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Une ambition intime: l’émission-vaseline de l’année

une-ambition-intime-nounours et cadavres dans les placards

Vous les avez aimés dans le rôle de politiciens magouilleurs, d’élus inconscients et nennontquefoutre des réalités des vrais gens, de planqués et retraités à vie d’un mandat qu’ils ont allègrement foiré, de hauts fonctionnaires anti-chômeurs, anti-vieux, anti-musulmans, anti-profs, en T-shirt et anti-T-shirts….? Alors, vous les adorerez dans le rôle de mignons bébés phoques immaculés dans Une ambition intime sur M6.

Le concept: la peopolisation des politiques qui ont pour dessein de diriger le pays demain.

D’emblée, la mise en scène donne le vertige. Appart’ cosy ou hôtel particulier avec jardin, on ne peut que reconnaître que Karine Lemarchand SAIT recevoir. D’ailleurs, M6 s’est donné la peine de nous faire découvrir avec un réalisme sans pareil l’envers du décor avant l’arrivée du candidat, nous dévoilant ainsi tous les atours de la présentatrice-vedette, sorte de Brie Van De Kamp, madone et putain à la française. Selon le politique à choyer,  le préambule diffère quelque peu. Car Karine est une nana like us: elle est la maîtresse de maison qui s’affaire à couper du sauciflard avant de s’acheminer vers le douillet salon munie d’un plateau qu’elle a elle-même garni de ses petites mimines, et elle est la coquine qui allume délicatement une bougie parfumée et verse un breuvage tannique dans de jolis verres à pied, avant de s’alanguir sur le sofa, complètement raccord avec la musique d’ambiance, une reprise humide et haletante de Believe de Cher.

le décor: potasseriez à la française

S’attend-t-on, à ce stade, à ne serait-ce qu’un minimum d’échange de fluide politique? Clairement NON. Et l’on a raison. Car la politique, sur M6, on s’en carre. Ce qui compte, c’est l’homme. Et le petit coeur tout mou qui bat sous la chemise hors de prix.

Car, pourquoi encourager des électeurs à lire des programmes politiques, lorsqu’on peut les pousser à baser leur choix sur une coiffure, une couleur d’yeux, ou un humour grivois? Pourquoi ennuyer les gens avec des discours soporifiques visant à dissimuler l’intérêt personnel et la misère idéologique, quand, au contraire, on peut émouvoir la ménagère qui, de fait, donnera sa voix au petit enfââââ fragile qui a mal vécu la séparation de ses parents, à l’ancien ado obèse complexé ou à un type souffrant du syndrome du côlon irritable?

 

« Rhôôôô, t’as vu Sarko comment il aime ses gosses??!!!!! « 

« La vache! Qu’est-ce qu’il est sensible, Bruno Lemaire! »

« Ben tu vois, je la trouve courageuse, Marine Le Pen, avec l’enfance tourmentée qu’elle a eue… »

« T’as vu Montebourg quand il a pleuré? Ah j’te jure, j’ai l’ai vraiment découvert, là! »

« En vrai, il est cool Bayrou! T’as vu son Give me five avec Lemarchand? »

« Juppé, c’est vraiment LE type qui rassure, le père de famille idéal, quoi… »

« Rha lala, comment il était chou, Fillon, sur sa photo de classe! »

En conclusion:

À l’instar du collégien effaré de surprendre son prof de maths en train de choisir du papier toilette au supermarché, il semblerait que les téléspectateurs soient totalement fascinés de découvrir que les politiques sont aussi des hommes et des femmes qui font pipi et caca, qui aiment leur famille, qui pleurent parfois, qui disent merde ou bordel (faut bien coller au cadre), et que, pire encore, ils ont même été de mignons petits nenfants, naguère. Mais ATTENTION: cela n’empêchera pas la plupart d’entre eux (Sarko, Macron, Hollande, Fillon, JUPPÉ et ses casseroles en fonte etc) d’avoir pour ambition de vous faire bosser jusqu’à 70 ans, de dérembourser plus encore vos médoc’, de vous faire travailler 45 heures par semaine (= burn out, cancers, divorces…), de faire crever la dalle à tous les retraités, de réduire tous vos acquis sociaux à peau de chagrin au nom d’une dette qu’eux seuls ont choisi de contracter, et de vous persuader que c’est normal, qu’il n’existe aucune autre alternative, mentant encore et encore à tous les gens qui ont permis leur ascension. N’oublions pas qu’un jour, le Gremlin aussi a été un Mogwaï, et que cela ne l’empêchera pas de vous éviscérer pour autant. N’oublions pas non plus que les chaînes de télé sont pour leur majorité détenues par les plus grandes fortunes de France, et que ces fortunes-là sont servies par ces gens-ci 😉

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Contre le « vote utile », les tentatives d’abêtissement des masses, et les lubrifiants médiatiques,

 

Et pour la liberté de conscience,

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INDIGNONS-NOUS!

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Estelle Bee.

 

 

Le « vote sanction », ou le jour où je me suis sentie Ghandi…

Je tourne ma tête vers ce que je suppose être l’objet de son mépris, et là, derrière la vitre du Starbucks rutilant aux notes agréablement jazzy, se tient une femme que j’imagine roumaine –mais après tout qu’en sais-je- assise par terre. Une fillette de 3 ou 4 ans l’accompagne. Comme tous les enfants de son âge, elle ne parvient pas à rester sans bouger. Alors, sa mère la rappelle à l’ordre énergiquement.

 

Starbucks, vendredi 27 septembre 14h,

 

Je croyais que le port d’armes était interdit au Starbucks depuis une dizaine de jours. Néanmoins elle parle si fort que je suis obligée de me boucher l’oreille droite pour tenter de finir de rédiger mon article sur (il n’y a pas de hasard) les voix stridentes des femmes politiques. Très vite, je remarque, mi intriguée, mi dégoûtée, qu’elle s’arrache les cheveux un à un toutes les minutes environ, et les jette à terre violemment, avec une régularité de geste métronomique. Et elle doit en être à son 30ème, puisqu’à côté de mes jolies chaussures beiges à cinq lanières -mes préférées- git déjà une petite touffe châtain, grrrrrr…  Elle ne laisse quasiment pas de silences, comme si elle sortait d’une longue frustration argumentaire, ou d’une séance de bondage, why not…  Elle est mince, la quarantaine trépassée, veste en tweed, et l’on pourrait croire, à la voir parler de trois quarts, qu’elle s’apprête à avaler la tête de son interlocutrice. Et surtout, elle a LA HAINE, LA VRAIE.

 

L’objet de son abjection : Hollande, les étrangers, et les casseurs de riches.

 

           « C’est pas pour dire que Sarkozy était mieux (C’est toujours très instructif  ces débuts de phrases), mais par exemple, lui, il a officialisé son union avec Carla Bruni. Et elle au moins, elle était toujours bien mise, coiffée, respectable quoi ! Mais alors vous avez vu Valérie Trierweiller ! Elle a les seins qui ballotent, et elle suinte tellement elle est grasse !

 

–       Et elle est toujours mariée à son ex en plus… (ce qui, après vérification s’avère amplement faux) Et après, ils critiquaient tous Carla à cause de tous ses ex amants…

 

Les deux femmes se vouvoient. Elles viennent en fait de sympathiser autour du thème En France, on n’aime pas les riches.

 

–       On nous culpabilise de gagner de l’argent ! Oui, je gagne assez bien ma vie parce que je m’en suis donné les moyens, pas comme eux là, enfin, tu vois de qui je veux parler… 

 

En prononçant ces mots, elle avance son menton vers sa gauche, qui se trouve être ma droite, ce qui, politiquement parlant, prend d’ailleurs tout son sens. Je tourne ma tête vers ce que je suppose être l’objet de son mépris, et là, derrière la vitre du Starbucks rutilant aux notes agréablement jazzy, se tient une femme que j’imagine roumaine –mais après tout qu’en sais-je- assise par terre. Une fillette de 3 ou 4 ans l’accompagne. Comme tous les enfants de son âge, elle ne parvient pas à rester sans bouger. Alors, sa mère la rappelle à l’ordre énergiquement.

 

–       Le problème en France, c’est qu’on paye pour tous ceux-là !!! Les aides sociales, les logements, la santé… Ils sont prioritaires sur tout !!! Après, les médecins, ils peuvent plus prendre de nouveaux patients tellement ils sont nombreux…

 

–       Ben oui, Hollande, il a visé l’électorat étranger, (puis se rendant compte de l’erreur sémantique), enfin, je veux dire tous ces gens qui sont français sans l’être. Alors moi c’est décidé, pour 2017, ça sera un Vote Sanction ! Oh hein, ça va, on peut plus se permettre d’être un pays d’accueil. Nous, on bosse, et on se fait écraser par les charges et les impôts alors qu’eux

 

Elle me regarde en disant ces mots, comme pour me prendre à témoin… Je sens qu’elle recherche un auditoire, dans ma direction… Puis poursuit élégamment :

 

–       MOI, JE TE LES METTRAIS TOUS DANS DES CHARTERS : roumains, polonais, arabes, musulmans quoi

 

A cet instant, j’ai envie de lui jeter de l’eau bénite en ordonnant fermement au malin: Véronique Genest, sors de ce corps trop frêle pour toi !!! Mais l’idée de ressembler à Christine Boutin au beau milieu de fans de Mylène Farmer m’en dissuade aussitôt.

 

De l’autre côté, la fillette colle ses petites mains toutes sales sur la vitre. Elle me regarde avec ses grands yeux noirs espiègles et profonds. A ce moment-là, c’est con à dire, mais mon cœur, il pourrait exploser. Je lui souris, puis je cache ma tête derrière le faux sac de café en toile de jute estampillé « Coffee beans ». Ensuite, je ressurgis pour la surprendre, et elle rit, moi aussi. Pendant 5 minutes, on se cache à tour de rôle. Mais ce qui trouble la perfection de cet instant, ce sont les phrases de ma voisine qui m’arrivent en vrac : Moi, les femmes voilées, j’en vois dans mon boulot, ben vous savez quoi, je ne les regarde même pas ! Moi, j’ai pas honte de le dire, même si économiquement elle tient soit disant pas la route, je voterai Marine en 2017. Parce que c’est logique : une fois que tu as viré tous ceux qui profitent des aides, la fiscalité, elle sera allégée !

 

En disant cela, elle se tourne vers moi, je sens dans ses yeux qu’elle cherche l’approbation d’une 3ème grue qu’elle croit être moi, vu que ma tenue vestimentaire, ma blancheur, et la présence de mon ordinateur sur la table doit indiquer que je fais partie de ces français respectables et bosseurs qui payent pour les autres.

Elle est sensible aux discours logiques, chiffrés : prendre –ou plutôt cesser de donner- aux uns, pour octroyer aux autres. Rayer de la carte absolument TOUS les immigrés et leurs rejetons, pour que les français pure souche retrouvent un pouvoir d’achat. Elle a beau tenir un discours haineux, elle m’inspire néanmoins de l’empathie. Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés que je me désarme… Je me dis que sa déception, sa frustration et sa souffrance sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés… Sa déception, sa frustration et sa colère sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

Parce que les candidats politiques, pareils à des médecins charlatans, ont pour habitude de diagnostiquer les maladies qui les arrangent, pour mieux nous endormir à coup de Lexomils théoriques. Elle ignore que dans l’hexagone, 10% des richesses se trouvent entre les mains de 0,001% de la population, que l’arabe du coin n’est pour rien dans le fait que toutes les multinationales rachètent tout ce qui fleurit joliment en France, pour mieux délocaliser ou fermer au moindre coup de fatigue. Et ce n’est pas tout ce qu’elle ignore :

 

             –Ils ne respectent rien, c’est comme si moi j’allais au Maroc (ce qui est peu probable, pas besoin de toute façon, tu vas sur la Canebière, et tu y es… ), et que je portais une croix pour provoquer les gens là-bas. Non mais franchement ! Ils aiment provoquer c’est tout !

 

            – Non, mais faudrait revenir à une monarchie et pis ça s’rait réglé. Se hasarde son interlocutrice qui apparemment, n’est pas informée de l’existence du roi du Maroc. L’autre non plus vraisemblablement.

 

A ces mots, je sors mon trousseau de clés de voiture, celui où j’ai accroché le porte-clé rouge en forme de main de Fatma qu’une amie m’a ramené de son voyage en Algérie, et je le pose sur la table, en guise d’exutoire. Car en fait, je me retiens d’intervenir… Soudain, je décide de mettre de côté mon cassage de Duflot et Taubira pour écrire, à la place, absolument tout ce que j’entends là.

 

Au moment où la plus virulente des deux se lève pour partir, elle me regarde à nouveau, en disant à son interlocutrice, suffisamment fort pour que j’entende, comme pour se justifier :

 

–       C’est peut-être franc du collier ce que je dis là, mais en tout cas, c’est la vérité, et si jamais y’a une révolution, je serai la première à descendre dans la rue ! 

 

Et se tournant vers moi :

 

–     Au fait pardon, vous étiez en train de travailler… On a du vous déranger…

 

–       Au contraire, c’était très instructif. Moi aussi, Madame, si jamais une révolution éclatait, je serais une des premières à descendre, et je vous donnerais la main. (son visage s’illumine). Je vous donnerais la main, à vous, et à Abdelkrim pour qu’ensemble, nous réclamions une refonte totale de ce système politique qui divise pour mieux régner. Car pendant que nous cherchons avec avidité ce que les autres ont de plus que nous, nous oublions de voir les choses d’en-haut. Alors voyez, Madame, j’ai de la tristesse à entendre ce que vous dites, parce qu’au final, je parie fort que ce ne sont pas vos mots à vous, mais j’entends votre souffrance qui est bien réelle. Alors, je vous donnerais la main quand même, et si je vous voyais pleurer, je pense que je vous consolerais sincèrement (En fait c’est moi qui suis à deux doigts de craquer, alors je me tourne vers la vitre) : regardez Madame, vous aussi, naguère, avez eu un visage et une âme d’enfant. Réfléchissez-y…

 

–       Je ne suis pas un monstre vous savez. Je bosse dans le social. Je gagne ma vie, et j’ai des fins de mois difficiles. (ses traits changent sensiblement)

 

–       Mais je n’en doute pas. C’est pour cette raison que je me suis permise de vous dire cela. Ne vous faites pas avoir, la vie est bien trop courte… Bonne fin de journée… !

 

–       A vous aussi, merci. Elle recouvre visage humain et sort.

 

Comme dans un hasard parfait, la petite fille toute brune colle ses petites mains sur la vitre. Je fais semblant de les lui attraper, pour la voir sourire. Sa mère se tourne, et sans me regarder, par pudeur, l’oblige à se rassoir sur le trottoir.

 

A ce moment-là, je me suis souvenue d’une phrase de Nicolas Sarkozy (si si !) au cours de son dernier débat face à François Hollande. Il appelait tous les électeurs du FN à voter pour lui, tentative de séduction qu’il justifiait en ces mots :

 

« Parce que, voyez-vous, je ne me bouche pas le nez, moi, je m’adresse aussi à ces gens !!! »

 

Je n’étais pas sensible à ses idées politiques (lartdeleuphemisme.com), mais pourtant, j’étais d’accord avec cette idée. Parce qu’il me semble que mis à part quelques vieux tyrannosaures, les votants FN ne sont pas foncièrement racistes. Ils sont juste souffrants et influençables, parce que souffrants… Ils sont souvent assez peu cultivés et donc sensibles aux morceaux de bravoures qui sonnent juste, mathématiquement parlant, admiratifs devant l’intelligence cartésienne. La diabolisation du FN aura un jour raison des autres idéologies.

Je me prends à rêver qu’un jour, l’intelligence émotionnelle d’un leader nouveau doté d’une vraie aura vienne élever notre conscience citoyenne à un niveau supérieur. Que l’on descende tous malmener le pavé d’un pas décidé, pour réclamer des destitutions, des dissolutions, et des solutions.

 

Je pense que sans ce petit visage innocent derrière la vitre, je n’aurais jamais été capable de me retenir d’agresser verbalement la dame à la veste en Tweed, dont l’ADN git à mes pieds.

 

Je pense aussi que sans la dame à la veste en Tweed, et c’est bien malheureux, je n’aurais jamais osé dire au primeur du coin, un vieil homme maghrébin à qui j’ai acheté des fruits entreposés dans de beaux paniers d’osier, que son magasin était fort joli. Et pourtant, ce n’était pas la première fois que j’y entrais.

 

Ce jour-là, je me suis sentie une espèce de Ghandi.

 

Et à ceux qui penseraient que je ne suis qu’une petite conne de plus qui délivre des messages du genre « Le racisme, c’est pas bien », je répondrais que oui, sûrement… Mais pas que.

 

 

Puisque cela arrange les politiques que l’on s’entretue tous, je me pose donc cette simple question :

 

Pourquoi ne pas s’indigner… tous ?

 

Elle a beau tenir un discours haineux, elle m’inspire néanmoins de l’empathie. Peut-être est-ce la présence attendrissante de la fillette à ma gauche qui étouffe ma répartie cynique, et me fait voir les choses différemment. Peut-être est-ce parce que j’ai lu cette semaine que la chaîne Starbucks avait décidé de ne plus accepter les clients armés… Sa déception, sa frustration et sa colère sont bien réelles, à l’instar de la plus grande majorité des français. Mais elle se trompe sur le diagnostic.

 

Estelle Bee.

 

Le Petit Prince et la Crise

un article excellent paru dans le Monde diplomatique qui m’a fait comprendre « en gros » où va notre monde, et pourquoi il y va. Je précise « en gros » parce qu’évidemment, n’ayant pas la maîtrise de tous les paramètres (économiques notamment), je me suis bêtement basée sur le BON SENS commun, la logique quoiIl n’y a pas si longtemps, j’ai lu un article excellent paru dans le Monde diplomatique qui m’a fait comprendre en gros où va notre monde, et pourquoi il y va. Je précise EN GROS parce qu’évidemment, n’ayant pas la maîtrise de tous les paramètres (économiques notamment), je me suis bêtement basée sur le BON SENS commun, la logique quoi.

Souvent, j’ai remarqué au cours de discussions passionnées entre amis, ou dans l’actualité, que plus on maîtrise un sujet scientifique, religieux ou économique dans les moindres détails, plus on a tendance à s’éloigner du message principal de ce sujet : toutes les religions sans exception prônent l’Amour de son prochain. Pourtant, Frigide Barjot, en fervente catholique tient un discours séparatiste. Un jihadiste pourra te réciter par cœur des versets et s’en émouvoir sincèrement. Pourtant, il continuera de plastiquer des bagnoles garées devant des écoles maternelles. Un scientifique s’émerveillera devant la nature ou la perfection du corps humain. Pourtant, il sera tout émoustillé devant la perspective d’un clonage humain.

C’est donc tout aussi bêtement que j’en suis arrivée à me demander si avoir trop de connaissances sur une même notion ne nuisait pas tout simplement au bon sens ??? Si finalement, il n’était pas nécessaire que chaque homme ou femme exerçant un pouvoir exécutif ou consultatif (médias) ne soit assisté par un simple d’esprit, qui, avec la candeur d’un enfant, le rappellerait innocemment à l’ordre sur le pas de la porte de la dérive ???

J’ai ainsi imaginé quelques échanges entre d’illustres puissants et Le Petit Prince sur des thèmes pas anodins du tout :

 

De l’interdiction du port d’arme

 

Au lendemain du massacre de Newton, Barak Obama a pleuré les enfants dont le cœur ne pourra plus jamais s’émouvoir puisqu’il a cessé de battre, dont les yeux ne pourront plus jamais contempler, puisqu’il se sont fermés à jamais.  Au lendemain du massacre de Newton, Barak Obama a pleuré les enfants dont le cœur ne pourra plus jamais s’émouvoir puisqu’il a cessé de battre, dont les yeux ne pourront plus jamais contempler, puisqu’il se sont fermés à jamais.

Et le Petit Prince a dit :

« Je vois que tu es un homme de valeur Barak, ton empathie est sincère. Pourquoi ne prendrais-tu pas la décision d’interdire enfin le port d’armes ?

–       Parce qu’il y a des enjeux économiques dont tu ne saurais imaginer l’importance, ne serait-ce que dans le financement pharaonique des campagnes électorales!!!

–       Mais Barak, qu’y a-t-il de plus important que la vie, que le sourire d’un seul enfant dans ce monde ? Crois-tu que l’on t’aurait donné le Prix Nobel de la Paix si l’on ne croyait pas en toi? »

De l’attribution des logements vides

 

A la mi- novembre, Cécile Du Flop annonçait des mesures contre la crise du logement, d’autant qu’un mois avant noël, on n’avait jamais vu autant de SDF se les geler pendant que les honnêtes travailleurs s’adonnaient aux achats de noël.   A la mi- novembre, Cécile Du Flop annonçait des mesures contre la crise du logement, d’autant qu’un mois avant noël, on n’avait jamais vu autant de SDF se les geler pendant que les honnêtes travailleurs s’adonnaient aux achats de noël.

Et le Petit Prince a dit :

« Autant d’êtres humains à la rue, de mères isolées en détresse dépouillées par des marchands de sommeil, et toujours plus de logements inoccupés ! Pourquoi ne pas les abriter dans ces appartements qui ne servent à personne ?

– Crois-tu que cela soit si simple ? Et que connais-tu, toi, de la politique ???

– Rien, justement, je n’y connais rien… » répondit le Petit Prince.

De l’annulation de la dette

Nicolas est tombé de ses talonnettes et a sué à grande eau en apprenant que sa patrie avait perdu son triple A, la faute à la vilaine cricrise. Ce fut le début de tentatives d’économies de bout de chandelle au détriment des vrais gens qui eux suent sang ET eau pour se sustenter.

Pourtant, tous les politiciens, même les mieux intentionnés, une fois au pouvoir, en abusent rapidement, en jouant forcément le jeu des richissimes, puisque c’est avec leur argent qu’ils ont fait campagne !

Photo de classe des maîtres du monde

Quand François a repris le flanby (le flambeau, pardon), il s’est vite aperçu que la patate chaude brûlait les doigts, et qu’il allait devoir prendre des gants. Lors des divers G20 ou G8, tout le monde était d’accord :

« Il faut réduire la dette quoi qu’il en coûte et pis c’est tout ! » crièrent-ils à l’unisson.

Mais le Petit Prince a dit :

          « Mais, comment les modestes peuvent-ils rembourser une fortune ???

–       C’est très simple : en mangeant moins!  Répondit Angela.

–      Mais si les gens qui ne mangent déjà plus à leur faim cessent de s’alimenter, ils mourront, et ne pourront donc plus payer !

–      Où veux-tu en venir jeune dissident?

–       Si les pauvres, qui ont besoin d’argent pour vivre, doivent une fortune aux riches qui, eux, ne savent plus quoi faire de leurs deniers, pourquoi ne pas tout simplement ANNULER LA DETTE ???

–        ???????????? »

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Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique. On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique.On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...

Pourtant, tous les politiciens, même les mieux intentionnés, une fois au pouvoir, en abusent rapidement, en jouant forcément le jeu des richissimes, puisque c’est avec leur argent qu’ils ont fait campagne ! Depuis quelque temps, et notamment grâce au blog d’Etienne Chouard, économiste couillu et touché par la grâce, fleurit l’idée de « tirage au sort électoral » pour remédier au problème de la perte de bon sens de nos politi(to)cards. Ce système s’inspire de la démocratie athénienne, dont la règle élémentaire était le tirage au sort des représentants du peuple. Les dirigeants (de tous niveaux sociaux et volontaires) sont élus pour un mandat non-reconductible –pas moyen de s’incruster sur le trône, donc pas de plan de carrière ni d’ambition dévastatrice de bon sens- et révocable à tout moment. Après son mandat, l’élu reprend sa vie d’avant. Le pouvoir émergeant du peuple souverain, il me semble que l’on parle bien ici, messieurs dames, de DÉ-MO-CRA-TIE, puisque le terme est toujours dans le dictionnaire.

Nous, commerçants, chômeurs, artisans, artistes, fonctionnaires, agents (…) NOUS SOMMES LE BON SENS, nous sommes notre solution. Parce que nos pieds touchent terre, parce que nous ne sommes pas englués dans des enjeux soit disant cruciaux qui nous dépassent.

Le Petit Prince, c’est vous, c’est moi, c’est toi, c’est nous tous. Lorsqu’on élit un homme politique, on a une fâcheuse tendance à penser qu’il est souhaitable qu’il ait fait l’ENA ou Polytechnique. On nous prend tellement pour des benêts que nous avons fini par croire que nous en étions vraiment. Alors, nous avons perdu confiance en notre discernement, et nous votons « utile » puisqu’ON (les médias) nous le demande...

Inutile de préciser qu’à la suite de son intervention au G8, Le Petit Prince fut porté disparu à jamais.

Et quand il arriva au paradis des enfants, le Petit Prince demanda à Dieu :

« S’il te plait, dessine-moi un mouton ! »

Le vieil homme prit sa plume, et dans le ciel azur, esquissa le visage … d’un homme. De l’HOMME.

Pour ma part, le seul profit que je tire aujourd’hui de la situation, c’est que lorsque mon petit garçon me demande si je peux lui acheter une glace, j’ai tendance à lui répondre :

« Je ne sais pas Chouchou. Demande à Angela ! »

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Et si l’on s’indignait ???Et quand il arriva au paradis des enfants, le Petit Prince demanda à Dieu :   « S’il te plait, dessine-moi un mouton ! »  Le vieil homme prit sa plume, et dans le ciel azur, esquissa la silhouette … d’un homme. De l’HOMME.

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Estelle Bee.