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Le don du sang selon Frigide

Hollande veut du sang ? Il en aura.HOLLANDE VEUT DU SANG ? IL EN AURA ! 

Telle est la dernière trouvaille de Frigide Barjot, lors de la manif du 12 avril dernier, pour faire parler d’elle. Pendant que le nouveau pape, en bon latino – natif de LA Terre de métissages – s’évertue à prôner la tolérance en évitant tout discours séparatiste, et en l’occurrence, en baisant les pieds d’une jeune musulmane, sa groupie faussement trash lançait cet appel à la violence.

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Quand l’élève dépasse le maître

Cette réflexion m’a renvoyée à mes années lycée. J’ai passé un bac littéraire. Pendant mon année de terminale, j’étais moi aussi groupie… du prof de philo. Joli garçon, barbe de trois jours, drôle et cynique qui plus est, et même pas trentenaire… Autant dire que j’étais toujours au premier rang, buvais ses paroles, m’enivrais de ses prises de position culottées qui n’étaient qu’intellectuelles, mais qui m’en laissaient imaginer d’autres, plus pragmatiques et moins habillées… Imprégnée de citations, de lectures, et de l’engagement de mon prophète, je lançais continuellement mon index en direction des cieux pour que mon dieu de chair et de sang m’interroge et me bénisse d’un hochement de tête et d’un sourire encourageant et charmeur. Certains diraient que je m’adonnais à de la masturbation intellectuelle, et à ceux-là, je répondrais que… OUI, GRAVE ! Mais c’était quand même la première fois que cette pratique me laissait présager un 18/20 coefficient 7 au Bac, puisque, vous l’aurez compris, j’étais première de la classe.

Autant dire que j’étais toujours au premier rang, buvais ses paroles, m’enivrais de ses prises de position culottées qui n’étaient qu’intellectuelles, mais qui m’en laissaient imaginer d’autres, plus pragmatiques et moins habillées… Imprégnée de citations, de lectures, et de l’engagement de mon prophète, je lançais continuellement mon index en direction des cieux pour que mon dieu de chair et de sang m’interroge et me bénisse d’un hochement de tête et d’un sourire encourageant et charmeur.

Le jour de l’examen écrit arriva. Je mis pour l’occasion ma plus jolie robe, alors que la plupart de mes camarades composaient en jeans troués, comme des jeunes de leur âge. C’était de surcroît une de ces rares semaines où je n’avais pas un seul bouton sur le visage. Tout était parfait. Le sujet m’inspira au-delà du rationnel, puisqu’il nous demandait : « Toutes les passions sont-elles déraisonnables ? ». Je torchai mes 8 pages de dissert une heure avant la fin de l’épreuve avec le sentiment du devoir accompli et des papillons dans le ventre. Trois semaines après, les résultats tombèrent. Je relus trois fois ma note, incrédule, qui annonçait un 08/20 ! Au-delà du fait de perdre ma Mention Bien, je fus prise d’une violente colère contre tous ceux qui avaient eu une note supérieure à la mienne en restant très « scolaires » dans leur approche, et en dépassionnant un débat, qui pour moi devait être tout sauf gentillet. On m’avait pourtant prévenue que la philosophie, à l’instar de la littérature et de la religion – opium du peuple – était un art totalement subjectif, et que la note pouvait varier du meilleur au pire en fonction du correcteur.

Le sujet m’inspira au-delà du rationnel, puisqu’il nous demandait : « Toutes les passions sont-elles déraisonnables ? ». Je torchai mes 8 pages de dissert une heure avant la fin de l’épreuve avec le sentiment du devoir accompli et des papillons dans le ventre.

Frigide Barjot avait tout bon au temps de Papi Jean-Paul le vieux conservateur. Elle a même conservé sa Mention Très bien à l’époque de Benoît XVI qui a sagement poursuivi l’oeuvre de son prédécesseur. Mais malheureusement, François 1er, au travers des prémices de son ouverture, lui a collé un 08/20, et çà, c’est bien difficile à gérer. Car dans ce cas-là on se dit que le correcteur est un incompétent et on essaie de passer en force. De faire son coup d’Etat spirituel. De dépasser le stade du simple disciple, pour enfin se faire Maître.

Et, oralement parlant, c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite 😉

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Une seule question demeure : QUI VEUT BIEN SE DEVOUER ???Car dans ce cas-là on se dit que le correcteur est un incompétent et on essaie de passer en force. De faire son coup d’Etat spirituel. De dépasser le stade du simple disciple, pour enfin se faire Maître. Et, oralement parlant, c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite ;)

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Estelle Bee.