Tag Archives: Voter

Impostures et abstentions: le Grand Cirque de la vie

Faire des enfants, aller voter

TOUS POURRIS. Cela fait dix ans que ces deux mots s’échappent de toutes les bouches comme une écume amère qui altérerait le goût des choses, et qu’il faudrait recracher bien vite pour se sentir mieux. Pour s’extraire d’un contexte inconfortable, anxiogène. Dire TOUS POURRIS, de la même façon que l’on ne verrait plus que les défauts de ce sale con ou cette chieuse que l’on a chéri naguère plus que notre propre personne, et que l’on a renoncé à écouter vraiment, à force de conclusions tirées sur le socle de la colère. Quand on dit TOUS POURRIS, on abandonne. Et a priori, ce n’est pas grave, d’abandonner. Ça peut même sauver, parfois.

.

MAIS…

.

Mais dans ce contexte électoral qui m’apparait comme un possible tournant historique, j’avoue que j’en tremble. Et ce qui me fait si peur, ce n’est pas que les gens pensent – plus à raison qu’à tort, d’ailleurs- que nos politiques sont tous des guignols motivés par une ambition personnelle quasi freudienne. Ce qui m’angoisse, c’est que d’autres, pourtant minoritaires en nombre réel, se réjouissent, eux, d’aller glisser leur bulletin pestilentiel dans l’urne comme des sadiques syphilitiques qui prendraient plaisir à refiler leur saloperie au reste du pays. Ce qui me terrifie, c’est qu’en faisant cela, ils donneront raison à toute cette majorité silencieuse, celle qui scande TOUS POURRIS.

.

Parce qu’en réalité, je les comprends, ces gens. Je comprends l’usure de leur pensée. Je comprends leurs préoccupations quotidiennes. Je comprends leur déprime. Et j’en arrive même à comprendre leur déni. Et c’est justement parce qu’ils sont silencieux, parce que pour rien au monde, ils ne rateraient une journée à la plage ou le gigot-flageolets de mamie pour aller voter pour des gugusses à cravate que les pourris nous envahissent. Il me semble aujourd’hui urgent que les silencieux comprennent qu’ils sont importants. Vraiment importants. Qu’en ciblant vraiment leur amertume sur ce qui les a rendus amers, désabusés, ils pourraient vraiment changer la donne. Car au fond, savoir ce que l’on ne veut plus, c’est avoir conscience de ce que l’on veut. Suffit juste de lire quelques programmes, et de ne pas oublier qui l’on est.

 

Cette constatation m’a amenée à penser que bien souvent, et dans d’innombrables domaines, les gens qui s’abstiennent, n’osent pas, s’interdisent ou se taisent sont justement ceux qui devraient s’exprimer. Les inaudibles, les timides, les modestes, les complexés constituent bien souvent la partie la plus pure de l’Humanité. Mais alors, réciproquement, ceux qui font du bruit seraient-ils des imposteurs? Ceux qui exultent ne devraient donc pas juste… s’abstenir?

 

Paul Watson, le fondateur de Sea Shepherd, a dit récemment que les êtres humains devraient à ce jour s’abstenir de faire des enfants, à cause du manque de ressources alimentaires à l’échelle planétaire. Puis il a ajouté que l’ironie de cela était que ce sont justement ceux qui ont conscience de la nécessité de ne plus enfanter qui devraient faire le plus d’enfants, compte tenu de cette sensibilité au Monde qu’ils étaient les plus à même de transmettre. Le constat, bien que plombant, est imparable. En témoignent les images de milliers d’enfants errants de New Delhi, et de petits corps squelettiques des plaines arides du Soudan.

 

À la radio, j’entends souvent des chanteurs à la médiocrité aussi râpeuse qu’un rosé de pays languedocien, qui en font des tonnes et récoltent des lauriers qui leurs siéent aussi bien qu’un dentier à une poule. Alors que je connais de vrais musiciens touchés par la grâce et qui n’en demandent pas tant, ou n’osent pas, juste parce qu’ils ne s’y voient pas vraiment déjà. Et même si ce sont eux que j’aimerais entendre en boucle, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont justement meilleurs parce que leur art ne se voit pas pollué par une avidité qui sonnerait le glas de leur créativité originelle. Devenir quelqu’un, est-ce se perdre soi?

.

Je me suis toujours demandé ce que devenait l’amour après l’amour, mais qu’en est-il des rêves, des ambitions, des idéaux ? Ont-ils une vie après la retenue, la lâcheté, après l’abandon ? Se réincarnent-ils ? Vont-ils se nicher au creux de quelqu’un de neuf, plusieurs fois, jusqu’à ce qu’ils trouvent preneur, une personne qui saura les matérialiser sans crainte ? Les gens publiquement reconnus de nos jours, sont-ils donc, pour leur plus grande majorité, des imposteurs qui auraient pris la place des silencieux? Quand on y pense, l’ordre entier du Monde pourrait être remis en question…

 

.

On peut donc légitimement se demander s’il est vraiment sain de donner le pouvoir à quelqu’un qui le demande, parce qu’il y a neuf chances sur dix pour que le candidat désire gouverner pour de mauvaises raisons. Parce qu’il a une revanche à prendre sur la vie. Parce qu’il souhaite connaître le vertige de celui qui ne peut pas grimper plus haut… Parce qu’il ambitionne d’être quelqu’un. Neuf chances sur dix est une forte probabilité. Ne pas faire entendre sa voix, c’est la certitude de ne pas être écouté. Et respecté. Votez!

.

.

Yes we can, yes YOU can!

.

.

Estelle Bee.

 

 

 

 

 

Eh Manu, tu descends??!!! (Conseils à Manuel Valls pour rebondir) (loin)


Eh Manu??!! Tu descends

 

« Eh déconne pas Manu, vas pas t’tailler les veines,

Une élection perdue, c’est 10 copains qui r’viennent… »

 

C’est ce qu’on appelle un accident de la vie. Une sortie de route. Un obstacle. Une épreuve. Cela nous est arrivé à tous. Tirer bien trop fort sur la corde. Ne pas prendre le temps de se poser. Vouloir sans cesse se dépasser. Ignorer ses limites physiques et psychiques, et faire de sa propre personne son plus grand déni.

.

Et puis un jour…

.

L’ACCIDENT.

.

La gifle, la tôle, le tsunami, le choc, la mouise, la déculottée… Appelle ça comme tu voudras, mais c’est, de fait,  comme si l’on te collait un panneau STOP géant devant la face, de façon à ce qu’enfin, TOUT s’arrête sans que tu n’aies le choix de reprendre le moindre contrôle.

.

Car la VIE, facétieuse, se charge toujours de te faire APPRENDRE, et même de force, s’il le faut. You lose, you learn 😉

.

.

Et finalement, Niesztche avait peut-être raison:

« Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »

.

Enfin, c’est ce que j’ai envie de croire, moi qui désormais, ai programmé un ruban noir pour tous les 29 janvier sur mon agenda électronique. Moi qui suis déjà en manque de ton petit air de Cruchot mal léché (…), et de tes discours aussi spontanés que les indications routières de mon GPS. Mon Manu, mon champion… La seule chose qui me console est qu’aujourd’hui, tu puisses enfin TE retrouver pour faire le point -final- et rebondir aussi haut que le ballon d’Olive et Tom, qui je le rappelle, n’atterrissait jamais. Aussi, j’ai modestement imaginé ce que tu pourrais faire « après », et comment tu pourrais transcender ce que j’ai désormais appelé « L’ACCIDENT »:

.

  • T’empiffrer de glace Ben & Jerry’s en t’égosillant sur All by myself à la manière d’une Bridget qui vient ENCORE de se faire larguer par Mark Darcy (ce petit ENC…), un mec à peu près aussi souriant que toi au demeurant. Que tu te remplisses et te goberges tel un goret jusqu’à t’en faire péter la sous-ventrière, et que tu deviennes aussi sexy qu’un Barbapapa en string.

.

manuel vals défaite aux primaires de gauche

.

  • Prendre ton pied en assistant à une Corrida, cet art que tu défends si jalousement, et te palucher à la vue de l’animal transpercé qui se vide de son sang par la bouche, et agonise pendant des lustres sous l’orgueil du Macho en collants roses que tout le monde encense, comme si le combat avait été égal. Tu apprendras peut-être plus tard – à chaque jour suffit sa peine- qu’un politique qui aime regarder mourir des animaux et, parallèlement, « aime l’entreprise », peut en effet moyennement inspirer confiance dans sa démarche.

.

  • Te rendre chez l’esthéticienne pour te faire papouiller le visage. Cette face que tu as mise à dure épreuve en souriant niaisement près de deux semaines, alors que personne ne t’avait jamais vu esquisser un rictus en 5 ans. Putain, 5 ans! 5 ans sans sourire, et 2 semaines d’orgie zygomatique! Faut vraiment faire attention avec ça. Ton visage est en Burn out, Manu, il faut absolument que tu ailles le montrer à un proctologue.
défaite de Valls aux primaires de gauche. Humour.

c’te gueule…

.

  • Traîner avec tes potes d’Evry que tu as pas mal délaissés ces derniers temps en t’acoquinant avec Gattaz:

« Hé Manu, tu descends???!!!

– Ben pour quoi faire???!!!!!

– Ben, parce que t’as plus de boulot, Dugland!!!

– Ah merde, c’est vrai, j’avais oublié! Et dire que j’avais préparé un discours anti-migrants, snif… »

.

  • Transcender l’Accident en t’exprimant artistiquement: peut-être est-ce ce message que te délivre la vie en te ridiculisant devant un gars qui a à peu près 49,3 ans. Qui sait, peut-être as-tu un talent caché….? Jongleur, ménestrel, écrivain… Je parle bien d’une reconversion artistique, hein, pas d’un taff de conférencier payé à millions que tu seras tenté d’exercer façon Sarkommence, lustrant de ton mieux les baballes des patrons de multinationales à qui tu donneras raison d’exploiter les salariés et de garder tous les bénéfices pour leur pomme. Et pourquoi pas ALCHIMISTE: toi qui détiens le pouvoir de transformer en caca tout ce que tu touches. Tu ne le fais sûrement pas exprès, hein, tu es au fond comme la Reine des Neiges qui glace tout d’un geste mal contrôlé.

 

.

Bon voilà, mon bon Manu. Tu as déjà quelques pistes, hein. Mais surtout, il faut que TU LÂCHES TOUT ÇA. LÂCHE, MANU! Mais surtout, fais pas de connerie, Manu! Tu nous as déjà fait si peur en proclamant la suppression du 49.3 dans ton programme, que nous avons cru que tu voulais te supprimer toi-même!

Reviens à l’essentiel, et comme le dit un jour Scar à son neveu Simba:

.

Image de prévisualisation YouTube

.

SI, SE PUEDE!!!!

.

TODOS JUNTOS (tous ensemble 🙂 )

.

Estelle Bee.