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Lettre d’Adieu à mon prince

 Ma terrible déception m’oblige donc à m’arracher violemment à toi et à m’extirper de ce conte de fée en papier mâchouillé. Ce n’est donc pas sans mal que je te dis Adieu, mon Prince…

 

Mon bien aimé,

Après 25 ans d’une union complice et sans nuages, je viens à toi pour t’annoncer, non sans une profonde tristesse, que toi et moi, c’est fini.

Tu connais mon irrésistible penchant à ton égard et mes difficultés à résister à tes contours… Aussi, j’aimerais que nous passions, si toi aussi tu le désires, un dernier instant en tête à tête devant un thé fumé de Chine comme à notre habitude. Te faire fondre une dernière fois avant de te déguster au nom de toutes nos escapades gourmandes et buissonnières depuis ma plus sage enfance jusqu’à l’âge de raison, raison qui aujourd’hui prend les commandes de mes envies les plus ardentes.

Car je suis aujourd’hui en âge de comprendre que nos liens me serrent la gorge de jour en jour et réduisent mon espérance d’aimer. J’aspire désormais à quelque chose de moins nocif à ma bien piètre existence, puisque je sais aujourd’hui que tu n’étais pas celui que je croyais. Ma terrible déception m’oblige donc à m’arracher violemment à toi et à m’extirper de ce conte de fée en papier mâchouillé. Ce n’est donc pas sans mal que je te dis Adieu, mon Prince… de LU. Toi qui regorges, derrière ta belle gueule pleine de dents, ta cape de sauveur de pucelles énamourées, et ta couronne de fils à papa, d’huile de palme hydrogénée faussement étiquetée « huile végétale », pour mieux abuser les candides, les âmes sensibles et les gentilles fifilles romantiques, celles qui ont pris pour argent comptant le destin de Cendrillon et de Blanche-Neige, et qui en ont fait un principe de vie : croire au prince charmant. A jamais. »

Adieu, mon Prince… de LU. Toi qui regorges, derrière ta belle gueule pleine de dents, ta cape de sauveur de pucelles énamourées, et ta couronne de fils à papa, d’huile de palme hydrogénée faussement étiquetée « huile végétale », pour mieux abuser les candides, les âmes sensibles et les gentilles fifilles romantiques, celles qui ont pris pour argent comptant le destin de Cendrillon et de Blanche-Neige, et qui en ont fait un principe de vie : croire au prince charmant. A jamais. »

Attention Mesdames, si vous le croisez, tournez les talons: ce type est un gros salopard

Ainsi échaudée par cet échec, je me suis alors demandée si, comme le Prince du goûter, les hommes à la belle gueule étaient plus susceptibles d’être de petits cachotiers que les petits gros balafrés. Attention, c’est l’été, on se lâche…

J’ai repensé à celui que j’ai surnommé plus tard Poupée de cire  à cause de son visage certes parfait, mais figé dans une impassibilité qui finissait par frôler la sévérité. Contrairement à la plupart de ses congénères mâles, il voulait « attendre » avant de passer à l’étape supérieure : rentabiliser l’Epeda. Il désirait que nous nous découvrions à pas de velours afin de « rendre ce moment encore plus exceptionnel » qu’il aurait pu l’être sans ces prémices (disons-le, interminables pour qui se rapproche de la trentaine… ) Là où le monsieur avait tout compris, c’est que cette attente m’avait ôté –à défaut de mes vêtements- toute capacité de discernement, et mon coup de cœur pour son regard démentiel se transforma en amour inconditionnel. Erreur ! Car deux mois plus tard le verdict tomba: le premier essai fut une CATASTROPHE INTERGALACTIQUE. Aucun tressaillement ni frisson. Aucun regard planté dans le mien. Aucun langage non verbal, ni verbal d’ailleurs. NADA. Juste un homme en pilote automatique, sensuel comme un informaticien devant une diode électroluminescente. Je me souviens même avoir chanté dans ma tête pour faire passer le temps, c’était Ironic  de Alanis Morissette. Cette manie de chanter dans ma tête, je la tiens de mon enfance, une façon de me mettre dans ma bulle pour fuir une dure –mais néanmoins courte… – réalité. La dernière fois que j’avais utilisé cette parade, c’était quand je m’étais retrouvée sévèrement frigorifiée à l’arrière d’une moto sur une autoroute orageuse au milieu de la nuit. Je n’avais pas prévu le coup et j’étais en petit short et mini Tee-shirt: j’avais chanté My heart will go on en boucle deux heures durant, je venais de voir Titanic.

Pour en revenir à mon Apollon, j’ai mis son incompétence du premier soir sur le compte du stress de celui qui a trop longtemps idéalisé ce moment. Mais les fois suivantes me confirmèrent, implacables, une sensualité plus proche de l’univers médico-légal que du tantrisme. Impossible de le faire dévier de sa logique pragmatique, un cauchemar. Le problème, c’est que j’étais comme un jury corrompu: trop amoureuse de lui pour considérer que son Zéro en note artistique avait vocation à le disqualifier. Une vraie arapède agrippée à un rocher nauséabond, une arapède maso, oui c’est ça. Résultat : je me suis coltinée le pire coup de l’Histoire durant 3 ans. Et le pire, c’est que c’est lui qui m’a congédiée, salement, comme une caissière de chez Carrouf qu’on a surprise à voler des yaourts périmés destinés à la benne… And isn’t it ironic, don’t you think ?

 

La beauté cachée des laids, des laids…

Aurais-je eu la patience d’attendre 2 mois pour faire Crac Boum Hue avec un type au physique médiocre ? Clairement non. Parce que je n’aurais pas compris qu’un Gérard Jugnot me fasse poireauter, moi,  en me promettant l’empire des sens ! Mais Poupée de Cire, lui, avec son visage parfait et sa voix grave qui résonnait loin dans mon ventre, avait ce pouvoir de dissimuler ses vices cachés, Une grande question demeure pourtant: Aurais-je eu la patience d’attendre 2 mois pour faire Crac Boum Hue avec un type au physique médiocre ? Clairement non. Parce que je n’aurais pas compris qu’un Gérard Jugnot me fasse poireauter, moi,  en me promettant l’empire des sens ! Mais Poupée de Cire, lui, avec son visage parfait et sa voix grave qui résonnait loin dans mon ventre, avait ce pouvoir de dissimuler ses vices cachés, puisque je ne focalisais que sur son enveloppe extérieure, celle qui me laissait présager le meilleur…

Dans la même logique, j’ai fréquenté également un très très bel homme qui oubliait tout le temps son porte-feuille lorsqu’il fallait régler l’addition, mon ami Béné a connu un beau méditerranéen qui s’avéra finalement bien trop marié à son goût, avant d’enchaîner sur le bellâtre que nous avons surnommé la Grande Zoa après qu’elle l’ait retrouvé face au miroir, moulé – cisaillé même- dans ses sous-vêtements Lise Charmel à 175 euros la parure, pour finir dans la série avec le sculptural J.P dit Le Cèpe, pour les raisons que vous imaginez…

 

Car une chose est sûre : le type pas jojo ne pouvant pas tout miser sur son physique développera forcément d’autres aptitudes pour compenser son déficit, tandis que le canon, lui, se permettra plus de travers planqués derrière sa belle gueule, comme cette petite enflure de Prince de LU.

Et j’ai la preuve de ce que j’avance : après avoir mené mon enquête dans le rayon biscuits d’un hyper et constaté que 93% des produits contenaient ladite –ou insinuée- huile ou graisse de palme, je me suis aperçue que les rares biscuits sains n’étaient pas les plus engageants physiquement :

 

Le mythique mais néanmoins grossier PETIT BEURRE au packaging inchangé depuis 1498 en fait partie. A tous ceux qui surfent sur la vague Bleu Marine, je voudrais dire : « Oui, le Petit Beurre te veut du bien l’ami, alors tu peux l’imaginer autrement que dans une cave de HLM à violer de jeunes et tendres collégiennes aux tresses blondes »

 

Du coup, je ne fus pas vraiment surprise que les biscuits les moins cachotiers du moment se nomment TRONCHES DE CAKE ! Car derrière leur mocheté indiscutable, que de bonnes surprises, ils s’engagent même à te vouloir du bien, eux.

 

Moralité 

Une de mes amies d’enfance avait l’habitude de dire que la beauté ne se mange pas en salade. Force est de constater qu’elle ne se mange pas non plus au petit déjeuner, en accompagnement, en lasagnes, en poisson du vendredi Sain(t), en volaille anthropophage, et pire que tout, au goûter de nos enfants, qui eux, qui ne savent pas décrypter les vices cachés de l’étiquetage.

Mais suffit-il de savoir LIRE pour s’aventurer chez LU ? Non, car il faut aussi avoir une bonne vue : Donc Mesdames, munissez-vous d’une loupe, et avant d’embrasser votre Prince Charmant, vérifiez que le mot « crapaud » n’apparaisse pas en tout petit au dos de l’emballage…

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Par le choix –crucial- de nos produits de consommation, indignons-nous !!!

 

Mon ex, le Nutella

Règle n°1: ne jamais regretter ses ex…

 

Estelle Bee.

 

 

Sans ogm, sans commentaire, sans pitié

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ?Me voilà dans le rayon « conserves » de l’hypermarché. Apeurée, chétive, mais oui, je vais le faire. Je vais oser me mettre à la recherche de LA boîte de maïs dont j’ai absolument besoin pour ma recette mexicaine. On est vendredi soir et c’est pour demain, je ne peux plus reculer ma pauvre Josiane… Je m’approche lentement de l’objet de mon désir sans perdre de vue les abominations alimentaires qui font l’actualité.

 

Géant vert VS Nabot Jaune

Face à moi, un mur, un édifice, que dis-je un édifice, une péninsule de boîtes jaunes, contenant toutes à priori la même chose. Cependant, trois catégories me sautent aux yeux tellement elles me rappellent mes cours de quatrième sur les trois ordres : le Clergé, la Noblesse, et le Tiers Etat. A hauteur des yeux – si vous mesurez entre 1 m 45 et 2 m 10 – il n’y en a que pour le Grand verdâtre, Bon Duel et Docile. Si les grandes marques misent sur la docilité du consommateur, ils sont tombés sur un os avec moi. Alors je me baisse, pour me retrouver face au maïs de pays, l’or jaune local, comprendre le produit du grand distributeur, un peu moins cher. Moi toujours pas docile ! De ce fait je m’accroupie, m’arcboute, me démantibule au risque de me démettre les cervicales, et coucou le voilà, le maïs pas cher, le maïs du pauvre.

Il faut savoir que le maïs du pauvre – ou maïs du nain selon l’interprétation qu’on en fait – n’est pas situé à huit centimètres du sol parce que le pauvre est plus petit. Non. Il répond juste à des règles strictement ergonomiques. En effet, le pauvre étant plus voûté que le riche, rapport aux coups durs que lui assène la société et la vie en général, peut bien plus aisément se saisir de sa boîte de maïs à deux francs six sous. On appelle cela de l’altruisme Messieurs Dames. Il faut bien les chouchouter nos gueux bien de chez nous – ou pas, d’ailleurs – !

ogm-guide

Roulette russe

Mais tout à coup, un détail attire mon attention. Je tourne la boîte dans tous les sens, mais je ne vois pas le gros astérisque rouge ou vert qui précise  sans OGM  comme sur les conserves du Grand Verdâtre, Bon Duel ou de Docile ! Alors je passe en revue les petites boîtes de maïs local pour en disséquer les informations. Je me rends compte de leurs perverses contradictions : « maïs génétiquement ou non génétiquement modifié ». Je crois halluciner. SOIT IL EST MODIFIE, SOIT IL NE L’EST PAS, C’EST QUOI CE BORDEL???!!! Je retourne à mon or – à mon toc – du pauvre. Je regrette aussitôt de ne pas avoir l’Application Microscope sur mon téléphone (non en fait j’avoue l’inavouable, je n’ai pas de Smartphone…) Je plisse les yeux, et je sens ma ride du lion se creuser, je me dis à ce moment-là que j’enverrai à l’enseigne ma facture d’injection de Botox. Je finis par déchiffrer sur la première conserve : « maïs génétiquement modifié », sur la deuxième « maïs, sel, conservateurs, eau. » Aucune précision, bien joué ! Quant à la troisième, eh bien RIEN DU TOUT ! Chapeau bas, le silence est la manière de mentir la plus éloquente…

Euthanasie alimentaire

Alors si je comprends bien la situation, les pauvres n’ayant accès qu’au maïs du pauvre, consommeront forcément du génétiquement modifié. Contrairement aux riches qui vivront plus vieux. C’est logique, quitte à vivre une vie misérable, autant qu’elle soit la plus courte possible non ? Et puis, c’est quand même moins cruel de faire tomber quelqu’un d’une hauteur de huit centimètres que d’un mètre quatre-vingt n’est-il pas ? Ne sont-ils pas choux nos industriels de l’agro-alimentaire ? Non seulement ils mettent les choses à notre portée, ils abrègent nos souffrances, et par la même occasion ils nous offrent en bonus des mets inabordables : « Messieurs Mesdames, pour trois boîtes de maïs premier prix achetées, vous remportez un crabe bien vivant ! Et il y en aura pour tout le monde !» Un bon vieux crabe astrologique hum… Une vraie fin de vie de pauvre. Comme dans un bon film de Jean Genet, ou Becker.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du « sans », car nous ne pouvons plus continuer à faire « avec ». Un monde du « sans OGM », du « sans bisphénol A », du « sans aspartame », du « sans paraben »…

Cette merveilleuse expédition au pays d’Alice au teint blafard sous les néons m’a permis de mieux comprendre notre société actuelle, en tout cas d’en anticiper les déconvenues.

En effet, il m’a semblé évident qu’il est essentiel pour notre survie de vivre dans un monde du  sans , car nous ne pouvons plus continuer à faire  avec . Un monde du  sans OGM , du  sans bisphénol A , du  sans aspartame , du  sans paraben … J’ai repensé à mes grands-parents qui ont longtemps fait  sans  dans l’espoir qu’un jour il feraient  avec . Ils ont longtemps vécu sans télé, sans internet, sans avoir le choix, sans agriculture biologique, sans Ikea, et comble d’infortune, sans Tex, l’animateur! Aujourd’hui c’est l’inverse, les pauvres sont obligés de faire avec sans même caresser le microscopique espoir de pouvoir faire sans un jour.

Triple foyer

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute! Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».

J’ai repensé, dans ma tourmente, à un homme qui avait tout fait pour que j’en tombe éperdument amoureuse. Il m’avait totalement transcendée, il avait fait ressortir ce que j’avais de meilleur en moi… Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse totalement dans la nature du jour au lendemain, et qu’après enquête j’apprenne qu’il était déjà engagé ailleurs. Après tout, c’est ma faute. Jamais je n’ai pensé à regarder l’étiquette. Il ne m’a pas trahie. Il ne m’a juste jamais précisé « sans épouse » ! Ou bien sa réciproque « je suis célibataire ! ».Même constat pour mon amie Viviane qui s’est retrouvée un beau jour avec un magnifique herpès à l’étage inférieur, et a connu l’humiliation de devoir téléphoner à tous ses ex pour leur demander de faire le test de dépistage afin de prévenir et/ou guérir. Déjà, réalisée à froid, cette comptabilité résonnait en elle comme « tu n’es qu’une espèce de petite catin qui a mérité sa MST ! » en raison du nombre de ses conquêtes. Mais le discours du vil amant retrouvé, conscient de sa maladie à l’époque, et guéri depuis, lui porta l’estocade finale. Le monsieur lui tint à peu près ce discours : Ne t’étonnes pas de ce genre de choses si tu ne protèges pas… Quoi de plus logique? Le jeune homme ne lui a jamais dit qu’il était sain ! Il n’était pas inscrit non plus « sans MST » sur son front. Ou ailleurs. Elle aurait du avoir immédiatement un doute  !

On ne peut plus se fier à personne. On nous ment continuellement par omission. Dirigeants, fonctionnaires, chômeurs, SDF. J’ai arrêté de donner la pièce aux mendiants, puisqu’après tout, ils ne précisent jamais sans emploi  sur leur carton tout sale !

Prochainement je compte m’arrêter de manger définitivement. Là ils se rendront bien compte qu’ils sont tombés sur un os avec moi ! Parce que j’ai passé à la loupe tous les produits alimentaires de tous les distributeurs, de tous les industriels sans exception, et aucun, je dis bien AUCUN ne spécifie « sans arsenic » sur l’emballage. Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !Et moi je suis trop jeune pour mourir. Je veux survivre à tous ces prédateurs de l’alimentaire, et si possible avoir leur peau, avant de laisser reposer mes vieux os six pieds sous terre, sous un épitaphe qui ne comptera que deux mots : Sans rancune !

Estelle Bee.

NB: A l’heure où je publie cet article, le journal Le Monde fait état  d’un nouveau scandale alimentaire selon lequel aux Etats-Unis 33% des étiquetages de poissons  affichent une espèce qui ne correspond pas à la réalité. Hum j’ai hâte de goûter du dauphin moi…!

Et si l’on s’indignait?


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