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People: les faux amis des vrais gens

Gad Elmaleh et LCL

Chanteurs, acteurs, starlettes, humoristes, sportifs… Vous les aimez, mais souvent, l’amour est aveugle, et malheureusement, parfois même sourd. Car  c’est toujours en altermondialistes, gauchos convaincus, trotskystes indécrottables, et proches de la plèbe que ces célébrités se présentent à nous, car disent-ils, ils n’ont pas oublié d’où ils viennent.

Disent-ils… Mais ainsi font-ils ?

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Jenifer ou la « T’es ma copine Attitude »

Vous avez grandi, évolué avec Jenifer, vous savez, la petite boulotte au brin de voix ma foi joli, qui faisait à l’époque des choix amoureux aussi douteux que les vôtres. Et depuis, elle est devenue une femme accomplie et successfull, expirant à pleins poumons – en en nuisette cocotte SVP !- « sous le soleil de mes cheveux blonds ( !!!), poupée de cire, poupée de son » dans sa chanson « Hommage » à France Gall. Comme quoi on peut être chanteuse ET daltonienne.

Aussi, c’est en Prime Time qu’elle distille aujourd’hui ses bons conseils sur l’imparable chaîne dans « The Voice », conseils épicés de clins d’yeux complices de CELLE QUI SAIT, puisqu’elle est justement passée par là. Son empathie très tactile à l’égard des candidats –vas-y que je te malaxe l’épaule comme on détend un gigot d’agneau avant cuisson, mais sans huile d’olive-, son parler djeun’s, et son côté connecté (« inné… vibrations… sensibilité… ») font que Jen est apparemment la super nana qui comprend toutes les galères de la vie. AINSI, ELLE SEMBLE ÊTRE TOUS CES GENS À LA FOIS : elle est la punk tatouée qui éructe de sa voix pierreuse des couplets de Colette Renard dans le métro, elle est ce mastodonte poilu à la dentition approximative qui balance un contre-ut sur le pont de All by myself, elle est cet afro-sino-latino-alsacien qui semble tout droit sorti d’un morphing de chez Benetton et qui susurre du Nancy Sinatra comme si c’était  son dernier souffle.

Bref, Jen, elle est un peu comme un abonné de chez Free, ELLE A TOUT COMPRIS. Vraisemblablement.

D’ailleurs, elle a tellement tout compris qu’elle fredonne en ce moment « Que les françaises sont joliiiiies » en boucle, dans une publicité pour La Halle aux Vêtements et Chaussures.  Elle démontre donc concrètement que oui, décidément, elle est une fille normale, qui porte des espadrilles mal compensées made in Bangladesh, des jupes délavées asymétriques qui s’effilochent, des pulls en laine de verre, des blazers non doublés, des collants Il n’y a que maille qui m’aille, et des sous-vêtements abrasifs à 12,90 euros la parure.

Le Hic : pour les enregistrements de The Voice, la petite française comme les autres a porté deux robes différentes qui coûtaient 3000 et 1300 euros la pièce, ce qui faisait cher le centimètre carré de tissu, forcément.

Le Hic : pour les enregistrements de The Voice, la petite française comme les autres a porté deux robes différentes qui coûtaient 3000 et 1300 euros la pièce, ce qui faisait cher le centimètre carré de tissu, forcément.

Car le problème ici n’est pas que la starlette porte des tenues dont le coût permettrait de subvenir aux besoins d’une famille française pendant deux mois. Le vrai souci est qu’elle soit assez hypocrite pour faire croire aux françaises qu’elle s’habille exactement dans les mêmes magasins aux mêmes néons mochisants qu’elles, juste pour se faire du blé,  blé qu’elle ira évidemment dépenser chez Chanel ou Dolce & Gabbana. A-t-elle au moins conscience que ce paradoxe est une injure faite à ces compatriotes ?

 

Gad Elmaleh, des dents qui rayent le rocher…

C’est vrai que l’on s’est senti proche de lui lorsqu’il déroulait ses sketches sur « Le Blond », personnification du gars parfait aux orteils irréprochables qui donnerait des complexes à George Clooney et Jared Leto réunis. Mais voilà, notre bon Gad est entré –un peu fort- dans le monde du cinéma, s’est apparemment vu uriner plus haut que d’autres, et a cru bon de défendre le gros Gégé qui abandonnait sa patrie pour s’en aller boulotter du chocolat chez Jeff de Bruges, et gratos en plus. Difficile après cela d’affirmer qu’on n’a pas oublié ses modestes origines, d’autant plus que l’on jette l’ancre à Monaco.

Mais un beau jour, on redécouvre l’acteur d’habitude grimacier en directeur financier impitoyable dans Le Capital, de Costa-Gavras qui dénonce cette fois le monde de la haute finance et ses dérives aberrantes, qui font en sorte que l’écart entre les riches et les pauvres se creuse toujours davantage. Et dont la mécanique repose sur une utilisation de sommes qui ne servent qu’à faire fructifier d’autres sommes, sans produire quoi que ce soit. Alors, on reconsidère un peu notre avis sur Gad, mais malheureusement pas pour si longtemps.

Car dans une interview, le réalisateur explique que l’idée première du film est née d’« un livre terrible de férocité écrit par François Gille, ancien directeur repenti du Crédit lyonnais. », vous savez, la banque française aux 115 implantations dans des paradis fiscaux pour laquelle Gad Elmaleh fait justement de la publicité à la télévision?! Vous savez, cette mauvaise publicité dans laquelle il joue son propre rôle et explique à son public, vraisemblablement assis sur des boîtes à rire, qu’une banque qui traite bien ses usagers, ben c’est possible !

Car dans une interview, le réalisateur explique que l’idée première du film est née d’« un livre terrible de férocité écrit par François Gille, ancien directeur repenti du Crédit lyonnais. », vous savez, la banque française aux 115 implantations dans des paradis fiscaux pour laquelle Gad Elmaleh fait justement de la publicité à la télévision?!

Alors, on peut toujours chercher la raison de ce paradoxe – ignorance ? Provocation ?- ou bien essayer de savoir de quel bord est, au juste, Monsieur Elmaleh, mais cela n’apportera rien de nouveau au débat, puisque nous avons tous compris je pense, que ce dernier se contrecarre totalement du sujet, qu’il se torche élégamment avec la crise, l’oligarchie, la nécessité, la détresse, pour n’en retenir que des valeurs chiffrées qui l’intéressent. Qu’il est tellement perché aujourd’hui, à la manière de Maître Corbeau, qu’il ne fait même pas le rapprochement entre ses divers choix ou mots, enfin, je l’espère. Mais finalement, je n’en suis pas si sûre…

Car inciter des téléspectateurs à entrer dans un monde – LCL- qu’il était censé dénoncer par ailleurs, est une attitude qui, sous certains aspects, peut s’apparenter à de la prostitution… Une chose est sûre, Maître Corbeau n’est pas prêt à lâcher son fromage…

Je terminerai ma démonstration en évoquant l’épineux sujet des Enfoirés. L’initiative vient à l’origine, d’un bon sentiment, nous le savons tous. Mais aujourd’hui, en ces temps immensément difficiles,  l’idée que des millionnaires demandent à des smicards de donner pour des RMIstes n’aurait-elle pas choqué Coluche lui-même ???people enfoirés

Par le choix de nos programmes et contre l’hypocrisie outrancière, indignons-nous!!!

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Estelle BEE.

Rendre hommage comme Jenifer

« J’ai découvert que France Gall faisait partie de mes artistes préférés, et j’ai eu envie de lui faire cet hommage . Je savais que j’avais sa validation sur ce projet-là mais (…) elle s’est pas incrustée, elle m’a laissée faire comme je l’entendais, et c’est ça que j’admire aussi chez elle, cette pudeur, cette discrétion… heu… Je l’aime beaucoup. »

 

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A peine sorti, l’album Ma déclaration de Jenifer –qui reprend les plus grands succès de France Gall-  exhale un petit fumet aigrelet et rance de trahison et de non-dits qui s’épaissit les jours passant…

Car depuis quelques semaines, on nous annonçait partout la sortie imminente de ce disque « HOMMAGE à France Gall » selon Jenifer herself, dont elle se dit profondément admiratrice, leur rencontre, dit-elle, « restera à jamais gravée » dans sa mémoire.

 

Le hic

Seulement voilà, France Gall dément formellement avoir été consultée pour ce projet dans une interview accordée au Parisien le 11 juin dernier. Très remontée, elle assure qu’elle n’était pas du tout au courant : elle a découvert les reprises par hasard sur internet, avec une légère sensation d’avoir été enterrée vivante à travers la notion d’ « hommage ». Seulement voilà, France Gall dément formellement avoir été consultée pour ce projet dans une interview accordée au Parisien le 11 juin dernier. Très remontée, elle assure qu’elle n’était pas du tout au courant : elle a découvert les reprises par hasard sur internet, avec une légère sensation d’avoir été enterrée vivante à travers la notion d’ « hommage ». Oui dommage… On comprend mieux ainsi l’extrême « discrétion » dont parle Jen, et le fait que cette dernière ait apprécié –avec force élégance et respect- que France Gall ne se soit pas « incrustée » dans l’aventure. Classe.

 

 

Du pillage légal

 Il y en a marre. Jenifer fait la promotion de son disque de reprises de mes chansons qu’elle a réalisé en secret. On ne peut pas s’opposer à ce genre de projet tant que la mélodie et les textes ne sont pas changéss’invective notre France Gall nationale. Cette réalité, l’équipe d’Universal, dont le patron se trouve être l’élégantissime Pascal Nègre la connaît : l’hommage, c’est une rentrée d’argent assurée par l’immense notoriété et capital sympathie du bon pigeon, pas besoin de rechercher des auteurs, compositeurs et de s’adonner à une quelconque création artistique (on s’en fout, c’est pas le but) : simple, rapide, efficace.

Quand à la pseudo « VALIDATION » dont parle Jenifer (on entendra d’ailleurs « veulidation » pendant l’interview 😉 Rachida, sors de ce corps !), elle est tout au mieux symbolique, une sorte de passation de flambeau qui se fait théoriquement dans un grand respect mutuel, et, je suppose, dans une énergie commune. Car la sincérité est souvent garante d’un résultat de qualité, le minimum pour honorer le public de l’icône des 60’s, 70’s, 80’s.

Quand à la « validation » dont parle Jenifer (on entendra d’ailleurs « veulidation » lors de l’interview ;) Rachida Dati, sors de ce corps !), elle ne peut être donc que symbolique, une sorte de passation de flambeau qui se fait dans un grand respect mutuel, et, je suppose, dans une énergie commune. Car obtenir un résultat de qualité, c’est honorer le public de l’icône des 60’s, 70’s, 80’s. C’est pas rien, nan ?

Pourquoi donc les deux chanteuses n’ont-elles pas échangé le moindre mot sur ce projet? Un proche de Jenifer nous éclaire en ces mots : Jenifer souhaitait le faire, mais cela ne s’est pas réalisé (…), personne n’avait intérêt à ce qu’elles communiquent entre elles. France Gall aurait dit: «Je t’aime beaucoup, mais je m’oppose à cette idée d’album de reprises.» Ben oui, pourquoi demander quand on sait que la réponse sera NON ?! Autant se servir, c’est légal! Quand on sait que des caissières on été salement mises à la rue sans indemnités pour avoir illégalement pris  des yaourts périmés destinés aux ordures, ça peut donner une paralysie faciale.

  

Disque de blonde (platine)

 

Car voir Jen la brune méditerranéenne, en pur produit marketing, prendre des poses lascives, se mordre innocemment la lèvre inférieure dans des tenues à la Marie-Antoinette version backrooms, et surtout l’entendre chanter « Sous le soleil de mes cheveux blonds/ poupée de cire, poupée de son » dans son clip, ça peut quand même porter à rire. Concernant la qualité de l’ouvrage, c’était prévisible : dans la mesure où l’on démarre un projet sur une méprise, le résultat ne peut pas transpirer la sincérité. « J’ai entendu «Poupée de cire, poupée de son» chanté par Jenifer. Ça fait bizarre. Il manque ma voix. » dit à juste titre France Gall. Car voir Jen la brune méditerranéenne, en pur produit marketing, prendre des poses lascives, se mordre innocemment la lèvre inférieure dans des tenues à la Marie-Antoinette version backrooms, et chanter « Sous le soleil DE MES CHEVEUX BLONDS/ poupée de cire, poupée de son » dans son clip, ça peut quand même porter à rire. Ça laisse surtout supposer un foutage de gueule total pour l’œuvre originale, taillée sur mesure pour la jeune blondinette candide de l’époque. Quel hommage !

 

Je me suis ainsi demandée ce que cela donnerait si tous les gens qui se servent sans demander justifiaient leur geste par le concept « d’hommage »:

 

Jérôme Cahuzac :

« En ma qualité d’homme politique, je souhaiterais rendre hommage au système fiscal français, qui, trop occupé à vérifier les frais réels à l’euro prêt des petits épargnants véhiculés, m’a permis quelques escapades polissonnes au pays de Ricola »

Jérôme Cahuzac : « En ma qualité d’homme politique, je souhaiterais rendre hommage au système fiscal français, qui, trop occupé à vérifier les frais réels à l’euro prêt des petits épargnants véhiculés, m’a permis quelques escapades polissonnes au pays de Ricola »

 

 

Ariel Castro :

« Je souhaiterais plus que tout rendre hommage à Amanda Berry pour avoir bien voulu me donner un enfant alors même que je frôlais déjà la cinquantaine, et qu’aucune femme ne voulait de moi puisque j’étais gros, laid, pauvre, alcoolique et malodorant. »

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Rupert Sanders 

« Je voudrais rendre hommage à mon ami Robert Pattinson qui a eu l’immense générosité de me prêter sa femme Kristen Stewart pour des cours de conduite sur la banquette arrière de ma voiture, à un moment de ma vie où j’avais un grand vide à combler dès lors que mon film était sorti. »

Rupert Sanders : « Je voudrais rendre hommage à mon ami Robert Pattinson qui a eu l’immense générosité de me prêter sa femme Kristen Stewart pour des cours de conduite sur la banquette arrière de ma voiture, à un moment de ma vie où j’avais un grand vide à combler dès lors que mon film était sorti. »

 

 

Pascal Nègre :

« Je voudrais rendre hommage à George Moustaki, poète et artiste de talent. Tous ces succès sont chez Universal. » (Ah mais mince, il l’a déjà posté sur twitter ça !)

 

Nicolas Sarkozy :

« Je voudrais témoigner ma profonde admiration et rendre hommage à tous les français qui, en toute discrétion, ont accepté de retarder de quelques années leur départ à la retraite, alors même que leur pouvoir d’achat a été divisé de moitié et qu’un AVC les guette à la moindre contrariété. Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire. »

 

Enfin, à titre personnel, je voudrais rendre hommage à la chanteuse Jenifer qui m’a donné sa veulidation pour publier cette modeste chronique. Grâce à sa discrétion j’ai pu écrire en toute liberté sans qu’elle vienne me coller au train. Notre rencontre restera à jamais gravée dans les annales.

A titre personnel, je voudrais rendre hommage à la chanteuse Jenifer qui m’a donné sa validation pour publier cette chronique. Grâce à sa discrétion j’ai pu faire des recherches et écrire en toute liberté sans qu’elle vienne me coller au train lors de la rédaction de ce modeste article. Notre rencontre restera à jamais gravée dans les annales.

 

Quant à Jen, elle pourra sans nul doute rendre aussi hommage à son équipe de com’ pour avoir eu l’idée lumineuse de la dissuader de prendre contact avec son « icône », la faisant ainsi passer pour une mythomane irrévérencieuse et hypocrite, mais de lui avoir permis -pour le coup- d’apprendre de ses grossières erreurs. You loose, you learn.

 

 

Ouvrons l’œil, ils sont partout !

 Quant à Jen, elle pourra sans nul doute rendre aussi hommage à son équipe de com’ pour avoir eu l’idée lumineuse de la dissuader de prendre contact avec son « icône », la faisant ainsi passer pour une mythomane irrévérencieuse et hypocrite

 

Estelle Bee.