Tag Archives: Macron

Loi travail: les dialogues (sociaux) du vagin

 


 dialogues (sociaux) du vagin

Aujourd’hui, des spasmes bien familiers s’insinuent dans le bas de mon ventre. La douleur, diffuse, se fait parfois plus précise juste là, au creux de mes reins, et mes jambes qui semblent gonflées à l’hélium, crient à l’aide sous les coutures tranchantes de mon petit jean. Oui, je suis une femme. Je me dis que j’ai de la chance, parce qu’aujourd’hui, on est samedi, et que je peux m’allonger tranquille sur mon sofa, parce que lundi, ces tiraillements  auront laissé place une délivrance certaine au prix d’une logistique féminine obligatoire. Oui, je suis une femme qui travaille. Et qui saigne au travail.

 

Et justement…

 

On nous bassine depuis quelques semaines avec la Loi Travail, vous savez, cette formidable avancée sociale qui permettra d’en finir avec les 35 heures pour repasser à 39, et de partir à la retraite à 67 ans dans le seul but de… créer de nouveaux emplois! Ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, la Loi Travail va permettre de créer des emplois, si, si. Même que Pierrot, enfin, Pierre Gattaz, éminemment soucieux du sort de la France d’en-bas l’a dit:

 

Si les patrons n’embauchent pas, c’est qu’ils ont une peur phobique de licencier.

 

Certains experts du sommeil auraient même affirmé que cette ignoble phobie réveillerait des Vincent Bolloré, des Xavier Niel, des Patrick Drahi (…) chaque nuit en sursauts et en larmes, après que dans un épouvantable cauchemar, ils se verraient contraints, une kalashnikov pointée sur la tempe et dans un bain de sang intérieur, de licencier un pré-senior, un délégué syndical ou une jeune maman en dépression post-partum. L’horreur, quoi!

 

Et de ce fait, ladite avancée sociale permettra donc, je cite, de « libérer le travail » en « facilitant les licenciements ». Vous suivez? D’ailleurs, aujourd’hui, on ne parle plus de licenciement, on emploie l’expression dialogue social. Comme on dirait je suis indisposée parce qu’avancer j’ai mes règles, ça fait sale.

 

Alors, j’ai oublié de vous dire autre chose, c’est qu’en plus d’être une femme qui saigne au travail, je suis aussi -et pardon d’avance pour le pléonasme- une femme qui réfléchit. Oui, une chieuse, c’est ça… Et comme d’habitude, quand je réfléchis en plein syndrome prémenstruel, j’entrevois souvent le pire côté des choses. Oui, car comme 75 % des femmes, je deviens sacrément gothique 5 jours par mois. Et c’est pourquoi j’ai grand besoin, comme 90 % des personnes détentrices d’un vagin, de partager la crainte qui m’habite:

 

Quand mes douleurs d’aujourd’hui tomberont un jour de semaine, et que ma productivité en sera forcément amoindrie, serai-je plus susceptible de « libérer le travail » que mon collègue Jean-Bernard, surtout si elles deviennent à ce point insupportables que je me retrouve obligée de rentrer me terrer chez moi, une bouillotte sur le ventre ?

 

Si je suis une femme qui décide d’enfanter, et que je ne souhaite pas regagner mon poste, façon Rachida Dati, tout juste mon placenta expulsé, serai-je plus soumise au « dialogue social » que Roger?

 

Si mon enfant fait de la fièvre, et que je suis contrainte de rester à son chevet, comme le font 68 % de femmes contre 32 % d’hommes -rapport certainement du à l’inégalité salariale de 24 % et des obligations que cette dernière sous-tend insidieusement- ai-je plus de risques de me retrouver dans les rêves prémonitoires de mon patron phobique du licenciement que mon binôme Gérard?

 

Et qu’en est-il si j’ai une infection urinaire, un kyste à retirer sur l’ovaire gauche, ou sur le sein droit, un putain de nodule sur la thyroïde, ou pire encore, un deuxième enfant?????

 

Alors oui, la Loi Travail prévoit que je sois indemnisée en cas de licenciement accidentel. Tu sais, l’accident bête. Le truc con où le patron phobique fait accidentellement rédiger une lettre à sa secrétaire me demandant de « libérer le travail » à compter d’avant-hier. La fatalité, quoi. L’inconsolable patron devra me verser en Prudhommes, l’amende colossale de 5 mois de salaire si j’ai travaillé 5 ans dans la boîte. Somme qu’il aura capitalisée avant en tant qu' »indemnité de licenciement » et qui sera pour lui aussi net d’impôts qu’un compte au Panama. Alors? Merci qui?

 

Mais qu’aurais-je fait pour mériter ça? Tout et rien à la fois. J’aurais juste perdu à la loterie de la reproduction/ de l’Amour/ de la baise, et je serai, pour le simple fait d’être une femme, condamnée à accentuer l’hémorragie qui vide lentement la société de tout son sens.

 

J’invite toutes les femmes et ceux qui les aiment à prendre conscience de cette régression sociale qui va faire très mal si nous ne faisons rien.

 

Pour ma part, je trimballerai mes ovaires et tout ce qui va avec dans la rue les 12 et 23 septembre prochains pour refuser toute forme d’esclavage moderne, et chaque jour s’il le faut. On s’en fout, on mangera des pâtes, les gosses adorent ça. Et en plus, ça tient chaud au ventre 😉

 

Indignons-nous, existons!

 

 

Estelle Bee.

 

PS: Et le premier qui me soutient que cette chronique a été rédigée sous le joug des hormones, je lui colle mon poing dans la figure!

Faut-il TOUT essayer? Vraiment…?

Fin de feuilleton électoral bien prévisible. Clap de fin également sur les débats qui auront entaché quelques gigots-flageolets du dimanche chez Mamie, qui auront sèchement éclaboussé quelques apéros entre amis, souillé quelques cousinades, érigé des cloisons râpeuses dans les salles de pause, enflammé ou glacé l’atmosphayyyre.

 

Et s’il y a une chose que je retiens aujourd’hui de cette élection de mon pays, cette Grande Patrie des droits de l’Homme et du Citoyen, le berceau d’Emile Zola, de Balzac, de Victor Hugode Patrick Sébastien, c’est sans nul doute ce si noble et lancinant argument électoral:

 

« On n’a jamais essayé, alors pourcouaaa pas…? On verra bien…! »

 

Heu.. D’accord. Admettons… Mais depuis, je ne cesse de me demander si je ne suis pas en train de rater ma vie à force d’éviter d’essayer certaines choses, car si je suis la logique de l’électorat de En Marche, tout dans l’existence ne serait qu’Ex-pé-rien-ce.

 

Alors, au final, comment donc distinguer l’Expérience du réel Danger? Et faut-il tout, mais VRAIMENT TOUT essayer???

 

Je ne suis pourtant pas du genre froussarde. À l’âge de 6 ans, j’ai tenté de faire pipi debout. À 8 ans, j’ai dévalé un toboggan de bois rempli d’échardes qui a transformé mon postérieur et une partie de mon intimité en carpaccio de boeuf. À 14 ans, j’ai conseillé à ma prof d’anglais de consommer des carottes, car ça rend aimable. À 16 ans, j’ai essayé de manger des croquettes pour chat qui m’ont coûté 6 tubes de dentifrice. À 2o ans, j’ai fréquenté le Club Pyramides de ma ville de province, et à 23 ans, je me suis resservie trois fois de la paella avant de faire un tour de Grand Huit…

Mais un jour, un ami fort hétéro, fan de Jackass, m’a confié qu’il avait eu une relation sexuelle avec un homme, juste pour essayer, et ne pas mourir idiot. Comme l’expérience tournait à l’épouvante pour lui, il m’a avoué que tout l’acte durant, il avait fermé les yeux et tenté d’imaginer que son partenaire était … une femme! Et j’avoue, pour le coup, ne pas avoir en avoir vraiment saisi l’intérêt… Pourtant, aujourd’hui, je me dis que peut-être, les français qui ont glissé un bulletin En Marche dans l’enveloppe bleue ont sûrement procédé de la même façon. Les yeux fermés, le séant contracté, en imaginant que le jeune banquier frais émoulu qui allait faire les poches aux plus fragiles était en réalité Coluche, Robin des Bois ou Jonathan Hart (Oh-oh-oh)  . Mais cela s’appellerait plutôt du « déni ». Alors, revenons à l’Expérience.

 

J’ai lu quelque part que l’expérience dès la toute petite enfance était un concept cher aux Apaches et aux Sioux. Car en effet, lorsqu’un enfant encore quadrupède s’approche du tison, on le laisse se brûler, pour qu’il comprenne son erreur par lui-même, quitte à en être marqué à vie. Et quand il se saisit de quelque objet contondant, l’idée qu’il se coupe revêt une importance moindre que le bénéfice de l’Expérience qu’il aura acquise. Et que plus grande en est la Douleur, plus Grand en sera l’Enseignement. Et c’est ce qui me fait penser aujourd’hui que nous, français, allons ÉNORMÉMENT « APPRENDRE » sous la présidence Macron…!

 

Suis-je donc passée à côté de mon apprentissage de la vie, ce soir d’hiver glacial où je rejoignais ma cité U, lorsque j’ai  décliné l’offre de cet automobiliste qui me proposait de photographier mes seins contre 50 euros en espèce?

 

Ai-je donc raté quelque chose en choisissant de me taper 8 kilomètres à pied pour rentrer chez moi à 5 heures du matin après une classieuse soirée mousse plutôt qu’avec un binôme d’alcooliques véhiculé?

 

Et que puis-je moi aussi ESSAYER pour me rattraper, en bonne française que je suis?

 

Me faire cautériser les deux narines?

M’épiler le maillot avec du goudron brûlant?

Manger du rat mort au petit déjeuner en imaginant que c’est un pain au raisin?

Me coller les paupières à la glue quand j’ai une insomnie?

Accepter enfin de boire un café avec mon voisin raciste?

Scier les phalanges de mes orteils trop longs?

Avaler des tessons de bouteille?

Porter des sous-vêtements en paille de fer?

.

J’attends vos suggestions… Et en attendant, bonne expérimentation!!!

.

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir… (enfin, je crois …)

.

.

Estelle Bee.

Macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France.

macron, ou le jeune puceau qui ambitionne de grimper sur notre bonne vieille France

Depuis quelque temps, les médias n’ont d’yeux que pour lui.

Il a échoué au gouvernement en se bouchant le nez devant le désespoir des salariés,

Expliquant tantôt à un malheureux que l’apogée d’un homme se traduisait par le port d’un costard Armani,

Exprimant ensuite son amour inconditionnel aux multinationales qui payent dix fois moins d’impôts que les PME,

Et surtout, il n’a pas encore de vrai programme…

Alors, étant donné que Manu fait salle comble lors de son premier meeting, une question simple me brûle les lèvres:

WHAT THE FUCK?

.

L’effet Nespresso

L’explication s’est dernièrement imposée à moi le jour où j’ai dû me racheter une cafetière, puisque mon ex avait tenu à garder sa classieuse machine Nespresso.

Je déambulais donc dans les rayons d’Alinéa, lorsque mon coeur s’accéléra à la vue d’une mignonne cafetière design et vintage à la fois, capable de moudre des vrais grains de vrai bon café, récolté par des vrais gens payés pour de vrai.

Émue devant cette simplicité pourtant éclatante de modernité, je me suis soudain demandé comment naguère, j’avais pu en arriver à pousser la porte d’une pareille esbroufe… D’ailleurs, pousser la porte est un bien grand mot… Car le client Nespresso ne pousse pas la porte de chez Nespresso. C’est le beau portier Nespresso en costard sur mesure qui s’en charge, dès lors que votre regard caresse la devanture de la boutique. À la suite de quoi, l’on vous salue sur un ton de quasi prosternation comme si vous vous apprêtiez à acheter une bague 800 carats de chez Tiffany’s, pendant que vous pénétrez dans le temple sacré. Là, un nombre incommensurable d’hôtesses aux cheveux aussi lisses qu’une cérémonie d’élection de Miss France se succèdent en salutations distinguées, et l’on vous propose de vous assoir dans le petit salon afin de déguster THE nouvelle capsule made in Quart Monde, accompagnée de son mignon petit chocolat au double emballage. Ambiance feutrée. Voix douces et rassurantes. Sentiment – injustifié- de traitement de faveur. Beauté. Volupté. Chaleur. Et l’on ressort avec ses 30 ou 40 balles de capsules polluantes que l’on partagera avec d’autres adeptes de la même secte en se masturbant intellectuellement sur les notes grillées et boisées du Roma et les saveurs de musc et de bois du Keepala d’Ethiopie alors que personne ne s’y connait vraiment en café.

Et en installant ma toute mignonne cafetière dans ma cuisine, en humant les effluves des grains fraîchement broyés et crépitant sous le joug du moulin électrique, j’ai compris que jusqu’alors, on m’avait vendu des coquilles vides. J’ai alors imaginé une table gigantesque au beau milieu d’une salle de réunion autour de laquelle une tripotée d’industriels, financiers et publicitaires malicieux auraient tenu à peu près ce langage:

« Bon, alors, on est bien tous d’accord! On va vendre du vent en misant TOUT sur le packaging de luxe et l’image de marque qui flattera l’ego du consommateur, qui par définition, a besoin de se sentir reconnu, mais ne sait pas distinguer son cul de son coude. On part donc là-dessus! »

Emmanuel Macron n’est ni plus ni moins qu’une capsule Nespresso. Il se réclame de la Modernité alors qu’il est l’héritier d’une politique de vieille droite qui a fait son temps. Pire, il se dit même Révolutionnaire! Pourtant, la clôture de son meeting a légèrement fissuré cette coquille vide de sens, mais néanmoins ardente – et bruyante!- d’un désir personnel bien patent dans cette vidéo.

Trop plein d’hormones:

Car à en croire ce triste spectacle de vociférations glaireuses, le vrai Macron, n’est autre que le petit Manu boutonneux et en pleine mue qui se vante de « l’avoir déjà fait » avec des filles que personne ne connait, toujours pendant les vacances. Mais il fantasme frénétiquement sur France, la grande soeur de son pote Kevin, en s’imaginant toutes les dégueulasseries qu’il pourrait lui faire si jamais elle… Arf mince, trop tard… C’est ce qu’on appelle la jubilation précoce… Et la France n’a pas vocation à déniaiser des ados malhabiles, même si, à en croire les sondages d’intentions de votes, ses habitants semblent plutôt prompts à se faire baiser honorer à la régulière.

.

Parce qu’il vaut mieux en rire qu’en mourir…

.

.

Estelle Bee.