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Lettre de la banque UBS aux joueurs de l’équipe de France

En tant que citoyens suisses mais aussi en tant que vos banquiers, c’est avec une joie sans pareille que nous avions accueilli l’idée de jouer contre votre grande nation lors de ce match de Coupe du Monde. Nous savions compter sur votre bonne intelligence pour rendre à notre patrie la bienveillance que vous savez glorifier dans l’intimité de nos bureaux, ou lors d’un déjeuner étoilé face à l’un de nos discrets démarcheurs.

M. Sergio Ermotti

Direction UBS

Quai du Général-Guisan 

1204 Genève

SUISSE

M. Didier DESCHAMPS

Hotel Ribeirao Preto

                                                                                                                                                                                            Ribeirão Preto, 14055-098

                                                                                                             BRÉSIL

 

Genève, le samedi 21 juin 2014,

 

Objet : Clôture immédiate et définitive de 11 comptes bancaires UBS,

 

 

Monsieur Deschamps,

 

 

Nous vous serions grés, en tant que responsable des joueurs de l’équipe de France, de faire passer aux 11 futur-ex clients anonymes de notre banque le courrier suivant :

 

« Chers Messieurs,

 

En tant que citoyens suisses mais aussi en tant que vos banquiers, c’est avec une joie sans pareille que nous avions accueillie l’idée de jouer contre votre grande nation lors de ce match de Coupe du Monde. Nous savions compter sur votre bonne intelligence pour rendre à notre patrie la bienveillance que vous savez glorifier dans l’intimité de nos bureaux, ou lors d’un déjeuner étoilé face à l’un de nos discrets démarcheurs.

 

Quelle ne fut donc pas notre surprise lorsque nous constatâmes, au cours du match de vendredi soir, que M. Karim Benzema avait refilé le microbe de  l’ingratitude à tous ses collègues, qui de fait, se sont évertués à nous fesser allègrement et sans ménagement devant le Monde entier, jusqu’à ce que la peau nous pèle façon Carpaccio. Après TOUT ce que nous avons fait pour eux… !

 

POURQUOI DONC UN TEL ACHARNEMENT ? ÉLAN PATRIOTE INATTENDU ?

Si nous avions su, chers futur ex clients, que vous nourrissiez un tel Amour pour la France, nous n’aurions pas tenté de rendre hésitante votre orientation fiscale en moins de deux arguments, comme ce fut le cas avec la majorité d’entre vous, et je ne parle pas que des non-lecteurs qui constituent votre équipe.

De la même manière, votre entrée ce soir-là dans le stade nous avait amenés sur une fausse piste, lorsque, têtes renfrognées, vous aviez refusé d’aller signer quelques autographes à tous ces péquenauds alcoolos qui s’endettent chez Cetelem pour vous coller au train où que vous alliez, fidèles comme un chien derrière son maître. Ces mêmes franchouillards qui épongent, en plus de la vinasse, la dette que vous laissez à l’administration fiscale lorsque vous vous laissez séduire par nos agents qui savent habiller de grande classe la cupidité la plus putassière, et que nous savons rétribuer en conséquence. Et en ultime recours, c’est avec habileté et persuasion que nous savons salir la réputation des rares traitres qui souhaiteraient vous confondre en diffusant quelque listing clientèle comportant votre illustre nom. Ce n’est pas le repenti Hervé Falciani qui me contredira 😉 Ainsi, vous avez toujours pu compter sur notre loyauté.

 

Vous ne pouvez ignorer, Messieurs, que la Suisse, pays de la neutralité, n’avait pas du tout l’ambition de prétendre à un score qu’elle n’aurait pas mérité, mais se serait aisément contentée, comme à son habitude, d’un bon vieux match nul.

 

Mais un parfum de félonie a commencé à fleurer dès le début de ce match, auquel j’ai eu l’horreur d’assister depuis ma tribune présidentielle, tentant désespérément de faire coucou à mes 11 clients qui ne daignaient même pas m’esquisser un sourire, à moi le géant Sergio Ermotti, PDG d’UBS. Seul le lilliputien de l’équipe, Mathieu Valbuena, est à excuser. A cause de sa petite taille, il n’était absolument pas en mesure de m’apercevoir de si bas. Mais j’accuse tous les autres de la déloyauté la plus basse envers la générosité de notre pays.

 

Compte tenu de tous ces éléments, et en conséquence, nous nous permettons de vous rendre la monnaie de votre pièce en chocolat et vous invitons à transférer, pourquoi pas,  vos comptes au Pays de Jeff de Bruges dans les plus brefs délais. Car étant données vos récentes performances, nous ne voudrions surtout pas que l’anonymat dont vous jouissez chez nous vous coupe du monde, puisque c’est bien à cela que vous aspirez.

 

Veuillez agréer,  Messieurs les Bleus, l’expression de notre profonde gratitude. »

 

 

Sergio Ermotti

PDG UBS.

 

Pour l’exemplarité, contre les abus décomplexés, et par le choix de nos programmes, INDIGNONS-NOUS!

Quelle ne fut donc pas notre surprise lorsque nous constatâmes, au cours du match de vendredi soir, que M. Karim Benzema avait refilé le microbe de  l’ingratitude à tous ses collègues, qui de fait, se sont évertués à nous fesser allègrement et sans ménagement devant le Monde entier, jusqu’à ce que la peau nous pèle façon Carpaccio. Après TOUT ce que nous avons fait pour eux… !

Attention, cette lettre est malheureusement un Fake…

 

« FROGLAND », ou le pays où les grenouilles ont de l’eau jusqu’au cou…

« Frogland », ou le pays où les grenouilles ont de l’eau jusqu’au cou…un matin, je découvris quatre minuscules grenouilles gisant au fond du bocal le ventre en l’air, donc apparemment pas très en forme. Leurs mutants de frères et sœurs, indifférents à la tragédie, semblaient couler de paisibles heures agglutinés les uns aux autres contre la paroi du bocal, tels des hippies attendant un concert de Lennon sur les pelouses de Woodstock. J’avais 14 ans. Quand je les vis, s’agitant dans cette mare d’eau au cours d’une balade dans les collines qui surplombent les barres HLM du quartier de mon enfance, je décidai d’en adopter quelques uns. Pas seulement parce que mon petit frère trépignait à l’idée de les exhiber fièrement à ses copains, mais surtout, je l’avoue, parce qu’ils me rappelaient les schémas de mes cours de SVT sur la reproduction, LE cours que nous attendions tous fébrilement dès notre arrivée en quatrième, et pendant lequel nous ricanions comme des hyènes pendant que le professeur nous projetait, avec un sérieux admirable, la coupe transversale d’une verge humaine d’un mètre cinquante. C’est ainsi que nous repartîmes avec environ trois douzaines de têtards frétillants dans un sachet plastique.

 

Littéralement hypnotisées par le ballet qui s’offrait à nous dans l’aquarium improvisé, une camarade de classe et moi échangions philosophiquement sur le sujet :

 

« Wow, t’imagine la taille des boules du type qui a des spermatozoïdes aussi gros !

-Ouaaaais, c’est le géant vert le mec !!!

-C’est claaaaair !!!!!! Et tu crois qu’il fait « Ho ho ho » quand ça sort ????!!!

-Naaan, ça c’est le Père Noël !!!

-T’es conne !!! »

 

Une fois par semaine, je plongeais des algues au fond du bocal afin d’alimenter « mes bébés », mais ce soir-là, je remarquais leur métamorphose. De petits bourgeons latéraux avaient poussé et leur donnait une allure hybride, un peu comme l’adolescente que j’étais alors. Sauf que mes bourgeons à moi étaient blancs cerclés de rouge, et se concentraient périodiquement sur mon front, voire juste sur le bout de mon nez lorsque je cédais à la tentation du Malin personnifié en un saucisson sec au poivre. Bien souvent ils finissaient lamentablement explosés contre le miroir de la salle de bain. J’étais une ado classique.

C’était deux semaines avant le drame.

 

Car un matin, je découvris quatre minuscules grenouilles gisant au fond du bocal le ventre en l’air, donc apparemment pas très en forme. Leurs mutants de frères et sœurs, indifférents à la tragédie, semblaient couler de paisibles heures agglutinés les uns aux autres contre la paroi du bocal, tels des hippies attendant un concert de Lennon sur les pelouses de Woodstock.

 

Sélection naturelle ! Me dis-je, insouciante, en songeant à la vidéo que nous avions étudiée en cours, et pendant laquelle on nous avait expliqué que des millions de spermatozoïdes restaient sur le carreau après la fécondation de l’ovule.

 

Le lendemain, quatre autres malheureuses avaient manifestement rencontré la faucheuse, et elle ne les avait pas loupées. Je commençai à me dire que peut-être, quelque chose clochait. Je changeai l’eau, dans le doute. Mais les jours se succédaient et se ressemblaient. Woodstock s’était changé en Verdun, et je manquais de munitions. Je modifiai leur alimentation, sans plus de résultats. Vous imaginez bien sûr la suite. Toutes mes copines périrent les unes après les autres. Toutes sauf une. Depuis deux jours, elle était prostrée contre une partie sale de la paroi, hors de l’eau où séchait une vieille algue, et assistait à la tragédie grecque.

 

Trop zarbi, elle sait pas nager ou quoi ??? Pensais-je bien connement.

 

Et là, en une fraction de seconde je percutai violemment ! Les grenouilles, n’étant plus des têtards, avaient besoin d’air pour respirer. Leur organisme ayant muté, leurs besoins avaient changé, et il leur était vital de sortir de l’eau, pour s’oxygéner sur quelque île providentielle, à la manière d’un nouveau riche fort imposable sur les îles Caïman.

Frogland, le pays où les grenouilles ont de l'eau jusqu'au cou...

Après cette révélation, je me mis en chemin dès le lendemain pour libérer ma petite irréductible, la survivante à mon ignorance et mon manque de sources d’informations. La révolution Internet n’aurait lieu que quatre ans plus tard, je n’avais donc aucun accès à quelque tutoriel sur les amphibiens…

 

Ces jours-ci, je repensai à cela en me disant qu’aujourd’hui, NOUS, le peuple souverain, nous sommes ces têtards qui se noient lamentablement.

Je me disais que par exemple, nous étions englués dans une Cinquième République de 56 ans d’âge, et que nos « propriétaires » nous observaient derrière la vitre pendant que nous nous asphyxiions. Ont-ils le même sentiment d’impuissance que moi, l’écervelée, vingt ans auparavant ? La même incrédulité ? La même insouciance ?

Lorsque des élites politiques, des économistes chevronnés, de brillantissimes énarques, bref DES ÉRUDITS, constatent une catastrophe comme s’ils ne l’avaient pas prévue, sans jamais tenir compte de nos bourgeons -signes extérieurs d’une Ère Nouvelle- ils n’ont en aucun cas l’excuse de l’ignorance. C’est soit un parti pris, soit de l’incompétence.

EN QUOI donc toutes leurs connaissances servent-elles la société ? En rien.

 

DONC :

 

Est-ce qu’avoir fréquenté Sciences-Po trop longtemps est un gage d’incompétence quasi systématique ? JE LE CROIS.

 

Et lorsqu’un candidat nouveau, naïf et ambitieux, nous tend un nénuphar en parlant de VIème république, de « refonte », de « rupture », de nouveau système électoral, nos gros crapauds ont bien vite fait de le discréditer:

-Il ne tient pas la route économiquement

-il ne tient pas compte des enjeux financiers

-il ne porte pas de costume Kenzo

-il a un charisme de poisson-lune

-c’est un gros facho

 

Amis amphibiens, nos bourgeons sont nos poings, nos jambes, et l’on a créé un système qui nous interdit de nous en servir. Alors accrochons-nous à la petite algue séchée jusqu’à ce que l’on nous demande à nouveau notre avis, et allons chercher par-delà les abysses du « vote utile » notre propre oxygène. Et en cas d’urgence, faisons-nous la courte échelle pour sortir de l’asphyxie plus vite que prévu.Ces jours-ci, je repensai à cela en me disant qu’aujourd’hui, NOUS, le peuple souverain, nous étions ces têtards qui se noient lamentablement.  Je me disais que par exemple, nous étions englués dans une Cinquième République de 56 ans d’âge, et que nos « propriétaires » nous observaient derrière la vitre pendant que nous nous asphyxiion

Sérieusement, vous en pensez CO ????