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Peut-on être jeune ET de droite aujourd’hui (sans déconner)???

Peut-on être jeune ET de droite aujourd'hui (sans déconner)???

Cartier-Bresson, 1969

Elle avait l’oeil humide et la voix chevrotante tellement elle en était émue. Et c’est avec une indicible fierté que l’une de mes amies, que nous appellerons Marianne ;), m’annonça que Loulou, son gentil mari, s’était enfin décidé à s’engager dans la vie politique en prétendant au poste de maire de sa petite bourgade de province. Et telle une Jacky Kennedy en herbe, elle passait en revue le contenu bien trop baba cool de son dressing avec un mélange d’inquiétude et d’excitation.

–       Tu vois, là, je vais devoir investir, parce que toutes ces couleurs, c’est plus possible ! Tous les conseils sont donc les bienvenus hein !

Elle me dit cela avec un petit clin d’œil complice qui me donna l’agréable sensation d’être une espèce de Carry Bradshaw à la mode de Caen (et surtout de quand ?). Cependant, cette résolution soudaine me dérangea quelque peu.

–       Mais ça ne te frustre pas d’abandonner un style qui te correspond complètement, qui est tout à fait toi, juste parce que Loulou va se saper pour distribuer des tracts au marché entre les saucissons d’âne et les grigris africains?

–       Non tu sais, c’est très sérieux ! Cela fait longtemps qu’il y pense. On en a parlé des nuits entières, tu sais. Et moi, je veux faire honneur à son engagement. Qu’est-ce que tu penses de ça ? Je les avais achetées pour les obsèques de ma tante, je ne les ai portées qu’une seule fois.

Elle fait glisser son pied dans une chaussure vernie absolument immonde à bout carré ornée d’une boucle sur le devant, un modèle que même Roselyne Bachelot trouverait mémère. J’essaye de garder mon sérieux.

–       Heu… Je ne suis pas sûre que ça te corresponde. Après tout, tu connais tout le monde ici, et tous les gens te connaissent telle que tu es. Pourquoi te travestir ?

–       Tu comprends, je ne pourrai plus porter ÇA !

Elle me tend un sarouel couleur moutarde délavé au niveau des genoux.

–       Heu, oui, effectivement, celui-ci, tu peux éviter ! Mais pas pour les raisons que tu crois !

Nous éclatons de rire. Et soudain, une question vient à mes lèvres, et je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi je n’ai pas commencé par cela. Suis-je devenue si superficielle ? Pensais-je détenir déjà la réponse ?

 

–       Mais Marianne, au fait, il se présente sous quelle étiquette ton homme ?

–       UMP.

–       UMP ? Pfffft, t’es conne !!!!

Je prononçai ces mots en me marrant comme une baleine défoncée au crack, jusqu’à ce que je comprenne, à l’impassibilité du visage de Marianne,  qu’en réalité, il ne s’agissait pas du tout d’une boutade. Merde ! L’image des affreuses chaussures vernies Méphisto vint soudain éclairer mon esprit – ou l’embrouiller, je ne sais plus trop- ainsi que l’improbable raie sur le côté et les chemises Vichy du jeune Loulou. Et c’est à cet instant que cette réflexion sortit de ma bouche :

–       UMP ? Mais pourquoi ???!! Il a tout juste 35 ans !

–       Heu… Je ne vois pas le rapport…

 

Évidemment, je ne me lançai pas dans une explication détaillée de ma pensée ce jour-là, d’autant que j’eus besoin de quelques semaines pour la faire décanter. Car tous les jours qui suivirent, cette grande question vint m’habiter :

 

« PEUT-ON, DE NOS JOURS, ÊTRE JEUNE ET DE DROITE ? »

 

Tout d’abord, il faut considérer que cette question n’a pas sa réciproque. Il n’existe pas, à ma connaissance (et heureusement), une frontière d’âge où l’être humain subit une transformation génétique qui le pousse inéluctablement à voter UMP, et ce, même s’il se nourrit vraiment très très mal. Mais pourquoi le fait de défendre des idées de droite quand on fait partie de la génération X ou Y confère tout de suite au jeune des airs de heu… vieux con ?

 

1.

Parce que le jeune a tout l’avenir devant lui.Le fait d’avoir du temps devant soi est source d’espoir d’un mieux-être dans un monde idéal et égalitaire. La désillusion, quant à elle, entraîne un repli sur soi, et une nostalgie de « sa période de gloire ». De là, nait le « c’était mieux avant », puis la hantise de la modernité, et la « peur du jeune » que l’UMP sait si bien exploiter via sa politique sécuritaire ultra-alarmiste.

2.

Parce qu’il a vu ses vieux trimer et si bienheureux de partir ENFIN à la retraite à 60 piges. De fait, il n’a pas forcément une envie transcendantale de se taper 5 ans de plus pour rembourser la dette de son pays.

3.

Parce que le jeune n’est pas censé se réjouir qu’un patron ait le droit de le jeter tel une petite crotte malodorante pour des motifs complètement fallacieux voire carrément inexistants, comme le demande si vivement le délicieux patron du Medef, Pierre Gattaz

4.

Parce que le jeune se souvient encore de ses camarades d’école, y compris de Kader et d’Elies avec qui il s’est bien marré en 4ème et 3ème, et que par conséquent, il ne ressent aucun froid dans le dos lorsqu’il croise un vilain sarrasin (dit « basané » par les vieux votants UMP)

5.

Parce que le jeune a quasiment toujours connu les « 35 heures », et que cette réforme -qui fut un progrès social pour ses parents- fait partie de sa « normalité ».

6.

Parce que le jeune a quotidiennement autre chose à foutre, normalement, que médire sur les homos, les étrangers et tous ceux que l’UMP montre du doigt dans sa croisade contre la perte des valeurs familiales et de l’assistanat. Le jeune a déjà bien assez à faire avec ses soucis de bouclage de fin de mois, de quête de baby-sitters en urgence, et d’ulcère de l’estomac.

Merci Ludo pour cette création;)

Merci Ludo pour cette création;)

En conclusion

Je me suis donc aperçue que les jeunes votants UMP étaient, pour beaucoup, des fils ou filles de chefs d’entreprises à la retraite qui ne font que répéter mécaniquement les discours qu’ils ont distraitement entendus devant le gigot-flageolets du dimanche. Et c’est d’ailleurs le cas pour Loulou. Que les salariés ont trop de droits blabla blabla… Ils ne saisissent pas qu’intrinsèquement, un salarié bien protégé par les lois est une personne qui garde l’assurance d’un pouvoir d’achat, et c’est donc un client potentiel pour leur entreprise. Il ne comprennent pas que fragiliser ces acquis reviendrait à envoyer un boomerang bien tranchant droit devant eux? A part LVMH ou Carrefour, qui peut se permettre de faire fi de cette conséquence?

D’autre part, j’ai trouvé également des votants UMP chez les jeunes smicards ou petits salaires, ceux qui ne bossent que pour payer leurs factures, et qui sont sensibles aux discours séparatistes de la droite décomplexée qui leur fait croire que leur situation va sensiblement s’améliorer quand on aura coupé les alloc de tous les « assistés » qui gagnent plus qu’eux sans bosser. Ils sont en colère, mais certes contre les mauvaises personnes.

En 2007, Sarkozy a été élu sur une politique d’austérité. On nous a dit qu’il fallait « se retrousser les manches » et, tels de gentils moussaillons, écoper sévère pour sauver le vieux rafiot du naufrage. On nous a dit qu’il fallait « se lever tôt » pour foncer à la proue, et que moisir au chômage englué sur son clic-clac, c’était mauvais pour ledit rafiot. On nous a dit qu’il fallait faire preuve de patriotisme, et qu’accueillir toute la misère du monde, c’était se condamner à finir 20 000 lieues sous les mers. On nous a expliqué que l’érosion de nos acquis sociaux était la seule façon d’éviter les récifs délimités par la Communauté Européenne. On nous a dit de nous méfier des pirates en survêt’ et casquette qui menacent la ménagère et créent une économie parallèle néfaste au redressement du drapeau. Oh oui, ça, on nous a bien divisés… On a ramé, on a pagayé, on a écopé, et on a eu Copé…

Pourtant, (et c’est là, jeune votant de droite, que tu dois te concentrer!) on a omis de nous mentionner que tout en-haut, à la vigie du rafiot, certaines personnes étaient exemptées de tous efforts. On a omis de nous expliquer que cette injustice était due au fait que ces personnes étaient garantes de la nomination du capitaine du navire, qui en retour, leur permettait de rester à la vigie bien à l’abris, et de maintenir les gens dans la galère.

Enfin, et surtout, on a bêtement oublié de nous dire qu’en réalité, en vrai, on nous demandait de rembourser une dette dont nous n’étions pas responsables. Que depuis 1973, la loi dite « de Rothschild » interdisait à l’état de se prêter de l’argent à lui-même -via la banque de France- à taux zéro, et l’obligeait à emprunter à des banques privées aux taux exorbitants. Tout cela parce que Monsieur Pompidou avait eu à l’époque des relations privilégiées avec les Rothschild. Sans cette loi, nous ne serions pas plus endettés qu’en 1978 (voir graphique) On a également oublié de nous mentionner que l’évasion fiscale des barons du CAC 40 représentait 60 à 80 milliards d’euros par an de manque à gagner, et qu’apparemment, personne ne voulait affronter l’ennemi sans visage, pas même ceux qui se réclament de gauche pour la simple raison qu’ils ont deux mains gauches, et peut-être même deux couilles gauches.

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Alors, on nous dit que le problème vient de nous. Que nous abusons des Doliprane, que nous consommons trop de Xanax, que nous allons trop souvent chez le kiné, que nous abusons des congés maladie, que nous sommes des putain de chapardeurs. C’est pas bien d’être malade, et encore moins d’être chômeur. Toutefois, il me semble qu’un parti politique qui base l’essentiel de son programme sur la DIVISION DES GENS QUI COMPOSENT UNE MÊME SOCIÉTÉ veut forcément régner pour les mauvaises raisons. En tout cas pas celles qu’ils donnent à leurs jeunes -et moins jeunes- électeurs. 

ENSEMBLE, INDIGNONS-NOUS!!!

Lundi de Pentecôte et Sain(t)e Vérité

Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Si les abeilles disparaissent dangereusement, leur perte semble néanmoins compensée par la prolifération des guêpes : ces français qui à force de resserrer leur gaine, ressemblent étrangement à cet insecte. Mais il paraît que la guêpe elle aussi pollinise.  Sauf quand elle est stressée. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Nous ne pollinisons plus, trop stressés !

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Les causes

Il semblerait que nos dirigeants aient oublié cette petite chose toute bête : qu’il était absolument indispensable pour commencer à remédier à la crise que les gens butinent, virevoltent, soient, comment dire… ben…  HEUREUX. Pardon, si j’ose à peine écrire le mot heureux… Je voulais en trouver un qui au moins rime avec austérité, pour ne pas trop choquer les gens, mais aucun autre ne m’est venu à l’esprit. Car aujourd’hui Il m’apparaît clairement qu’on ne sortira pas de la mouise économique si l’on reste englués dans la morosité, tels des cormorans – corps mourants – dans une nappe de pétrole puante, et si l’on continue de rogner nos acquis. Et le lundi de Pentecôte travaillé en fait partie. Certes journée de solidarité aux personnes dépendantes. Oui mais… Un jour de moins pour polliniser. Et ce n’est pas rien.

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La vraie solution

Multiplication des contrôles médicaux, non-remboursement des médicaments, suspicions de fraude des plus modestes, on soupçonne la ruche de faire semblant d’être malade, alors on sanctionne. Alors, Moi Ministre (Pardonnez-moi cette anaphore digne d’un Néron ivre, mais elle a fonctionné pour un type que je connais et qui a décroché un poste inespéré, malgré son charisme de poisson lune ) Donc Moi Ministre, au lieu de supprimer un jour férié, J’EN RAJOUTERAIS UN. Mais ce jour serait différent pour chaque travailleur. Par exemple pour son anniversaire. Ou sa fête. Vous allez comprendre pourquoi cette dimension festive. Ce jour férié supplémentaire s’intitulerait La Sainte Vérité. Il s’agirait en effet d’un jour dans l’année où chacun serait autorisé à dire tout ce qu’il pense à qui bon lui semble, et sans que quiconque ne lui en tienne rigueur, comme si tout ce qui a avait été dit s’effaçait ensuite de la mémoire de tous.

Moi Ministre je permettrais ainsi à chaque travailleur de se libérer d’un poids de taille. L’un irait frapper à la porte de son voisin pour lui demander expressément de ne plus lui « faire la conversation à cinq centimètres du visage dans l’ascenseur en raison de sa gingivite pestilentielle », ou l’une pourrait, en hurlant, refuser à une vieille dame de lui céder sa place à la caisse du supermarché  puisqu’étant donné son âge elle n’a « que çà à foutre bordel, attendre la faucheuse pendant que d’autres jonglent comme des malades pour lui payer sa retraite à la vioque!!! ». Ainsi, Moi Ministre je libèrerais un grand nombre de français du poids qui oppresse leur poitrine. La société se sent prise en tenaille. Elle se meurt d’envie d’éructer façon dragon son surmenage, sa colère et son sentiment – justifié – d’injustice, mais elle n’en a pas les moyens. Sauf si l’on souhaite se retrouver en prison, à la rue, sans amis, ou dans un bureau non chauffé à Pôle Emploi face à un gars encore plus malheureux que soi, on intériorise.

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Le cercle vertueux

Depuis qu’une étude de 2007 a révélé que nos cellules anti-cancer – dites NK – chutent lors d’un gros stress, on sait que le cancer, première cause de décès dans les pays développés est une maladie psychosomatique auto-immune, une inéluctable autosuppression. Alors Moi Ministre, en laissant les gens exprimer librement leurs émotions, leurs déconvenues, leur rage en ce jour de fête, je sauverais des vies, et en même temps, je réduirais le trou de la Sécu. CQFD. Quand on sait ce que coûte une séance de radiothérapie ou de chimio ! Idem pour Depuis qu’une étude de 2007 a révélé que nos cellules anti-cancer – dites NK – chutent lors d’un gros stress, on sait que le cancer, première cause de décès dans les pays développés est une maladie psychosomatique auto-immune, une inéluctable autosuppressionles AVC – Arrête cette Vie de Con –  en pleine expansion, qui supposent bien souvent des hospitalisations, interventions, rééducations, placements, bref un gouffre pour le pays. Et n’oublions pas les anti-dépresseurs dont nous sommes les champions de la consommation. Le jour de Sainte Vérité viderait les travailleurs de leur anxiété, leur amertume, et remettrait les compteurs à zéro ! Les gens se sentiraient plus légers. Plus besoin de chimie !

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Le tout benef’

Mais s’il y a un domaine où les travailleurs ont des vérités à dire, ne serait-ce pas justement AU BOULOT? Imaginez un jour où la jeune et jolie active pourrait lancer, hystérique, à sa chef vieillissante : « T’as pas autre chose à foutre, vieille morue, que me fliquer toute la journée en me matant de haut en bas avec ton air pincé de mal b…  ?!!!! », ou le sénior dirigé par un petit jeunot pédant aux propos avilissants : « Mais tu vas la fermer ta gueule de petit morveux à lunettes, vas jouer aux billes et lâche-moi la grappe, allez dégaaaage !!! »

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Alors mine de rien, dans ces conditions jubilatoires, Moi Ministre, je relèverais le défi de faire venir au boulot plus de la moitié des travailleurs en ce jour de congé! Ce résultat étant bien plus satisfaisant que les minables 20% présents au bureau le lundi de Pentecôte atteints jusqu’alors… Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’après s’être défoulés en expulsant leur mal-être – Vous savez, à la manière du gros black qui recrache des moucherons dans La Ligne verte – nos travailleurs, ainsi recentrés, en profitent pour rédiger quelques mails, passer deux coups de fil en retard, ou peaufiner leur Powerpoint pour la réunion de la semaine prochaine. Quand les gens sont plus heureux, ils sont évidemment plus productifs. C’est ce qu’on appelle du « tout bénef’ ». Ou « gagnant – gagnant » comme dirait gnangnan. Pas folle la guêpe…

Le trou de la Sécu colmaté, reste à savoir comment nous allons financer les retraites de tous ces gens qui vivrons plus vieux. Eh bien Moi Ministre je compte sur la lenteur bien française de la mise en place de ce jour férié. Disons pour 2030. Si tout va bien. Car des études récentes prévoient que la première cause de mortalité dans les pays développés d’ici vingt ans sera… Le suicide ! Simple, rapide, pas cher. Oui, l’heure du Fast death a sonné mes chers compatriotes. Révolutionnons le monde par la French New Way of Death, et sortons ainsi en tout premier de la crise. Pas con le bourdon 😉

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Indignons-nous!

Le trou de la Sécu colmaté, reste à savoir comment nous allons financer les retraites de tous ces gens qui vivrons plus vieux. Eh bien Moi Ministre je compte sur la lenteur bien française de la mise en place de ce jour férié. Disons pour 2030. Si tout va bien. Car des études récentes prévoient que la première cause de mortalité dans les pays développés d’ici vingt ans sera… Le suicide !

Hollande se soumet à l’Europe, quelle surprise…

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Estelle Bee.

 

Le don du sang selon Frigide

Hollande veut du sang ? Il en aura.HOLLANDE VEUT DU SANG ? IL EN AURA ! 

Telle est la dernière trouvaille de Frigide Barjot, lors de la manif du 12 avril dernier, pour faire parler d’elle. Pendant que le nouveau pape, en bon latino – natif de LA Terre de métissages – s’évertue à prôner la tolérance en évitant tout discours séparatiste, et en l’occurrence, en baisant les pieds d’une jeune musulmane, sa groupie faussement trash lançait cet appel à la violence.

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Quand l’élève dépasse le maître

Cette réflexion m’a renvoyée à mes années lycée. J’ai passé un bac littéraire. Pendant mon année de terminale, j’étais moi aussi groupie… du prof de philo. Joli garçon, barbe de trois jours, drôle et cynique qui plus est, et même pas trentenaire… Autant dire que j’étais toujours au premier rang, buvais ses paroles, m’enivrais de ses prises de position culottées qui n’étaient qu’intellectuelles, mais qui m’en laissaient imaginer d’autres, plus pragmatiques et moins habillées… Imprégnée de citations, de lectures, et de l’engagement de mon prophète, je lançais continuellement mon index en direction des cieux pour que mon dieu de chair et de sang m’interroge et me bénisse d’un hochement de tête et d’un sourire encourageant et charmeur. Certains diraient que je m’adonnais à de la masturbation intellectuelle, et à ceux-là, je répondrais que… OUI, GRAVE ! Mais c’était quand même la première fois que cette pratique me laissait présager un 18/20 coefficient 7 au Bac, puisque, vous l’aurez compris, j’étais première de la classe.

Autant dire que j’étais toujours au premier rang, buvais ses paroles, m’enivrais de ses prises de position culottées qui n’étaient qu’intellectuelles, mais qui m’en laissaient imaginer d’autres, plus pragmatiques et moins habillées… Imprégnée de citations, de lectures, et de l’engagement de mon prophète, je lançais continuellement mon index en direction des cieux pour que mon dieu de chair et de sang m’interroge et me bénisse d’un hochement de tête et d’un sourire encourageant et charmeur.

Le jour de l’examen écrit arriva. Je mis pour l’occasion ma plus jolie robe, alors que la plupart de mes camarades composaient en jeans troués, comme des jeunes de leur âge. C’était de surcroît une de ces rares semaines où je n’avais pas un seul bouton sur le visage. Tout était parfait. Le sujet m’inspira au-delà du rationnel, puisqu’il nous demandait : « Toutes les passions sont-elles déraisonnables ? ». Je torchai mes 8 pages de dissert une heure avant la fin de l’épreuve avec le sentiment du devoir accompli et des papillons dans le ventre. Trois semaines après, les résultats tombèrent. Je relus trois fois ma note, incrédule, qui annonçait un 08/20 ! Au-delà du fait de perdre ma Mention Bien, je fus prise d’une violente colère contre tous ceux qui avaient eu une note supérieure à la mienne en restant très « scolaires » dans leur approche, et en dépassionnant un débat, qui pour moi devait être tout sauf gentillet. On m’avait pourtant prévenue que la philosophie, à l’instar de la littérature et de la religion – opium du peuple – était un art totalement subjectif, et que la note pouvait varier du meilleur au pire en fonction du correcteur.

Le sujet m’inspira au-delà du rationnel, puisqu’il nous demandait : « Toutes les passions sont-elles déraisonnables ? ». Je torchai mes 8 pages de dissert une heure avant la fin de l’épreuve avec le sentiment du devoir accompli et des papillons dans le ventre.

Frigide Barjot avait tout bon au temps de Papi Jean-Paul le vieux conservateur. Elle a même conservé sa Mention Très bien à l’époque de Benoît XVI qui a sagement poursuivi l’oeuvre de son prédécesseur. Mais malheureusement, François 1er, au travers des prémices de son ouverture, lui a collé un 08/20, et çà, c’est bien difficile à gérer. Car dans ce cas-là on se dit que le correcteur est un incompétent et on essaie de passer en force. De faire son coup d’Etat spirituel. De dépasser le stade du simple disciple, pour enfin se faire Maître.

Et, oralement parlant, c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite 😉

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Une seule question demeure : QUI VEUT BIEN SE DEVOUER ???Car dans ce cas-là on se dit que le correcteur est un incompétent et on essaie de passer en force. De faire son coup d’Etat spirituel. De dépasser le stade du simple disciple, pour enfin se faire Maître. Et, oralement parlant, c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite ;)

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Estelle Bee.