découvrant la bague de fiançailles de leur copine Nina, jeune américaine de 29 ans, cris auquels s’ajoutera un « This is THE ring !!! »

Vous l’aurez compris, photo à l’appui, il s’agit évidemment de la 4ème réponse. Car aujourd’hui je voudrais revenir sur un phénomène de société sur-abordé dans les comédies romantiques à succès: l’importance de l’Engagement ring, la bague de fiançailles, dans la société américaine.

« Tu te rends compte ?! Une bague en or jaune !!! Avec un diamant en forme de poire, et minuscule en plus ! La honte !!! -	Moi j’te dis qu’une chose, mauvaise bague, mauvais mari ! La pauvre !!! -	Oh mon dieu c’est clair !!! »

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Flash Bague 

Nina a rencontré Matt il y a huit ans sur les bancs de la fac. Très complices, année après année, leur amour n’a fait que se renforcer, alors même que Matt est parti 9 mois durant faire son stage  de fin d’études en « Europe » (comme ils ne précisent jamais le nom du pays dans les films américains, je me demande parfois si cette globalisation n’est pas secrètement à l’origine du traité de Maastritch..) Ils sont entrés dans la vie active à l’âge de 24 ans. Mais depuis trois ans, Nina avait des doutes sur les sentiments de Matt, pour la simple raison qu’il ne l’avait pas encore demandée en mariage. Issu d’une famille modeste, Matt s’était endetté pour financer ses études, et devait donc employer son premier quinquennat de jeune actif à rembourser son prêt étudiant. Un soir, Matt rentra du travail vers 20h et trouva Nina en plein fou rire avec sa meilleure amie Ruth :

 

« Tu te rends compte ?! Une bague en or jaune !!! Avec un diamant en forme de poire, et minuscule en plus ! La honte !!!

–       Moi j’te dis qu’une chose, mauvaise bague, mauvais mari ! La pauvre !!!

–       Oh mon dieu c’est clair !!! »

 

Matt a donc attendu. Mais peu à peu, Nina semblait moins heureuse. Aux Etats-Unis, il existe un dicton qui dit « Happy wife, happy life » (Femme heureuse, vie heureuse, qu’a fortiori j’ai appris de Tony Parker à l’époque où il était encore Monsieur Eva Longoria…) Matt s’est donc empressé de s’endetter bien plus encore pour ne pas perdre celle qu’il avait toujours considérée comme la future mère de ses enfants.

  

Deux mois de salaire minimum hors frais

Les vendeurs sortent tous LA question de leur botte secrète : «Vous souhaitez la meilleure bague, n’est-ce pas ? »qui finit par sceller le sort financier du prétendant souhaitant bien sûr un bijou que Mademoiselle voudra bien porter sans honte. La vendeuse chic de chez Tiffany’s a donc ainsi convaincu Matt d’investir dans le mythique modèle « 1,5 carat Princess Cut »…

Entrée de la mythique boutique de la 5ème Avenue, NYC.

Aux Etats-Unis le monde de la bijouterie a réussi à convaincre les clients que 2 mois de salaire est la norme à dépenser pour ladite bague. Si vous gagnez $30 000 dollars par an, par exemple, $4000 serait un bon chiffre, mais de nombreux bijoutiers essaieront de vous vendre un bijou de plus de $5000. Après tout, «Quand on aime, on ne compte pas !». Les vendeurs sortent tous LA question de leur botte secrète : «Vous souhaitez la meilleure bague, n’est-ce pas ? »qui finit par sceller le sort financier du prétendant souhaitant bien sûr un bijou que Mademoiselle voudra bien porter sans honte. La vendeuse chic de chez Tiffany’s a donc ainsi convaincu Matt d’investir dans le mythique modèle « 1,5 carat Princess Cut »…

Le chevalier servant devra également penser à la mise en scène : Limousine, affiche 4X4 « Will you marry me », banderole flottant à l’arrière d’un avion, orchestre symphonique, ou, pour les plus mesquins, restau chic avec dessert au chocolat servant d’écrin à LA bague surprise.

 

Pourquoi ça fait rêver les filles

La réponse est simple : Homme avec superbe bague = Prince. Donc Moi = Princesse (la faute à cette pétasse de Cendrillon). Et, pour les plus « insecure » d’entre nous : la bague est chère = je suis chère à ses yeux, il me rendra Heureuse. « Happy wife, happy life », une méthode d’auto-affirmation qui semble bien fonctionner. Dire à quelqu’un qu’il est merveilleux, c’est le rendre merveilleux, ou au moins meilleur. Et, ne soyons pas hypocrite, même la plus cynique ou décalée des femmes y est sensible. On n’y peut pas grand-chose, c’est quasiment dans nos gênes…

  

Pourquoi c’est beeeeurk…

Dans les années 20, les grands joaillers, finauds, ont établi un parallèle entre valeur matérielle et longévité des sentiments par le fameux « Diamond is forever » (« Un diamant est éternel » = amour éternel…) En cela, ils ont misé sur l’animalité de la femme.

pendant la saison des amours, le mâle pingouin ou manchot doit séduire la femelle en lui offrant le plus beau caillou possible qu’il aura ramassé avec le plus grand soin. Eh non, le smoking ne suffit pas ! Quand on voit ces petits gars galérer sur la banquise, et tâtonner des heures durant devant des pierres qui a priori se ressemblent toutes, pour au final, se prendre un vent –un blizzard qui plus est- par la donzelle, on comprend mieux pourquoi ces animaux se rabattent quelquefois sur un partenaire du même sexe… Pour ceux qui l’ignorent, pendant la saison des amours, le mâle pingouin ou manchot doit séduire la femelle en lui offrant le plus beau caillou possible qu’il aura ramassé avec le plus grand soin. Eh non, le smoking ne suffit pas ! Quand on voit ces petits gars galérer sur la banquise, et tâtonner des heures durant devant des pierres qui a priori se ressemblent toutes, pour au final, se prendre un vent –un blizzard qui plus est- par la donzelle, on comprend mieux pourquoi ces animaux se rabattent quelquefois sur un partenaire du même sexe… Car pour la femelle, ce caillou est la toute première pierre à l’édifice qui se trouve être leur futur nid, que Papa pingouin construira à la force de son seul bec. Il présage donc un foyer plus … ou moins confortable (ce n’est pas Victoria Beckham qui me contredira). Mais ceci ne se fera que si le chant du Monsieur lors de la remise du caillou est suffisamment harmonieux pour les oreilles de la miss. 

 

Etre et Avoir

Non, les femmes ne sont pas vénales. STOP avec ça. Mais la sélection naturelle par l’argent de la société ultra-capitaliste –basée sur le système américain- les a rendues plus capricieuses malgré elles, puisqu’il a habilement exploité ce qu’elles ont de plus instinctif en elles, le besoin inné de sécurité. Sur les sites de rencontres d’Outre-Atlantique, les messieurs annoncent direct la couleur par le salaire. On mélange argent et sentiments, l’avoir et l’être, et ça marche. On a fait croire que l’American Dream, c’est la mobilité sociale, l’immense possibilité de Personnellement, je ne vaux pas mieux que toutes les femmes, et le mythe de la princesse est invariablement ancré en moi, j’aime dîner au resto, et je ne crache pas sur un bouquet de pivoines.tout gagner en partant de rien. Mais aujourd’hui, le problème, c’est qu’il n’y a qu’un seul gagnant, et que ce gagnant prend tout. Et pour les autres ? Peanuts. Mais le grand coup de maître c’est qu’en amour, on exige autant des plus modestes que des gagnants. Et plus les modestes s’endettent, plus les gagnants s’enrichissent, avec la certitude de garder leur place sur le trône, puisque ce sont eux qui prêtent.

 

Moralité

Il y aura toujours des pauvres et des riches et ce n’est pas vraiment là le problème. Le souci est plutôt que, côté sentiments, le rêve américain est devenu la caricature de lui-même, un peu comme si on l’avait botoxé à outrance, à coup de messages subliminaux, de comédies romantiques, et de pubs cupides qui t’enseignent LE savoir-être. Difficile de lutter contre. Personnellement, je ne vaux pas mieux que toutes les femmes, et le mythe de la princesse est invariablement ancré en moi, j’aime dîner au resto, et je ne crache pas sur un joli bouquet de pivoines. Mais de là à penser que la taille du caillou fait la valeur d’un homme ça non. Qu’il faut forcément dire je t’aime au dernier étage de la Tour Eiffel sur un air de Norah Jones non plus. La plus belle fleur, c’est quand même ce coquelicot ou pissenlit anarchiquement surgi du bitume, qui lézarde les murs, qui écarte les Il y aura toujours des pauvres et des riches et ce n’est pas vraiment là le problème. Le souci est plutôt que, côté sentiments, le rêve américain est devenu la caricature de lui-même, un peu comme si on l’avait botoxé à outrance, à coup de messages subliminaux, de comédies romantiques, et de pubs cupides qui t’enseignent LE savoir-être. Difficile de lutter contre.pavés, qui emmerde le contexte. Rien n’est plus poétique à mes yeux qu’une déclaration d’amour dans une situation qui ne s’y prête (a priori) pas: une station service cradingue d’où l’on attend une dépanneuse, dans une file d’attente interminable à la poste, ou dans le métro en pleine moiteur de l’été. Fuck les couchers de soleil ! Fuck les violons ! FUCK le kitch power ! La plus belle attention est spontanée, et détachée de toute contrainte, de toute norme fabriquée par ces gagnants qui prennent tout mais en veulent encore… Ne pas se laisser contaminer par le Total Look, c’est aussi ça l’exception culturelle française! Résistons!

 

Toutefois, je préciserais à ces messieurs, et au nom des femmes, que cette tentative de réconciliation n’est pas une raison pour oublier notre anniversaire 😉

 

 

Ouvrons l’œil…will fleur

 

 

Estelle Bee.