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Gad El Walou et son compte en cieux

Gad el Walou et son compte en cieuxBon sang que Costa-Gavras a eu la main heureuse en choisissant Gad Elmaleh pour tenir ce premier rôle (de composition) de banquier retors et sans scrupule, dans son film le Capital en 2012, qui présente la crise économique actuelle comme avant tout une crise morale des financiers. Je ne tiens pas particulièrement à répéter ce qui a été écrit par deux fois sur ce blog concernant notre bon Gad depuis qu’il a fermement soutenu, via twitter, le gentil Depardieu quand les vils médias l’ont attaqué au sujet de sa vilaine fuifuite fiscale au pays de la moule-frite.

Intéressons-nous à ce qui est VRAIMENT étonnant dans cette affaire: la stupéfaction générale qui a fait suite à l’annonce de sa détention du fameux filet garni en Suisse.

Cela signifie donc que malgré le fait que le bougre filait du mauvais cachemire depuis quelques années, notamment en faisant le guignol pour LCL en boucle sur toutes les chaînes, les gens croyaient ENCORE en lui??? Comment expliquer que l’on confierait les yeux fermés son nouveau-né à un type comme Gad Elmaleh (perso, je lui confierais bien ma belle-mère), alors qu’il nous semblerait impensable de confier les clés de sa Twingo 1ère génération à un Jean-François Copé?

 

La technique du fidèle écuyer

Appelée aussi technique du Jacquouille ou du gentil baltringue, ce procédé hérité des romans de Chevalerie vise à user de fausse modestie voire d’une autodérision qui frise le sadomasochisme, afin de mettre l’interlocuteur en confiance. Gad Elmaleh a séduit un public de gens « normaux » qu’il a conforté dans sa normalité. Ses sketches sur Le Blond, mec, gendre et père idéal, tant d’un point de vue physique que moral, avec comme antihéros sa propre personne, agissaient comme un baume décomplexant sur les vrais gens, et pour le coup, sonnaient juste, en plus de créer une véritable complicité entre l’artiste « normal » et la France d’en-bas. Ou d’en-dessous 😉

Alors, lorsque Le Brun a commencé à prendre son melon pour une pastèque, le public a fermé les yeux. Que voulez-vous, les honnêtes gens sont gentils, par définition, et s’extirpent difficilement de leur zone de confort. Ils se sont même réjouis de son union princière sur le rocher, preuve qu’une princesse peut accorder sa blanche main -entre autre- à l’humble palefrenier, preuve (donc) que le conte de fée peut sonner à n’importe quelle porte, mais blindée de préférence.

 

Manifestement Plus à l’aise dans le rôle du financier que celui du blond…

 

 

J’ai glissé, chef…

La question que l’on peut se poser à présent (mais bon, on n’est pas obligé hein!)  est évidemment:

Qui est vraiment Gad Elmaleh?

Ne serait-il pas encore et toujours ce brun complexé, finalement coincé entre rêve et réalité, et qui, malgré tout ce que la vie pourra lui apporter de richesse, de reconnaissance et d’amour, ne pourra jamais panser le sentiment de manque de son enfant intérieur, lequel viendra toujours gratter à la porte de son actuelle réussite avec ses petits ongles sales, pour lui souffler de mauvaises choses à faire? (Bon ça c’était pour l’aspect humain du problème hein)

En d’autres termes, et par ses actes manqués, Gad Elmaleh ne serait-il pas le nouveau Jean Lefebvre, alias Pitivier dans La Septième Compagnie pour accumuler autant de gaffes en si peu de temps?

Son doigt n’a-t-il pas ripé sur la touche « entrée » de son clavier, début 2013,  lorsqu’il a attaqué Torreton et sa lettre ouverte à Gérard Depardieu en des termes si révoltants « C’est pas en tapant sur les grands qu’on entre dans leur cour. Je comprends ton mal de notoriété, mais tu es si petit…« . Et cette hypothèse est d’autant plus probable qu’il supprima sa publication quelques minutes plus tard… N’a-t-il pas encore malencontreusement glissé quelque semaines plus tard -et encore sur Twitter- lorsque qu’il souhaita « Une longue vie aux restos du coeur« ???

J’ai glissé, chef!

Son stylo n’a-t-il pas juste glissé, début 2014, lorsqu’il a signé ce sirupeux contrat avec LCL, banque justement dénoncée pour son absence totale de morale dans le livre que Costa-Gavras a adapté pour son film Le Capital dont il avait tenu le rôle principal?

J’ai glissé, chef!

Et si ça se trouve, Gad El Walou n’a pas réellement voulu entuber le fisc français, ainsi que tous les pigeons qui l’aimaient beaucoup et qui, eux, se font taxer à la régulière, ou qui ne se font rien taxer du tout, mais pour les bonnes raisons. Non, Gad n’a pas du faire exprès. Il a sûrement glissé en plein trekking entre la France et la Suisse (on avait omis de lui préciser que les mocassins Hermès en cuir d’autruche étaient inadaptées à la rando), et son sac-à-dos chargé de billets qu’il pensait redistribuer aux plus démunis a dévalé une montagne pour aller s’écraser devant un guichet d’HSBC.

J’ai glissé Chef!

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Pour finir, on a vu pas mal défiler sur la toile l’information selon laquelle Gad Elmaleh avait nié avoir un compte à l’étranger. Mais en regardant attentivement l’interview en question, on se rend compte que notre piètre comédien, visiblement gêné, balaye la question du compte en Suisse d’un médiocre jeu de mots: « De Contentieux, non, pas encore! » (voir vidéo ci-dessous)

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Devant cette mollesse dramaturgique, impardonnable pour un comédien du Cac 40, invitons donc tous les réalisateurs engagés à faire preuve d’audace en engageant de vrais acteurs comme Jérôme Cahuzac, qui lui, a assumé sa stature de blond jusqu’au bout. Soyons certains qu’il saura nous faire vibrer dans les salles parisiennes, provinciales et même transalpines.

Mais au fait, qu’y a-t-il donc de pire qu’un blond finalement? Sans conteste, un faux brun. Ou un faux blond, on ne sait plus trop…

 

Par le choix de notre vie culturelle, indignons-nous!

 

Estelle Bee.

 

People: les faux amis des vrais gens

Gad Elmaleh et LCL

Chanteurs, acteurs, starlettes, humoristes, sportifs… Vous les aimez, mais souvent, l’amour est aveugle, et malheureusement, parfois même sourd. Car  c’est toujours en altermondialistes, gauchos convaincus, trotskystes indécrottables, et proches de la plèbe que ces célébrités se présentent à nous, car disent-ils, ils n’ont pas oublié d’où ils viennent.

Disent-ils… Mais ainsi font-ils ?

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Jenifer ou la « T’es ma copine Attitude »

Vous avez grandi, évolué avec Jenifer, vous savez, la petite boulotte au brin de voix ma foi joli, qui faisait à l’époque des choix amoureux aussi douteux que les vôtres. Et depuis, elle est devenue une femme accomplie et successfull, expirant à pleins poumons – en en nuisette cocotte SVP !- « sous le soleil de mes cheveux blonds ( !!!), poupée de cire, poupée de son » dans sa chanson « Hommage » à France Gall. Comme quoi on peut être chanteuse ET daltonienne.

Aussi, c’est en Prime Time qu’elle distille aujourd’hui ses bons conseils sur l’imparable chaîne dans « The Voice », conseils épicés de clins d’yeux complices de CELLE QUI SAIT, puisqu’elle est justement passée par là. Son empathie très tactile à l’égard des candidats –vas-y que je te malaxe l’épaule comme on détend un gigot d’agneau avant cuisson, mais sans huile d’olive-, son parler djeun’s, et son côté connecté (« inné… vibrations… sensibilité… ») font que Jen est apparemment la super nana qui comprend toutes les galères de la vie. AINSI, ELLE SEMBLE ÊTRE TOUS CES GENS À LA FOIS : elle est la punk tatouée qui éructe de sa voix pierreuse des couplets de Colette Renard dans le métro, elle est ce mastodonte poilu à la dentition approximative qui balance un contre-ut sur le pont de All by myself, elle est cet afro-sino-latino-alsacien qui semble tout droit sorti d’un morphing de chez Benetton et qui susurre du Nancy Sinatra comme si c’était  son dernier souffle.

Bref, Jen, elle est un peu comme un abonné de chez Free, ELLE A TOUT COMPRIS. Vraisemblablement.

D’ailleurs, elle a tellement tout compris qu’elle fredonne en ce moment « Que les françaises sont joliiiiies » en boucle, dans une publicité pour La Halle aux Vêtements et Chaussures.  Elle démontre donc concrètement que oui, décidément, elle est une fille normale, qui porte des espadrilles mal compensées made in Bangladesh, des jupes délavées asymétriques qui s’effilochent, des pulls en laine de verre, des blazers non doublés, des collants Il n’y a que maille qui m’aille, et des sous-vêtements abrasifs à 12,90 euros la parure.

Le Hic : pour les enregistrements de The Voice, la petite française comme les autres a porté deux robes différentes qui coûtaient 3000 et 1300 euros la pièce, ce qui faisait cher le centimètre carré de tissu, forcément.

Le Hic : pour les enregistrements de The Voice, la petite française comme les autres a porté deux robes différentes qui coûtaient 3000 et 1300 euros la pièce, ce qui faisait cher le centimètre carré de tissu, forcément.

Car le problème ici n’est pas que la starlette porte des tenues dont le coût permettrait de subvenir aux besoins d’une famille française pendant deux mois. Le vrai souci est qu’elle soit assez hypocrite pour faire croire aux françaises qu’elle s’habille exactement dans les mêmes magasins aux mêmes néons mochisants qu’elles, juste pour se faire du blé,  blé qu’elle ira évidemment dépenser chez Chanel ou Dolce & Gabbana. A-t-elle au moins conscience que ce paradoxe est une injure faite à ces compatriotes ?

 

Gad Elmaleh, des dents qui rayent le rocher…

C’est vrai que l’on s’est senti proche de lui lorsqu’il déroulait ses sketches sur « Le Blond », personnification du gars parfait aux orteils irréprochables qui donnerait des complexes à George Clooney et Jared Leto réunis. Mais voilà, notre bon Gad est entré –un peu fort- dans le monde du cinéma, s’est apparemment vu uriner plus haut que d’autres, et a cru bon de défendre le gros Gégé qui abandonnait sa patrie pour s’en aller boulotter du chocolat chez Jeff de Bruges, et gratos en plus. Difficile après cela d’affirmer qu’on n’a pas oublié ses modestes origines, d’autant plus que l’on jette l’ancre à Monaco.

Mais un beau jour, on redécouvre l’acteur d’habitude grimacier en directeur financier impitoyable dans Le Capital, de Costa-Gavras qui dénonce cette fois le monde de la haute finance et ses dérives aberrantes, qui font en sorte que l’écart entre les riches et les pauvres se creuse toujours davantage. Et dont la mécanique repose sur une utilisation de sommes qui ne servent qu’à faire fructifier d’autres sommes, sans produire quoi que ce soit. Alors, on reconsidère un peu notre avis sur Gad, mais malheureusement pas pour si longtemps.

Car dans une interview, le réalisateur explique que l’idée première du film est née d’« un livre terrible de férocité écrit par François Gille, ancien directeur repenti du Crédit lyonnais. », vous savez, la banque française aux 115 implantations dans des paradis fiscaux pour laquelle Gad Elmaleh fait justement de la publicité à la télévision?! Vous savez, cette mauvaise publicité dans laquelle il joue son propre rôle et explique à son public, vraisemblablement assis sur des boîtes à rire, qu’une banque qui traite bien ses usagers, ben c’est possible !

Car dans une interview, le réalisateur explique que l’idée première du film est née d’« un livre terrible de férocité écrit par François Gille, ancien directeur repenti du Crédit lyonnais. », vous savez, la banque française aux 115 implantations dans des paradis fiscaux pour laquelle Gad Elmaleh fait justement de la publicité à la télévision?!

Alors, on peut toujours chercher la raison de ce paradoxe – ignorance ? Provocation ?- ou bien essayer de savoir de quel bord est, au juste, Monsieur Elmaleh, mais cela n’apportera rien de nouveau au débat, puisque nous avons tous compris je pense, que ce dernier se contrecarre totalement du sujet, qu’il se torche élégamment avec la crise, l’oligarchie, la nécessité, la détresse, pour n’en retenir que des valeurs chiffrées qui l’intéressent. Qu’il est tellement perché aujourd’hui, à la manière de Maître Corbeau, qu’il ne fait même pas le rapprochement entre ses divers choix ou mots, enfin, je l’espère. Mais finalement, je n’en suis pas si sûre…

Car inciter des téléspectateurs à entrer dans un monde – LCL- qu’il était censé dénoncer par ailleurs, est une attitude qui, sous certains aspects, peut s’apparenter à de la prostitution… Une chose est sûre, Maître Corbeau n’est pas prêt à lâcher son fromage…

Je terminerai ma démonstration en évoquant l’épineux sujet des Enfoirés. L’initiative vient à l’origine, d’un bon sentiment, nous le savons tous. Mais aujourd’hui, en ces temps immensément difficiles,  l’idée que des millionnaires demandent à des smicards de donner pour des RMIstes n’aurait-elle pas choqué Coluche lui-même ???people enfoirés

Par le choix de nos programmes et contre l’hypocrisie outrancière, indignons-nous!!!

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Estelle BEE.